CORBIGNY
Le nouveau supérieur portait ailleurs ses vues. Convaincu qu'il serait facile d'amener la ville de Corbigny à abandonner au diocèse»
(t) 11 devint plus tard évèque de Quimper.
à titre de loyer, son ancien prieuré des Bénédictins avec ses dépendances, il raûrit ce projet. Il devait sourire à l'abbé Sergent, et probablement il l'avait le premier mis en avant. On trouvait dans ce local le moyen de recevoir un grand nombre d'élèves, et on n'était pas obligé de s'occuper de deux établissements distincts. Il fallut donc renoncer au petit séminaire de Nevers, dont le mobilier devait être transporté à Gorbigny. Ce fut en 1834 que commença cette nouvelle pbase. Pendant la vacance du siège, les vicaires capilulaires donnèrent suite à ce projet, autorisé par ordonnance royale du 26 décembre de la même année. On passa avec la ville un bail de vingt-neuf ans. M. Rouchauce, supérieur; M. Sergent, professeur de rhétorique, titre auquel il joignit bientôt celui de directeur, des professeurs de choix ne tardèrent pas à élever cet établissement à un niveau extraordinaire. De toutes parts les parents conduisaient leurs enfants à Corbigny. Cette prospérité ne tarda pas à exciter la jalousie des autres établissements. Déjà, sous l'administration de M. Sautot, à Nevers , les préfets de l'époque se plaignaient de voir les élèves habillés de vêtements trop peu foncés. En 4836, ces mesquines taquineries se renouvelèrent ; une lettre du* 2 février, adressée à Mgr Naudo , par le ministre des cultes, à l'instigation de son collègue de l'instruction publique, signale le petit séminaire de Corbigny « comme en état de flagrante contravention aux dispositions de l'ordonnance du 16 juin 4828. Les infractions ne portent pas seulement sur le costume des élèves, mais encore sur le mode d'éducation qui, en comprenant la danse, l'escrime et même l'équitation , si les renseignements sont exacts, ôterait à l'établissement tout caractère d'école ecclésiastique. » Nous ferons remarquer que le ministre des cultes n'a pas osé reproduire toutes les plaintes formulées par son collègue, qui voulait étouffer sous le même éteignoir « les mathématiques , le dessin , les langues vivantes et la musique ». Comme il y avait grande exagération dans ces plaintes, on n'en fut pas effrayé.
Après quelques années, M. Rouchauce revint à Nevers, laissant la direction de la maison à M. l'abbé Sergent.
Quand Mgr Dufêtre fut appelé, en 4843, à remplacer Mgr Naudo, il ne vit pas sans un certain déplaisir son petit séminaire placé à plus de soixante kilomètres de sa ville épiscopale ; ayant consacré à l'éducation de la jeunesse les premières années de sa vie lévitique , il aimait les jeunes gens, et il lui en coûtait de ne pouvoir, à son gré, se trouver au milieu d'eux et leur communiquer le feu qui dévorait son
âme ; il aurait tenu aussi à donner aux professeurs une certaine impulsion. Ajoutons qu'il désirait se rendre un contipte exact de Tétat financier des établissements diocésains; sur ce ppint, ils lui in&piraientunevéritablesollicitude. Dans sa circulaire du 15 août 1847, il s'ouvrit aux prêtres et aux fidèles, et leur exposa la situation obérée de ses séminaires. L'abbé Sergent crut que les inquiétudes du*prélat étaient la critique de sa gestion ; il lui offrit sa démission de supérieur et se retira aux vacances du mois d'août 1847.
Mgr Dufêtre proposa ce poste à un prêtre de son diocèse, qui refusa, motivant son refus sur la position financière de l'établissement et sur le nombre décroissant des élèves. Le prélat n'insista pas ; il s'adressa à M. l'abbé Fliche, qui consentit à accepter la charge.
Dans de semblables circonstances la dette devait augmenter ; c'est, «n effet, ce qui eut lieu. Par une circulaire du 20 décembre 1848, Monseigneur fit connaître au clergé le rapport qu'il avait reçu du bureau d'administration des séminaires. 40,612 fr., tel était le déficit laissé par l'ancienne administration , déficit qui s'était augmenté sous la nouvelle de 11,830 fr. AÎi moyen d^un emprunt de 30,000 fr., on acquittarles dettes les plus urgentes.
