CHAPITRE XIII
CONGRÉGATIONS ENSEIGNANTES
CLERCS DE SAINT-VIATEUR. — FRÈRES DE LA CROIX. — FRÈRES MARISTES. — FRÈRES DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE.
Clercs de Saint-Viateur.
Dès les premiers jours de son arrivée à Nevers, Mgr Dufètre s*était vivement préoccupé du développement de l'instruction dans son diocèse ; il conçut le projet d'y appeler les clercs de Saint- Viateur, congrégation nouvelle qui avait établi sa maison-mère à Vourles, au diocèse de Lyon. Le but de cette institution souriait au prélat ; ses membres se consacraient à l'instruction des enfants et s'offraient en même temps à titre d'auxiliaires à MM. les Curés comme chantres et sacristains. Ils vont ordinairement trois ; cependant ils peuvent n'être que deux et même un seul dans les petites paroisses ; dans ces derniers cas, ils doivent habiter et vivre avec le curé.
Ce fut en 1843, l'année même de son arrivée, que Mgr Dufètre traita avec le supérieur de l'institut pour obtenir qu'une succursale des clercs de Saint- Viateur, avec noviciat, fût établie à Nevers. M. de Maumigny offrit, à cet effet, la maison occupée actuellement par les sœurs de l'Espérance. Le zélé prélat avait reoomvnandé cette œuvre avec instance dans le synode de 1843, et, depuis cettp époque, n'avait négligé aucune occasion d'en parler au clergé et aux fidèles. Dans une circulais du 10 août 1847, il fait de nouvelles instances en annonçant que 4epuis quelques mois la maison a reçu douze
jeunes novices. C'était à ses yeux une pépinière qui pouvait plus tard procurer aux populations des instituteurs chrétiens. Déjà on comptait un certain nombre de paroisses qui s'étaient empressées de réclamer des clercs de Saint- Viateur, entre autres : Fourchambault, Fougues, Germigny, Raveau, Saint-Sulpice. Toutes ces maisons n'ont eu qu'une existence précaire, même la succursale de Nevers ; il faut toutefois en excepter l'établissement fondé à Saint- Sulpice par Mme veuve Brunet, et qui subsiste encore. La fondatrice avait abandonné à la maison-mère l'immeuble dans lequel elle avait fait disposer des constructions pour la classe et le logement de trois frères, y ajoutant à perpétuité une rente de 900 fr.
La cohabitation des frères avec les curés avait des inconvénients pour les uns et pour les autres ; c'est sans, doute ce qui a empêché cet institut de prendre racine dans le Nivernais.
Frères de la Croix.
En 1853, trois frères de la GroiX; dont la maison-mère est établie à Ménétruel, au diocèse de Belley, furent appelés à Donzy pour la direction de l'école communale. Cet établissement avait parfaitement réussi; on y comptait plus de deux cents enfants, non compris trente à quarante adultes, auxquels on faisait des cours pendant l'hiver. Deux nouveaux frères vinrent s'adjoindre aux trois autres qui ne pouvaient suffire. En 1865, le frère directeur étant venu à mourir à Donzy, les supérieurs de la congrégation mirent du retard dans son remplacement, ce qui détermina le conseil municipal à retirer l'école aux frères pour la confier à un instituteur laie.
Les frères Maristes de Notre- Dame'des' Minimes de Decize.
En parlant des établissements de Bénédictins dépendants de l'abbaye de Saint-Germain d'Âuxerre, nous avons eu occasion de faire mention du prieuré de Saint-Pierre de Decize ; il en a encore été question quand, en 1621, ce prieuré fut cédé aux Minimes. Nous allons compléter l'histoire de cet antique monastère en faisant connaître la nouvelle phase que la Providence lui réservait. Nous ne
saurions mieux faire que de reproduire ici le rapport présenté par M. Augustin Benoist d'Azy aux actionnaires de la société de Notre- Dame- des-Minimes de Decize, réunis en assemblée générale dans une des salles de l'établissement. Ce rapport résume toute l'histoire de cette fondation.
c C'est le 23 octobre 1853 que les frères Mariâtes sont venus s'établir à Decize, appelés par M. Deplaye, qui désirait procurer une école chrétienne aux enfants de la nombreuse population de sa paroisse.
