‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 53 sur 83 · PREMIÈRES FONDATIONS DES SŒURS DE LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

PREMIÈRES FONDATIONS DES SŒURS DE LA CHARITÉ

DECIZB. — 8AINT-MAUR. — PABI8. — MURÂT. - BOURG-

8AINT-ANDÉ0L. — AUTUN.

Avant l'élection ou la nomination de la première supérieure gênéraie, et lorsqu'il n'existait encore que des supérieures locales, désignées par les fondateurs de la Congrégation ou par les Pères de l'Oratoire, un certain nombre.de maisons furent établies par eux-mêmes en dehors de la ville et du diocèse de Nevers, comme il est facile de s'en convaincre par la teneur de l'ordonnance épiscopale du 4 février 1698, dont nous avons déjà fait mention^ et aussi par l'acte dressé par les Pères de l'Oratoire, en date du 11 mai 1700, acceptant la direction de ladite Congrégation.

Outre les trois maisons de Nevers et celle de Saint-Saulge y on comptait déjà, avant l'acceptation définitive des constitutions en 1701 y les établissements de Decize, de Murât, de Vic-sur-Céré , de Bourg-Saint-Andéol, de Riom, de Saint-Maur, de Paris, de Carcassonne, sans compter les autres localités dont on ne peut fixer d'une manière certaine l'époque de la fondation , les actes ayant été perdus ou détruits à l'époque de la Révolution. Plusieurs de *ces maisons n'existaient qu'à titre d'essai; on peut citer entre autres celle de Vicsur-Céré que sœur Marcelline Pauper avait été chargée de fonder, et dont l'existence fut bien précaire, si toutefois elle eut lieu.

Il est important , pour bien établir l'histoire de la congrégation

pendant cette période que nous nommerons la période d'essais, d'entrer dans quelques détail.s relativement à ces fondations, quand nous les retrouverons indiquées dans les chroniques de l'Institut.

Saint-Sâulge , comme nous l'avons dit , fut le berceau des sœurs de la Charité et Instruction chrétienne ; mais, après la fusion établie entre les deux œuvres de dom de Laveyne et de M. l'abbé Bolacre , Nevers devint le centre de la Congrégation et le chef-lieu de son administration. Dom de Laveyne s'était effacé et avait abandonné la direction générale à l'abbé Bolacre , dont il reconnaissait les vertus et la haute intelligence ; il ne faut pas s'étonner si , dans les autorisations nécessaires pour assurer à l'Institut sa double existence , il fut question de Nevers seulement dans les actes délivrés par Mgr Vallot et par le duc de Nevers. Cependant, il faut bien le reconnaître, Saint-Saulge demeurait comme la pépinière, procurant ce nombre considérable de sœurs qui devaient propager l'Institut sur les divers points de la France.

A la suite de Marie-Scholastique Marchangy et d'Anne Legeay, nous voyons Marie Régnault, Geneviève Régnault, Marcelline Pauper, Jeanne Robert, Catherine Arnault, Charlotte Moreau, Louise Moreau, Marie-Scholastique Paillard, Marguerite Paillard, Elisabeth Roy, Marie- Anne Roy, Jeanne de Laveyne, Geneviève de Laveyne, Placidie Pinault, les deux sœurs Fouquet, Paule Taupin, Françoise Corbin, les sœurs Daugy, etc., dont plusieurs étaient proches parentes de la Mère Marchangy et de dom de Laveyne (1). Ne nous étonnons pas si le successeur de Mgr Vallot sur le siège de Nevers, Mgr Edouard Bargedé, qui portait à la nouvelle Congrégation le plus vif intérêt, voulut en donner des preuves à la communauté de Saint-Saulge. Non-seulement en 1708 il lui accorda une existence canonique spéciale, mais il consentit, le 8 décembre 1716, à consacrer la modeste chapelle de cet établissement sous le vocable de l'Immaculée* Conception.

