‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 45 sur 83 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

ORPHELINATS DE NE VERS ET DE VARENNES. — DÉVE- LOPPEMENTS DE CE DERNIER ÉTABLISSEMENT.

Il y avait à peine trois mois que Mgr Dufètre avait pris possession du siège de Nevers, et déjà il avait organisé VŒuvre de la Provi-dence des Orphelines, Le 8 juin 1S43 il annonçait par une circulaire que l'œuvre était instituée, et proclamait les statuts qui devaient la régir:

c Notre première pensée en arrivant dans notre ville épiscopale^ disait le zélé prélat, a été d'arracher au péril de Toisiveté, de la misère et de l'abandon, les pauvres orphelines de notre diocèse, et de leur ouvrir un asile où elles pussent recevoir une éducation chrétienne^ se former à l'amour du travail et à la pratique de toutes les vertus.

1 C'est dans ce but que nous avons fait un appel à toutes les personnes charitables en faveur de ces enfants délaissées. Notre appel a été entendu, et nous pouvons annoncer maintenant comme tout à fait instituée VŒuvre de la Providence des Orphelines.

» Nous avons cru devoir confier cette œuvre plus spécialement aux jeunes personnes réunies en association, et nous avons arrêté le règlement qui suit :

> Art. 1^. — Une association dite des Jeunes-Economes est établie à Nevers, sous les auspices et la protection de la sainte Vierge.

» Art. 2. — Cette association se compose de toutes les jeunes personnes qui désirent contribuer par leurs aumônes à secourir les pauvres orphelines que la charité a recueillies dans la maison de la Providence.

» Art. 3. — Le but de l'institution est de recevoir dans cette maison, d'y entretenir et élever dès leur bas âge de jeunes filles orphelines de père ou de mère.

» Art. 4. — L'association est placée sous notre juridiction immédiate, et elle aura pour directeurs les ecclésiastiques que nous aurons chargés de la présider,

» Art. 5. — Un bureau d'administration, composé de jeunes économes élues à cet effet par l'assemblée générale de l'association, aura la gestion de tous les intérêts de l'œuvre, et surveillera l'éducation des jeunes orphelines adoptées par l'association et confiées aux soins maternels des sœurs de la Charité.

> Art. 6. — Ce bureau, élu pour un an, aura pour membres une présidente, une vice-présidente, six conseillères, une trésorière et une secrétaire.

> Art. 7. — L'élection a lieu tous les ans à l'assemblée générale du mois de janvier, par la voie du scrutin secret.

» Art. 8. — Pour être élue présidente, il faut réunir la moitié des suffrages plus un ; pour la nomination des autres membres, il suffit de la migorité relative des voix.

> Art. 9. — La présidente, la vice-présidente et les conseillères peuvent être maintenues pendant trois années. Arrivées à ce terme, leur réélection ne peut avoir lieu qu'après l'intervalle d'un an; là trésorière et la secrétaire seules peuvent être perpétuées indéfiniment.

» Art. 10. — L'association se réunira en assemblée générale tous les seconds jeudis du mois, dans la chapelle des orphelines, pour entendre la messe. Pendant la messe, on fera une quête au profit de l'œuvre. Après la messe, il y aura instruction dans la salle de réunion ; ces assemblées pourront être interrompues pendant les mois de septembre, octobre et novembre.

]> Art. 11. — Le bureau se réunira aussi souvent que les intérêts de l'association pourront le demander, mais toujours sur l'invitation

de la présidente. Il s'occupera de remploi des fonds et de la réception des nouvelles orphelines. Il sera chargé aussi de prononcer sur l'admission des demoiselles présentées pour faire partie de l'œuvre.

> Art. 12. — Le bureau pourra appeler à ses discussions celles des jeunes économes ou des religieuses chargées de l'éducation des orphelines dont il jugera le concours nécessaire en certaines circonstances.

» Art. 13. — Les demoiselles du bureau se feront une loi de la discrétion ; elles ne doivent point parler au-dehors des affaires intérieures de la maison et des délibérations du conseil.

> Art. 14. — L'association des Jeunes Économes ne reçoit comme associées que les demoiselles qui ont au moins huit ans accomplis. Mais elle accepte volontiers comme agrégées les enfants même au-dessous de cet âge qui sont représentées par leurs parents.

> Art. 15. — La souscription des associées et des agrégées est fixée à 12 fr. par année.

» Art. 16. — Toutes les personnes qui auront souscrit pour 12 fr. au moins annuellement en faveur de l'œuvre des orphelines, auront le titre de bienfaitrices. Elles participeront aux prières de l'association et elles auront droit d'assister à l'assemblée générale*du mois de janvier.