» Le commencement fut plus que modeste : avec le concours de quelques personnes charitables^ M. le Curé loua une petite maison particulière, la meubla pauvrement, et trois frères s'y installèrent avec la confiance et le courage que ces hommes puisent dans le sentiment de leur mission.
> L'école était fondée.
• Bientôt une trentaine d'élèves se groupèrent autour des maîtres, et la Providence, ne manquant jamais de bénir de semblables entreprises, leur nombre s'accrut d'année en année.
> En 1860, sous l'inspiration du digne fondateur, une société se forma pour donner à l'institution plus de développements et un caractère plus durable.
» La société avait un triple but :
> 1*^ Rendre à une œuvre religieuse un édifice qui, pendant de longs siècles, avait eu cette destination ;
9 2® Donner l'instruction religieuse aux enfants de la ville, la donner surtout gratuitement aux enfants de familles pauvres ;
» 3o Procurer enfin aux familles aisées, et principalement aux nombreux fermiers du canton, le moyen de faire élever chrétiennement leurs enfants dans un pensionnat dont les conditions fussent à leur portée et où ceux-ci pussent trouver une instruction élémentaire solide et assez avancée pour leur faire suivre ensuite utilement soit les écoles des arts et métiers, soit celles de l'agriculture.
» Le couvent des Minimes, si merveilleusement placé et disposé pour une maison d'éducation, fut acheté par elle au capital de 20,000 fr.
» Aux premiers souscripteurs se joignirent de bienfaisants et honorables amis dont nous montrons la liste avec orgueil.
9 Quarante-deux actions de 500 fr., souscrites par les vingt-huit
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membres qui forment aujourd'hui la société de Notre-Dame -des-
Minimes, représentent un caintal de. 21,S0ff >
» Pour permettre à la société de laire Tappropriation des lieux et les divers travaux d'installation définitive, Mme la comtesse Duprat, d'honorée mémoire» lui préla, en renonçant à tous intérêts, une somme de. . . . 10,000 » appartenant aujourd'hui à ses héritiers et hypothéquée sur rimmeuble.
» C'est donc avec le capital de 31,500 »
que la société a créé l'école des Maristes.
» Et si nous parlons avec orgueil de la liste de ses bienfaiteurs, nos associés, nous pouvons avec non moins d'orgueil parler des résultats de l'œuvre.
» Aujourd'hui, l'institution qui, au début, en 1853, avait 3 frères et 30 élèves ; en 1860, 6 frères et 140 élèves, en 1876, possède 10 frères et 200 élèves, dont 54 pensionnaires.
3 Et parmi les 146 externes, 60 élèves admis gratuitement appar* tenant à des familles pauvres de la ville.
» Elle a une classe supérieure où sont enseignés :
s» Le dessin linéaire, » Le dessin académique et d'ornement,
» Les mathématiques élémentaires dans leurs applications les plus usvelles, 1 La géométrie descriptive.
9 Cette classe est très-remarquablement forte et très -brillamment dirigée.
9 Notre école enfin est une œuvre bénie, pouvant montrer des résultats comme n'en montre aucune du même genre, eu égard au chiffre relativement faible des dépenses faites.
9 Nous devons en remercier les braves frères Maristes, qui ont su si heureusement faire fructifier nos sacrifices et en féliciter le bon et pieux fondateur de l'institution, président de noire société.
» Nous devons aussi nos souvenirs reconnaissants à notre bien regretté coopérateur, M le comte de Damas d'Anlesy. C'^est lui qui, le premier, eut l'excellente pensée de faire l'acquisition de TétaMiBsèment des Minimes, fut le premier sousoripteur, et depuis Tacquisition donna toujours à notre entrepriee le concours de son dévoue- «lent «t de son ardeafte chnridé.
