LES FRANCISCAINS, OU FRÈRES -MINEURS
Vers les premières années du treizième siècle, un nommé Jean, fils de Pierre Bernardon, originaire d'Assise, faisait avec son père le commerce, et parcourait dans ce but l'Italie et la France, la France surtout, ce qui lui fit donner le nom de François, parce qu'il avait appris à parler cette langue. Un jour il lui vint à la pensée qu'il y avait un autre négoce plus profitable; il renonça à la propriété de tous ses biens, fit profession de pratiquer la pauvreté évangélique et se retira dans la solitude. Sa vie extraordinaire et sa sainteté lui attirèrent bientôt un grand nombre de disciples, ce qui lui donna la pensée de fonder un ordre 'de religieux. Le pape Innocent III approuva cet ordre dans le concile général de Latran en 1215, et Honorius III le confirma en 1223.
François d'Assise se vit bientôt à la tête d'une nombreuse famille, connue sous le nom de Franciscains, de Frères-Mineurs, puis sous celui de Cordeliers, qui devait être pour Tordre un titre de gloire. Ces religieux se confondaient avec le peuple, lui rendaient tous les services dont il avait besoin, soignaient ses malades, marchaient avec les armées, pansaient les blessés, et, à l'occasion, se battaient contre l'ennemi. Ce fut dans un de ces combats qu'ils conquirent le titre de
Cordeliers. Un grand nombre de Franciscains avaient suivi saint Louis en Terre-Sainte et se trouvaient dans un corps commandé par un seigneur flamand. Voyant les soldats qui lâchaient pied, ils les encouragèrent et se mirent à combattre avec eux avec tant d*ardear que les Sarrasins furent défaits. Ce seigneur ne balança pas à reconnaître que la victoire devait leur être attribuée. Comme il faisait au roi le récit de leur bravoure, et qu'il ne pouvait se rappeler leur nom, il les désigna en disant : Ce sont ceux qui sont liés de cordes. De là Tarmée leur donna le nom de Cordeliers.