SAINT-SAUVEUR DE NEVERS
L'abbaye de Vézelay, appartenant au diocèse d'Autun, quoique faisant partie du Nivernais, avait été fondée en 857 par Girard de Roussillon , comte de Nevers, et par Berthe Giralde, sa femme, pour servir d*asile à des filles pieuses de la contrée ; plus tard elle fut occupée par des moines de Saint-Benoit. Cette abbaye fut sécularisée en 1537 par Paul III. On y a substitué un chapitre considérable , ayant pour chef Tabbé , seigneur et curé primitif de la ville, à la nomination du roi ; après l'abbé venaient le doyen, l'archidiacre, le chantre et douze chanoines, alternativement à la nomination du roi et de l'abbé, qui avait une juridiction quasi épiscopale (1).
Cette célèbre abbaye avait sous sa dépendance, non-seulement les cures de Dornecy, de Saizy et de Flez-Cuzy, localités qui se trouvaient peu éloignées de Vézelay, mais encore les petits prieurés de Moutier-en-Glénon, de Varennes-en-Glénon, de Langy, de Tourysur-Abron et de Saint-Nicolas de Nevers.
Les prieurés de Moutier et de Varennes-en-Glénon, ainsi que celui de Langy, faisaient partie de l'ancien. archiprêtré de Tbianges, et les
(1) Gagnarb, Hùioire de l'église d'Auluiiy p. 576.
LES CONGRÉGATIONS RBLIG. DANS LE DIOCÈSE DE NEYERS. 25t
prîeiirB nommaient aux cures de ces localités, qui se trouvaient dans la circonscription de la baronnie de Druy (1). On ignore l'origine de la dénomination de Glénon ; c'était une zone qui s'étendait depuis la Loire jusqu'aux environs de Saint-Benin-d'Azy, sans qu'on puisse bien en établir la délimitation. La forêt de Glénon ou des Glénons occupait les communes de Saint-Léger-des-Yignes et de La Machine ; quant à Yarennes et à Moutier , on n'a conservé que les noms de ces deux prieurés , qu'on place généralement dans la commune de Sougy.
Outre la cure de Langy, qui était à la nomination du prieur du lieu, il y avait encore celle de Sardy, dont il était le collateur.
Le prieuré de Toury-sur-Abron était dans la circonscription de l'archiprétré de Decize ; le prieur nommait à la cure de cette localité.
Il nous reste à parler du petit prieuré de Saint-Nicolas de Nevers, qui dépendait aussi de l'abbaye de Vézelay, et dont le titulaire avait la collation de la cure du Yeullin , cura de Viglano, Il ne faut pas le confondre avec la vicairie de Saint-Nicolas^ annexée autrefois à la cure de Gimouille , ni avec la chapelle de Saint-Nicolas qu'on voit encore à Nevers .vis-à-vis la fontaine Beaupré, connue plus communément sous le nom de fontaine du Rivage. Ce prieuré de Saint- Nicolas, demeuré inconnu pour la plupart de nos Nivernais, occupait le petit bâtiment accolé au chevet de la chapelle des sœurs de l'Espérance, derrière le jardin de l'évèché. C'était dans ce bâtiment que se trouvait la chapelle du prieuré. Il est même probable que, au siècle dernier, un chanoine de Saint-Cyr jouissait de ce bénéGce , si on en juge par les fresques assez curieuses qui ornaient les parois de l'oratoire il y a une vingtaine d'années ; on les a fait disparaître sous une couche de plâtre. Parmi ies tableaux ornant ce modeste édicule , on remarquait sainte Geneviève au milieu de ses moutons et la légende de saint Cyr reproduisant le songe de Charlemagne. Nous fûmes prévenu trop tard de la déplorable opération qui s'effectuait ; il nous fut impossible de nous opposer à cet acte regrettable. On voit que le prieuré de Saint-Nicolas était compris dans le cloître Saint-Cyr, mais on ignore son origine.
(i) Album du Nivernais, t. U, p. 229.