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« Mais des travaux de réjiarations indispensables sont à faire si nous voulons conserver «otre immeuble ; les frais de l'appropriation des lieux à laquelle nous nous sommes bornés au fur et à mesiare de Tagrandissement et des besoins de l'institution ont absorbé nos ressources.
> Parmi ces travaux, la cuisine et le réfectoire sont à remanier et à refaire : il y faut des planchers neufk
» La toiture de la chapelle menace riuine ; elle est à réparer bien vite, si nous voulons sauver Tédifice. -
1 Nous devons signaler ces besoins à notre société, après lui avoir brièvement exposé le succès de l'œuvre et l'intérêt qui s'attache pour nous à sa continuation, i
M. Schaerff demande la parole pour répondre à M. Bènoist :
c II ne doute pas du bon vouloir de tous les membres de la société et demande qu'on y fasse appel, en leur proposant de concourir aux nouvelles dépenses à faire dans la proportion de leur première participation, soit de verser 5 p. 0/0 par aii du montant de leurs actions jusqu'à achèvement des travaux à faire.
1 Bien entendu, ce ne serait qu'une demande : le concours serait fiicultatif ; nous ne pourrions pas l'imposer.
> Nous n'entendrions pas non plus interdire la faculter de dépasser la proportion.
» n conviendrait peut-être aussi d*en limiter la durée à cinq années. Tous les ans, à rassemblée générale, les dépenses Eûtes et celles à faire seraient examinées et contrôlées. »
L'assemblée accepte la proposition de M. Schaerff telle qu'il l'a formulée et décide qu'elle sera soumise à tous les membres de la société.
Au moment où la réunion va se séparer, deux nouvelles actions sont demandées et inscrites au registre des délibérations.
Outre l'école d^rDecise, les frères Uaristes dirigent dans le diocèse de Nevers : !<> celle de La Machine, où ils ont remplacé en 1876 les frères des écoles chrétiennes ; nous l'avons dit précédemment. Comme leurs devanciers, ils sont à la charge de l'administration des mines. Le nombre de leurs élèves est de 350. St<» L'école communale de Saint-Benin-d'Azy leur est également confiée ; ils y furent établis au nombre de trois, vers 1840, par M. et U«^ Brière d'Asy. Leur école est fréquentée par 150 élèves en été et par 180 en iûver,
La congrégation des frères Maristes, ou des PetiU Frères de Marie^ qui est leur véritable nom, a été fondée en 1816 par le R. P. Champagnat, de la Société de Marie. Son but est l'éducation chrétienne et l'instruction primaire de Tenfance et de la jeunesse. Un décret du 90 juin 1851 a reconnu cet institut comme établissement d'utilité publique et Ta autorisé pour toute la France. Le pieux fondateur aurait bien désiré le rattacheif à la congrégation des PP. Maristes, mais ce projet n'a pas réussi. Les Petits Frères de Marie ont été reconnus et approuvés comme institut indépendant par le souverain pontife Pie IX, le 13 janvier 1863.
La maison-mère est à Saint-Genis-Laval (Rhône).
Frères de la doctrine chrétienne de Sion ou Vézelise.
Le départ des clercs de Saint- Viateur n'avait pas découragé Mgr Dufètre ; il ne renonçait pas au projet d'avoir dans son diocèse un noviciat de frères instituteurs; il attendait que la Providence lai ménageât une circonstance favorable. Le transfert du petit séminaire de Gorbigny à Pignelin devait lui offrir l'occasion de mettre son projet à exécution. La position de l'ancien monastère des Bénédictins de Gorbigny, ses vastes cours, la disposition et l'ampleur des bâtiments, les dépenses considérables exécutées aux frais du diocèse, le bail qui avait encore neuf années à courir, tout semblait indiquer qu'il ne s'agissait plus que de se procurer le personnel nécessaire. Aussi le prélat ne voulut-il pas attendre le départ du petit séminaire ; il prépara â l'avance les moyens de fonder l'établissement qu'il projetait.
