LES FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES
Il est plus facile de démolir que de réédifier; la révolution, qui avait accumulé tant de ruines matérielles et morales, fut elle*méme effrayée de son impuissance relativement à l'éducation de Tenfance; il s'agissait de remplacer ces prêtres et ces religieux, qui se consacraient jadis à rinstruction de toutes les classes de la société, ou dont l'expérience imprimait l'action et la direction aux instituteurs du jeune âge; ces hommes avaient été décimés ou dispersés sur les plages étranl^ères. Les législateurs de 1789 avaient bien proclamé le principe de l'enseignement populaire par l'Etat; la Constitution de 1791 avait promis la gratuité des écoles; les lois de 1793 et de 1794 avaient dreseé des programmes et édicté des peines contre ceux qui n'enverraient pas leurs enfants aux écoles de la République : tous ces efforts étaient sans résultat. Lorsqu'en 1802 on voulut s'occuper plus sérieusement de l'instruction du peuple, le Gouvernement déclara formellement, par l'organe de Fourcroy, qu'il était effrayé de la nullité ou de l'absence presqu'absolue des écoles primaires en France. Il ne pouvait en être autrement; le clergé, qui avait jadis déployé tant de zèle sur ce point, était proscrit ou persécuté.
Après la tourmente, on vit encore de vénérables curés de campagne, revenus de l'exil et déjà courbés sous le poids des années,
tenter de rétablir cette tradition *de dévouement et se constituer maîtres d'école. En même temps , les frères des écoles chrétiennes, jusque-là dispersés, se concertaient pour offrir de nouveau à cette société ingrate , avec leur abnégation , ce qui leur restait de force. Aussitôt après le concordat , deux d'entre eux ouvrirent à Lyon une modeste école qui devint comme le second berceau de Tordre; mais ce ne fut qu'en 1805 qu'ils reprirent leur costume, élurent un supérieur et se reconstituèrent conformément à leurs anciens statuts. Cependant ils n'avaient pas encore de reconnaissance légale ; elle leur fut accordée par Napoléon, en même temps qu'il signait le décret constitutif de l'Université, le 17 mars 1808. L'empereur déclara qu'ils seraient brevetés et encouragés par le grand-maître^ qui viserait leurs statuts et ferait surveiller leurs écoleSy et le 4 août 1810 M. de Fontanes délivra au frère supérieur général un diplôme en vertu duquel les frères ont rempli en paix leurs fonctions jusqu'en 1818, époque à laquelle, tout en reconnaissant leur zèle et leur habileté, on soulevait contre eux quelques difficultés. Hélas ! il faut bien le reconnaître, l'hydre révolutionnaire n'était pas détruite; elle avait été enchaînée; ses allures étaient moins brusques, son caractère moins violent, mais sa marche, quoique momentanément entravée, n'en continuait pas moins. Les maisons de frères faisaient rugir ses adeptes; ces modestes instituteurs ne se contentaient pas d'enseigner avec succès aux enfants qui leur étaient confiés les sciences humaines, ils leur apprenaient encore le catéchisme, les pratiques religieuses et le respect pour Celui de qui découle toute autorité. C'est cette pensée qu'on devait exprimer plus tard au sein même du conseil municipal de Nevers par ces paroles absurdes : Uinstitution des frères se trouve tout à fait en dehors des mœurs de la société actuelle.
Quoiqu'encore peu répandus, les frères dirigeaient déjà sous l'Empire un certain nombre d'écoles primaires ; ce nombre fut augmenté sous la Restauration; mais un libéralisme mesquin et antireligieux leur portait envie; il entreprit de leur faire échec, et bientôt on vit s'élever sur différents points des écoles à la Lancastre, appelées à faire concurrence à celles des frères. Nevers ne pouvait demeurer en dehors de ce mouvement; il eut la sienne en 1819; le conseil municipal avait voté des fonds pour l'établissement d'une de ces écoles. En même temps des hommes qui savaient s'imposer les plus grands sacrifices^ quand il s'agissait des intérêts du peuple, avaient conçu le
projet d'appeler à Nevers des frères des écoles chrétiennes ; nous voulons parler de M. Tabbé Groult, vicaire général, et de MM. de Bouille, de Maumigny, de Cayrol et de Saintemarie. Après avoir cherché en vain un local à louer pour y établir des classes, ils se déterminèrent à se rendre acquéreurs de l'ancien couvent des Dominicains, le vieux château d'Agnès de Bourbon, dont nous avons déjà eu occasion de parler. Cet immeuble avait été vendu en vertu des lois révolutionnaires et les bâtiments étaient dans un état complet de dégradation. Outre le prix de vente, qui s'élevait à 10,600 fr., non compris les frais, les charitables fondateurs devaient penser encore aux réparations, aux dispositions et à l'ameublement des classes et au logement des frères; ils ne se laissèrent pas décourager. La vaste cour qui règne en avant des bâtiments présente un lieu bien aéré pour les récréations des enfants, et le splendide jardin, ayant vue sur la vallée de la Loire, devait offrir aux frères une précieuse ressource pour la culture des légumes et des arbres fruitiers, tout en leur procurant un ravissant lieu de repos après leurs pénibles fonctions.
