‹ Les congregations religieuses dans le diocèse de NeversChapitre 81 sur 95 · FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES

Quand Mgr Pierre de Séguiran vint, en 1782, pour remplacer sur le siège de Nevers le vénérable Jean-Antoine Tinseau , que Dieu venait d'appeler à lui, il se préoccupa de l'état de l'instruction dans les classes peu fortunées. Nous avons lu quelque part qu'il s'empressa

(1) Archives de la communauté.

d*établir à Nevers un petit séminaire ; c'était la première maison de ce genre dans le diocèse. Il ne pouvait oublier les enfants des artisans et des pauvres; connaissant d'ailleurs tout le dévouement que montraient les disciples de l'abbé de la Salle, il conçut le projet de les appeler à Nevers. Avant tout il voulut avoir l'assentiment du corps municipal , ce qui lui fut accordé à l'unanimité. Le S6 juillet 1785, le corps de ville, réuni à cet effet, émit un avis fisivorable à l'établissement des frères des écoles chrétiennes , comme « très-utile à l'instruction des enfants des pauvres artisans ».

Pour arriver à ce but , le prélat avait ouvert une souscription , à la tète de laquelle on voit le nom d'un membre d'une famille qu'on est toujours sûr de retrouver quand il s'agit de bonnes œuvres et do bien-être des classes ouvrières; nous voulons parler de M. Pinet des Ecots. Quand le moment fut venu de traiter avec les frères, le charitable évèque lui écrivit pour lui en faire part, lui demandant de vouloir bien, puisqu'il est au nombre des premiers souscripteurs^ assister à la réunion dans laquelle on s'entendra avec les autres bienfaiteurs sur les moyens à prendre pour subvenir aux charges de ce nouvel établissement c dont , ajoute-t-il , j'espère tant d'avantages pour la réformation des mœurs du peuple et son instruction sur les devoirs que la religion nous impose (1) ».

Il s'agissait avant tout de trouver un local pour le logement des frères et la disposition de leurs classes. Après bien des hésitations, Mgr de Séguiran se détermina à faire construire une maison spéciale, et il choisit à cet effet un emplacement sur la place qui s'étendait devant l'église de Saint-Laurent , sans doute parce que ce quartier était à la portée de la classe nombreuse des faïenciers et des verriers. Le local se trouvait à la ville et à la campagne et ofirait ainsi aux enfants un air pur et un moyen facile de prendre leurs ébats (3).

Sur les anciens registres de la paroisse on lit le procès- verbal dressé à l'occasion de la pose de la première pierre :

c L'an 1788 , le 3 juillet , Mgr l'illustrissime et révérendissime Pierre de Séguiran, évèque de Nevers, accompagné d'un nombreux clergé, aux acclamations de cette paroisse et autres habitants de cette

(1) Archives de Nevers, série BB, n" 45.

(2) La rue actuelle de rEmbarcadôre longe cet ancien établissement.

ville , après la messe solennelle célébrée à l'église paroissiale de Saint-Laurent^ a posé et béni le première pierre du bâtiment destiné aux frères de Vinsiructian chrétienne. Les ecclésiastiques et laïcs des différents ordres ont renouvelé à Sa Grandeur les sentiments de reconnaissance que leur a inspirés l'exécution du projet conçu par sa charité pastorale de fonder des écoles gratuites pour l'instruction des pauvres. :»

La tourmente révolutionnaire devait bientôt rompre avec le passé et disperser tant d'institutions pieuses et charitables que rEglise, dans sa sollicitude toute maternelle , avait fondées à mesure que les besoins de la société se faisaient sentir.

Page 1