Par un acte du 3 avril 1771 , sans doute sur la demande des chanoines de Saint-Cyr, Mgr Tinseau ordonna la suppression du prieuré de Saint-Nicolas et sa réunion au chapitre.
DjiPBNDANCES DE SOUVIGNY EN BOURBONNAIS.
Quelques historiens prétendent que Souvigny, avant la fondation de Cluny et son adjonction à cette célèbre abbaye, avait été le siège d'un monastère qui avait été ruiné dans les guerres du neuvième siècle (1). Quand il fut mis sous la dépendance de Cluny, c'était tout au plus une cella occupée par quelques moines. Cependant, ce modeste prieuré fut, dès l'origine, comblé de 'tant de libéralités de la part des sires de Bourbon et des autres seigneurs du voisinage, que bientôt il devint un des plus importants et des plus riches de l'ordre, ajoutant à ses autres avantages celui de battre monnaie.
Quand on.se rappelle que dans le diocèse de Nevers il y avait un certain nombre de prieurés dépendants de Souvigny, on peut se rendre compte de ces petites pièces de monnaie portant l'efGgie de saint Mayeul et timbrées du nom de Salvigniacus' qu'on rencontre assez fréquemment dans le Nivernais.
Les prieurés dont nous parlons étaient ceux de Montempuy, de Champvoux, de Chantenay, de Beaulieu et de Mars-sur-Allier.
Montempuy se trouvait dans la circonscription de Saint-Parize-en- Viry; on y voit encore l'église prieurale avec ses trois travées précédant Tabside à pans coupés. Il est facile de reconnaître certains remaniements et des substructions romanes mélangées à des constructions du seizième siècle^ et aussi quelques restes des bâtiments claustraux qui accusent cette dernière époque.
Le prieur de Montempuy avait la collation des églises de Vaucoulmain , d'Ourouêr-en-Bourbonnais et de Neuville-les-Decize ; cette dernière, remontant à Tépoque romane , au moins pour la région absidale, a conservé des détails curieux de l'architecture monacale dans cette contrée ; on y remarque des arcs en mitre alternés avec des arcades au plein-cintre, comme à Saint-Etienne de Nevers.
(!) Ancien BaurbonnaiSj tome I", p. 167.
ChampvouZ) cure et prieuré, est situé à peu de distance de La Charité-sur-Loire. L'église monacale, quoiqu'on ruine, surtout dans les nefs, conserve des détails qui permettent de reconstituer le plan de la fin du onzième siècle; la nef, garnie de bas-côtés, était composée de trois travées jusqu'au transept, dont la partie orientale de chaque croisillon renferme deux absidioles en hémicycle, flanquant l'abside centrale. Ce plan est un des plus corrects qu'on puisse rencontrer.
Chantenay était aussi tout à la fois cure et prieuré. Le prieur nommait à la cure. L'église, qui accuse le onzième siècle dans la région du chœur et du sanctuaire, est construite sur un plan cruciforme; l'intertransept est garni d'une coupole avec trompes. Deux absidioles flanquent l'abside centrale, et deux passages pratiqués dans les murs occidentaux des croisillons établissent une communication avec la nef. Ces dispositions sont fréquentes dans les églises de cette époque dans le Nivernais. Gercy-la-Tour, Montigny-sur- Canne, Saint-Honoré, Commagny et autres offrent les mômes particularités.
Beaulieu. — Nous ne dirons rien de ce prieuré que les pouillés du diocèse placent dans l'archiprètré de Saint-Pierre et M. de Soultrait dans la paroisse de Luthenay ; nous n'avons rien pu découvrir de spécial à son sujet.
Mars-sur-âllier était, comme Chantenay et Champvoux, cure et prieuré; la cure était aussi à la collation du prieur de Souvigny.
Tous ces prieurés n'étaient point conventuels ; ils étaient composés de trois ou quatre religieux, parmi lesquels un ou deux étaient prêtres.