Déjà le diocèse de Nevers possédait depuis quelques années deux maisons de frères de la doctrine chrétienne de Sion, Tune à Menou et l'autre à Gouloutre.
M. le duc de Damas, par un acte du 8 mai 1846, faisait donation à la maison de Sion, diocèse de Nancy, d'une rente de 1,000 fr. au capital de 25,000 fr. , hypothéquée sur le château et le parc de Menou, sans retenue aucune. Celte donation fut approuvée par ordonnance royale du 9 août 1847; mais elle avait été mal comprise, et Tordonnance porte que le maire de Menou et le ministre de l'instruction publique sont autorisés à accepter... comme si cette libéralité eût été faite en faveur de la commune.
La législation sur ce point était encore peu fixée.
Trois frères de Sion furent autorisés à se charger de la direction de l'école de Menou.
Vers le même temps, M. le comte de Choiseul procurait la même faveur à la paroisse de Couloutre. Trois frères vinrent occuper le bel établissement qu'il y avait fait construire pour les recevoir. Ces deux maisons sont dans un état parfoit de prospérité.
Dès son berceau, la congrégation des frères de la doctrine chrétienne de Sion devait être soumise à une rude épreuve; Mgr Dufétre fut appelé par les circonstances à lui venir en aide; ce fut sans doute ce qui le détermina à porter ses regards sur cet institut, pour lui proposer Corbigny» au moment de la translation du petit séminaire à Pignelin.
Déjà, au commencement de l'année 1850, le zélé prélat avait exposé son plan à Mgr de Nancy ; sa pensée était d'établir un noviciat, un pensionnat, un externat, et d'y ajouter une école normale d'instituteurs laïques. Il fallait, pour attiendre ce but, exécuter certaines dispositions, car l'école normale devait être séparée des autres élèves; c'est ce qui résulte d'une lettre de l'évêché de Nancy du 14 avril 1850.
Parmi les difiBcultés qui se rencontraient au projet d'établissement des frères de Yézelise à Gorbigny, il en était une qui primait toutes les autres ; la congrégation avait été reconnue par ordonnance royale du 17 juillet 1822, mais à la condition qu'elle n'ouvrirait ses écoles que dans les départements de la Heurthe, de la Meuse et des Vosges. Mgr Dufétre ne se laissa pas arrêter, il contribua à faire lever ces restrictions ; les frères purent venir sans crainte dans le département de la Nièvre; et, sur la demande des supérieurs de la congrégation, le prélat déclara la maison de Gorbigny établissement diocésain. Inutile de dire que les conditions qui devaient régler les droits de l'évêque de Nevers et ceux des supérieurs de Yézelise furent sérieusement discutées. Enfin, il fut décidé qu'un supérieur ecclésiastique nommé par Mgr de Nancy serait placé à la tête de rétablissement : ce fut M. Tabbé Haudeville, ce qui n'empêchait pas les frères d'avoir un directeur nommé par Yézelise. Le diocèse de Nevers se chargea du loyer et des contributions jusqu'à ce que les frères fussent en position de les prendre eux-mêmes à leur chai|^e ; on leur abandonna aussi une partie du mobilier qui avait appartenu au petit séminaire. L'établissement prit le nom de Pensionnat de
Saint-Vincent-de-Paul. Cependant H. Haudeville avait conçu le projet d'adjoindre à son pensionnat des classes de latin, réclamées par un certain nombre de pères de famille. L'évéché de Nancy, après s'y être opposé, finit par donner son consentement en 1852, et accorda à cet efifet deux prêtres pour seconder le supérieur.
