‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 26 sur 83 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

PROCESSION ET POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE DE L'ÉGLISE DE NOTRE-DAME-DU-PEUPLE-NIVERNAIS. - ALLOCUTION DE Mg' DUFÊTRE.

Nous continuons le compte-rendu de la fête du 3 juin :

< II est des scènes, des spectacles que la langue est impuissante à redire, comme la plume et le pinceau sont impuissants à les reproduire. La procession de dimanche dernier est de cette nature.

» On pourrait sans doute décrire les unes après les autres les parties de ce magnifique cortège ; mais comment arriver jamais à montrer ces nuances variées qui donnaient à chacune d'elles un éclat particulier ? comment faire comprendre la régularité de leur marche, l'harmonie si gracieuse de leur ensemble ? comment redire l'expression de tous ces visages qui rayonnaient de la foi la plus confiante et la plus sincère ; comment peindre tous ces fronts doucement inclinés devant l'image de la Vierge sans tache ?

-» Long-temps les files interminables de cette procession se déploient avec grâce à travers les rues de la cité. Elles s'avancent toujours dans leur marche triomphale, comme dans les nefs d'un temple richement orné ; partout les oriflammes s'agitent , les unes simples, les autres chargées d'images , d'emblèmes , d'étoiles , de fleurs. Ici c'est une sentence tirée de la sainte Ecriture ; là une inscription dictée par la confiance et un amour filial ; ailleurs , c'est l'image vénérée de Marie , placée dans une niche élégamment décorée ou

surmontée d'une couronne brillante. Partout les guirlandes se déroulent en festons , s'enlacent , descendent et forment comme un long berceau de verdure et de fleurs. La rue du Commerce en particulier offrait dans son ensemble un coup d'oeil gracieux et animé.

> On trouve là, presqu'à chaque pas , le goût délicat qui dénotait la piété de la jeune fille et de sa mère , comme aussi Tornementation mâle et non moins belle qui annonçait la main de l'homme de foi , le travail de l'homme de cœur.

» De distance en distance , au milieu des rangs qui se prolongent plus loin que l'œil ne peut les suivre , apparaissent les poétiques emblèmes par lesquels l'Eglise proclame les vertus de Marie :

» D'abord , au milieu de nombreuses oriflammes bleues et roses frangées de blanc , apparaît la Porte du Ciel. Elle repose sur des nuages , étincelle d'or et de toutes les pierreries dont parle saint Jean dans l'Apocalypse. Vient ensuite la Maison dorée , portée et accompagnée par des jeunes filles vêtues de robes blanches parsemées de fleurs d'or.

» Plus loin , c'est le Lis au milieu des épines , porté par des enfants couronnées de fleurs blanches , tenant toutes des lis à la main.

> Voici^l'ilr&re de Jessé , dont la tige bénie donne au monde la Rose mystique, qui vient après ce gracieux emblème et qui lutte avec lui de grâce et d'élégance. Plus loin , c'est la Reine deà anges , environnée de ses enfants aux ailes dorées , au regard transparent et limpide , au front tout paré d'innocence , et qui font penser aux esprits célestes. Voilà VEtoile du matin , laissant tomber la douce lumière de ses rayons sur un globe azuré qui représente le monde et sur lequel nous lisons : Rome , Nevers ; elle est environnée de bannières blanches parsemées d'étoiles d'or et portée par des vierges vêtues de robes blanches, également parsemées d'étoiles d'or. Ici c'est le Jardin fermée plus loin le Vase d^élection, la Tour de David, avec les boucliers et V Armure des forts. Enfin, c'est V Arche d^alliance, surmontée de ses anges qui couvrent le propitiatoire.

» Nous passons rapidement sur les détails si intéressants de tous ces emblèmes ; nous ne disons rien des corps de musique, des chœurs formés pour le chant des hymnes et des cantiques, des châsses si gracieuses de saint Etienne, de saint Arigle, de sainte Flavie, de sainte Valentine.