Dès le 2 mars 1820, les cinq fondateurs avaient lancé une lettrecirculaire dans le but d'appeler l'attention des habitants de Nevers sur leur projet, et de solliciter des souscriptions pour les aider à le conduire à exécution. A cet effet, ils leur présentaient l'état des dépenses, se divisant en deux chapitres r 1^ les dépenses de premier établissement, s'élevant à 5,800 fr.; 2** les dépenses annuelles, formant une somme de 1,800 fr. pour trois frères et de 800 fr. pour le loyer de la maison et l'entretien du mobilier des classes. Comme on le voit, il n'était pas encore question de Tacquisition. Cet appel fut entendu ; encouragés par les preuves non équivoques de la bonne volonté des souscripteurs, les fondateurs se décidèrent à se rendre propriétaires de l'immeuble dont nous avons parlé, ce qui eut lieu par acte du 9 avril 1821 (1). L'acquisition et les dépenses accessoires s'élevèrent à 25,000 fr., non compris la chapelle. Le 5 novembre de la même année, une messe du Saint-Esprit était célébrée à neuf heures en l'église Saint-Cyr. 176 enfants, conduits par les trois frères, se rendirent processionnellement après la messe au
(1) L'estimation des objets fournis en nature s'élevait à 4,512 fr. au mois d'octobre 1821.
chant du Veni Crmtor, à la nouvelle école. L'année suivante , le 28 août, fêle de saint Augustin , avait Heu la bénédiction de la chapelle , et le lendemain les enfants étaient heureux de recevoir les couronnes dues à leurs travaux. Outre les éminents fondateurs qui assistaient avec bonheur à cette double fête de famille, on y voyait aux premières places : MM. le marquis Ferdinand de Villeneuve, préfet de la Nièvre ; Auguste Dechamps, secrétaire général de la préfecture, et d'autres fonctionnaires civils et militaires. Le nombre des élèves augmenta rapidement ; au mois d'avril 1822, il s'élevait à 242, divisés en trois classes. Bientôt on fut dans la nécessité d'appeler trois nouveaux maîtres. Le zèle des souscripteurs pourvut à ce surcroit de dépenses jusqu'en 1824.
Laissons maintenant parler une feuille locale : la Gazette du Niver^ nais :
c A cette époque (1824), le conseil municipal, éclairé par les vœux des familles et les tristes fruits de l'école mutuelle qu'il avait fondée, mit les frères au compte de la ville, et t les fondateurs firent » don du bâtiment occupé par les frères et du mobilier, sous la condi- » lion que la ville de Nevers payera une somme de 10,000 fr. , laquelle » somme est destinée à rembourser un emprunt de pareille somme » que MM. les Donateurs ont fait pour parvenir à solder toutes les
> dépenses d'acquisition, réparations et établissement ; qu'elle payera » annuellement aux frères de la doctrine chrétienne de Nevers (1), 3 pour leur nourriture et entretien, la somme de 3,600fr. pour lesdites
> écoles, ainsi que les donateurs la payaient eux-mêmes, d'après leurs
> conventions avec le supérieur de l'ordre; qu'elle fera les payements
> à partir du jour où elle aura été autorisée à accepter, et par quart, » de trois mois en trois mois; que les bâtiments et l'enclos ne pour- » ront être employés par la ville de Nevers à une autre destination 3 que celle que lui ont donnée les fondateurs^ l'institution d'une école 3 dirigée par les frères de la doctrine chré(ienne; que, dans le cas » contraire, la présente donation sera nulle et non avenue à partir du » jour où cette destination serait changée; que cette révocation n'aura
> lieu cependant que dans le cas où le changement de destination
> aurait lieu par le fait de la ville >.
(1) C'est h tort qu'on donne celle dénomination aux frères ; il aurait fallu dire des écoles chrétiennes.
570 LES GONGIlÉCiiÂ.TipNS ^^LIGIBUfiiES
1 Le conseil municipal, prenant en considération c les avantages » que retirerait la ville, tant sous le rapport de l'acquisition, évaluée » 37,000 fr., que sous celui de la religion et de Tinstruction », accepta les ofires bienveillantes qui lui furent faites (1). Une ordonnance du roi autorisa la donation.
» Le nombre toujours croissant des enfants nécessita bientôt un septième frère et la construction de deux classes nouvelles. On prolongea l'ancien bâtiment, et toutes les classes, dont une se tenait dans le collège, furent réunies dans le même local.