Le prieuré de Mars devait jouir d'une grande aisance, si on en juge par le soin mis dans la construction de l'église prieurale. Un petit hospice à la collation de l'évêque de Nevers , domi^ dei de Mareio, et une vicairie à la collation du comte, venaient compléter les établissements religieux de cette localité. La vicairie était sous le vocable de saint Sylvain de Roche (1).
L'église de Mars à trois nefs est divisée en trois travées jusqu'à la partie que nous nommerons improprement le transept, et qui précède
(1) Probablement La Roche-d^Allier. — Pouillé du diocèse.
le chœur. La première travée n'est pas d'égale dimension que les autres. Cette région est garnie de colonnes monocylindriques qui reçoivent sur leurs tailloirs les arcades de pénétration avec les bas-côtés; mais les arcs-doubleaux de la voûte centrale, plus élevée ^ viennent reposer sur des pilastres, avec chapiteaux à feuilles grasses, qui portent sur les tailloirs des colonnes monocylindriques.
La travée qui précède le chœur, remplaçant le transept, prend un caractère spécial; les piliers sont carrés avec colonnes engagées et cantonnées en croix; ils soutiennent les quarts de cercle qui vont contre-buter Tarcade d'ouverture du sanctuaire, et, par une curieuse combinaison , ils servent d'appui au clocher à double étage qui s'élève sur ces quarts de cercle. Ici les arcs-doubleaux de pénétration reposent sur une des colonnes engagées, disposition qui se rencontre vers le portail, où un tronçon de colonne de même dimension sert de support à l'arcade de ce côté. Au chœur cessent les trois nefs et commence l'abside, circulaire à l'intérieur et à pans coupés à l'extérieur. On remarque ici des substructions qui annoncent que cette région date d'une époque un peu moins ancienne; on peut lai assigner le douzième siècle, tandis que le reste daterait du onzième.
Les arcades des nefs ont |une forme ogivale, mais celles du chœur, de l'abside et du portail sont au plein cintre ainsi que les baies des fenêtres.
Nous ne pouvons passer sous silence le portail en saillie et le triple voussoir surmontant les colonnes qui flanquent les pieds-droits de la porte. Le tympan mérite d'être étudié : c'est le Sauveur bénissant, n est placé dans une auréole ovoïde avec une croix épaisse sans nimbe qui orne sa tête ; les quatre animaux symboliques sont disposés autour de lui suivant la place hiérarchique qui leur est attribuée dans l'iconographie chrétienne ; puis trois apôtres sont placés de chaque côté. On distingue facilement saint Pierre, le premier de ceux qui occupent la droite du Christ ; le premier de gauche, tenant unphilactère déroulé, est probablement saint Paul. Tous ces personnages reproduisent les formes byzantines, soit dans l'agencement de leurs vêtements, soit dans leur pose et la coupe de leurs cheveux. C'est sans contredit une des sculptures les plus curieuses que le onzième siècle nous ait laissées.
Il est unç particularité que nous devons annoter. Ce n'est pas un livre que le Sauveur tient de la main gauche ; c'est un cube ou, si on aime mieux, un dé. Nous ferons la même observation pour le lion de
DAIQB LE OlOGâSE DE NfiVERS. 25&
saint Marc. On sait que, dans les Catacombes, Tarche de Noé a cette forme ; c'est, selon nous, la vraie figure de TËglise qui, comme le dé, peut être ballottée dans le cornet des épreuves, mais qui retombe toujours sur sa base. Ce symbole peut être appliqué aussi à TEvangile dont les principes sont immuables, iota unum aut unus apex non prœteribit a lege.
L'église de Mars est un bijou qui brille d'un éclat tout particulier sur la rive gauche de l'Allier.
PRIEURÉ DE SAINT-feAUVEUR DE NEVERS.