Le 2 septembre précédent, les habitants réunis avaient pris une délibération tendant à faire reconnaître l'établissement des sœurs

(1) Le manuscrit de Saint-Saulge présente une longue nomenclalure des sœurs de Charité sorties de cette paroisse avant 1715.

dans leur ville; cette pièce est trop importante pour ne pas être ici consignée :

< Cejourd'hui, deuxième jour du mois dei septembre 1708^ à rissue de la messe paroissiale de cette ville de Saint-Saulge, pardevant nous Guy-Coquille, conseiller du roi, maire perpétuel de cette dite ville, en Thôtel commun de ce dit lieu, par ordre de Mgr l'Intendant de la généralité de Moulins, en date du 17 août dernier, sont comparus de leurs personnes: MM. Louis-Antoine Marchangy, notaire royal, substitut du procureur du roi, et François Ravisy, marchand, tous deux échevins de cette dite ville, qui nous ont dit avoir convoqué les habitants de ce lieu pour délibérer sur le placet ci-dessus daté, présenté à mondit seigneur Intendant, à l'effet de donner des moyens pour l'établissement d'une communauté de sœurs de la Charité et Instruction chrétienne dans cette dite ville et paroisse de Saint-Saulge, reconnaissant la grande utilité qu'ils ont reçue d'elles depuis vingt-six ans et l'importance qui leur est de les y retenir, afin qu'elles continuent à rendre au public les mêmes offices de charité, de tenir les petites écoles des enfants de leur sexe, d'enseigner aux jeunes filles et nouvelles converties les vérités de notre sainte religion, les lettres humaines et de secourir et assister les pauvres malades, panser et médicamenter les pauvres soldats que la maladie surprend el arrête sur la route, qui est, dans ce dit lieu très*fréquehtée, ce qui fait que l'établissement est trèsavantageux aux habitants de ce dit lieu, qui est destitué de tout autre secours.

> Pourquoi lesdits échevins auraient eu conférence avec sœur Marie-Scholastique Marchangy, supérieure générale des susdites sœurs, établies en plusieurs provinces, demeurant à Nevers, laquelle a fait entendre que leur congrégation est approuvée et autorisée par Mgr TEvêque , sous le bon plaisir du roi , et qu'il leur est permis de s'établir en communauté en telles villes et bourgs du diocèse qu'elles aviseront , sous le bon plaisir et consentement desdits seigneurs et habitants des lieux où elles résideront , ayant obtenu celui de Mgr le duc de Nevers , en date du 28 juillet 1708 , signé Mazarini-Mancini , représenté et retiré ensemble ; celui de dom Jean-Baptiste de Laveyne, sous-prieur du prieuré de Saint-Saulge, leur supérieur aussi, daté du dernier août, représenté et retiré. A quoi ont comparu : H. Sane, subdélégué; M. Antoine Daugy, conseiller du roi, fabricien ;

M. Etienne de La Venne, écuyer ; sieur Desperriers^ fabricien; M. Dominique Delaveyne, chirurgien ; Antoine Theveneau, sieur de Palmery ; Jean-Jacques Brenier, sieur de Lornemire ; M. Pierre Pinette, chirurgien ; MM. Pierre Galle et Charles Vîgnault, procureurs ; Claude Paillard, chirurgien ; Jean Thévenin, sieur de Saint- André, et autres habitants, soussignés, composant la plus grande et principale partie des habitants de Saint-Saulge , lesquels , pour les causes et raisons ci-dessus proposées et vues , tous les conseillers y énoncés, ont dit qu'ils sont d'avis et consens, et désirent unanimement ledit établissement proposé. Et , en conséquence, donnent tout et tel consentement et pouvoir qu'à eux peut appartenir en pareil cas de donner à ladite sœur Marie-Scholastique et à sœur Jeanne de Laveyne, son assistante , tant pour elles que pour les autres sœurs de ladite congrégation de cette dite ville, et autres établissements de la même congrégation , pour y vivre sous les règles et constitutions qui s'y observent , et y rendre aux jeunes filles pauvres et malades tous les secours charitables ci*dessus marqués, sans néanmoins que ledit établissement puisse être à charge à ladite ville et paroisse ; reconnaissant qu'il ne l'a pas été par le passé , et qu'il est en état de subsister par lui-même à l'avenir ; et encore à la charge de donner copie desdites lettres d'établissement et autres pièces en vertu desquelles elles seront obtenues , pour demeurer dans notre greflé , pour y avoir recours quand besoin sera. Pour ce, de tout ce que dessus, nous avons fait acte ; et ont, tous les ci-dessus nommés, signé avec nous et notre greffier ; et sera , le présent acte , porté à

Mgr rin tendant. »

(Suivent les signatures.)

L'établissement de Saint-Saulge s'est soutenu jusqu'à la Révolution et a pris depuis le commencement du dix-neuvième siècle on nouveau développement; nous aurons occasion d'en parler de nouveau.