Il faut bien le dire, la maison de Corbigny fut longtemps encore une charge pour le diocèse de Nevers, qui dut pourvoir à ses besoins et combler le déficit de chaque année ; toutefois, l'œuvre se développait etfaisait espérer un avenir de prospérité. Les novices arrivaient et le pensionnat était florissant ; des instituteurs chrétiens s'y formaient, sans toutefois que l'établissement eût encore à cet effet un titre légal.
Au mois d'octobre 1856, les autorités diocésaine, préfectorale et académique, d'un commun accord, réunirent dans le pensionnat de Saint-Vincent-de-Paul, fondé à Corbigny, vingt-un élèves-msMres entretenus par le département; mais le traité relatif à la création d'un cours normal d'instituteurs ne fut signé définitivement par Mgr Dufètre, M. de 'Magnitot, alors préfet de la Nièvre, et M. Calisti, inspecteur d'académie, que le 17 mai 1858. Ce traité reçut l'approbation du ministre de l'instruction publique et fut mis à exécution. Cependant ce cours normal n'était que provisoire et ne devait fonctionner que jusqu'au moment où le département serait en mesare de créer une école normale définitive.
En 1861, de sérieuses difficultés avaient fait croire à l'impossibilité d'un renouvellement de bail avec la ville de Corbigny, ce qui détermina les frères à écrire, le S mars, au ministre de l'instruction publique et aux autorités départementales qu'ils se voyaient forcés de renoncer à la direction du cours de l'école normale, qui fut alors transférée à Varzy.
Le ministre voulut laisser aux frères un témoignage de sa satisfaction, et le 17 mai de la même année il leur écrivait en ces termes : c Je me plais à rendre justice au zèle et au dévouement dont vous avez fait preuve dans l'accomplissement de la mission que vous aviez acceptée, et je suis heureux de vous témoigner à cet égard toute ma saâsfiskction :p
H. le Préfet, dans son rapport au conseil général, s*exprimait en ces termes : c Le département entretenait un cours normal dans un établissement dirigé par des frères dignes à tous égards de sa confiance. Une commission de surveillance, Choisie parmi les hommes les plus honorables, n'a eu qu'à constater la bonne direction de
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rôtafbHsscnftient. De leuroôtô, MM. Jlnspeotour d'académie €t i'Ins*pecienr primaire ont constamment rendu hommage aa sèle et aux efforts des professeurs. »
La ville de Corbigny, qui avait à cœur de conswver le pensionnat et Texternat, fît quelques concessions et passa avec les frères un bail de dix-huit ans, par acte du 28 septembre. L'autorité diocésaine, de son côté, consentit à contribuer pendant dooae ans au loyer de la maison et de ses dépendances; c'était un dédommagement pour l'engagement pris par les frères dans le bail, de se substituer aux lieu et place de ladite administration et de la dégager entièrement à l'égard de la ville de Corbigny. L'établissement se reconstituait avec quatre-vingt-dix internes et soixante externes.
Ce fut au mois d'août 1857 que M. Haudeville se retira de la maison de Corbigny, dont les frères seuls conservèrent la direction ; cependant les cours de latin ne furent pas pour cela suspendus, ils ont continué jusqu'en 4865. Depuis cette époque, l'auménier a donné quelques leçons, mais il n'y a pas eu de coufs suivi.
Quant aux cours de français, ils sont parvenus à un de|ré de prospérité qu*on n^aurait osé espérer ; la maison renferme :
1^ Une école communale ;
3P Quatre classes d'enseignement primaire;
3® Une classe de préparation aux examens;
4® Un cours d'enseignement spécial, divisé en quatre années.
Le nombre des maîtres est de seize, non compris l'aumônier. Les élèves sont arrivés cette année au chiffre de 265, dont 110 internes et 155 externes.
Outre l'établissement important de Corbigny et les maisons secondaires de Menou et de Gouloutre, les frères de Nancy furent appelés dans plusieurs autres localités du diocèse de Nevers.
Loumes. — Dos le mois d'octobre 1851, deux fî(^ères vinrent se fixer à Lormes, où ils virent immédiatement se grouper autour d'eux 110 à 115 élèves. L'école est restée libre jusqu'en 1858; alors elle devint communale et obtint un troisième frère.