» L'établissement était dans l'état le plus prospère lorsque la révolution de juillet éclate en trois jours. La nouvelle administration signale son entrée aux affaires en suspendant la rentrée des classes, et le conseil municipal décide, à la majorité d'une voiXy dit-on, que l'enseignement mutuel sera substitué à celui des frères, bien que les fonds votés ne pussent être détournés de leur destination, bien que les pères de famille se fussent hautement prononcés en faveur de l'école chrétienne (2). >
La lettre adressée en cette circonstance au frère directeur est trop curieuse pour ne pas trouver ici sa place ; elle est datée du 23 septembre 1830 :
c Monsieur le directeur, j'ai l'intention de réunir le conseil municipal de cette ville pour le faire délibérer sur diverses maisons d'éducation publique ; mais je ne pourrai le faire que dans les premiers jours du mois prochain ; et comme je ne puis rien préjuger sur les déterminations qu'il peut prendre , je vous prie de vouloir bien suspendre toutes mesures pour la rentrée de votre école, car je ne puis prendre sur moi de vous assurer si votre établissement sera conservé ou non. »
Cette lettre , signée Sauvageot , premier adjoint , est digne du magistrat qui venait de donner l'ordre d'enlever la croix de mission de la place qu'elle occupait depuis 1817. Le patois qui la distingue est en rapport avec l'esprit qui l'a dictée. Quoi qu'il en soit , la réunion annoncée eut lieu le 27 octobre suivant.
(1) Acte du 2 mai 1824, étude de M* Robin.
(2) Extrait de la Gaxetle dû Nivernais.
Laissons encore la Gazette du Nivernais &ire le récit de faits que nous nous garderons de qualifier ; cq réoit est de 1833 :
€ Nous passerons rapidement sur d'affligeants détails, car dix-huit mois se sont déjà écoulés depuis ces déplorables mesures, et Tancien conseil, éphémère création de juillet, qui signalait ainsi son pou* voir d*un jour, n'est déjà plus aux afiaires ; toutefois, il faut bien que nous rendions compte à nos concitoyens des pénibles circonstances qui nécessitent leur concours pour soutenir Técole chrétienne.
> À coup sûr, l'administration était libre de refuser toute allocation aux frères sur le budget de 1832 ; mais elle fît plus, elle voulut s'emparer d'un local qui ne lui appartenait point, véritable confiscation qui ne peut s'expliquer, de la part d'hommes probes, que par l'aveuglement de l'esprit de parti; les donateurs défendirent leurs droits avec énergie et les tribunaux furent saisis de l'affaire. Alors, soit que la réflexion eût montré à quelques membres du conseil tout l'odieux de leur délibération, soit qu'on craignît l'éclat d'un procès, soit opposition du préfet, qui déjà avait annulé la suspension illégale de la rentrée des classes, un arrangement fut proposé aux donateurs. La ville demanda 20,000 fr. dédommages et intérêts (1). Sans doute ces prétentions étaient exorbitantes, alors surtout qu'il s'agissait d'un établissement d'intérêt public ; car c'était une question fort débattue par les jurisconsultes de savoir si la ville, rompant ellemême le contrat, les donateurs étaient tenus à restituer les 10,000 fr. qu'elle avait fournis ; et quant aux constructions neuves, la loi n'accorde à celui qui a bâti sur le terrain d'autrui que la plus-value ou le droit d'emporter ses matériaux. Mais la' révolution était alors toute-puissante ; M. Mérilloux, si connu par sa haine du catholicisme, était ministre des cultes ; de sourdes menées menaçaient l'existence des écoles chrétiennes, et la ville eût conservé l'établissement si l'école de Nevers eût été dissoute par force majeure (2). Elle était d'ailleurs en possession et pouvait, en attendant l'issue du procès, renvoyer les frères, culbuter tout l'intérieur de l'établissement, ainsi que l'ordre en était donné, sauf ensuite à se conformer
(1) 10,000 fr. qu^elle avait donnés aux fondateurs et 10,000 tr, qu'elle prétendait avoir dépensée dans les constructions. (2; Le compromis de 1824 lui donnait ce droit.
572 LES CONGRÉGATIONS RBLIGIBUSES
aux arrêts des tribunaux. Pendant ce temps les classes auraient été nécessairement suspendues jusqu^à l'issue du procès ; car, indépendamment des frais immenses d*un nouvel établissement, il n'existait en ville aucun local conveiiable. Les donateurs ne pouvaient hésiter ; à tout prix il fallait éviter une interruption d'études qui aurait été la ruine de l'établissement. Ils souscrivirent aux dures exigences de l'administration et sauvèrent par là l'école chrétienne (1) ».