:» Art. 17. — Toutes les personnes qui auraient fondé une place d'orpheline, par un capital de SyOOOfr., ou par une aumône annuelle de 150 fr., auront le titre de fondatrices, et jouiront des mêmes privilèges que les jeunes économes ; elles pourront assister à toutes les réunions de l'association.

» Art. 18. — Le prix de la pension des orphelines est fixé à 150 fr. L'association devra payer annuellement cette somme aux sœurs de la Charité pour chaque orpheline qu'elle placera dans la Providence , mais elle sera quitte de toute autre charge. Cette pension cessera de droit lorsque les orphelines auront atteint l'âge de dix-huit ans.

> Art. 19. — La messe du second jeudi de chaque mois sera dite pour les associées et les bienfaitrices de l'œuvre; il y aura en outre une messe annuelle de Requi&m pour les associées défuntes.

234 LES GONORËGAHONS RËLI6IEU&ES

» Art. 20. — La fête de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge sera la fête patronale des jeunes économes. Une indulgence de quarante jours est attachée à tous les exercices de Tassociation.

» Quoique l'objet particulier de l'œuvre des Jeunes-Economes soit de venir au secours des pauvres orphelines, nous avons la ferme confiance qu'elle contribuera efûcacement aussi à la sanctification de toutes celles qui en seront membres; c'est Dieu qui leur rendra en bénédictions immortelles le bien qu'elles auront fait à leurs filles adoptives, et elles recevront même ici-bas des trésors de grâce et d'amour pour récompense de leur charité.

> Dès-lors il convient que les jeunes économes soient associées à tout ce qui peut faire fructifier devant Dieu leur zèle et leurs aumônes. Puisqu'elles ne font pas une œuvre philanthropique, mais une œuvre éminemment chrétienne, une œuvre divine de charité, il faut que l'esprit le plus pur et le plus parfait de la religion règne toujours au milieu d'elles , et qu'une mutuelle édification pour leur bien spirituel soit le lien qui les unisse , autant que leur amour généreux pour les membres souffrants de Jésus-Christ.

» Ainsi , en concourant par leurs sacrifices à la sanctification des enfants qu'elles auront adoptées, elles auront soin de se pénétrer toujours davantage de la nécessité de travailler à leur propre sanctification , par l'accomplissement de tous les devoirs du christianisme. Leur piété iJb sera pas vaine et stérile ; inviolablement attachées aux préceptes de la religion, elles les observeront avec fidélité, et elles feront de généreux efforts pour s'élever à une haute perfection. Elles viendront puiser avec joie aux sources du Sauveur y et elles ne se contenteront pas d'approcher une fois Tan de ces sources salutaires où, jaillissent les eaux pour la vie éternelle ; on les verra toujours empressées à profiter des dons de Dieu par la fréquentation des sacrements. C'est à la table sainte qu'elles viendront chercher la force dont elles ont besoin pour s'acquitter de tous leurs devoirs , et faire dans la vertu des progrès qui les rendront dignes de suppléer en quelque sorte la divine Providence, par leur maternité adoptive en faveur de l'enfance malheureuse.

» Puissent-elles, dans leur touchant ministère à l'égard des pauvres orphelines , remplir toutes les conditions de piété qui distinguent une âme vraiment chrétienne, et dévouée par principe de charité au soulagement de l'infortune.

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1 C'est dans cette espérance que nous bénissons de grand cœur tous leurs efforts pour le bien , et que nous leur donnons ce présent règlement, dont nous leur recommandons la fidèle et constante observation. »

En peu de temps deux cent quarante-cinq associées ou agrégées composèrent le personnel de l'œuvredes Jeunes-Ëconomes. Dévouées à cette mission si attrayante, elles s'empressaient de recruter parmi leurs amies de nouvelles associées qui venaient accroître les ressources de l'établissement et permettaient d'accueillir les nombreuses demandes I journellement adressées pour l'admission de nouvelles orphelines.

Outre les associées, dites ks Jev/nes-Ecanomes , l'œuvre compte des fondateurs, des bienfaiteurs et des bienfaitrices, qui souscrivent annuellement pour une somme quelconque au profit de l'établissement.

En 1844, les fondateurs qui entretenaient à leurs frais une orpheline, aux conditions portées dans l'article 17 du règlement, étaient seulement au nombre de trois.

Les bienfaiteurs et bienfaitrices étaient au nombre de quatre-vingtdeux. L'établissement renfermait quarante orphelines.