Degize. — Marie Marchangy et Anne Legcay avaient imprimé le mouvement au milieu des jeunes filles de Saint-Saulge qui éprouvaient de l'attrait pour les œuvres de charité ; une des premières se distingua entre toutes les autres par sa piété, son dévouement et aussi par son aptitude en fait d'administration ; elle devait devenir plus tard une des gloires de la congrégation. C'était Catherine Pauper,

née à Saint-Saulge en 1663. Les Uraulines de Moulins- Engilbert, qui l'avaient reçue comme pensionnaire lorsqu'elle n'avait encore que huit ans, furent ses premières institutrices et la préparèrent à la première communion. Ses parents la retirèrent Tannée suivante; elle revint donc y à l'âge de douze ans , habiter la maison paternelle. Elle fut assez heureuse pour rencontrer dans dom de Laveyne un directeur habile et prudent qui la dirigea dans l'étude de sa vocation.

Son attrait pour la vie religieuse la détermina à entrer dans le nouvel Institut des sœurs de la Charité ; après les années d'épreuves elle y fit profession en 1687, à Tâge de vingt-quatre ans, et prit le nom de Ifarcelline. Bientôt les fondateurs remarquèrent en Marcel line Pauper des qualités supérieures ; ils ne balancèrent pas à lui confier l'organisation des fondations de maisons dans le diocèse et au dehors. Nous la voyons en effet, malgré sa jeunesse, chargée de préparer les établissements nouveaux et de leur imprimer la direction.

La première maison fondée par Marcelline Pauper fut celle de Dedze , qui fut aussi le premier établissement de Tlnstitut aprè^ Nevers et Saint-Saulge. Déjà dès 1688 on était en pourparlers avec les fondateurs pour obtenir quelques sœurs dans cette localité; mais, soit que le nombre des religieuses fût encore trop restreint, soit qu'on se trouvât arrêté par quelques difficultés matérielles, on se vit dans la nécessité d'ajourner ce projet ; ce ne fut qu'en 1691 qu'il eut un commencement d'exécution; il ne devait être complété définitivement qu'en 1700. Nous devons à M. de Tresvaux de Bertheux, ancien maire de Decize, des détails que nous ne retrouvons pas ailleurs. •

Le 11 avril de ladite année 1691 , Jacques Rousseau et Guillaume Marinyer étant échevins , ce dernier remplissant en outre la charge de procureur du fait commun , les habitants de Decize qui enviaient à Nevers et à Saint-SauIge les avantages dont ces villes jouissaient , Çrâce au dévouement des sœurs du Saint-Sacrement, dites de la Charité , se réunirent et délibérèrent en assemblée générale : il fut décidé qu'une requête serait présentée à l'évéque de Nevers , à l'effet d'obtenir de lui plusieurs sœurs pour soigner les malades et instruire les petites filles. Mgr Edouard Vallot consentit à la demande qui lui était faite, et sœur Marcelline Pauper fut désignée pour se rendre à Decize. Les sœurs achetèrent une maison qu'elles meublèrent bien modestement , comme on peut en juger par le récit de la Jeune supérieure : c La troisième année de ma profession, on m'envoya à Decize. Ce fut notre premier établissement, et Dieu y

304 LES G0NGRËGA1I0N8 RELIQIEU8ES

donna de grandes bénédictions. Jamais établissement ne fut eom* mencé si pauvrement , car nous manquions de tout. Je fus obligée pendant six mois de coucher sur des fagots de sarment. Noos n'avions qu'un bois de lit , où il n*y avait qu'une paillasse , encore était-elle d'emprunt. » La sainte fille ajoutait: <c Mais, vous savez, mon Dieu I la joie que je sentais intérieurement de me voir dans cette pauvreté. (1) »

Les échevins s'engagèrent à donner aux sœurs une pension sur les revenus de la ville , et leur abandonnèrent les rentes de Thôpital. Il y avait trois ans que Marcelline Pauper dirigeait l'établissement de Decize , quand elle fut rappelée à Nevers , comme supérieure de la maison delà place Saint-Père. Sœur Marie-Catherine ArnauU la remplaça à Decize.

Cette sœur était originaire de cette ville, où elle possédait une maison et une petite vigne. Elle en fit don à l'Institut, à la condition que sa mère, veuve et âgée, resterait sa vie durant à la charge de la communauté Quoique desservant l'Hôtel-Dieu , les sœurs n'y demeuraient pas, par suite de TinsuRisance du local ; elles occupaient la maison de Marie-Catherine Arnault.

