‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 54 sur 83 · LB8 CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

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demander pour la direction de cette œuvre : elle traita à cet effet avec les consuls. Elle assura sur sa terre de Valuégols la rente de 300 livres pour Tentretien de trois sœurs de la Charité de Nevers. Il fut stipulé qu'elles seraient chargées de prendre soin des pauvres de Thôpital et d*en administrer les revenus sous la direction des consuls. Elles devaient aussi instruire les jeunes filles de la ville dans une maison qui leur serait fournie à cet effet. Il fut convenu que Tinstruction serait gratuite ; Tadministration de Thospice et les parents n'avaient rien à fournir aux sœurs , qui devaient se contenter de la rente dont nous avons parlé. La duchesse s'était encore chargée des constructions à exécuter.

Les sœurs de la Charité desservirent cet établissement jusqu'à l'époque de la Révolution.

La même princesse avait encore fondé la maison de Creil , petite ville du département de l'Oise, qu'elle confia aux sœurs de Nevers. Ce fut aussi grâce à son concours et aux sacrifices qu'elle s'imposa que l'administration de l'hospice de Clermont-en-Beauvoisis ajspela trois sœurs du même Institut pour soigner les pauvres malades et faire la classe aux jeunes filles de la localité. Il fut encore convenu qu'une des sœurs serait chargée de la visite et de l'assistance des malades à domicile. En 1705, la pieuse fondatrice écrivait à dom de Laveyne: < Vos chères filles font des merveilles; j'en suis très* contente y car elles sont fort utiles aux pauvres. C*est sur elles que roule la direction du nouvel établissement de notre hôpital. Vous en seriez vous-même édifié. >

Nous retrouvons encore sœur Harcelline Pauper à Murât en 1700; mais, depuis la fondation de cet établissement, elle s'était occupée d'organiser diverses maisons qu'on voulait confier aux sœurs de Nevers. Déjà nous avons parlé de Vic-sur-Cère , dans l'arrondissement d'Aurillac ; nous devons y joindre Riom , Ennezat , etc.

Bourg-Sâint-Andéol. — La fondation la plus importante de cette époque fut celle de Bourg-Saint-Ândéol , au diocèse de Viviers , petite ville d'environ 5,000 habitants. Les archives de l'hôpital de cette ville nous donnent une date certaine de l'arrivée des sœurs ; on y lit : € Donné aux sœurs de la Charité chrétienne , arrivées en cette ville depuis quelques jours , la somme de cent livres ; ce 27 novembre 1700. »

On retrouve en'core sœur Marcelline Pauper en 1702 à Bourg-

Saint-Ândéol ; elle fut remplacée dans la direction de la maison, à cette époque, par sœur Jeanne Robert, une des quatre premières fondatrices de l'Institut à Saint-Saulge. Elle séjourna à Bourg-Saint- Andéol jusqu^en 1708; ce fut alors seulement que l'hôpital de cette localité fut conGé d'une manière définitive aux soins des sœurs de Nevers.

Le fondateur de cet hôpital était un M. Vaillant, médecin, qui, par son testament, avait chargé ses légataires universels d'employer les revenus de ses biens à secourir les indigents. Ceux-ci pensèrent que le moyen le plus efficace était de fonder un hôpital pour y recevoir les pauvres malades et les orphelins de Tun et de l'autre sexe; ils firent part de leur projet à Mgr l'évèque de Viviers, qui l'approuva et exprima le désir de le voir se réaliser au plus tôt, et il se chargea de demander lui-même trois sœurs de Nevers pour le service de la maison. Sa demande eut son effet. Cependant, aucunes conditions n'avaient encore été arrêtées ; sœur Jeanne Robert déclara aux administrateurs de l'hospice qu'elle avait reçu de ses supérieurs ordre de se retirer avec ses compagnes si un traité définitif ne réglait pas leur position. L'évèque de Viviers, coq^ulté de nouveau, engagea avec instance à dresser sans retard l'acte sollicité. Par uile délibération du 26 février 1706, il fut convenu, entre autres conditions, que les sœurs recevraient chacune 135 livres annuelles, payables par semestre , et qu'un traité interviendrait sans retard pour compléter ce compromis. Malgré les sollicitations pressantes de Mgr de Viviers, on rencontra encore des obstacles, et ce ne fut que le 16 septembre 1708 qu'un acte notarié régla définitivement la position des sœurs avec l'administration. On y lit: c Dès leur entrée en fonctions, les trois sœurs s'occupèrent de leurs emplois avec beaucoup de zèle et d'édification, aux gré et contentement des directeurs de l'hôpital. Elles s'appliquaient non-seulement à servir les pauvres malades de l'intérieur de l'hospice, mais encore ceux de la ville, dans leur domicile, et même de la campagne, et cela avec tous les soins imaginables. »

