RELIGIEUX DU VAL-DES-CHOUX
Notre-Dame de l'Épeau. — On se rendra facilement compte du motif qui nous a déterminé à ne pas suivre l*ordre chronologique relativement aux trois fondations d*Hervé : nous avions à cœur de réunir les quatre chartreuses établies dans notre Nivernais. Notre- Dame de TEpeaUy de EspallOy aurait dû, en effet, sans la raison que nous exposons, paraître en premier lieu, car sa fondation remonte i 1214 et peut-être même à 1209, d*après certains auteurs; ils pensent que la première date indiquée est celle de l'acte authentique d'une fondation, opérée quelques années plus tôt. Dans ce cas, l'Epeau aurait eu un commencement d'existence avant même les conditions imposées à Hervé ; ce seigneur serait parvenu, par la cons< titution définitive de cet établissement et par de nouveaux bienfaits, à le faire accepter comme un des trois monastères stipulés dans la dispense qu'il avait obtenue.
Le baron de Donzy avait destiné à l'exécution de son projet un lieu nommé dans le principe Latrèche, dépendant de la paroisse de Bagneaux, Balucolis^ près Donzy; quand les constructions lui parurent suffisamment avancées, il s'adressa à un ordre nouvellement établi sous le nom du Val-des-Choux et dont les statuts avaient avec ceux des Chartreux de nombreux rapports.
Il choisit un plateau dressé par la nature sur la rive gauche de la Talvanne et encadré par des arbres d'une ravissante végétation.
454 LES CONGRÉGATIONS REUGIEUSES
C'était au centre de ce plateau que s'élevait la vaste et gracieuse église de Notre-Dame de l'Epeau. Cette petite basilique, à trois nefs, est divisée en six travées jusqu'au transept^qui conserve la largeur de la nef principale. Les piliers sont composés de colonnes monocylin* driques alternées avec d'autres flanquées de colonnettes cantonnées en croix. Les quatre piliers de l'intertransept, qui devaient soutenir le clocher monacal élevé dans cette région, selon l'usage, sont formés de faisceaux de colonnettes.
Dans la partie du chœur, une large travée précède le sanctuaire, à pans coupés, éclairé jadis pal* de longues fenêtres à lancettes. La travée dont nousjparlous est flanquée de chaque côté par deux chapelles à angles droits. Toutes les moulures et tes chapiteaux, garnis de crosses végétales, sont traités avec un soin tout particulier. À un des angles du croisillon septentrional, on remarque une tourelle destinée sans doute à un double emploi : à recevoir la cloche réglementaire de la communauté, et aussi à conduire au clocher ou à la lanterne dominant l'intertransept. C'était au nord que se trouvaient les bâtiments conventuels. L'inspection des ruines de l'Epeau prouve qu'Hervé avait pris au sérieux l'engagement qu'il avait contracté.
Quand tout fut près, il en donna avis à U maison-mère qui avait consenti à lui accorder les religieux qu'il avait demandés.
D'après l'auteur anonyme de Y Histoire des ordres tnùtuxsHqum religieux et miUtaireSj le fondateur de ce nouvel ordre était un nommé Viard, frère eonvers de la chartreuse de Louvigny, au diocèse de Langres (1). c Se sentant appelé à une vie plus austère et plus éloignée des soins temporels que ne permettait ^on état de eonvers, il se retira avec la permission de ses supérieurs dans un bois, à deux lieu^s de Louvigny, et y demeura quelque temps caché dans une caverne, pratiquant des austérités extraordinaires. Enfin il fut découvert par les peuples du voisinage, et s'acquit une si grande réputation qu'il vint même à la connaissance du duc de Bouiigogne, qui le visita souvent. Ce prince, étant prôt de donner un combat dangereux, promit à Viard que s'il en revenait vainqueur il lui fonderait un monastère dans cet endroit même. Il remporta la victoire et exécuta sa promesse, et le nouveau monastère garda le nom de ce
(1) C'est à tort que la plupart des historiens qui ont parlé du Vel-âes- Ckùua ont prétendu que le fondateur était un moin^ bénédictin.
lieu qu'on nommait le Vai*des-Choux. Une ancienne inscription de Téglise porte que Yiard y entra le second jour de novembre 1193. Il donna à ses disciples des constitutions fort semblables à celles des Chartreux; elles furent confirmées par le pape Honorius III (1).»
