LE8 CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES
» Depuis longtemps vous le savez, nos très-chères filles, nous connaissions votre congrégation et nous avions pu apprécier le zèle tout apostolique avec lequel vous remplissez les fonctions de votre ministère. Nous vous avions vues tour à tour servantes des pauvres et des malades, mères des orphelines, guides de Tenfance, sages et habiles institutrices, distribuant l'instruction et la lumière, assistant toutes les misères, consolant toutes les douleurs et soulageant tous les besoins. Nous nous étions réjoui en voyant cet arbre mystérieux propager au loin ses racines, étendre ses rejetons et couvrir de ses rameaux bienfaisants une partie de la France.
» Il nous tardait de vous dire combien nous sommes heureux que votre œuvre devienne notre œuvre et que le Seigneur nous admette au partage de vos travaux et de vos mérites.
» Mais au milieu des sollicitudes et des préoccupations insépa* râbles des premiers temps de notre épiscopat, nous n'avons pu vous faire entendre notre voix et vous exprimer avec quelle effusion de charité nous voulons nous consacrer à vos intérêts spirituels. Cependant vous n*avez pas cessé un seul instant d'être présentes à notre esprit, et nous nous sommes appliqué avec un soin tout particulier à étudier la face de ce troupeau choisi dont nous avons été établi le pasteur.
> Votre maison-mère a été le principal objet de notre sollicitude paternelle, et nous y avons commencé, avec de bien douces consolations, un ministère que nous 'nous ferons un bonheur de continuer autant que nous le permettront les devoirs multipliés de notre charge.
» Le noviciat surtout réclamera nos soins assidus ; nous les lui prodiguerons avec un zèle aussi persévérant que dévoué, parce que nous sommes profondément convaincu que toutes les espérances de votre institut reposent sur la régularité et la ferveur des novices. Il ne tiendra pas à nous qu'elles ne passent dans la solitude et loin de tous les emplois qui pourraient les distraire le temps d'épreuves que vos saintes constitutions leur accordent pour se préparer à l'acte solennel de leur profession.
» Nous désirons étendre notre vigilance à la congrégation tout entière, et voilà pourquoi nous prendrons des mesures pour assurer chaque année aux différents établissements qui la composent le bienfait d'une retraite. Nous désirons présider toujours celle qui sera donnée à Nevers, et à laquelle nous convoquerons toutes les sœurs
que la distance des lieux ou des raisons trop graves n'empêcheraient pas de s'y rendre.
> Il nous sera doux, dans ces réunions, de travailler efficacement à votre sanctiflcation, de vous communiquer les grâces dont Dieu nous a rendu le dispensateur, de vous entourer des consolations dont notre ministère est la source et de vous montrer que vous êtes la portion la plus chère du troupeau qui nous a été confié.
> Nous voudrions aussi nous ménager la consolation d'aller de temps en temps visiter les maisons principales de la congrégation, afin de nous édifier du spectacle de votre zèle et de votre ferveur, et aussi de recevoir les différentes communications que vous auriez k % .^ 'ft nous faire dans l'intérêt général ou pour votre bien particulier.
» Nous irons à vous, nos très-chères filles, avec un esprit de cha- J >
rite et de mansiiétudey pour vous exhorter, par la douceur et la ^^
modestie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à vous conduire d'une manière digne de votre sainte vocation et pour vous rappeler qu'ayant reçu plus de gages de la prédilection de votre divin Époux, vous êtes obligées de lui rendre plus de gloire.
> Priez le Seigneur que, dans la première visite que nous allons bientôt commencer, il remplisse nos mains de bénédictions ; qu'il nous accorde de les rendre aussi fructueuses qu'abondantes ; que toutes les vertus religieuses germent sur notre passage ; que nous portions au milieu de vous la charité, l'union, la paix, et que tous nos pas soient marqués par des bienfaits.
1 De notre côté nous prierons pour que notre visite soit à vos âmes ce qu'est la rosée du ciel à la terre cultivée, et nous intéresserons en votre faveur la glorieuse vierge Marie, sous la protection de laquelle nous voulons aller à vous, en exaltant son saint ïiom et en invoquant sa miséricordieuse bonté. >
En effet, une longue expérience acquise au milieu de ses travaux apostoliques et aussi dans la direction des communautés de femmes, fit comprendre aussitôt à Mgr Dufétre les améliorations à introduire dans cette maison dont il devenait le supérieur et le père. Les sœurs de la Charité ne devaient être étrangères à aucune des œuvres qui avaient pour, but le bien de la société et la gloire de la religion ; de nouveaux besoins s'étaient manifestés, il fallait bien se mettre en mesure de les satisfaire ; ce n'était plus assez des soins prodigués aux orphelins, aux pauvres et aux malades, soit à domicile,