‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 44 sur 83 · LES GONGRÉGAI^IONS RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

LES GONGRÉGAI^IONS RELIGIEUSES

soit dans les hôpitaux ; ce n'était plus assez des pensionnats et des externats, les sœurs avaient encore d'autres fonctions à remplir ; elles devaient, dans les salles d'asile, servir de mères aux petits enfants, et, dans les refuges, ramener à Dieu et réhabiliter par le repentir les pauvres filles qui se seraient écartées du chemin de la vertu. En peu de temps, la congrégation eut bientôt formé des sujets capables de remplir cette double mission ; l'établissement du Bod- Pasteur de Varennes-les-Nevers ne tarda pas à servir 4e type aax maisons de refuge; et les trois asiles de Nevers, ceux de Château- Chinon, de Clamecy, d^Enlrains, de Donzy, de Fourchambault, de La Machine, de Neuvy, de Varzy, de Decize, de Vandenesse offirirent les plus heureux résultats.

Cependant les autres établissements des sœurs de la Charité se multipliaient d'une manière prodigieuse ; si de nouvelles maisons importantes furent fondées sur différents points de la France, le département de la Nièvre pouvait en compter un nombre assez considérable, entre autres les pensionnats de Château-Chinon, . de Clamecy, de La Charité-sur-Loire, de Cosne, d'Entrains, d'Aunay, de Neuvy; les externats de La Machine, de Vandenesse, de Sully-la- Tour, de Garchizy, de Fourchambault , de Corvol- l'Orgueilleux, de Planchez ; l'hospice de Corbigny, etc.

Cependant le zélé prélat ne se contentait pas de fonder de nouveaux établissements; véritable restaurateur de l'institut auquel il s'était dévoué, il avait à cœur de remplir le programme qu'il s'était tracé dans la circulaire que nous avons citée plus haut; c'était, en effet, une sorte de compromis auquel il se montra constamment fidèle. Tout en s'occupant de l'extension de la congrégation des sœurs, il travaillait à les faire avancer dans la pratique des vertus propres à leur saint état. Nous pouvons bien rappeler ici ce que nous avons écrit ailleurs :

c Pendant le temps qu'il passait dans sa ville épiscopale, il Élisait lui-même aux novices le cours d'instruction religieuse, auquel les professes étaient heureuses d'assister. Tous les soirs, à cinq heures, pendant dix-sept ans, on le vit se diriger vers la communauté et distribuer à ses filles spirituelles le pain de la divine parole.

» Mgr Dufètre a laissé aux sœurs de Nevers une collection de manuels où se révèlent à chaque page sa haute intelligence, sa tendre piété et une connaissance profonde de la théologie mystique. Après

avoir réédité la règle , afin que toutes en eussent un exemplaire entre les mains, il fit paraître successivement : le Directoire des sœurs chargées du soin des malades^ des enfants et des autres oeuvres de charité ; — le Manuel de piété des sœurs ; — le Directoire des sœurs chargées de l'enseignement; — le Directoire des supérieures ; — le Trésor spirituel des sœurs de la Cha7ité.

> Dans le but de faire bénéficier leurs jeunes élèves du traité d'éducation qu'il composait pour les sœurs institutrices, il fit paraître en même temps le Guide des jeunes pensionnaires, excellent petit ouvrage qui entre dans les détails les plus propres à assurer la bonne direction des enfants et leurs progrès dans la science et dans la vertu.

c Nous désirons, écrivait-il aux maîtresses, vous présenter un corps de règles et d'instructions pour la tenue des établissements d'éducation, Tordre des études, le choix des livres, etc.; ce travail important appelle notre attention la plus sérieuse; nous nous en occupons avec un vif intérêt; mais nous ne pourrons le terminer que Tannée prochaine.

» Nous vous indiquerons, d'après l'avis du conseil de la communauté, quelques points principaux sur lesquels nous désirons établir une parfaite unité.

» Nous vous engageons à ne pas trop multiplier les prières et les exercices de piété. L'expérience prouve que la dévotion est loin de s'accroître en proportion des pratiques extérieures, et c'est surtout lorsqu'il s'agit des enfants qu'il est nécessaire de se rappeler ce que dit l'apôtre : qu'il faut de la sobriété jusque dans la sagesse (1). >

Nous avons dit que Mgr Dufétre aurait considéré comme nulle une mission ou une retraite qui n'eût pas été couronnée par une œuvre de charité. Le zélé prélat était bien stlr de trouver dans la congrégation dont il était devenu le père le dévouement nécessaire pour répondre à ses projets. Parmi les œuvres qu'il voulait fonder avant toutes les autres, on pouvait compter les orphelinats et les maisons de préservation et de repentir. Les villes de Clermont-Ferrand et de Marseille, grâce à son initiative persévérante, étaient douées de ces précieux établissements ; il savait bien qu'en communiquant ses pen-

(1) Vie de Mgr Dufétre, oh. IX.

8ées aux sœurs de Nevers il arriverait, avec leur concours, à la fondation de semblables établissements dans son diocèse. L'ouverture qu'il leur en fit fut accueillie avec empressement, et cet arbre, déjà si fécond en fruits de salut, vit de nouvelles branches se couvrir de fleurs magpiifiques, parmi lesquelles on pouvait admirer la Providence des orphelines de Nevers et l'établissement du Bon-Pasteur de Yarennes,

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