» Encore une fois, n'essayons pas de tout décrire, il faudrait un volume, et ce volume bientôt nous l'aurons.

» Contemplons plutôt, avec vénération, cette majestueuse et douce image de la Vierge immaculée qui s'élève sur un magnifique brancard. Quelle pompe et quelle grandeur ! C'est bien le triomphe pacifique de la Reine sans tache ; à mesure qu'elle s'avance dans sa marche triomphale, on s'incline avec respect, on prie avec confiance, on pleure avec joie. La mère la montre à son enfant , le père la regarde en silence et avec émotion ; l'allégresse est universelle^ le ciel et la terre, les anges et les hommes la saluent avec amour, s

En entrant dans les cours du monastère, la procession conserva un ordre parfait; chaque division se groupa à la place qui lui avait été assignée. L'hospice, les orphelines, les écoles communales occupèrent le parterre resserré entre les cloîtres, afin de laisser plus d'espace pour les congrégations et la foule immense qui venait à la suite du clergé.

Mais rappelons, avant tout, la disposition des lieux.

L'emplacement occupé maintenant par Téglise, par le chœur des religieuses, par les infirmeries et les p arloirs, était entièrement libre, et présentait une vaste plateforme au milieu de laquelle se dessinai^ le plan de la future église. Au fond du carré s'élevait un autel garni de gradins portant les précieux reliquaires du monastère que dominait une statue de Marie. Derrière cet autel, au sommet de mâts artistement disposés, flottaient des étendards aux couleurs et au chiffire de la Vierge immaculée.

 quelque distance de l'autel, à droite et à gauche, étaient dressés quatre pavillons surmontés de leurs flammes, et destinés à recevoir, d'un côté les autorités, de l'autre les personnes qui, par l'abondance de leurs offrandes, pouvaient étf e comptées parmi les fondateurs de la future église. Ces pavillons étaient placés entre l'autel et le tracé du plan.

D'après le Pontifical, Tévèque, procédant à la bénédiction et à la pose de la première pierre d'une église, doit asperger d'eau bénite les fondations qui ont été ouvertes, ou du moins qu^on a dû tracer sur le sol. Par une heureuse idée, on avait indiqué, au moyen de mâts pavoises, les grandes lignes et les piliers de l'édifice. Les mâts, placés à l'extrémité des grandes lignes, portaient des oriflammes aux couleurs de la ville; ceux qui indiquaient les piliers et qui dessinaient la région absidale , faisaient briller les couleurs de Marie et son chiffre béni.

Cei espace était exclusivement réservé au clergé, afin que le pontife ne fût pas gêné dans le cours des cérémonies ; on avait donc établi entre chaque mât une balustrade formant tout le contour de l'église. Cette balustrade, ornée de blanches draperies dont la monotonie était dissimulée par des guirlandes de verdure et des bouquets de fleurs^ avait un triple but: 1® tracer le plan ; SS^ garantir Tenceinte; 3^ offrir aux personnes qui portaient des reliquaires, des châsses et des emblèmes, un point d*appui pour déposer leur précieux fardeau.

C'était un ravissant spectacle de voir sur le devant, à la place du portail , la Tour de David et la Porte du Ciel ; tandis que les reliquaires renfermant les restes vénérés de nos saints protecteurs indiquaient les formes du sanctuaire. A la place des murs latéraux étaient espacés avec symétrie les autres emblèmes ; et le chœur des religieuses, se projetant au nord comme une autre église, se trouvait environné des gracieuses châsses appartenant aux congrégations dévouées à Marie. Les confréries d'hommes des différentes paroisses s'établirent en avant du tracé de Téglise, faisant face à l'autel, avec leurs bâtons et leurs étendards. La paroisse de Saint-Etienne prit place en dehors de la nef, dans la partie septentrionale; la paroisse de Saint-Père occupa la partie méridionale; la paroisse de Saint-Cyr traversa la net pour aller s'établir dans l'espace qui séparait l'église de l'autel placé au fond du carré.