PIGNELIN.
Mgr Dufêtre comprit qu'il n'avait plus à hésiter, que le parti le plus sage était de rapprocher son petit séminaire de sa ville épiscopale. Déjà il avait adressé un appel pressant à son clergé et aux fidèles, les engageant à lui venir en aide pour payer les dettes de Corbigny (1). Et cependant il était dans la nécessité de faire de nouvelles dépenses. Il n'était pas possible de penser à rester dans l'ancien emplacement de la rue Adam-Billaut; il n'eûi plus été en rapport avec les besoins; il était d'ailleurs occupé. Le prélat avait porté sa pensée vers Pignelin, maison de campagne du grand séminaire, comme nous l'avons dit, se réservant de procurer un autre immeuble à ce dernier établissement. Au synode du mois de septembre 1849, il avait communiqué à son clergé sa détermination et avait annoncé que des travaux étaient effectués dans ce but ; déjà
(1) Lettre-circulaire du 20 oclobre 1848.
un décret du 11 avril de la même année avait autorisé la translation de Corbigny à Pignelin de Técole secondaire ecclésiastique. Ce n*était pas assez de quelques dispositions : il s'agissait d'agrandissements et de constructions considérables dont le chiffre s'élevait à 100,000 fr. Mgr Dufètre avait à cœur de régulariser la position ; il entra personnellement dans cette dépense pour une somme de 50,000 fr. (1), comptant sur la charité de ses diocésains pour parfaire le reste. Le bureau d'administration des séminaires accepta les propositions du prélat et un décret du 22 juin 1850 approuva ces dispositions. Quoique les travaux ne fussent pas entièrement terminés, ils se trouvaient assez avancés pour permettre de prendre possession du local vers la fin de 1850.
On comprend le déplaisir qu'éprouvèrent les habitants de Cor* bigny en se voyant privés d'un établissement qui, depuis seize ans, faisait la gloire et la prospérité de la contrée ; on leur avait bien fait envisager [que cette maison ne serait pas abandonnée , devant être occupée par un pensionnat de frères, ils n'étaient pas rassurés. Leur mécontentement occasionna un incident qui doit trouver ici sa place.
11 était tout naturel qu'en transférant le petit séminaire à Pignelin l'administration diocésaine retirât de Corbigny une partie du mobilier, pour n'avoir pas à faire de trop fortes acquisitions qui eussent accru la somme des dépenses (2). Voulant éviter les frais, on prit le parti de s'entendre avec un maître marinier qui se chargeait de transporter par eau le mobilier à partir du port de Chitry, avant la mise à sec du canal pour les réparations annuelles. Le bateau était à peu près chargé; Monseigneur pensa qu'il serait bon qu'un des grands vicaires se rendit sur les lieux pour tout régler au moment du départ ; il fut décidé que l'archidiacre de Bethléem, qui avait Corbigny dans sa circonscription, accepterait cette mission.
Arrivé à Chitry, le grand vicaire vit le bateau presque rempli ; il se rendit à Corbigny pour faire compléter le chargement; mais certains propos qui lui furent rapportés, venant de membres de l'administration municipale, lui firent comprendre qu'on était disposé
(1) Cette somme devait être remboursée partiellement à mesure que les ressources le permettraient.
^2) Une bonne part de ce mobilier était réserwfie aux frères qui devaient venir.
à s*opposer au départ du mobilier, et qu'on pensait se rendre à Clamecy pour régulariser cette opposition. La crainte de voir la literie exposée pendant les réparations du canal aux intempéries de la saison, l'indemnité que Tadministralion serait obligée de payer aux bateliers, etc., préoccupaient le vicaire général ; de plus il était convaincu que la menace de se rendre à Clamecy était déjà exécutée ; il avait cru remarquer un certain embarras dans ceux qui lui avaient fait cette communication. Sans faire part à personne de ses inquiétudes, il arrêta une voiture, et, quand la nuit fut arrivée, il partit pour Clamecy. Dès le grand matin, il se présenta chez le président du tribunal auquel on avait demandé en effet une ordonnance de référé. Ce magistrat dit à l'archidiacre que les gens de Corbigny étaient dans leurs droits et qu'il serait obligé de rendre son ordonnance, si on ne leur donnait pas une garantie sufGsanle, pour les neuf années de loyer qui restaient à courir. L'archidiacre, en quittant M. le Président, rencontra un homme providentiel ; c'était M. Vée, curé d'Entrains, qui, venant d'hériter de 400,000 fr. environ, pouvait sans diffîculté se porter caution. Les Corbigeois n'avaient rien à objecter, la caution fut donnée et le bateau partit.