La fondation de cette dernière maison n*était pas définitive, c Ce ne fut qu'en 1700 , dit M. Tresvaux de Bertheux , que la supérieure se rendit définitivement aux vœux des habitants. Il y avait douze ans que cette aflaire était en suspens. Une requête des échevins et des habitants est présentée à l'intendant. Cette pièce est signée par Deiin, par Triflet , conseiller du roi, maire alternatif de Decize ; Guillaume Genize, seigneur de la Planche, conseiller du roi, lieutenant, premier échevin alternatif; Denis Coppin, seigneur de ChevanCi conseiller du roi , garde du scel de l'hôtel de Decize ; François Surbin ; Guillaume Bourgeois, Edmond de Cray, prêtre , curé de Saint-Âré; noble François Reytier, capitaine du château ; de Cray, notaire royal , etc.

1^ Une ordonnance de l'intendant approuve la délibération et invite les habitants à convoquer une assemblée générale , toutefois en excluant les chirurgiens, qui pourraient être susceptibles de jalousie. On vote 100 livres pour chaque sœur et 50 livres pour les remèdes. Une ordonnance du 17 février approuve cet établissement. Scholas-

Cl) Vie deMarcelline Pauper, écrite par elle-même, chap. V.

tiijue Marchangy traite avec les échevins d'une rente de i ,400 livres, due par le seigneur de Germancy, par-devant Gonnot, notaire, avec Tautorisalion de Mgr Edouard Bargedé, évéque de Nevers, en 1713. Autre délibération qui accorde 150 livres pour une troisième scenr ; arrêté du conseil du roi du 5 mai 1772, qui donne 150 livres de supplément ; enOn, une nouvelle délibération du 17 décembre 1786, qui porta à 1,200 livres les pensions des religieuses. ^1). »

Quelques années plus tard éclatait la tourmente révolutionnaire, qui allait tout bouleveraer et chasser de leurs pieux établissements celles dont la vie tout entière avait été vouée au soulagement de toutes les misères. La maison de Decize ne devait pas être épargnée Après avoir rempli pendant neuf ans les fonctions de supérieure générale la R. M. Anastasie de Monméja s*y était retirée pour y consacrer ce que Dieu lai avait accordé de forces et de dévouement. Cette digne Mère allait être soumise à de rudes épreuves avec ses compagnes, sœurs Rosalie Guyot et Rosalie Delord ; ayant refusé de prêter un serment qui répugnait à leur conscience , elles subirent une rude incarcération de dix mois , pendant laquelle on leur flt subir des vexations de toute espèce; on alla n>ême jusqu'à les dépouiller d'une partie de leurs vêtements , comme la Mère de Monméjà l'a exposé elle-même , dans un rapport qu'elle adressa au préfet, quand la paix fut rétablie en France.

Sur les débris d'antiques constructions romaines, dont on voit encore les traces, les puissants seigneurs de Nevers avaient choisi une position ravissante, au sommet d'un rocher à pic, séparant les deux bras de la Loire, pour y élever un de leurs nombreux châteaux. Par suite des guerres qui , à plusieurs reprises , avaient ravagé la petite cité de Decize, ce château n'était plus qu'une ruine ; le duc de Nevers voulut s'en dessaisir.

Le 21 mars 1778, suivant contrat passé par-devant M« Pannecet, notaire au duché-pairie de Nivernais, Mgr Louis-Jules-Barbon Mazarini-Mancini, duc de Nivernais et Donziais, fit concession, à titre de bail à cens perpétuel, de l'ancien château de Decize et dépendances à M. Pierre-Nicolas Douette. Après la mort de ca dernier, ses héritiers cédèrent, par acte du 18 juin 1827, cette propriété à Mlle Mouzat- Vauzelie, et le i" octobre 1840, M. Mouzat, légataire universel de sa

(1) Annales de la ville de Decize^ p. 99 et 100.

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sœur, devenu propriétaire de ce chflleau en ruines, le vendit à II. le marquis de Raigecourt, pair de France.