On remarquait groupés à la droite de l'autel le petit séminaire de Pignelin et le catéchisme de persévérance des garçons; au côté opposé, les sœurs de la Charité et la congrégation de la Sainte- Vierge. Les jeones personnes du catéchisme de persévérance et les enfants de Marie étaient disposées de chaque côté devant les pavillons.

Dans la pierre qui fut bénite et posée par Monseigneur dans les fondations de la nouvelle église fut renfermé un procès- verbal, sur parchemin, en langue latine, dont suit la traduction :

« A la plus grande gloire de Dieu tout-puissant et en l'honneur de la bienheureuse, glorieuse et toujours vierge Marie, conçue sans péché,

9 L'an 1855» le jour de la fête de la sainte Trinité, 3 juin, Mgr Dominique-Augustin Dufétre, évéque de Nevers, dans une procession générale en mémoire de la proclamation du dogme de rinunaculée Conceptioa de la bienheureuse vierge Marie^ a béni, selon le rit accoutumé, et a posé la première pierre de l'église qui

allait être élevée 80us le vocable de Tlmmaculée Conception, à l'aide des aumônes des fidèles, en présence du clergé, des magistrats de la ville et des congrégations de toutes les paroisses, sœur Joséphine Fournier étant alors supérieure de ce monastère de la Visitation. »

Après cette cérémonie, le très-révérend prélat vénéra solennellement les insignes reliques que possède le monastère ; puis consacra à la Vierge immaculée les enfants de la ville de Nevers.

Quand la cérémonie de la pose de la première pierre fut terminée. Monseigneur s'avança avec tout le clergé, au milieu de la compagnie de pompiers formant la haie jusqu'à l'autel, pendant que la musique du collège, qui avait fait entendre pendant le cours de la procession, de distance en distance, d'harmonieux accords, exécutait de nouvelles symphonies.

Laissons le Journal de la Nièvre continuer le poétique et fidèle récit des fêtes de cette belle journée :

c Nous arrivons au monastère de la Visitation ; là s'offre à nos regards un spectacle nouveau et plus brillant encore. Les longues files de la procession sont massées de chaque côté d'un autel grandiose au pied duquel on arrive par douze degrés. Sur les gradins, ornés avec une élégance remarquable, reposent les reliques insignes que possède le monastère.

» Une statue de la Vierge immaculée domine l'autel. Deux anges soutiennent au-dessus de sa tête une couronne brillante ; c'est bien la Reine des saints, environnée de leurs restes précieux sur la terre comme elle est environnée de leurs hommages dans les cieux.

9 La cérémonie de la bénédiction et de la pose de la première pierre se fait au milieu du recueillement le plus profond. Les chants liturgiques et les prières achevées. Monseigneur se rend, précédé de tout le clergé, au grand autel préparé au fond de la cour. Il en monte les degrés en chape et en mitre, se place sur l'estrade en avant de l'autel; les vicaires généraux et les chanoines s'échelonnent sur les degrés, le calme se fait partout, le silence s'établit, Monseigneur va parler.

» Sa voix puissante et solennelle arrive jusqu'aux extrémités les plus reculées. A mesure qu'il avance dans son sujet , son regard s'anime, sa voix grandit avec ses pensées, ses paroles sont brûlantes comme la flamme, éclatantes comme la trompette du guerrier qui

annonce la victoire; son éloquence déborde, captive, entraîne, électrise; les larmes sont dans tous les yeux, l'émotion dans fous les cœurs, l'enthousiasme est à son comble, et de toutes les poitrines s'échappe ce cri de foi et d'amour : Vive Marie!!!

:i> Mais laissons parler le prélat; nous voudrions, pour employer l'une de ses belles pensées, nous voudrions que noire voix, rapide comme l'étincelle électrique, pût porter aux quatre coins du monde ces paroles brûlantes, dictées par l'ardeur de sa foi et les élans de sa vive piété.