Déjà, M. l'abbé Cortet , actuellement évêque de Troyes, s'était acquis une réputalion de science et de talent qui semblait le désigner comme l'homme appelé à reconstituer le petit séminaire dans le nouveau local et à faire revivre les plus beaux jours de son existence. Mgr Dufétre ne balança pas à lui confier cette charge, lui laissant là faculté de s'entourer de professeurs de son choix. Peu de temps après son installation, il lui donna des lettres de vicaire gênérai. Un prospectus daté du 15 août 1850 avait annoncé Touverture de Pignelin et exposait en ces termes les motifs de cette translation :
c Depuis longtemps déjà la nécessité de rapprocher le petit séminaire de la ville épiscopale était vivement sentie. Grâce au zèle infatigable et à l'inépuisable générosité de notre vénéré prélat, cet établissement, si précieux pour le diocèse, vient d'être transféré i Pignelin, et l'ouverture en sera solennellement faite par Sa Gran* deur, le mardi 15 octobre prochain.
> Le petit séminaire jouira donc désormais, d'une manière toute spéciale, de la haute protection et de la direction sage de Monseigneur. Dans sa pieuse sollicitude, il versera sur les maîtres et sur les élèves les bénédictions célestes dont il est le dépositaire, il sera
leur lumière et leur force, et, par sa présence habituelle, il deviendra leur guide et leur père. »
La prospérité de Pignelin allait toujours croissant sous l'habile direction de M. Cortet ; mais, malheureusement, sa santé délicate le forçait assez souvent à prendre du repos et à céder provisoirement à d'autres ses fonctions de supérieur. Parmi ses remplaçants on remarque surtout M. Tabbé Gousset, auquel on est redevable de la chapelle actuelle, qu'il fit construire à l'aide de souscriptions. À la suite d'une lettre pastorale du 20 mai 1859, nous lisons cet avis : « Nous sommes heureux de vous annoncer que M. l'abbé Cortet, notre vicaire général, dont la santé s'est améliorée, a repris ses fonctions de supérieur du petit séminaire de Pignelin. M. l'abbé Gousset reste attaché à la maison en qualité de directeur. »
M. Cortet continua à diriger cette maison jusqu'en 1863, époque à laquelle il fut remplacé par M. l'abbé Goninqu'on y retrouve encoreen 1869. M. Sery lui succéda ; mais sa santé l'obligea en 1872 de prier Mgr Forcade de lui donner un successeur. Le choix du prélat se porta sur M. Benoist (Àlbéric), supérieur actuel. Dans le principe, Pignelin était un établissement mixte ; mais Mgr Forcade a voulu qu'il fût exclusivement consacré aux jeunes gens qui se présentent pour Tétat ecclésiastique. Depuis cette détermination, les vocations ont pris un développement inconnu jusqu'à cette époque ; le nombre des élèves est cette année de 160. Il faut bien ajouter que dès son entrée dans le diocèse, ce zélé prélat avait dû se préoccuper de la position matérielle de ces établissements et qu'il avait fondé l'Œuvre des Séminaires. Si celte œuvre n'a pas eu tout le succès qu*on aurait pu désirer, il est certain qu'elle n'a pas été sans résultats avantageux. Tout en continuant de se préoccuper des besoins matériels de ses séminaires, Mgr de Ladoue a entrepris d'élever le niveau des études, par les examens imposés aux élèves de Pignelin qui se présentent pour le grand séminaire, et par le concours des jeunes lévites et des jeunes prêtres aux grades théologiques.
INSTITUTION SÀINT-CTR.