La nouvelle transaction eut lieu à la fin de décembre 1830 et fat approuvée par ordonnance royale du 24 juin 1831. L'établissement demeura à la charge des fondateurs jusqu'en 1832. Ils conçurent le projet d'organiser une administration r^ulière en dehors d'eux, destinée à percevoir les fonds que la charité publique mettrait à sa disposition pour soutenir cette œuvre, à la charge de rendre, chaque année, compte aux souscripteurs de l'état des recettes et des dépenses. Le bureau fut organisé le 29 avril 1832 (2), et dans le compte rendu le 22 décembre suivant, il pouvait dire: € Jamais l'école des frères ne fut dans un état plus florissant ; elle compte en ce moment près de six cents élèves : leur nombre augmente chaque jour, et la dernière classe contient plus de deux cents enfants ; ce qui est tout à la fois contraire au règlement des instituteurs et aux progrès des élèves. Une telle surcharge ne peut peser sur un seul maître ; quel que soit son zèle, sa santé ne saurait y résister, et il devient nécessaire d'appeler à son aide un nouveau frère ou de renvoyer plusieurs enfants >. On se procura un septième frère, le nombre des enfants s'élant élevé à six cent vingt en 1833. Ils augmentèrent en 1834, on en compta jusqu'à six cent cinquante ; la dernière classe était de cent quatrevingts. Les supérieurs comprirent qu'il était urgent de régulariser la position ; malgré le désir qu'ils avaient de répondre à la confiance des familles et d'accueillir tous les élèves qui se présentaient, il fat décidé que jusqu'à nouvel ordre ils ne dépasseraient pas le chififire de six cents. Cette mesure était d'autant plus nécessaire que déjà il était question d'ouvrir le soir une classe d'adultes. Ce fut en 1835 qu'elle fut installée ; quatre-vingts jeunes ouvriers la fréquentaient i:éguliè-
(1) Extrait de la Gazette nivemaise.
(2) Le bureau était ainsi composé : MM. Rouchauce, chanoine, président^ Flamen d'Assigny, Lyons aîné, Jules Pinet, Lefebvre le jeune, Victor de Maamigny.
rement. Un huitième frère devenait nécessaire. Mgr Naudo, ne voulant pas laisser ce surcroit de dépenses à la charge du bureau, dont la caisse était déjà obérée, prit à son compte une partie des frais.
En 1834 le bureau avait subi une nouvelle organisation par suite du départ de M. Rouchauce pour Corbigny. M. l'abbé Gaume avait été nommé président de la commission , à laquelle on adjoignit les trois curés de la ville.
Malgré le dévouement des membres du bureau, malgré la générosité des souscripteurs , on se trouvait en présence d'un déficit considérable, et dans le compte-rendu du 8 janvier i837 nous lisons : € Il s'en faut beaucoup que nous puissions couvrir les dépenses. Pour y faire face nous avons été dans la nécessité de supprimer la classe du soir. Par suite de cette mesure annoncée dès Tannée dernière en cas d'insuffisance de fonds, un frère a été rappelé (1). ^
Outre les dépenses ordinaires qui étaient à la charge du bureau , les fondateurs étaient obligés de desservir les intérêts des 20,000 fr. qu'ils avaient pris l'engagement de verser par suite de l'acte de rétrocession. Désirant se liquider avec la ville, ils empruntèrent une semblable somme par acte du 29 juin 1838.
Le vœu des pères de famille , le nombre des élèves qui recevaient une éducation soignée et une instruction sérieuse , les succès qui couronnaient leurs études , les rapports flatteurs des inspecteurs de l'Université, les démarches faites par M. le Préfet de la Nièvre sur l'invitation pressante du ministre de l'instruction publique , rien ne put déterminer le conseil municipal à venir au secours du bureau d'administration ; la passion ne raisonne pas ou plutôt déraisonne. En vain un des représentants de la cité, Thbnorable M. de RafBn, avait plaidé en plein conseil la cause des frères , dans la séance du 9 septembre 1837, il ne put rien obtenir. Il terminait son exposé par ce résumé :
< Ce ne sont pas mes paroles qui ont plaidé cette cause, mais bien les documents que j'ai mis sous les yeux du conseil.
:» l*' Par la citation de ses propres délibérations, j'ai prouvé qu'en 1830 l'école n'avait pas été enlevée à la commune , mais que celle-ci lui avait retiré son appui.
(l) Ck)mpte-rendu de 1836.
574 LES G0N6RËGATI0NB RELIGIEUSES
> 2® Par les registres des souscriptions y j*ai prouvé qne ce n'était pas les hommes d*un parti, mais tonte la population qui s*était cotisée pour soutenir cette école ; et des pétitionnaires nombreux sont venus, en termes pleins de simplicité et de convenance , supplier le conseil de la leur conserver.
) 3^ Par la liste des six cents élèves qui y sont reçus, j'ai prouvé qu'aucune distinction n'était faite pour leur admission ; que l'instruction y était donnée à tous et gratuitement , condition fondamentale de l'institution.
» 4** Par le diplôme du directeur, j'ai prouvé que les maîtres étaient dans le droit commun, agréés et autorisés par TUniversilé.
» 5^ Par une statistique officielle de 1831, j'ai prouvé que le nombre des frères s'élevait en France à 1,661 et celui de leurs élèves à 101,163.
» 6^ Par la publicité que les journaux de tous les partis ont donnée aux distributions des prix à Paris et dans les départements, j'ai prouvé que la munificence du roi dea Français s*était manifestée envers ces écoles, ainsi que les libéralités du plus grand nombre des conseils municipaux.