Il avait adopté le costume des religieux de Citeaux ^ mais les us et coutumes étaient bien différents.
On trouve dans l'Inventaire des titres de Nevers^ par Tabbé de MaroUes, le résumé de la charte de 1214 ; on y lit que < Hervé, comte de Nevers, du consentement de Mabaut, son épouse, et pour le remède de son âme et de celles' de ses parents, donne sa maison de Latresche, qui s est appelée depuis te prieuré de Balneolis (2), à frère Constant et autres religieux qu'il amena du monastère du Yal'du-Cloux, et à leurs successeurs. De plus, au lieu de dix muids de froment qu'il avait assignés aux susdits religieux sur le grenier d'Entrains, il leur abandonna les moulins du bas étang d'Entrains avec le vivier ; en outre, il leur donna l'usage dans les bois de Fr«toy pour refaire lesdits moulins, et au lieu de 120 livres, monnaie de Nevers, qu'il leur avait assignées sur ses revenus de Donzy, il leur donna ses fours et cartalages de Donzy à perpétuité, sauf les droits de la dlme des chanoines de Saint-Caradeuc qu ils prenaient sur lesdits fours et cartalages (3); il leur donna en outre vingt muids de vin tous les ans, mesure d'Auxerre, sur ses revenus de Glamecy, et, en outre encore, il leur donna la dîme des anguilles qui se pèchent audit étang (4). »
En 1219, les mêmes seigneurs, par de nouvelles lettres, donnent à leurs hommes habitants de Donzy et aux religieux, prieur et couvent du VaUdes-Choux Tusage du bois de Beltefaye, qui est voisin des bois des religieux de Cessy et des bois de Chevraulx (5).
La charte d'Hervé nous a conservé le nom du premier prieur de. TEpeau, frère Constant. Nous retrouvons le nom d'un de ses successeurs dans l'acte testamentaire de Mahaut-la-Grande. Cette princesse fit dresser cet acte en 1257, en présence de Guillaume, prieur
(1) Tome VI, p. 178.
(2) Ou BalucoliSt comme nous l'avons dit.
(3) Gartalage ou carielage, droit sur les grains.
(4) Pages 283 et 284.
(5) La copie de cette charte, mentionnée dans V Inventaire de Tabbc de MaroUes, page 270, est déposée aux archives de la mairie de Donzy.
de l'Epeau. Elle ne pouvait dans ses dernières libéralités oublier oe monastère qu'elle avait fondé de concert avec Hervé.
Leurs successeurs continuèrent à se montrer les protecteurs de ces religieux. Sur la demande de Robert, comte de Nevers, ils avaient consenti à renoncer aux droits d*usage qu'ils avaient obtenus du comte Hervé dans la forêt de Donzy. Voulant reconnaître cet acte de bonne volonté, Robert et son épouse Yolande leur abandonnèrent en toute propriété cinquante arpents de bois dans les mêmes cantons (1).
Les vingt muids de vin dont nous avons parlé, à prendre tous les ans dans les vignes de Clamecy, et connus dans cette ville sous le nom de dîmes du moine de TËpeau, se sont perçus jusqu'en 1660 ; à cette époque on fît une transaction avec le prieur, à Teffet d'éviter les contestations qui déjà avaient eu lieu plusieurs fois. Par suite de celte transaction, on payait quatre sols par homme de vigne. Mais de nouvelles difficultés s'élevèrent encore, et, en 1669, un nouveau traité fixa à la somme de cinq sols par arpent le droit à percevoir, ce qui procurait 600 livres de revenus annuels au prieur de l'Ëpeau (2).
Quoique reconnaissant le monastère du Val-du-Choux comme son berceau, TËpeau ne demeura cependant pas soumis à l'abbaye de ce nom et forma de suite une maison-mère qui produisit dans le même siècle plusieurs prieurés placés sous son obédience, tels sont:
1* Le prieuré de Plain-Marchais, dans la paroisse de Lavau-en- Puisaye. Il fut fondé en 1249 par Guy de Mello, évêque d'Auxerre, en exécution des dernières volontés de Jean de Touci. Il fut réuni en 1770 à l'hôpital de Saint-Fargeau.