On sait qu'à la prière de saint Jérôme , un de nos plus illustres pontifes, Charlemagne, compléta les constructions de la cathédrale et lui fit rendre les biens dont elle avait été dépouillée. Il parait que ce prince serait venu plusieurs fois à Nevers et que, acquiesçant au désir du même évéque, il aurait, dans un de ses voyages, jeté les premiers fondements du prieuré de Saint-Sauveur; c'est ce que rapportent les auteurs de V Album du Nivernais^ d'accord sur ce point avec l'histoire de Paul-Emile.
Un triste événement a dû rendre à l'empereur ce monastère plus intéressant. Il avait perdu une de ses filles pendant son séjour à Nevers; c il choisit pour le lieu de sa sépulture le vestibule de l'église de Saint-Sauveur, qu'il avait fait élever près des rives de la Loire. » In vestibuloecclesiœ Sancti Salvatoris, quam œdificaverat prope ripas Ligeria , in pago Nivernensi , Carolua Magnua filiam terrœ mandari jussit.
D'après Guy-Coquille et Parmentier, ce monastère avait été occupé primitivement par des Bénédictins; mais le relâchement s'y était introduit insensiblement; il n'y avait même plus de religieuxi et le personnel de la communauté se trouvait réduit à un seul abbé titii* laire ou commendataire du bénéfice : c'était un chanoine de la ca4hé^ drale. Hugues-le-Grand , évéque de Nevers, entreprit de rétablir cetle 'abbaye d'une manière sérieuse. Dans un synode qu'il tint à Nevers en 1045, il en fit don à saint Odilon, abbé de Cluny. La charte porte que dès l'origine elle relevait de la cathédrale ; aussi en 4a concédant à Cluny avec toutes ses dépendances, de l'assentiment d'Adalelme, recteur du lieu, ejuadem rectoria locij et des autres clercs , c'est-à-dire des chanoines , i'évèque stipula qu'elle de-
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meurerait toujours sous sa juridiction et celle de ses successeurs, mais sans charge aucune^ en sorte que les moines n'étaient grevés d'aucune redevance.
Cette charte, signée par les dignitaires du chapitre et un grand nombre de chanoines, porte la signature d'Adalelme immédiatement après celle de Tévêque (1).
Le donateur a dû compléter sa libéralité par les immeubles qui devaient procurer aux nouveaux religieux les ressources nécessaires. Ces immeubles ne sont point désignés dans l'acte dont nous venons de parler, mais les anciens pouillés du diocèse nous donnent à oe sujet tous les renseignements désirables.
Le prieur de Saint-Sauveur avait la collation de la cure du lieu^ car une paroisse, par la suite des temps, avait été adjointe au monastère ; les églises de Cougny, GimouillCi Aglan, Sermoise, Jaugenay , les Rosiers, paroisse de Magny, Coulanges, Ourouêr-aux- Amognes , Montigny-aux-Amognes , se trouvaient aussi à sa nomination.
Le prieuré de Saint-Sauveur appartint «aux religieux de Cluny jusqu'en 1709, époque à laquelle Edouard Bargedé, évèque de Nevers, l'obtint du grand-prieur de Cluny, Jean Marin, pour y établir son séminaire sous la direction des Jésuites. L'union du prieuré et de la sacristie de Saint-Sauveur au nouveau séminaire fut favorisée par le roi ; comme dédommagement il fit don à Cluny de la prévôté de Sainte-Yalière de Chambon, au diocèse de Limc^es^ qui était de nomination royale ; le pape Clément XI approuva cet arrangement et donna ses bulles à cet effet.
L'évéque Edouard Bargedé portait le plus vif intérêt à son séminaire de Saint-Sauveur; à sa mort on enterra ses entrailles dans cette église. Son successeur, Charles Fontaine des Montées, tout ea^. maintenant le séminaire de Saint-Sauveur, auquel il avait fait réunir la manse conventuelle de l'abbaye de Saint-Ciran, avec le consentement du pape Innocent XIII, voulut encore établir dans l'abbaye de Saint-Martin de Nevers une autre école de théologie.