Dieu a béni cette œuvre ; depuis sa fondation elle s'est développée d'une manière admirable, et quoique l'entrain qu'avait su lui donner Mgr Dufètre se soit ralenti, grâce aux sacrifices que la congrégation s'est imposés, elle est des plus prospères et compte actuellement cinquante-sept enfants et jeunes filles auxquelles on assure une éducation chrétienne , tout en leur offrant les moyens de gagner plus tard honorablement leur vie.

Comptant toujours sur le dévouement des sœurs et comprenant qu'il avait à secourir d'autres orphelines pour lesquelles on avait à redouter les plus grands dangers , vu leur âge plus avancé , le zélé prélat entreprit une nouvelle œuvre: celle du Bon-Pasteur; déjà il avait acquis à cet effet un immeuble considérable dans la fertile vallée de Yarennes-les-Nevers. Au mois de septembre 1847, il faisait connaître ses projets et ses entreprises dans la notice suivante :

c L'Œuvre des Jeunes-Orphelines, établie il y a quatre ans dans la ville de Nevers, et placée sous le patronage de l'association des Jeunes-Economes, s'est rapidement développée. Grâce au zèle désin-

téressé des sœurs de la Charité, à la bienveillance généreuse d'un grand nombre de personnes, cet établissement compte quarante-huit orphelines, dont les bonnes dispositions remplissent de consolation leurs mères adoptives.

» Mais l'Œuvre des Jeunes-Economes a dû se renfermer dans de certaines limites. La prudence n'a pas permis de recevoir les enfants au-dessus de dix ans, et les règles demeurent invariables à cet égard.

> Cependant un grand nombre d'enfants d*un âge plus avancé se trouvent également sans famille, sans guide et sans soutien. Nées sous les haillons de la pauvreté, et saisies, pour ainsi dire, par le malheur dès le berceau , ces infortunées créatures sont exposées à devenir les tristes victimes de l'indigence et du besoin. Il n'est pas rare de les voir, dans nos villes et dansnos campagnes, étaler publiquement leur misère, faire entendre leurs cris plaintifs, et présenter l'afQigeant spectacle du plus déplorable abandon.

n II devenait indispensable de compléter cette œuvre si intéressante des orphelines en ouvrant un asile aux jeunes filles de dix à vingt ans qui se trouveraient privées de leurs parents et dépourvues de moyens d'existence. C^est là le premier but que l'on s'est proposé en fondant la maison du Bon-Pasteur.

> Mais ce but n'est pas le seul. On rencontre quelquefois déjeunes filles qui font la désolation de leur famille par leur excessive légèreté ou par leur caractère violent, emporté, ou même par des penchants dangereux qu'il est important d'étouffer de bonne heure. La maison du Bon-Pasteur, en recevant ces enfants sur la demande de leurs parents, leur offrira des moyens efficaces pour redresser leurs inclinations et les disposer, par l'isolement du monde et l'habitude du travail, à devenir l'honneur et la joie de leur famille.

» Enfin on voit trop souvent de jeunes personnes exposées à mille dangers, environnées de mille pièges tendus à leur inexpérience, poussées au mal par des sollicitations perverses ou par de scandaleux exemples. Quelques-unes semblent avoir abandonné tout à fait le chemin de la vertu. Ne trouvant plus en elles-mêmes que de cruels remords, et dans le monde que des rebuts accablants, elle ne tarderaient pas à périr sans ressource, si on ne les mettait à l'abri de la séduction , en leur offrant un asile assuré contre les pénis sans nombre dont elles sont entourées.

> La maison du Bon-Pasteur sera pour ces infortunées un port de salut où elles retrouveront Tinnocence qu'elles avaient perdue , et où

elles consoleront la religion par leur repentir, autant qu'elles l'avaient affligée par leurs égarements. Dirigées et soutenues par les soins charitables de ces vierges chrétiennes que le plus noble dévouement consacre à toutes les œuvres de zèle et de charité, elles apprendront à reconquérir leur propre estime et celle de la société; elles goûteront de nouveau les joies pures de la vertu, et elles reporteront l'édification dans ce monde où elles avaient souvent porté le scandale.

9 Du reste , ces trois classes de jeunes filles seront complètement distinctes pour le logement, le travail, les récréations, etc., et tes orphelines, par exemple, n'auront jamais aucune communication avec les pénitentes.

1 Mgr révoque de Nevers, dont cette œuvre réalise les désirs les plus ardents , n'a pas hésité à acquérir une maison considérable à Varennes-les-Nevers, et il vient de terminer tous les travaux d'appropriation que nécessitait l'exécution de ce grand projet.

» Il compte sur la Providence pour lui venir en aide ; mais il espère que cette Providence inspirera à toutes les personnes charitables de son diocèse la pensée de concourir à la formation et à l'entretien de cet établissement précieux.