Depuis le transfert du petit séminaire à Pignelin, Mgr Dufétre avait conçu le projet de procurer à la ville de Nevers un établissement dont le besoin se faisait vivement sentir. Beaucoup de parents
chrétiens avaient plusieurs fois exprimé le vœu d'avoir auprès d'eux une maison, dirigée par des ecclésiastiques, dans laquelle leurs enfants pourraient être préparés d'une manière plus spéciale à leur première communion. Le défaut d'emplacement empêchait de donner suite à ce projet, quand, après les constructions du couvent de Saint- Gildard, la maison-mère se retira de l'ancienne Visitation, la consacrant exclusivement aux œuvres dont les sœurs étaient chargées, et qui occupaient l'ancien petit séminaire ; ce local devenait donc libre. Pendant la retraite ecclésiastique de 1855, Mgr Dufètre fit part à son clergé de ce nouveau projet: € Nous disposons les bâlimenls de l'ancien petit séminaire à N^vers pour y recevoir les élèves internes et externes qui appartiennent aux classes de français ou aux classes élémentaires de latin. Cet établissement, qui sera comme une succursale de Pignelin, prend le nom d'Institution Saint-Cyr. > Sa pensée, en effet, était de fixer à Nevers les classes élémentaires, c'est-à-dire jusqu'à la cinquième inclusivement, laissant à Pignelin les classes supérieures. Les deux maisons devaient être sous la direction de M. l'abbé Cortet. Pour régulariser la position . le prélat écrivit, à cet effet, le 30 juillet 1855, au ministre des cultes, qui lui répondit le 13 décembre de la môme année qu'il avait fait étudier l'affaire et que, oc d'après les principes adoptés par le conseil d'instruction publique, l'autorisation ne pouvait être accordée, attendu qu'un seul directeur n^ peut exercer une surveillance convenable sur deux -établissements séparés l'un de l'autre. > Il engagea à modifier la demande, et à renoncer à ce premier projet en fondant une nouvelle école secondaire ecclésiastique; c'est ce qui eut lien.
Nous avons dit que Mgr Dufètre avait déjà appelé à Nevers les RR. PP. Maristes, non-seulement pour leur confier la direction de son grand séminaire, mais encore pour y fonder une maison de missionnaires. Comme cette maison était contiguê à l'église de l'Oratoire, Monseigneur, qui avait fait restaurer cette église, la leur abandonna pour leurs exercices religieux ; toutefois, il voulut qu'elle servît à VInstitution Saint-Cyr. C'était là que les élèves se rendaient à Tofûce divin les jours de dimanche et de fête.
Le dimanche 21 octobre 1855 a eu lieu, par Mgr Dufètre, la bénédiction solennelle de la chapelle de l'Oratoire, qui devait porter i l'avenir le nom d'Oratoire de Saint-Dominique. Cette cérémonie concourait avec l'inauguration de VInstitution Saint-Cyr.
Nous devons dire ici quelques mots sur cette église. Au moment de la
tourmente révolutionnaire, le couvent des Oratoriens subit le même sort que les autres établissements religieux ; il fut mis en vente et aliéné. Après avoir servi de club aux démagogues de 1793, l'église devint un magasin d'épicerie.
ligr Millaux voyait avec peine ce monument consacré à des usages profanes ; il en fit l'acquisition peu de temps avant sa mort. Ses héritiei*s, qui connaissaient ses intentions de payer en partie cette acquisition de ses propres deniers, abandonnèrent tes fonds nécessaires pour remplir le vœu du pieux pontife, et dès-lors l'église de l'Oratoire appartint au diocèse.
Les années qui ont précédé immédiatement la translation du petit séminaire à Gorbigny, les élèves de cet établissement se réunissaient pendant la semaine, pour les exercices religieux, dans la modeste chapelle de la maison; mais ils se rendaient les jours de dimanche et de fête à l'église de l'Oratoire, où pouvait se déployer, dans toute sa majesté, la pompe des cérémonies. Après la translation à Corbigny, cette église fut de nouveau abandonnée. En 1848, on y forma un club; eif 1852, elle servit de prison aux prévenus politiques; plus tard on y établit un chauffoir public.
Pour compléter ce qui a rapporta cet édiGce, nous ferons observer que Tacquisilion faite au nom du diocèse par Mgr Millauic n'avait pas été soumise aux formalités exigées par la loi ; y lui manquait la sanction de l'État. En effet, la mort inopinée de Mgr Millaux n'avait pas permis de compléter immédiatement cette affaire, et plus tard on avait fini par ne plus s'en occuper.
