LES SÉMINAIRES DEPUIS LA RÉVOLUTION. — A AUTUN , A NEVERS
— PÈRES MARISTBS.
L'histoire de nos séminaires se rattache d'une manière toute particulière aux congrégations enseignantes. Nous avons vu ces établissements dirigés avant la grande révolution française par les chanoines réguliers de Saint- Martin, par les Oratoriens, par les Jésuites ; nous allons essayer de rétablir cette chaîne dont un anneau avait été brisé.
Dieu avait voulu montrer au monde jusqu'où pouvait aller uu peuple qui avait rompu avec lui ; la France pouvait dire avec le prophète : « Les pierres du sanctuaire ont été dispersées (1}. i Les prêtres et les lévites erraient sur une terre étrangère, ou bien, pour se soustraire à la fureur do leurs ennemis, se tenaient cachés dans leur propre patrie ; mais la colère de Dieu n'était pas éternelle, et ses menaces devaient avoir un terme : non enim in perpetuum irascetuff neque in œtemum comtninabitur (2). Tel était le cri d'espérance que le clergé et les fidèles adressaient au ciel.
Enfin le moment arriva où les églises s'ouvrirent à Nevers: c'était en 1800, le jour de Saint-Pierre. Noire ville était dans la jubilation ; toutefois, on ne pouvait encore entendre les joyeux carillons qui
(1) Thrbn., IV, 1.