La direction de cet établissement demeura sans interruption entre les mains des sœurs de la congrégation jusqu'aux jours néfastes de la Révolution. Â cette époque, sœur Thècle La Bessière de La Roquette était supérieure de l'hospice; il y avait plus de quarante ans qu'elle remplissait ces fonctions, quand elle apprit la suppression des communautés religieuses. Elle ne balança pas à se présenter

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devant le bureau d'administration pour demander à continuer ses soins auprès des pauvres malades, de concert avec sœur Conte, sa compagne. Sa demande fut accueillie, mais, quelque temps après, le 2 octobre 1793, une troupe Je prétendus patriotes se rendirent en armes à Thospice, enlevèrent sœur Thècle et sa compagne et les conduisirent dans le monastère des Visitandines, dont ils avaient fait une prison. Elles y demeurèrent incarcérées jusqu'au 2 janvier 1794, époque à laquelle on les transféra â la maison d'arrêt de Viviers. A la chute de Robespierre, sœur Thècle, rendue à la liberté, vint offrir de nouveau ses services à l'administration; les directrices laïques qui les avaient remplacées s'étaient déjà retirées, on fut heureux de retrouver l'ancienne supérieure. La délibération prise dans cette circonstance porte : t Considérant que les services rendus à l'établissement par la citoyenne Procule-Thècle , pendant plus de quarante ans, sont un garant qu'elle en rendra d'autres, arrête unanimement que ladite citoyenne ' Procule-Thècle sera de suite réintégrée dans l'hospice, pour y exercer les fonctions de directrice, conjointement avec la citoyenne Julien. »

On voulut plus tard lecrr imposer le serment que leur conscience ne permettait pas de prêter; elles refusèrent avec une noble fermeté; elles furent donc de nouveau obligées de résigner leurs fonctions. Toutefois, h commission, qui estimait profondément sœur Thècle, arrêta que c la citoyenne La Bessière (de La Roquette) ayant servi l'hospice pendant quarante-deux ans, resterait dans la maison, mais ne pourrait s'immiscer en rien dans la direction de l'établissement ; qu'elle y serait .seulement gardée et nourrie. »

Des jours meilleurs devaient succéder à ces temps de trouble. Le 14 août 1800, le président de la commission administrative de l'hospice expose que la t citoyenne La Bessière (de La Roquette), qui réside dans la maison comme simple particulière , a régi autrefois l^hospice, et n'a été remplacée que dans le temps de désorganisation; qu'il est donc juste et nécessaire de la remettre en place , d'autant plus promptement que son zèle et ses connaissances l'en rendent plus digne. »

La commission ayant appris que la congrégation des sœurs de Nevers s'était reconstituée et avait réuni ses membres dispersés, s^empressa d'écrire à la supérieure générale pour obtenir qu'une autre sœur vînt en aide à sœur Thècle; on acquiesça à cette demande, mais là sœur qu'on envoya tomba malade en route et mourut.

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Quant à sœur Thècle, au commencement du mois de septembre 1804 , elle alla recueillir dans le sein de Dieu la récompense de ses travaux et de son dévouement. L'administration voulut donner à cette sainte fille un témoignage public de son estime et de sa recon* naissance , en lui faisant des obsèques dignes des sentiments qu'elle avait inspirés.

La commission de Thospice fît une nouvelle démarche à Nevers pour obtenir le remplacement de sœur Thècle , demandant trois sœurs nouvelles. Des engagements pris par la Congrégation ne permettaient pas de faire droit à ce vœu, qui était celui de la population tout entière. On se vit donc dans la nécessité de recourir à d'autres religieuses pour le service de Thospice.

AuTUN. — Dom de Laveyne ne pouvait oublier Autun dans les fondations nouvelles : c'était dans cette ville qu'il avait fait une partie de ses études , c'était dans l'abbaye de Saint-Martin que plus lard il s'était formé à la vie religieuse et avait contracté ses saints engagements. Nous ne devons donc pas être étonnés de lire dans la Semaine religieuse d'Àutun^ numéro du 3 mai 1879, un intéressant article consacré à sa mémoire, et relatant la fondation de l'établissement des sœurs à Autun; on y lit: c La maison d'Autun a été fondée en 1701 , par Mgr de Seneaux , du vivant du pieux fondateur , qui mourut à Saint-Saulge le 5 juin 1719. »

Cette maison eut sans doute le sort des autres établissements religieux à l'époque de la Révolution ; mais en 1804, Mgr François de Fontanges, archevéque-évéque d'Autun, qui était devenu à ce titre supérieur de la congrégation des sœurs de Nevers, s'empressa de les rappeler dans sa ville épiscopale, où elles furent chargées de la miséricorde et des classes. En 1842 , on y ajouta un orphelinat et un asile.

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