> Déjà il l'a placé sous le patronage de l'association des dames de Charité, et il fait en outre appel à tous ses diocésains pour qu'ils ajoutent leurs souscriptions [et leurs offrandes aux aumônes de Tassociation.

> La maison est achevée, m%is elle est loin d'être payée intégralement. Elle a besoin, en outre, d'un mobilier complet, et elle doit pourvoir dès à présent à la nourriture de cinquante jeunes filles qui y ont été admises et qui ne tarderont pas à être suivies d'un bien plus grand nombre.

» Les secours de toute nature seront reçus avec reconnaissance. On pourra les remettre à la supérieure du Bon-Pasteur, à Varennes, ou aux sœurs chargées de la visite des pauvres, à Nevers, ou encore ii MM. les Curés du diocèse, qui se chargeront de les faire parvenir à l'évéché.

> Elles seront admises à l'âge de douze ans, au prix de 150 fr. une fois donnés, sans compter le trousseau .

> Si elles étaient plus jeunes , elles ne pourraient être reçues qu'au prix de 150 fr. par année, jusqu'à l'âge de douze ans.

> Les parents ou tuteurs doivent consentir par écrit à laisser les enfants dans l'établissement jusqu'à leur majorité.

» On recevra dans rétablissement les jeunes filles de tout le diocèse. On devra^ pour les conditions, s'adresser à la supérieure du Bon*Pasteur, à Varennes, ou à la supérieure des orphelines, à Nevers. >

Mgr Dufétre était assuré de rencontrer toujours dans les sœurs de la Charité de zélées coopératrices; aussi il ne balançait pas à aller de Tavant. Il avait conçu un vaste projet ; il voulait que la maison de Yarennes devint un important établissement réunissant toutes les œuvres qui lui étaient si chères ; il pouvait à cette occasion répéter les paroles qu'il faisait entendre à ceux qui lui faisaient des observations sur ses séminaires et ses entreprises si multipliées et si onéreuses : € Dieu ne nous a-t-il pas envoyé au milieu de vous pour que sou œuvre se fasse? Et vous nous demandez pourquoi tant d'œuvress nouvelles, pourquoi tant d'entreprises incessantes. Nous vous répondrons avec le Sauveur : Pater meus usque modo operatur^ et ego operor : « Mon père opère sans cesse , et moi je dois opérer avec lui (1). »

Aux grandes orphelines il avait joint les pénitentes et les préservées^ avec la pensée d'établir plus tard, d'accord avec le Gouvernement , dans le même enclos, un véritable pénitencier^ pour y recevoir les jeunes filles qui avaient subi des condamnations, et les soustraire ainsi aux dangers qu'elles pouvaient courir dans les maisons de détention.

Le compte-rendu présenté en ISSè par les dames patronnesses doit trouver ici sa place; il fera connaître les développements successifs et l'organisation de l'établissement jusqu'à cette époque :

c L'œuvre du Bon-Pasteur compte maintenant douze années d'existence ; elle peut présenter avec confiance les titres qu'elle a acquis à la reconnaissance publique. Commencée à une époque où tout semblait devoir contrarier ses développements, elle a continué de grandir au milieu des circonstances les plus difficiles, et elle a rendu d'inappréciables services à la religion et à la société au sein du diocèse de Nevers. Grâce au zèle du prélat auguste qui l'a fondé et au dévouement des dames patronnesses qui l'ont toujours si admi-

{\) Vie de Mgr Dufétre^ chap. X.

rablement secondé, rétablissement de Vareones est arrivé au degré âe prospérité où on le voit aujourd'hui.

> Plus de cent cinquante personnes habitent cette maison qui ne compte pas moins de :

» Grandes orphelines 70

> Pénitentes 30

1 Préservées 27 '

» Ces trois classes sont complètement distinctes et n^ont aucune communication entre elles.

1 Les orphelines sont reçues à l'âge de douze ans, pour la somme une fois donnée de 200 fr. On les garde jusqu'à vingt-un ans, et elles reçoivent, en sortant, un trousseau convenable, avec les 200 fr.. qu'elles avaient apportés.

> Les pénitenteSj que l'on reçoit ordinairement de quinze à vingtcinq ans, sont de jeunes personnes exposées aux pièges du monde et aux séductions de leurs passions, qui entrent librement dans cet asile ouvert à la faiblesse et au repentir. Elles y passent un temps indéterminé, loin des périls qui les environnaient, et elles y contractent des habitudes de travail et de vertu. Aucune condition pécuniaire n'est ûxée pour leur admission dans l'établissement.