Mgr Dufétre, qui avait le désir de faire régulariser cette acquisition, en fit mention dans son testament, comme s'il eût été propriétaire de l'immeuble ; le légataire universel du prélat déclara qu'il n'y avait aucun droit, et fit instruire Taffaire conformément à la législation qui régit la matière ; le mémo décret qui autorisa les legs faits par Mgr Dufétre ratifia l'acquisition de la chapelle de VOratoirej qui devint une propriété diocésaine dont le bénéfice devait profiter au petit séminaire de Nevers.
C'est en efl'et le nom que nous pouvons maintenant donner à YInstitution Saint-Cyr, qui fut approuvée, avec le titre d'école secondaire ecclésiastique, par décret du 19 août 1856.
Cependant la pensée de Mgr Dufétre était toujours de s'en tenir pour Nevers aux classes élémentaires et d'ajouter d'année en année de nouvelles classes, à mesure que le besoin s'en ferait sentir. Or, ce*
besoin ne tarda pas à se manifester d'une manière évidente, puisque dans une seule anifée vingt-deux élèves sortirent de Saint-Cyr pour aller à Pignelin.
Tout en admettant un directeur paiticulier ou un supérieur pour chaque maison, Monseigneuravait confié à M. l'abbé Cortetla direction générale desdeux établissements, comme onle voitpar sa lettre-circulaire du 17 septembre 1857 : c Notre petit séminaire de Pignelin n'a rien perdu, ni du côté des études, ni du côté de la discipline. Le per' sonnel des principaux maîtres n'a pas changé depuis bien des années; et le nouveau supérieur suit, en tout point, les inspirations et les traditions de son prédécesseur, M. Cortet.
» Le petit séminaire Saint-Cyr marche sur les traces de son aîné , il est nombreux, florissant, parfaitement bien dirigé. 'H. Coriet s'occupe activement de la direction de ces deux maisons. »
Chaque année, en effet, le nombre des élèves augmentait, et une nouvelle classe d'un degré supérieur venait se joindre aux autres. Il fallut songer à se procurer un emplacement plus vaste, e^on pensa un instant à acquérir des terrains près la rue de Belair ou sur le boulevard Saint-Gildard ; mais ni Tun ni l'autre de ces emplacements n'était assez central; on n'eût point atteint le but qu'on se proposait. On se détermina {lonc à conserver l'ancien petit séminaire, en lui donnant l'extension dont il était susceptible.
Les améliorations et les dispositions opérées dans l'établissement étaient en pure perte, puisqu'il s'agissait d'une propriété qui n'était pas celle du diocèse. On conçut le projet de faire construire, d'après un plan général dont on serait libre de n'exécuter que quelques parties ; l'étude en fut conGée à M. Bouveault, architecte; mais avant tout il était important que le diocèse se rendit acquéreur. En 1867 on fit donc Tacquisition des immeubles de la congrégation des sœurs de la Charité et Instruction chrétienne et de deux maisons contigaês appartenant à la veuve Gâteau et à la dame Chapuis et consorts. Ces opérations ont été approuvées par décret du 26 juillet 1868. Ce fut alors qu'on éleva les construtions nouvelles, comprenant le réfectoire, la chapelle provisoire et deux vastes dortoirs. Déjà on avdt acquis de M. Senly une écurie qui se projetait dans l'intérieur de la cour. Bientôt l'établissement se compléta par l'acquisition de la maison Mauduit et, en 1874, par celle de la maison Râteau, donnant l'une et l'autre sur la place Ducale. M. Boussard en conserva la dfrection jusqu'en 1872; il eut à cette époque M. Vautrinot peur successeur,
et ce dernier fut remplacé par M. Dufrène. Le petit grain de sénevé jeté en terre par Mgr Dufètre a pris racine et a donné naissance à Tarbre vigoureux dont les branches abritent les oiseaux du ciel. L'Institution Saint-Cyr est devenue un établissement de plein exercice qui, envoyant chaque année un certain nombre de ses élèves aux épreuves du bacalauréat^ peut être fier de leurs succès. On compte dans la maison 250 élèves, dont 145 externes.