» 7^ Par des cahiers d'écriture et de calcul dont l'enjolivage seul a été critiqué , par des dessins d'architecture et d'ornement , par des cartes et plans (travaux des élèves), par leurs succès à l'école de Ghâlons, j'ai prouvé le mérite des maîtres et la bonté de leur méthode.
» C'est ainsi que j'appuyais la demande de subvention. »
Le conseil municipal offrit de se charger de l'établissement, mais à des conditions que la justice et la prudence ne permettaient pas d'accepter. Il stipulait le don pur et simple de la maison, sans les charges, montant à 20,000 fr., qui grèvent l'établissement, et sans clause de retour dans le cas où les frères cesseraient d'enseigner (1).
Ce qui s'était passé en 1830 suffisait pour détourner le bureau et les fondateurs. Que serait-il advenu sans la clause de retour insérée dans l'acte primitif de donation.
(1) Rapport du bureau. — Compte de 1837.
Dans le diocèse oè neVërs 575
Les fondateurs, d*accord avec le bureau, avaient fait offrir & la ville l'abandon de l'enclos des Jacobins aux conditions suivantes :
c Art. 1<>'. -^ Les propriétaires de rétablissement de l'école chrétienne cèdent à la ville de Nevers cet établissement; qui consiste dans le local connu sous le nom d'enclos des Jacobins, tel qu'ils en jouissent en ce moment, y compris le matériel des classes et les meubles meublants à l'usage des frères.
> Art. 2. — Un état des lieux pour les bâtiments et un inventaire estimatif pour le mobilier seront dressés au moment de la remise.
> Art. 3. — La ville leur restitue la somme de 20,000 fr. qu'il lui ont payée en 1831, par accommodement, lors de la rétrocession qui leur a été faite de cette maison.
> Art. 4. —Au moyen de cette cession, la ville s'engage à entretenir les bâtiments actuels en bon état, sans pouvoir les diminuer ; à entretenir de même le mobilier et à y maintenir l'école chrétienne gratuite sur le pied où elle est actuellement, au nombre de sept frères, et conformément aux règles de leur institut, sans pouvoir, sous aucun prétexte, donner à ce local une autre destination.
9 Art. 5. — Dans le cas où, pour une cause quelconque, l'école des frères cesserait d'exister, les propriétaires rentreront de plein droit dans leur propriété, sans autre formalité qu'une signification à la mairie de leur intention de rentrer dans la jouissance de leur maison.
» Art. 6. — Les bâtiments leur seront rendus suivant Tétat des lieux et le mobilier selon l'état estimatif qui auront été dressés lors de la remise ; et si, pendant la jouissance, la ville a fait des augmentations aux bâtiments, elle ne pourra demander d'indemnité, mais elles profiteront aux propriétaires. Les clauses de cet article sont de rigueur, et sans elles la cession n'aurait pas lieu. »
En faisant ces propositions, le président du bureau protestait avec énergie contre certaines paroles qui avaient été dites au conseil : que Véeole chrétienne était une œuvre de parti. « L'inspection de nos registres, disait-il, a pu convaincre le conseil que c'est ici l'œuvre de tout le monde et de toutes les classes, sans aucune distinction. Néanmoins,* dans la crainte, bien ou mal fondée, qu'on ne lui suppose des vues et des intentions qu'il n'a pas, et que par là on retarde une
576 LES GONGRËGATTONS RELIGIEUSES
allocation de fonds qui est de toute justice, le comité me charge, à Tunanimité, d'offrir à M. le Maire le litre de membre du bureau pour le soutien de l'école chrétienne, aûn qu'il puisse, en cette qualité, assister à nos réunions annuelles et mensuelles, et juger de tout par lui-même. :»
Les propositions généreuses des fondateurs et des bienfaiteurs ont été rejetées. Le bureau, par reconnaissance pour le zèle déployé en cette circonstance par M. de Rafûn, s'est empressé de lui offrir de faire partie du conseil d'administration, proposition qu^il accepta avec empressement. *
Depuis longtemps les pères de famille des paroisses Saint- Pierre et Saint-Etienne réclamaient la création d'une succursale des écoles chrétiennes dans cette section de la ville ; ils trouvaient que l'école des Jacobins était trop éloignée de leurs quartiers. Malgré le mauvais vouloir du conseil municipal et l'étal de détresse de l'œuvre, ses bienfaiteurs, comptant sur la Providence, se rendirent à ce vœu légitime, louèrent une maison convenable dans la rue Fo^tmorigny, et rappelèrent le huitième frère ; c'était en 1838. Trois classes y réunissaient 250 élèves. Par suite de cette disposition, la maison des Jacobins fut réduite à quatre classes. Les élèves des deux maisons s'élevèrent à 670. L'établissement de la rue Fontmorigny se soutint jusqu'en 1843, grâce aux sacrifices que savaient s'imposer les bienfaiteurs. Mais la charité a des bornes ; le bureau se voyait sur le point' de supprimer ce dernier établissement faute de ressources suffisantes, et cependant il admit un neuvième maître pour ne pas surcharger les autres. Le bien qu'opéraient les frères au milieu de cette population intéressante ne leur fit pas trouver grâce auprès du conseil municipal. Le ministre de l'instruction publique avait de nouveau écrit au préfet de la Nièvre pour l'engager à presser Tautorité municipale de comprendre dans le budget Técole des frères, qui rendait de si importants services à la ville. Le conseil municipal, tout en reconnaissant la vérité des appréciations du ministre, se contentait de déclarer qu'il ne pouvait se charger d'un établissement sans en prendre la direction absolue ; il s'est décidé à surseoir jusqu'à ce que la société particulière qui soutenait les frères eût fait connaître ses intentions à cet égard. (Séance du 25 juin 1842.)