2** Le prieuré de Saint-Nicolas de Réveillon, en la paroisse d'Entrains. Il fut fondé en 1302. Cette maison fut détruite entièrement par les calvinistes, en 1568, et ne fut pas rétablie.
3o Le prieuré de Beaulieu, paroisse de Clamecy, proche Rix (3).
L'Epeau devait éprouver le sort des autres maisons religieuses de la contrée ; les torches incendiaires des huguenots réduisirent en cendres le monastère et détruisirent en partie l'église. Deux des autels primitifs sont conservés dans les chapelles dont nous avons
(1) Inventaire de l'abbô de MaroUes.
(2) Nbe db La Roghellb.
(3) Notice des monastères du diocèse d*Auxerre, p. 98.
parlé) flanquant la région septentrionale du sanctuaire ; ils ont une forme quadrangulaire, sont vides à Tintérieur, avec une large ouverture carrée sur le devant. Cette ouverture était garnie de grilles de fer destinées à garantir, de la dévotion exagérée des fidèles, les reliques querenfermaient ces autels. Les reliques n*y sont plus; à leur place nous avons trouvé les débris des cloches mises en fusion par l'incendie. Ce désastre eut lieu en 1569. D'après Gillet, le monastère avait déjà été incendié en 1558(1). Louis de Gonzague, qui avait si souvent traversé les projets des protestants, et qui, selon leur expression, excitait leur frayeur» avec ses pas de plomb et son compas à la matn, était alors absent; les hérétiques crurent la circonstance favorable pour se porter sur Donzy ; ils surprirent la ville le 18 septembre, et ils y entrèrent avec un certain nombre de seigneurs de leur parti et trois cents soldats. Une fois maîtres de la place, ils se portèrent à toutes sortes d'excès contre les catholiques et surtout contre les prêtres, et ravagèrent tous les établissements religieux du voisinage. Onze prêtres s'étaient réfugiés à Donzy ; mais après la prise de cette ville ils furent mis à mort par les huguenots, au milieu des plus horribles tourments. On compte parmi eux Jean Mignard, prieur de l'Epeau. Lebeuf fait remarquer qu'on retrouve dans des titres de 1506 un Jean Mignard , prieur de ce monastère ;. il est à croire que ce fut un homonyme de celui dont nous parlons (2).
Nous avons lu quelque part que depuis la ruine de TEpeau par les protestants le monastère cessa, on ignore pourquoi, d'appartenir à Tordre du Val-des-Choux, et que, devenu une dépendance de Citeaux, il fut abandonné à des commendataires qui en perçurent les revenus jusqu'à la Révolution. Cependant, V Annuaire d'Àuxerre de 1790 fait mention de l'Epeau comme dépendances de l'ordre du Val-des- Choux. Le dernier prieur qui posséda cette maison fut M. Legris, chanoine de Saint-Quentin ; il en avait pris possession en 1787.
La fête patronale de l'Epeau était TAnnonciation. Les habitants de Donzy ne manquent pas d'aller célébrer cette fête chaque année au milieu des ruines de l'antique monastère, où on dit la messe dans la chapelle conservée.
(1) Annuaire de Tan XIII, p. 86.
(2) Prise d:Anxerre, p. 231.
458 LES OONGRËGàTIONB REUGIBOfiES
Coche. -^ Nous n'avons aucians renseigMmeiifs sur le iramème monastère construit par Hervé ; nous devons noua contenter de ciler ici oe que nous trouvons dans la Notice de$ monastères du diocèee d*Auxenre: c Le troisièoie monastère bâti par Hervé de Donzy est fioîs-Froideau, paroisse de Vielmanay, qui ne subsiste plus, à moins qu'on ne dise que ce soit Ck)che^ abbaye ruinée dont on voit encore les fondements dans ladite paroisse (1). »
GRAMM0NTAIN8.