Les Jésuites conservèrent la direction du séminaire de Saint- Sauveur jusqu'en 1762 ; à cette époque ils y furent remplacés jusqu'à la Révolution par des prêtres séculiers. On sait que cette
1) Gallia chrUtianat tome XII, inslrumentaj col. 324.
maison servit de prison anic prêtres qui avaient refusé de prêter le serment à la constitution civile du clergé, avant leur départ pour Nantes.
A Tépoque du rétablissement du siège épiscopal de Nevers, en 1823, les anciens bâtiments du prieuré de Saint-Sauveur furent réparés par TËtat et disposés pour y établir le grand séminaire. En 1838, la chute de la tour et d'une grande partie de l'église inspira des craintes pour le reste des constructions qu'on croyait fortement ébranlées; et, en 1843, le grand séminaire fut transféré dans l'ancien monastère des Ursulines. Les bâtiments de Saint-Sauveur furent, quelque temps après, vendus à la ville qui en fit une caserne supplémentaire.
Nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots sur l'église à trois nefs, qui présente des ruines du plus haut intérêt. Un tympan d'une porte latérale et quelques chapiteaux transportés au musée de la porte du Croux peuvent donner une idée de son genre d'ornementation, une des plus riches de l'école clunysienne, à cette époque (douzième siècle). Déjà nous avons eu occasion de rectifier certaines interprétations des auteurs de VAlbum du Nivernais relativement à plusieurs chapiteaux.
L'auteur de ces interprétations, après avoir décrit sommairement des sculptures qu'ils présentent, ajoute : < Il ne faut pas oublier celles qui sont consacrées à la mémoire du fondateur de ce couvent. Sur Tune on voit l'église s'élançant vers le ciel avec son dôme richement décoré et son clocher aigu ; devant la porte est accroupi un homme amaigri par la misère et la maladie, image allégorique de l'église appauvrie. Elle va périr; Charlemagne accourt, lui tend la main ; un serviteur le suit à pas pressés, chargé de présents. Tant de charité eut sa récompense. Charlemagno perd sa fille, un ange la prend dans ses bras et il l'enlève au ciel. C'est ensuite le tour du donataire : atteint par la douleur, il est couché sur son lit ; à ses pieds l'évèque prononce l'adieu des chrétiens. Aussitôt l'âme, délivrée de sa prison chamelle, sort de la bouche du mourant sous la forme d'un corps tout débilité ; un ange la reçoit dans ses bras pour la porter au séjour éternel (1). »
(1) Album du Nivernais, tome I*', p. 119.
Il est vraiment impossible de réunir autant d'erreurs. Le premier tableau dans lequel on a cru reconnaître Charlemagne^ tendant la main à un homme amaigri à la porte d'une église, n*est autre chose que la reproduction sur la pierre des premiers versets du troisième chapitre des actes des apôtres. Pierre et Jean, allant au Temple, trouvent le boiteux qu'on déposait chaque jour à la porte de l'édifice sacré pour qu'il reçût les aumônes de ceux qui s'y rendaient. Le mendiant s'adresse aux apôtres. Pierre lui déclare qu'il n'a ni or ni argent, mais qu'il lui donne ce qu'il a : a Au nom de Jésus-Christ de Nazarette, lui dit-il, lève-toi et marche. » Puis il le prit par la main, ie releva et le guérit de son inQrmité.
La seconde scène est un des tableaux le plus souvent reproduits, dans les monuments de Cluny, au douzième siècle : la Mort du mauvais riche. Le démon assiste à ses derniers moments, attend son âme comme un bien qui lui appartient, la reçoit au sortir de son corps et la transporte dans son sombre empire. On retrouve le même démon sur une autre face du chapiteau, précipitant cette âme damnée dans le lieu des éternels supplices. L'auteur de l'interprétation insérée dans V Album n'avait pas remarqué que les êtres dont il a fait des anges étaient munis d'ailes de chauve-souris, étaient armés de griffes, et que leurs figures, horriblement grimaçantes, ne pouvaient convenir à des esprits célestes.
Cette rectification se rattachant à l'histoire du prieuré de Saint- Sauveur devait trouver ici sa place.