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NOTRE-DAME DES ROCHES

Une autre fille de Pontigny vint s'établir sur un autre point du Donziais, dans la paroisse de Myennes, quelques années plus tard ;

430 LES Ç0NQRÉGATI0N8 R^LTGIEUl^ES

les auteurs de la Gallia chrîstiana et la Notice des monastpreê du diocèse d*Auxerre mdiqueni Vannée ii36 comme époque de cette fondation ; Lebeuf prétend qu^il faut la faire remonter vers 1130 (1); d'autres auteurs la font contemporaine de Bouras. Il est certain qu'elle eut lieu sous l'administration de saint Hugues de Montaigu, évéque d'Âuxerre, qui mourut en 1136. Ce prélat en fait mention dans des actes bien antérieurs. Les principaux fondateurs de ce monastère sont les barons de Donzy, les seigneurs de Saint-Verain et ceux de Chasnay, auxquels il faut associer le saint évéque d'Auxerre que nous venons de nommer et Guillaume II, comte de Nevers.

Le premier abbé fut Godefroy de Toucy, de Tilluslre famille des marquis de Puisaye ; ce fut de son temps, en 1140, qu'Aimeric, abbé de Villegondon, maison qui venait d'être fondée dans le voisinage pour des chanoines réguliers, voulant mener une vie plus parfaite, vint avec ses religieux se réunir à ceux de Roches. Godefroy obtint des souverains pontifes Innocent II, en 1142, et Eugène III, en 1165, des bulles par lesquelles Notre-Dame des Roches et ses dépendances étaient placées sous la protection du Saint-Siège.

Un manuscrit du seigneur de Chiron contient les vers suivants sur Torigine de cette nouvelle fille de Pontigny^ et nous apprend qu'on comptait primitivement dans cette maison dix religieux, non compris ceux qui s'y rendirent à la suite d'Aimeric:

L'an mil cent trente-quatre ou trois, Réf^ant Louis, dUc d'Aquitaine, Prince souverain, roi des François (2), Et Innocent eu Cour Romaine, L'illustre seigneur Hugues d'Aveine, Baron de Èaint-Verin-des-Bois, ' Terre en fiéf, cens et dômaitie; Des pluà nobles du pays d*AUxerrois, AUa^en l'abbaye pontignienne, Située entre Auxerre et Troys, D'où dix religieux il amène En ces déserts et dedans ces bots, foat^dxSLCtiù Jouir de lA'setùairïe Servir à Dieu, le grand Roi des rois.

Ghors dans ces roches près de Mienne Le premiéir abbé Tut t^dèTroy,

.fr-

et) Histoire de kt prise d'Auwerre, p. 269. (2) Louis-ie-Jeuna.

Sorti de la maison ancienne . Des comtes et marquis de Puisaye, Qui, pour la gloire souveraine, Quitta ce monde sans nul effroy, Persévérant ici en peine D*un ferme cœur et vive foy.

Dès le commencement du douzième siècle, les religieux de Roches étaient propriétaires à Cosne de chutes d'eau situées au-dessous de la ville, devant la tour dite la Fraite, appelée ensuite tour Froide. En 1212, ils cédèrent ces sauts d'eau à un Guidon Balerme pendant sa vie, à condition qu'il ferait construire des moulins qui, après sa mort, feraient retour aux religieux ; ces moulins se nommaient les Moulinsaux-Moines. Ils passèrent par différentes mains et furent achetés en 1660 par Elie Grégoire, qui conçut le projet d'en faire une manufacture d'armes.

Vers 1560, l'abbaye de Roches avait été donnée par Charles IX à Jacques Bruyot, son précepteur, déjà grand-aumônier de France, conseiller d'Etat et conservateur de l'Université de Paris. Plus tard, l'abbé n'ayant pas voulu reconnaître Henri IV'pour son roi, le fnonarque donna la jouissance des revenus de Tabbaye à Montigny, tin de ses gentilshommes. '

Outre les bienfaiteurs dont nous avons fait mention, on compta encore Philippe-le-Bel, Philippe-de-Valois, les barons de Toucy, les comtes de Joigny, etc. '

Les auteurs de la Gallia christiana font observer que les protestants ruinèrent ce monastère en 1567 et qiie les' religieux ' furent forcés de se réfugier à Cosne, où ils demeurèrent jusqu'au 28 août 1570. Le nombre des religieux, qui était de trente, diminua inséilsiblement, et au moment de la Révolution ilsn*étaient plus que deux OQ trois.

On compte vingt-huit ou vingt-neuf abbés à partir de Godefroy jusqu'à H. L'Hermite de Chamberti^àttd, doyen de l'église d'e' Sens; 3 en était cbmmendataire en 1790. Là coinmendé avait' commencé vers 1529. Antoine des Rinaux était le dernier iibbé régiilier ou le premier commendâtaire, d'après U Gallia éhristianà fl)! '^

(1) Toms XU, p. 469.

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