Prieuré de Faye. — Nous n'entreprendrons pas de donner des détails précis sur Tordre de Grammont (2), puisque les auteurs ne savent s*ils doivent le rattacher à Tordre de Saint-Benoit ou à celui de Saint* Augustin. Saint Etienne de Muret, qui en était le fondateur, ne voulut pas lui-même répondre à deux cardinaux qui lui demandaient si ses religieux étaient moines, chanoines ou ermites, faisant observer que leur costume n'était pas celui des moines ou des chanoines et qu'ils ne se trouvaient pas assez parfaits pour se ranger parmi les ermites. Quoi qu'il en soit, il fonda son premier monastère à Muret en 1076* Il mourut >e 8 février 1124, âgé de près de quatre-vingts ans. Son corps fut enterré secrètement dans Téglîse de Muret. Il ent pour successeur Pierre de Limoges ; ce fut sous son administration que les disciples de saint Etienne, inquiétés relativement à la possession de leur monastère de Muret, conçurent le projet de se réfugier ailleurs avec le corps de leur saint fondateur. Avant tout ils eurent recours à la prière. Pendant que le prieur célébrait à cet effet le saint sacriûce de la messe, aussitôt qu'on eut chanté les trois Agnus Dei, une voix se fît entendre qui dit aussi par trois fois Grammont, Les religieux, convaincus que c'était là que Dieu les voulait, se rendirent immédiatement dans ce lieu, y bâtirent une modeste chapelle avec des cellules; quand tout fut près, « ils retournèrent à Muret^ où ils avaient laissé quelques-uns des leurs pour garder le corps de leur bienheureux père, dont, s'étant chargés, ils revinrent dans le désert
i (1) Page 99.
(2) Les auteui-s varient sur Torthographe de es uom; ou dit Granémont ou Grammont.
DAKB LE DIOQÈ&B û£ NBVBHB. 459
de Grammoniy et l'enterrèrent sous le marchepied de Taute) de leur nouvelle chapelle. Cette translation du corps de saint Etienne et la transmigration de cette sainte famille se firent le 25 juin de la même année 1124(1). »
Dès ce moment, les enfants de saint Etienne furent connus sous le nom de Grammontains ou sous celui de Bona-H^mmes.
Le premier couvent de Grammontains^ dans le diocèse de Nevers, remonte à Tannée 1168^ et fut fondé au milieu des bois de Faye par le comte Guillaume lY, au moment de son départ pour la Terre- Sainte, sous Tépiscopat de Bernard de Saint-Saulge (2). Les personnes versées dans la connaissance des chroniques nivernaises n'ont pas oublié Teffrayante légende du charbonnier des bois de Faye. La fondation de ce monastère serait due, selon nos vieux chroniqueurs, à Texpiation d'un grand crime. Nous devons rapporter ici le naïf récit de Guy-Coquille :
< Un gentilhomme de la maison du comte Guillaume, amateur de la chasse, se trouva surpris parla nuict dedans le bois, dont il y a une grande quantité et sont fort épais en cet endroit où est le monastère de Faye ; et estant égaré de son chemin, fut contraint de loger en la cabane d'un charbonnier qui entendait à son fourneau de charbon estant en feu. Arriva environ la minuict qu'il voit en fantosme arriver un homme à cheval, ayant une femme en croupe ; et estant près de ce fourneau, tous deux descendent, et l'homme de cheval donne deux ou trois coups de dague à cette femme, puis la jette comme demi-morte en ce fourneau de charbon ardent et se jette après, et incontinent le chevalier et la dame disparurent. C'était une vision et fantosme. Ce gentilhomme, hoste du charbonnier, espouvanté de cette vision, eut le loisir de veiller le reste de la nuict, et, le lende* main venu, partit et arrive auprès du comte de Nevers, son maître, lui récite ce qu'il avait veu. Le comte, par curiosité, voulut sen assurer par ses yeux, et à certaine nuict qu'il se trouva au lieu, ne faillit de voir la môme vision : car le charbonnier avait dit toutes et
(1) Histoire des ordres religieux y 5* partie, chap. lxv.