Le conseil aurait voulu, en outre, qu'on abandonnât à la ville la maison en toute propriété et sans conditions. Il était impossible de lui faire comprendre que les propriétaires ne faisaient pas partie
du bureau , lequel ne pouvait prendre aucune détermination relative à la cession de l'immeuble; que, d'un autre côté, ledit bureau n'avait aucunement la direction de récole, ses fonctions se bornant à recueillir les souscriptions pour subvenir aux frais de l'œuvre; on n'aboutit à rien. En face des difficultés, on prit la détermination définitive de supprimer l'école de la rue Fontmorigny; on pensait d'ailleurs à rétablir les classes d'adultes qui paraissaient d'une importance beaucoup plus sérieuse pour la population ouvrière; elles furent, en effet, ouvertes en 1845 et comptèrent bientôt 180 élèves, divisés en cinq classes.
Quand les pères de famille des sections de Nièvre et de la Barre apprirent que Técole fréquentée par leurs enfants allait être fermée, ils s'empressèrent d'adresser une pétition aii conseil municipal pour réclamer, dans les termes les plus pressants, la conservation de l'école de la rue Fontmorigny, au moyen de subventions accordées par la ville. Les 140 signatures apposées à la suite de cette pièce n'empècbèrent pas qu'elle fut repoussée.
Cependant, par actes des 19 et 20 février 1843, les copropriétaires de l'établissement des Jacobins avaient cédé à M. le comte Charles de Maumigny tous leurs droits sur cet immeuble, à la charge par lui de payer, en leur lieu et place, les intérêts des SiO,000 fr. empruntés pour rembourser la ville, comme nous l'avons dit plus haut.
M. de Maumigny, dont la charité était inépuisable, avait déjà depuis longtemps pris à son compte personnel le payement de ces intérêts. M. l'abbé Groult, voulant le dédommager, autant qu'il était en son pouvoir, lui remit une somme de 2,400 fr., sans faire aucune réserve dans la propriété de l'immeuble.
La Providence ne cessa pas de protéger cette œuvre ; elle inspira à des ftmés charitables la pensée de lui venir en aide. Outre M. le comte Charles de Maumigny et les autres personnes dont nous avons parlé, on compte parmi ses bienfaiteurs: M. le duc de Ghoiseul, Mme la duchesse de Périgord , M. de Marcy, Mme Bezille, M. Petit de Touteuille, ancien maire de Paris. Mgr Dufétre lui porta aussi le plus vif intérêt. Ajoutons que pendant plusieurs années , à partir de 1845, le ministre de l'instruction publique accorda à l'établissement des firères des allocations assez importantes.
En 1850, Dieu appela à lui le comte Charles de Maumigny. Par suite d'arrangements de famille, son fils Victor devint propriétaire de la maison deà frères : on était assuré qu'il continuerait les traditions
de son vénérable père ; ces dispositions étaient une garantie pour l'œuvre.
L'établissement des frères devait bientôt entrer dans une phase nouvelle ; les préventions commençaient à s'affaiblir ; déjà , par une délibération du 6 février 1853, M. le Maire avait été autorisé à aborder la voie des accommodements. Mais ce ne fut qu'en 1857 qu'i] traita <l'une manière définitive avec M. le comte Victor de Maumigny, par un sous-seing qui fut approuvé par M. le Préfet le 30 septembre de la même année. En vertu de cet acte, il a été convenu que le propriétaire abandonnerait à la ville la jouissance de l'enclos des Jacobins, pour y continuer les écoles des frères, avec charge pour la commune de payer l'impôt , l'assurance contre l'incendie , et d'employer annuellement une somme de 150 fr. en réparations, non compris les réparations locatives , et en outre d'entretenir à ses frais le mobilier des classes.
Telle était la position quand, dans sa délibération du 15 décembre 1871 , le conseil municipal supprima la subvention accordée aux frères à partir du 1*' janvier 1872 ; mais le 6 janvier une pétition couverte de nombreuses signatures fut adressée à M. le Préfet pour demander le maintien de l'école communale dirigée par les frères. L'atïaire fut portée au ministre de l'instruction publique. Par sa lettre du 24 janvier 1872 à M. le Préfet de la Nièvre, M. Jules Simon dédani que l'école des frères était incontestablement communale et que la ville n'avait pas le droit de se soustraire à cette dépense obligatoire.
