‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 51 sur 83 · PIE IX . PAPE · texte numérisé non relu

PIE IX . PAPE

La suscription porte : A Noire chère fille en Jésus-Christ, sœur Joséphine Imbert^ supérieure générale de la Congrégation des sœui's de la Charité et Instruction chrétienne de Nevers (1).

La congrégation des sœurs de Nevers était donc déjà avantageusement connue à Rome ; le Saint-Père n'avait sans doute pas oublié l'adresse dont nous venons de parler.

(1) T^ traducteur des lettres apostoliques a eu la bonne pensée de conserver le litre donné aux sœurs pendant deux siècles ; pourquoi avoir voulu interrompre celle tradition , en portant Sœurs de la Charité et dr L*!nstruction chrétienne, comme nous le remarquons dans plusieurs mémoires plus récents ?

Le 26 mai 1870, le jour de l'Ascension, à six heures du soir, l'évèque de Nevers et la supérieure générale de la congrégation des sœurs de la Charité et Instruction chrétienne étaient aux pieds de Pie IX, lui exprimant leur désir. Le Souverain Pontife les accueillit avec une bienveillance toute paternelle , se montra favorable à leur demande et les bénit avec effusion , sans oublier le pieux institut qu'ils représentaient.

Quelques jours après cette audience particulière, dans une lettre en date du 30 mai , la supérieure générale faisait part à sa chère congrégation des sentiments que son cœur ne pouvait plus contenir.

c II me serait bien difficile, mes chères filles, leur écrivait-elle, de vous rendre ce qui s'est passé dans mon âme quand j'ai déposé vos vœux aux pieds de l'immortel Pie IX !... Vos cœurs le comprendront beaucoup mieux que je ne pourrais l'exprimer.

» Plusieurs fois déjà, vous le savez, la bénédiction du Vicaire de Jésus-Christ était descendue sur notre famille religieuse ; mais cette fois l'auguste Pontife a mis le comble à la bienveillance qu'il nous avait témoignée jusqu'ici par la manière touchante avec laquelle H s'est intéressé à notre institut.

> Je ne puis aujourd'hui, mes bien chères filles, entrer dans le détail de ce consolant entretien; Monseigneur vous en fera part luimême, dès son retour en France ; car son projet est d'appeler à Nevers, avant la fin de Tannée scolaire, toutes les supérieures de nos établissements.

1 En attendant cette nouvelle réunion, remerciez Dieu avec moi de la protection visible dont il daigne couvrir notre congrégation, et continuez d'appeler sur le Souverain Pontife et sur les Pères du concile les plus riches effusions de la grâce divine... »

Le docteur Dominique Bouix, qui se trouvait à Rome en qualité de théologien de Mgr de Montauban, avait trois sœurs dans la congrégation de Nevers ; on pouvait être assuré de trouver en lui un puissant auxiliaire pour préparer certaines pièces du dossier qui devait être soumis k la Congrégation des évêques et réguliers. Grâce à lui, le travail simplifié ne rencontra aucun obstacle, et le 22 juillet 1870 les constitutions des sœurs de la Charité et Instruction chrétienne furent présentées au Saint-Père qui les approuva de vive voix en attendant la préparation du décret qui devait les confir-

mer d'une manière définitive. Ce décret fut signé le 20 août de la même année.

Les principales modifications, introduites dans les constitutions des sœurs par la sacrée Congrégation des Evoques et Réguliers, étaient relatives à la profession des sœurs et à leurs engagements ; c'était, en effet, le point essentiel; mais l'Eglise, guidée par sa sagesse ordinaire, ne voulut pas que les novices contractassent ces engagements sans une mûre réflexion; elle établit comme des étapes qui leur permissent de jeter un coup d'œil sur le passé et d'envisager l'avenir avec connaissance de cause, leur laissant toute liberté de se retirer après chaque année d'épreuve. Les anciennes devaient jouir des mêmes facultés et demeurer à leur gré, comme nous l'avons dit , dans la limite des promesses contractées par elles à l'époque de leur profession. Nous verrons que toutes renoncèrent généreusement à ce bénéfice qui leur était offert, heureuses de se soumettre en tout aux désirs du Souverain Pontife.

Le chapitre VI des constitutions renferme les modifications dont nous venons de parler :

€ Les novices admises à la profession font les vœux de pauvreté , de chasteté et d'obéissance pour un an. Chaque année, pendant neuf ans^ les sœurs renouvellent ces mêmes vœux.

> A l'expiration annuelle de leurs engagements, elles seraient libres de quitter Tlnstitut, sans avoir besoin pour cela d'aucune autorisation.

» A la fin de la dixième année , elles font, pour toute leur vie, les vœux simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, après y avoir été autorisées par la délibération de la supérieure générale et de son conseil. Lorsque cette délibération conclurait à un délai, la sœur dififérée continuerait à faire des vœux pour un an.

3 Les sœurs qui devront faire leurs vœux perpétuels s'y prépareront par une retraite de dix jours. >

FORMULE DES VCEUX.

c Moi, sœur N..., voulant me consacrer au service de Dieu et aux œuvres de charité dans la congrégation des sœurs de la Charité et Instruction chrétienne établie dans le diocèse de Nevers , fais vccu pour un an (ou s'il s'agit des vœux perpétuels faU vœu pour tout le reste de ma vie,) de pauvreté, de chasteté et d^obéissance , en la

manière expliquée dans les règles de la même congrégation approuvées par le Souverain Pontife. Je prie Noire-Seigneur Jésus-Christ, par rintercession de la très-sainte Vierge, ma bonne Mère, de me donner grâce pour accomplir avec fidélité ces engagements.

> En foi de quoi j'ai signé à ce

9 On inscrira sur un registre l'acte de la première émission des vœux annuels faite par les novices à Nevers. Cet acte sera signé par la professe, la supérieure générale et quelques autres sœurs.

> Pour les vœux annuels subséquents, ils pourront être faits dans les maisons où se trouveront les sœurs, et il ne sera pas nécessaire d'en dresser un acte. Il suffira que la supérieure générale en soit informée.

9 Mais l'émission des vœux perpétuels devra être constatée par un acte qui sera conservé à la Maison-Mère. Il portera la signature de la sœur qui a pris l'engagement perpétuel, de la supérieure locale et de deux autres sœurs. »

C'est ici le lieu de donner la traduction du décret approbatif.

Page 1