« Quando interrogaverintvosfUiivestriquidsibivoluntisti lapides, respondebitis eis : positi sunt lapides isti in nionumentum filiorum Israël^ usque in xternum. »

<K Quand vos enfants vous demanderont ce que signifient ces pierres, vous leur répondrez : Ces pierres ont été placées comme un monument éternel pour les enfants d'Israël (1). »

> Oui, habitants de Nevers, ces pierres, que nous venons de placer et de bénir pour servir de fondement à l'édifice qui va être bientôt élevé à la gloire de Marie, seront un monument perpétuel de votre foi, de votre confiance, de votre charité. Déjà votre foi à l'Immaculée Conception avait éclaté aussitôt après la proclamation de ce dogme sacré par le Vicaire de Jésus-Christ. Déjà vous aviez salué Marie vierge pure et sans tache, couronnée d'une auréole nouvelle, brillant d'une splendeur incomparable. Mais cette première manifestation, renfermée dans l'enceinte de nos temples , ne suffisait pas à votre piété; il vous tardait de célébrer avec plus de pompe le triomphe de la Reine du ciel. Le moment est venu : et comme vous en avez admirablement profité t quelle fête ! quel grand et magnifique spectacle ! Nous avions vu les merveilleuses solennités de Cambrai, de Lille et de Gand; vous les avez égalées par votre religieux enthousiasme, et vous en laisserez un monument durable aux générations futures dans l'édifice qui va s'élever en ce lieu béni.

> Ce sera aussi le monument de votre filiale confiance à Marie. Mille fois , il est vrai , vous avez éprouvé les effets de sa puissante intercession, et vous avez reçu par elle les grâces les plus abondantes, les faveurs les plus précieuses ; mais aujourd'hui votre cœur s'ouvre

(1) JosuÉ, 4-6.

à de plus douces espérances encore. Marie immaculée vous apparaît comme Tare radieux après la tempête , et vous la voyez suspendre les nuages au-dessus de vos tètes , pour ménager à cette solennité tout son éclat. Elle continuera de répondre à vos hommages par des bienfaits. Du haut du ciel, elle arrêtera sur vous des regards d'une complaisante miséricorde y d'un bienveillant amour.

1 Ce sera enfin le monument de votre charité. Nous avons laissé aux sœurs de la Visitation le soin d'élever leur cloître, leur monastère, qui doit demeurer fermé pour vous ; mais nous vous avons demandé d'édifier par vos pieuses libéralités cette église, qui devient par là votre propriété.

3 II nous souvient d'avoir vu à Rome une église qui porte le nom •de Sainte-Marie-du-Peuple, Santa Maria del Popolo , parce qu'elle a été construite aux frais de tout le peuple romain. Le temple que nous allons élever à Marie immaculée portera le même nom : ce sera l'église de Sainte-Marie-du-PeupIe-Nivernais , parce qu'il sera le produit de vos généreuses offrandes.

1 C'est là que vous viendrez invoquer Marie avec une entière confiance : c'est de là que votre puissante patronne étendra sur la ville de Nevers sa main miséricordieuse. Entourée du glorieux cortège des saints dont ce monastère possède les reliques précieuses ; du haut de ce trône qu'environne les châsses de François de Sales , de Jeanne de Chantai et de tant d'autres illustres serviteurs de Dieu, elle vous couvrira de son égide tutélaire; elle ne cessera de vous prodiguer les témoignages de sa maternelle tendresse.

> Et comment pourrait-elle oublier une ville, une province où elle fut toujours invoquée avec tant d'amour ?

1 Vos pères, vos aïeux, depuis bien des siècles, répètent le nom béni de Marie, publient sa grandeur et sa gloire. Sans parler de Notre-Dame de La Charité -sur-Loire, de Notre-Dame-du-Pré de Donzy et de trente-deux autres sanctuaires de ce diocèse, célèbres autrefois par le concours des fidèles, vous ne pouvez pas ignorer que votre antique basilique de Saint-Etienne fut d'abord consacrée à la sainte Vierge, et que la ville de Nevers possédait, avant la Révolution, une illustre chapelle dédiée à Notre-Dame.