Par suite de cette décision , M. le Préfet porta d'office au budget l'allocation en faveur des frères. Le conseil municipal fit appel au Conseil d'Etat, qui vient de confirmer la décision préfectorale par son arrêt du 11 mai 1877:
Le bien que les frères opéraient à Nevers avait fait naître, dans bon nombre de communes importantes, le désir de confier leurs écoles à ces habiles instituteurs.
Ghateau-Chinon. — Etablis en cette ville en 1840 au moyen de souscriptions, les frères, au nombre de trois, commencèrent leur mission toute de dévouement; bientôt on fut dans ki néceestfé d'appeler un quatrième frère et enfin un cinquième. Ge personnel était nécessaire, vu le nombre des enfants, qui s'élève actuellement à près de 300. Un d'eux est reconnu comme instituteur communal et entretenu par Ghftteau-Ghinon-Campagne.
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La Charité les appela à diriger son école commanale; ils se rendirent à cet appel, d*abord au nombre de quatre; maintenant ih sont six, chargés de 260 enfants, non compris les 60 ou 70 adultes de la classe du soir. Le conseil municipal ne leur a suscité aucune tracasserie et leur a maintenu leur titre d'instituteurs communaux.
DoRNEs. — Nous ne faisons qu'une simple mention de cette localité , où les frères avaient été appelés par Mme veuve Lefebvre , au nombre de trois ; ils n'y demeurèrent que quelques années.
Glamect. — Les frères des écoles chrétiennes furent appelés à Clamecy en Tannée 1852^ à la' suite de l'insurrection qui éclata en cette ville au commencement de décembre 1861. Cette date est remarquable , parce qu'elle porte avec elle le but de l'établissement des frères à Clamecy. Le directeur de l'école communale d'alors se trouva au nombre des victimes de l'insurrection et sa mort réclamait un remplaçant. Sous l'impression des tristes événements qui venaient de s'accomplir et qui eurent un si grand retentissement, il devenait possible d'obtenir de l'autorité locale son assentiment au projet de confier la direction de Técole communale aux frères des écoles chrétiennes. Aussi, quelque temps après, un traité entre la municipalité et l'institut des frères les fondait à Clamecy en qualité d'instituteurs communaux.
Pour faire accepter plus facilement l'accomplissement de l'œuvre par le conseil municipal, M. Guillaumet, archiprètre de Clamecy, ouvrit une souscription destinée à satisfaire aux premiers frais de fondation et à l'acquisition du mobilier des frères et de l'école. Voilà comment la Providence se servit des événements pour fonder Jes 'frères dans cette localité. Ils y vinrent au nombre de quatre, et bientôt plus de 200 élèves se groupèrent autour d'eux.
Le traité passé entre l'institut et la municipalité était de dix ans, selon l'usage. Les choses marchèrent sans ombre de difficulté et â la satisfaction générale pendant toute cette période de temps. Mais quel ne fut pas Pétonnement de tous, lorsï]u'on apprit que le conseil municipal, oubliant 1851 , avait fait signifier congé aux frères, tout em faisant leur éloge et en reconnaissant les services rendus par eux à la population.
Qu'allaient devenir les frères ? Évidemment, dans la pensée des inspirateurs de cette mesure, ils devaient disparaître de Clamecy.
Mais la Providence, qui les y avait appelés, devait aussi les y conserver, non plus à titre d'instituteurs communaux, mais d'institafeurs libres. M. TÂrchiprêtre put les recevoir et les installer dans une maison qui lui appartenait. Ce fut un grand sujet de satisfaction pour la population de Clamecy, qui leur portait un sincère intérêt et qui eût été désolée de leur départ.
Ici commence donc une nouvelle période dans l'histoire des frères de Clamecy. Leurs élèves les suivirent dans leur nouveau local au nombre de plus de 150. L'école communale, de son côté, commençait avec 50 à 60 élèves. Ces chiffres prouvent suffisamment à quel degré les frères avaient conservé la sympathie et la confiance des familles. Cette situation de l'école des frères vis-à-vis de l'école communale se maintint prospère pendant plusieurs années. Une souscription ouverte en fkveur de Tœuvre put suffire à peu près au traitement des frères et aux diverses dépenses de l'école.
Plus tard le nombre de leurs élèves diminua peu à peu, soit par suite de l'hostilité active de certaines gens , soit comme résultat de la gratuité établie en faveur de l'école communale.
Cependant le local occupé par les frères laissait beaucoup à désirer; voulant relever cet établissement et en faire une œuvre importante et d'avenir pour Clamecy, leur zélé fondateur n'hésita pas à profiter d'une occasion favorable pour acheter une nouvelle maison, parfiiitement convenable, située au centre de la ville et se prêtant admirablement dans son ensemble à tous les développements désirables. Cette maison servait autrefois d'habitation d'hiver aux comtes de Chabannes , de Cuncy.