M. de Raigecourt avait mis cet immeuble et ses dépendances au service de l'hôpital de Decize ; mais voulant assurer cette destination d'une manière irrévocable, il en fit don à l'administration de Thospice, par acte passé par-devant M» Decray, notaire, le 30 septembre 1846, à la condition formelle de reconstruire un des b&timents. On y lit la disposition suivante, que nous reproduisons textuellement :

c Ce nouveau bâtiment , ainsi que ceux actuellement existants et qui seront conservés, et les terrains en dépendant^ ne pourront jamais recevoir une autre destination, et seront affectés exclusivement au service des malades et à la tenue de l'école des filles ; la direction en sera confiée à une congréj^ation religieuse. L'administration de l'hôpital devra prendre les mesures nécessaires pour assurer d'une manière fixe et certaine l'exéciition de cette condition. »

Une ordonnance royale , en date du 5 avril 1847, autorisa l'acceptation de ladite donation aux clauses, charges et conditions qui y sont exprimées.

C'est en vertu de cette donation que les sœurs de la Charité et Instruction chrétienne de Nevers furent appelées à desservir l'hospice et à diriger les classes qui y furent adjointes.

Saint-Maur et Paris. — Il serait difficile d'établir d'une manière bien précise l'époque de la maison de Saint-Maur, près Paris ; on lit dans le Calendrier religieux à l'usage des somrs de la Charité pour l'année 1873 : « On ne connaît pas l'origine de la maison de Saint* Maur ; mais on sait que, dès Tannée 1707, elle était en voie de grande prospérité, et que les supérieurs généraux avaient cru nécessaire d'y former un noviciat. >

Cette phrase, laisserait supposer que ce noviciat supplémentaire aurait été établi vers 1707, ce qui ne saurait être admissible. Que seraient devenus les engagements pris par les fondateurs en 1701, et la règle décrétant que le noviciat demeurerait à perpétuité dans la communauté de Nevers ? Il faut donc remonter à une époque antérieure pour l'établissement de la maison de Saint-Manr. Cette maison, en effet, devait déjà avoir quelqu'importance, le voisinage de Paris pouvant lui procurer des sujets. Ce fut probablement ce qui détermina

Tabbé Bolacre (i) à y adjoindre un noviciat ; mais on comprit bientôt qu'il était prudent de conserver l*unité de direction pour la formation des novices ^ et c'est le motif qui , dans les arrangements faits entre dçm de Laveyne et Tabbé Bolacre , flt insérer l'article dont il vient d'être fait mention. Il est donc probable qu'à la suite du compromis ce noviciat fut supprimé, et que la maison de Saint- Maur rentra dans les conditions des autres succursales dépendantes de l'Institut.'

En dehors de la fondation dont nous venons de parler, une autre avait été établie, probablement à la même époque, en la paroisse de Saint-Gervais , à Paris; c'était une maison d'éducation dans laquelle étaient élevées les jeunes ûlles de la classe moyenne et les enfants pauvres de la paroisse. On n'a aucun autre détail relativement à ces deux établissements ; on sait seulement que la mère Scbolastique Marchangy venait souvent les visiter, et que parmi les sœurs qui ont exercé dans la maison de Paria on compte sœur Charlotte de Richement , sœur Elisabeth Roy et sœur Paule de La Cour, qui fut plus tard supérieure générale.

Une miséricorde fut fondée à Thiais, près Sceaux» en 1709. Ces trois établissements ont disparu à la fin du siècle dernier.

MuRAT. — Après avoir dirigé la maison de Nevers pendant deux ans, sœur Mârcelline Pauper fut envoyée en Auvergne pour préparer la fondation de l'établissement de Murât ; elle partit de Nevers le 6 août 1696, accompagnée de M. l'abbé Bolacre , qui revint après avoir pris connaissance des lieux et fait les premières dispositions. Mais ce ne fut que le 22 août de l'année suivante que fut passé le traité entre les sœurs et le seigneur de la localité, de concert avec les administrateurs de l'hôpital.

Mme de Grillon avait jeté les premiers fondements de cet hôpital et disposé d'une partie de sa fortune tant pour les constructions que pour les secours et soins à procurer aux malades, mais ce fut sa nièce, Mme de Branoas, duchesse d'Harcourt, devenue son héritière , qui compléta l'œuvre commencée par sa tante. La réputation des sœurs de Nevers se répandait déjà au loin ; elle conçut le projet de les

(1) Nous nommons ici seulement M. Bolacre, parce que seul il dirigeait l'institut ; dom de Laveyne se contentait de gouverner la communauté de Saiot-Saulge, fonctions qu'il remplit jusqu'à la mort de Tabbé Bolacre.

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