Depuis cette époque, l'étaffalissement a toujours prospéré. 100 ou ITOélèves la fréquentent. Ce nombre était trop considérable ' pour trois frères ; aussi^ en 1874 on en obtint mt Hfaatrième. Penttant les premières années, les frères recevaient leur traitement d'une
commission; mais quand ils furent reconnus comme institutean communaux, cette commission n'eut plus à payer que le loyer de la maison qu'ils occupent.
Le mobilier des frères et celui des classes n'appartiennent pas à la commune.
Moulins-Engilbert. — A la même époque, le l^^ octobre 1851, trois frères de Nancy arrivèrent à Moulins- Engilbert, appelés par M. Meslier, curé de la paroisse. Tous les frais de premier établissement, de traitement et autres, furent supportés par des souscripteurs appartenant à la localité ou aux localités voisines. L'instruction était entièrement gratuite.
Malgré le nombre toujours croissant des élèves, les frères furent réduits à deux, par suite du besoin que la maison-mère avait de ses sujets. Cette modification eut lieu en 1856.
Après avoir été libre pendant dix ans, l'école devint communale en 1861, mais à des conditions tout autres que par le passé, caria rétribution scolaire fut rétablie et versée dans la caisse municipale. Cet ordre de choses continua jusqu'en 1874, époque à laquelle les frères furent rappelés par leurs supérieurs. Le nombre de leurs élèves était en moyenne de cent quatre-vingts à cent quatre-vingt-dix. On comprend leur rappel, car il était impossible que deux frères seuls pussent soutenir un semblable travail. Leur^zèle et leur dévouement, attestés par les progrès de leurs élèves, leur avaient concilié les sympathies de la population tout entière, et les regrets qu'ils ont laissés sont encore aussi vifs que le jour de leur départ.
MoNTiGNY-EN-MoRVAND. — Dans la paroisse de Montigny-en- Horvand, au hameau de Chamois, s'élève une espèce de vieux château ; c'est là que M. le comte Albéric de Choiseul et Mme la duchesse de Périgord, sa sœur, appelèrent en 1853 des frères de la doctrine chrétienne. H. le comte Paul de Périgord, leur héritier, continua leur œuvre et desservit aux trois frères qui dirigent cet établissement la rente stipulée à l'époque de la fondation.
On s'étonne qu'on ait ep. la pensée de fonder une école dans ce hameau écarté, sans se laisser arrêter par la crainte de la voir déserte. Les pieux fondateurs étaient convaincus que Dieu bénirait leurs charitables intentions, et leur confiance en la Providence n'a pas été trompée. Le petit castel de Chamois réunit ISO élèves qui
s'y rendent des communes de Montigny, Blismes, Montreuillon, Hhère, Ouroui et Chaumard. On y a aussi établi une classe d'adultes.
Outre les leçons obligatoires adoptées pour les écoles primaires, on donne encore à Chamois des leçons d'horticulture et d'apiculture. Les succès de ces leçons ont été couronnés par sept médailles d'argent de première classe , une médaille de vermeil et quatre certificats de mérite.
Quatre de ces médailles ont été délivrées par la société d'agriculture et par celle d'horticulture de la Nièvre ; les quatre autres ont été remportées à Blois et à Paris.
C'est à un concours de Paris que huit élèves ont obtenu chacun un certificat de mérite pour leurs travaux sur l'apiculture.
ÂLLiGNY-EN-MoRVAND. — Appelés par le conseil municipal , les frères de la doctrine chrétienne arrivèrent dans cette commune au nombre de trois, au mois de mars 1852. Outre cent vingt élèves auxquels ils donnaient leurs soins, ils tenaient encore pendant l'hiver une classe d'adultes. Après s'être dévoués plus de vingt années, ils se virent f&rcés de quitter^ faute des ressources nécessaires.