» Les préservées sont de jeunes filles nées avec des penchants dangereux, et déjà coupables de fautes graves, mais qui, ayant agi sans discernement, sont retenues par les magistrats, pour un temps quelconque, dans un quartier pénitentiaire qui leur est exclusivement réservé.

> Les unes et les autres sont placées sous la conduite des sœurs de la Charité, qui n'ont, en général, qu'à se louer de leurs bonnes dispositions. L'ordre le plus parfait règne daus ce vaste établissement; la discipline y est aussi douce que ferme, Tobéissance la plus entière y est fidèlement gardée.

3 Déjà l'œuvre du Bon-Pasteur a opéré un bien immense, et la plupart des jeunes personnes qui en sont sorties se font remarquer par leurs habitudes laborieuses et par leur bonne conduite.

9 Mais la maison est désormais insuffisante pour les besoins du département , et tous les jours on se voit obligé de repousser des demandes , d'ailleurs trop bien motivées. Ces demandent tendront même à devenir plus nombreuses, par suite des sages mesures que

radministration supérieure a prises pour l'extinction de la mendicité. Il serait urgent de pouvoir agrandir l'établissement.

"» D'autre part, la cherté des subsistances a énormément accru la charge de l'œuvre qui, comme on le sait, n'a d'autres ressources que la charité et le faible produit du travail. Cette année, la dépense seule du pain a atteint le chiffre de 14,000 fir., et sans l'activité industrieuse et féconde des sœurs de la Charité, l'établissement aurait éprouvé un notable déficit. Toutefois, le dévouement admirable des sœurs, comme le zèle des dames patronnesses, seraient impuissants si la charité publique ne leur prêtait pas un généreux concours.

> Outre les dons en argent ou en nature qui seront toujours reçus avec la- plus vive reconnaissance , on recommande d'une manière spéciale aux âmes charitables la loterie annuelle qui a toujours été la plus précieuse ressource de l'établissement.

» Cette année, pour diminuer les frais considérables qu'entraînait l'acquisition des lots , on a dû renoncer à rendre tous les billets gagnants ; mais on a donné plus de valeur à chaque lot , et on a pris des mesures pour que toute série de cinq billets eût un lot assuré.

> On a la confiance que cette œuvre, si belle, si importante, continuera de se développer et de multiplier les fruits qu'elle n'a cessé de porter depuis sa fondation. »

Dans le principe, Mgr Dufétre n'avait pas eu la pensée de confondre les préservées avec les détenues ; les premières occupaient un quartier séparé de celui des orphelines et des pénitentes ; plusieurs, se défiant de leur faiblesse et de leurs mauvais penchants, venaient se présenter d'elles-mêmes et solliciter leur admission ; d'autres étaient placées par leurs familles. Plus tard, le Gouvernement, après s'être fait rendre compte de l'état de la maison , comprit l'avantage qu'il y aurait pour l'Etat et pour les jeunes détenues elles-mêmes d'en faire admettre un certain nombre dans cet établissement. D traita à cet effet avec la congrégation, qui s'imposa les plus grands sacrifices pour donner au quartier des détenues toute l'extension désirable et ajouta d'importantes constructions à celles qui existaient déjà. L'administration des enfants assistés du département de la Seine entra dans la même voie et confia à la direction des sœurs de Nevers, chargées du Bon*Pasteur de Yarennes, ses jeunes filles assistées placées à la correction. On ne vit aucun inconvénient à réunir dans le même quartier les préservées, les détenues et les

assistées de la Seine. Le personnel de rétablissement est actuellement de 290 personnes, sans y comprendre la classe extérieure, réunissant 50 enfants de la paroisse.

Le personnel du Bon-Pasteur est donc ainsi composé :

Religieuses 46

Orphelines 66

Pénitentes 58

Préservées 120

Le quartier des préservées compte 38 détenues et 82 assistées du département de la Seine.

En dehors des œuvres, que nous venons d'indiquer, Varennesles-Nevers offire encore un lieu de refuge aux sœurs qui auraient besoin de se reposer et de prendre l'air de la campagne ; c'est ce qui explique le nombre considérable des sœurs de la maison. Gomme on le voit , les œuvres auxquelles se dévouait la congrégation avaient pris un développement considérable; aussi le Gouverne-» ment avait pensé qu'elle devait se munir d'une seconde autorisation qui fit mention de ces nouvelles œuvres. Les sœurs préparèrent donc le dossier des pièces requises à cet effet , et un décret en date du 29 juin 1863, rappelant et confirmant celui du 19 janvier 1811 , fut rendu pour autoriser les sœurs à s'occuper de la direction des refuges.

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