Aujourd'hui et depuis 1873, après les différentes appropriations faites, les frères y sont installés au nombre de cinq, dans les meilleures conditions possibles. L'immeuble que M. l'Archiprétre n'avait pas la pensée de conserver pour lui appartient en propriété â M. le comte du Hamel du Breuil et à M. Cambuzat-Saligny, qui en ont fait l'acquisition en commun, avec intention de maintenir religieusement sa destination.
Un comité d'administration est chargé, au moyen de souscriptions, de pourvoir au traitement des frères et aux diverses dépenses de l'école.
Tout fait espérer que cet établissement , précieux pour la ville de Clamecy sous tous les rapports, deviendra de plus en plus prospère et prendra tous les développements qu'il comporte. Les élèves.
SOUS une bonne direction , dépassent déjà de beaucoup le nombre de 100.
CosNE. — L'école des frères fut fondée dans cette ville le 18 octobre 1852. Appelés par la municipalité, ils jouirent d'un traitement fourni par la ville jusqu'au 4 septembre 1870; à cette époque, la nouvelle administration municipale leur contesta leur titre d'instituteurs communaux. Au lieu de défendre le droit incontestable que la loi leur assurait, ils se retirèrent et fondèrent une école libre, qui est soutenue par la rétribution scolaire et par les secours d'une commission charitable.
Prémert était administré alors par une commission municipale; en 1854, le 8 février, ladite commission décida que l'école des garçons serait confiée aux frères des écoles chrétiennes, à partir du V' avril de la même année, époque à laquelle trois frères en prirent possession. Après bien des épreuves, cet établissement finit par s'affermir; on fut même obligé d'appeler un quatrième frère que la commune ne balança pas à prendre à sa charge. Cette école réunit jusqu'à 200 enfants. Une classe d'adultes fut ouverte au mois de décembre
Corvol-l'Orgueilleux. — Dans le but d'assurer aux enfants de cette importante paroisse le bienfait d'une éducation chrétienne, Mme la marquise de Neuchèze conçut le projet d'y fonder un établissement de frères des écoles chrétiennes ; à cet effet, par acte du 23 avril 1853, elle fit donation à la commune d'une rente sur l'Etat de 1,300 fr. pour deux frères, ladite commune s'engageant à payer annuellement 600 fr. pour le troisième frère. Le nombre des enfants s'éleva à 120 et plus tard à 150.
Le 15 mai de la même année, les frères prirent possession et leur école devint florissante, quand, en 1870, on leur retira le titre d'instituteurs communaux ; ils furent obligés d'abandonner l'établissement sans savoir où se réfugier.
Mme de Lambel, fille de la fondatrice, se concerta avec M. Jobert, curé de la paroisse, pour leur procurer un autre local où, après l'accomplissement des formalités légales, ils ouvrirent une école libre. La commune n'est pas assez importante pour fournir à deux écoles; celle des frères ne réunissait plus que 70 élèves ; au mois de
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septembre 1876, ils récurrent de leurs supérieurs ordre de se retirar. Avant leur départ, 173 pères de famille et habitants notable» signèrent et leur remirent un acte, témoignage de leurs regrets, de leur estime et de leur reconnaissance.
FouRCHAMBAULT. — Les frères de Saint-Viateur, dont nous parlerons bientôt, étaient chargés primitivement de Técole de Fourehambault ; ils y furent remplacés en 1851 par quatre frères des écoles chrétiennes, qui arrivèrent dans cette localité le 26 octobre et y ouvrirent trois classes le i^' novembre suivant. Presqu'en même temps ils organisèrent des classes d'adultes. La population prenant de Taccroissement, le nombre des élèves dut augmenter. Aujourd'hui onze frères donnent leurs soins à quatre cents enfants environ.
Les frères ont été reconnus comme instituteurs communaux au mois de septembre 1858 ; mais, par suite des conventions faites avec l'administration des forges, le directeur seul est payé par la ville ; les autres frères sont à la charge de la compagnie, à laquelle appartiennent les bâtiments et le jardin composant l'établissement.
La Machine. — Ce fut en 1849, sous l'administration de H. Scfaaerff, lorsqu'il dirigeait l'établissement de La Machine, que les frères des écoles chrétiennes furent appelés dans cette localité. On avait disposé pour leurs classes des constructions sufBsantes dans le principe, mais qui devaient bientôt n'être plus en rapport avec le nombre de leurs élèves qui s'éleva au chiifre de 330, non compris ceux qui fréquentaient l'école d'adultes.
A l'époque de la construction de la nouvelle église , on se. vit dans la nécessité de leur procurer un loâal plus spacieux et on construisit un splendide établissement , dont les dispositions avaient été combinées de manière à répondre à tous les besoins des maitres et des élèves; la nouvelle administration des mines n'avait rien négligé dans ces constructions.
En 1876 , le directeur de La Machine voulut exiger certaines formalités qu'il croyait avantageuses à l'avancemant des élèves ; les frères , ne pensant pas devoir les admettre , prirent le parti de se retirer. Ils furent remplacés au mois d'octobre de la même année par les frère$ Maristes.