9 Du reste, la France entière s'est toujours plu à honorer Marie , à invoquer le puissant patronage de Marie. Toujours , selon l'expression d'un grand docteur, le royaume de France a été le royaume de Marie, Regnum Gallix^ Reffnum Mariœ. Plus que jamais nous som-

no LES CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES

mes fiers de cette glorieuse royauté, et le grand prince à qui Diea a remis les destinées de notre patrie vient de placer l'armée d'Orient sous Tauguste tutelle de la Reine des armées, en lui envoyant son image vénérée.

» Aussi , voyez nos soldats et nos marins combattre, triompher glorieusoment ou mourir en héros, le nom de Marie sur les lèvres et sa médaille sur la poitrine. Ne doutons plus du succès de nos armes et attendons avec confiance les plus éclatantes victoires. Que ne nous est-il donné de faire entendre aujourd'hui sur les rivages de la Crimée nos acclamations et nos vœux , et d'emprunter à Tétincelle électrique sa merveilleuse rapidité pour porter à nos frères et à nos amis, avec un doux souvenir de la patrie absente, un nouveau principe de courage et de foi.

> Mais nous ne voulons pas quitter cet autel sans remplir la consolante mission dont nous sommes chargé. Nous vous avons promis d'offrir à Marie immaculée tous les enfants de cette ville.

» tendre et divine mère, nous vous les présentons^ nous vous les consacrons, ces bien-aimés enfants^ la joie de l'Eglise, l'espérance de la patrie, la gloire et la couronne de leurs familles. Gardez-les, protégez-les, bénissez-les, sauvez-les. Du haut de ce trône que notre amour vous a dressé, dites-leur comme dans l'Ecriture : < Me voici » avec les en&nts que le Seigneur m'a donnés : » Ecce ego et piteri quo$ (ledit mihi Dominv^.

» Ne bornez pas là votre miséricordieuse bonté, et dans ce grand jour de votre triomphe, daignez nous prendre toussons votre puissante protection. Oui, devenez, avec votre divin Fils, la souveraine de cette ville, de ce diocèse tout entier. Dominare nostri^ tu et filius tuus. Régnez sur cette ville de Nevers qui nous est si chère : que votre providence maternelle garde ses murs, protège son commerce, assure sa prospérité et son bonheur ! Régnez sur les pères comme sur les enfants, sur les riches comme sur les pauvres, sur les prêtres comme sur les fidèles. Dominare,.,

» Quand, autrefois, les princesses qui gouvernaient cette antique province prenaient possession de leur capitale, on saluait leur entrée triomphante de mille acclamations; aujourd'hui, Marie, votre souveraine, prend solennellement possession de cette ville ; que vos langues et vos cœurs se délient ; que de toutes parts retentisse le cri chéri de : Vive Marie ! >

» Ce cri est répété deux fois avec enthousiasme.

DANS LE DIOCÈSE DE NEVERS. lit

» Après cet admirable discours, la procession se remet en marchoi chaque paroisse se rend dans son église, et la cérémonie religieuse est terminée par la bénédiction du Très-Saint-Sacrement.

> Le soir, Tillumination devint générale.dans les principaux quartiers de la ville. Au sommet de la tour de la cathédrale brillait une étoile magnifique, dessinée en lignes de feu ; Tévêché, la Banque de France, le grand séminaire, la rue du Commerce, la rue Saint- Martin, la rue Creuse, la rue du Collège, étincelaient de mille feux.

> Les rues étaient littéralement encombrées par la population. La joie était dans tous les cœurs , le sourire sur toutes les lèvres, et partout on entendait répéter ces paroles : Oh ! la belle journée !

» Oui, cette journée a été belle ! Grâces en soient rendues au pieux et zélé pontife qui Ta provoquée ! grâces en soient rendues à la population de Nevers, qui s*est montrée si admirable de foi et de confiance en Marie I Puisse le souvenir de cette grande manifestation vivre longtemps parmi nous , pour la gloire de notre cité, pour le bonheur de tous ! i

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