(2) Parmbntier, JJisioire manuscrite des évéques de Nevers. — Née de La Rochelle attribue celle fondatiou à Guillaume II, en 1147, lorsqu'il se disposait à se faire Chartreux. Gomme cet historien est peu fort en chronologie, nous avons adopté le sentiment de Parmentier.
quantes fois qu'il avait un fourneau de charbon en feu, la mesme vision arrivait. En enquôrant ledit comte de diverses parts, et selon divers récits qui lui furent faits, vint à recueillir que c'était la pénitence d*un gentilhomme, son domestique décédé, qui aimant par folle amour une damoiselle mariée, tua son mari, ainsi que le bruit estait ; mais le cas n'avait pu estre avéré. Le comte meu de dévotion par cette vision merveilleuse, fit bastir, fonda et dota au mesme lieu la maison, l'église et monastère de Faye, qui est prieuré, auquel il fit venir des moines de Tordre de Grammont. »
Les comtes de Nevers, successeurs de Guillaume IV, et d'autres bienfaiteurs s'empressèrent de venir en aide aux religieux de Faye ; Pierre de Gourtenay et son gendre Hervé de Donzy leur firent plusieurs donations ; et, en 1230, Mahaut, veuve d'Hervé, qui avait épousé en secondes noces Guy de Forest, voulut, de concert avec lui, confirmer les donations antérieures qu'elle augmenta de nouvelles libéralités.
En i375, Jean de Molins, archidiacre de Decize, déclara qu'il voulait être inhumé en l'église de Faye et y établit une fondation.
En 1388, Marguerite, duchesse de Bourgogne, délivra en faveur des religieux de ce monastère des lettres de confirmation du privilège à eux octroyé par ses prédécesseurs d'acquérir dans le comté de Nevers et la baronnie de Donzy.
Il parait que ce prieuré possédait une relique importante de la vraie croix dont il avait été dépouillé; car, par un acte de 1563, les religieux déclarent qu'elle leur avait été rendue.
Un acte de 1531, consigné dans V Inventaire de l'abbé de Marolles, porle que le prieuré de Fontenay-tea^Bons-Hommes est uni et incorporé au prieuré de Faye (1).
Il parait qu'en 1768 le personnel de Notre-Dame de Faye était réduit à un tel point qu'on fut dans la nécessité de supprimer le couvent. Ses biens furent réunis à la manse du chapitre de Nevers (2).
Quelques années après sa fondation, en 1175, le monastère de Notre-Dame de Faye se trouva en position d'envoyer un essaim à
(1) Les renseignements précédents sont extraits de V Inventaire de l'abbé de Marelles.
(2) Parmentier, histoire manuscrite des évêques de Nevers, article de Bernard de Saint-Saulge.
Corvol-rOrgueilleux pour y établir un nouveau couvent ; c*est celui dont il a été question plus haut sous le nom de Fontenay-les-Bons- Hommes. Née de La Rochelle nous apprend en peu de mots l'histoire de ce prieuré qui, au moment où il écrivait, en 1747, était réduit à un triste état, c II y a, dit-il, dans la paroisse de Corvol-rOrgueilleuz, un prieuré que l'on appelle le prieuré de Saint-Marc ou de Fontenet» et qui était habité par des religieux de l'ordre de Grammont, dépendant du prieuré de Faye, auprès de Nevers ; il avait été fondé par Guillaume et par Ide de Garinthie, son épouse, en 1177 (1) ; et comme ils avaient compris dans cette fondation la forêt de Saint- Etienne, précédemment donnée à Tabbaye de Pontigny, ils l'en dédommagèrent par un autre acte daté de cette année et lui donnèrent le bois Girard.
c La maison de Fontenet était vaste et bien bâtie, mais il n'en reste plus qu'une petite chapelle que l'on entretient. Les bâtiments sont totalement détruits et les biens dissipés. Le prieur ne jouit plus que de quelques héritages qu'il afferme et de quelques menus cens qui ne produisent pas un revenu considérable (2). :» Telle était en 1747 l'état de cette maison. Elle dut être supprimée en 1768 en même temps que le prieuré de Faye, auquel elle était incorporée. On rapporte que Hugues de Touci, évéque d'Auxerre, se trouvant dans la contrée, administra les derniers sacrements à un pauvre malade auprès de Fontenay (3).
(1) Nous ferons ici TobservatioD que nous avons déjà faite : il s'agit de l'acte définitif de fondation; car, en 1175, le comte Guy, se trouvant ,à Auxerre, avait fait une donation auxdits religieux.
(2) Mémoires pour servir à l'histeire du Nivernais, p. 342.
(3) Lbbbuf, tome I", p. 302; tome II, p. 98.