CEUR MADELEINE DE LA CROIX-BALHAN, 4« SUPÉRIEURE
GÉNÉRALE
Sœur Madeleine de La Croix-Balhan avait été économe à la communauté de Nevers, sous l'administration de la Mère Marchangy. On a peu de détails relatifs au généralat de cette vénérable Mère, on ignore même l'époque de sa mort. Elle entra en fonctions en 1736, et dirigea avec habileté la Congrégation jusqu'en 1747. Pendant cette période de onze ans, dix-huit nouvelles maisons furent établies. Nous nous contenterons de signaler les plusimportantes, dont plusieurs ont cessé d'exister depuis la Révolution.
Saint-Omer. — Le sieur de Thou, abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Omer, ordre* de Saint-Benoît, fonda auprès de son monastère un établissement qu'il conBa aux sœurs de Nevers. Cette maison a cessé d'exister.
LiÂNCOURT. ~ Le duc de La Rochefoucault-Liancourt les appela aussi dans son marquisat , au diocèse de Beau vais ; dans plusieurs circonstances, il témoigna par ses lettres, conservées à la maisonmère, toute sa satisfaction pour le bien que les sœurs y opérèrent. Cet établissement a cessé d'exister à l'époque delà Révolution.
ViLLEFRÂNCHE DE Belvês, au diocèso de Périgueux, eut aussi une maison de la même congrégation fondée par Mme la marquise de Giversac ; elle eut le môme sort que les deux précédentes.
Brive , au diocèse de Tulle , vit en 1740 deux maisons de sœurs de Nevers s'établir dans ses murs ; ce fut à l'abbé Dubois , neveu du trop fameux cardinal Dubois , originaire de cette localité , qa'on dut leur fondation. Les sœurs furent chargées de la direction de l'hospice et de la miséricorde ; un asile fut joint à ce dernier établissement. Ce fut la Mère Paule de La Cour, auparavant supérieure de la maison de Paris, et plus tard supérieure générale, qui fut chargée de diriger Tœuvre fondée par l'abbé Dubois.
Depuis la Révolution, trois autres établissements vinrent se grouper autour des deux que nous venons d'indiquer ; les sœurs de Nevers
avaient gagné à un tel point Testime et la confiance des habitants de Brive, que dans ce moment elles ont cinq maisons considérables dans cette localité ; en 1838, un orphelinat leur fut confié; en 1845, elles établissaient un pensionnat important et un externat, et en 1849 elles furent chargées d'un second orphelinat , connu sous le nom d*orphelinat de la Providence.
Saint-Cirgues, au diocèse de Clermont, a vu, en 1742, les soeurs de Nevers arriver, sur la demande de Mme la comtesse de Rupelmonde, pour diriger une miséricorde et des classes fondées par elle. La famille de Tourzel, héritière de Mme de Rupelmonde pour la terre de Saint-Cirgues, continua l'œuvre de la fondatrice et porta aux sœurs le même intérêt. Aujourd'hui la terre de Saint-Cirgues appartient à la famille d'Hunolstein, unie par alliance à la famille de Tourzel , qui continue à soutenir cette œuvre. Un des descendants de cette famille, M. le vicomte Léopold d'HunoIstein, par suite de son mariage avec Mlle d'Uzès, est actuellement propriétaire de la terre d*£ntrains.
Chateau-Chinon. — En 1744, les sœurs de la Charité furent appelées dans cette ville pour la direction de l'hôpital, alors établi dans la partie connue sous le nom de Sainte-Reine, parce que la chapelle de la maison avait été dédiée à cette sainte patronne du Morvand ; on y avait joint une miséricorde. Depuis quelques années, grâce à un legs considérable de M. d'Aligre, l'administration fît construire, en dehors de la ville, sur la route d'Autun, un nouvel hospice plus considérable et parfaitement disposé pour les besoins des infirmes et des malades. L'ancien établissement fut mis en vente et la fabrique de Téglise de Château-Chinon s'empressa de faire l'acquisition de la chapelle Sainte-Reine, pour la conserver, répondant ainsi au vœu des habitants et des populations voisines.
En 1847, un pensionnat, un externat et des classes gratuites furent établis vis-à-vis la chapelle Sainte-Reine, dans un immeuble assez vaste, séparé par la rue.
Saint-Géré, Villefranche , Sainte-Fot, Lodève. — Outre les maisons de Thugny, de Mouy et d'Assy, qui ont cessé d'exister, et qui avaient été fondées sous l'administration de la Mère de La Groix-Balhan, nous retrouvons en 1736 l'hôpital de Saint-Géré, au diocèse de Gahors, confié aux soins des sœurs de Nevers. Au
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moment de la Terreur, les sœurs furent obligée9 de ae retirer; mais trois mois s'étaient à peine écoulés que les révolutionnaires euxmêmes, cédant sans doute aux réclamations de la population, les prièrent de reprendre leurs fonctions, ce qu'elles firent avec un admirable dévouement. Les pauvres, abandonnés et couverts de vermine, se trouvèrent heureux de pouvoir compter encore sur les charitables soins de celles qu'ils regardaient comme des mères.
En 1838 un nouvel établissement fut fondé dans la même localité; il renferme une miséricorde, un pensionnat et un externat. En 1741, elles avaient aussi été chargées de l'hôpital de Villefranche, au diocèse de Rodez. En 1746, elles desservaient l'hôpital de Sainte-Foy, au diocèse de Bordeaux, et les classes qui s'y trouvaient jointes. A la même époque, comme nous Tavons dit plus haut, les sœurs vinrent à Lodève dans la maison que le cardinal de Fleury leur avait destinée. Cet établissement, qui renferme une miséricorde, un pensionnat et un externat, continue à être très- florissant.
Gannat. — Dans le même temps, les sœurs de Nevers furent appelées à Gannat, dépendant actuellement du diocèse de Moulins ; mais au moment de la Révolution elles furent obligées de se retirer. En 1825 elles furent demandées de nouveau pour le service de l'hospice de cette petite ville, et en 1852 elles y fondèrent une nouvelle maison où elles établirent un pensionnat et un externat.