‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 59 sur 83 · SCEUR PAULE DE LA COUR, 5« SUPÉRIEURE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SCEUR PAULE DE LA COUR, 5« SUPÉRIEURE GÉNÉRALE

Sœur Paule de La Cour succéda, en 1747, à la Mère de La Croixfialhan. Elle était née à Soissons en 1692, et appartenait à une fomille distinguée par sa noblesse et ses vertus. Son oncle, dom Jacques de La Cour, fut le troisième successeur de Tabbé de Rancé à l'abbaye de la Trappe. La Mère Paule se faisait remarquer par la finesse de son esprit et par la fermeté de son caractère. Elle fut nommée supérieure de la maison de Paris à l'âge de vingt-sept ans, et ut preuve d'une grande capacité dans l'exercice de cette charge. Elle quitta Paris pour venir à Brive prendre la direction de l'œuvre fondée par l'abbé Dubois en 1740. Elle raconte d'une manière spirituelle et intéressante, dans des lettres conservas à la Maison*Mère, toute la sollicitude que lui donna cette fondation. Par son tact et son talent administratif, elle l'établit sur un très-bon pied.

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C'est de Brive que la Mère Paule fut appelée au gouvernement de la Congrégation. La sagesse qu'elle déploya dans celte grande mission lui acquit l'estime de toutes les personnes avec lesquelles elle eut à traiter et la conGance de toutes ses sœurs, qui savaient apprécier son zèle et sa charité pour le maintien du bon ordre; aussi elle eut la consolation de voir, sous son habile administration, Tlnstitut grandir et prospérer.

Hautefort. — La noble famille d'Hautefort, qui venait de fonder un hospice dans le marquisat de ce nom, demanda des sœurs de Nevers pour la direction de cette œuvre. La Mère Paule les accorda d'autant plus volontiers que les pieux fondateurs joignaient à une charité sans bornes les sentiments de la foi la plus vive. Le marquis d'Hautefort avait voulu que Thospice fût bâti sur un plan crucial, et que Téglise, dédiée à la sainte Trinité, reproduisit la pensée qui avait présidé à la fondation et fût naturellement le point central vers lequel devaient converger toutes les autres parties de rétablissement. Le haut de la hampe était destiné h une salle dédiée au Père éternel et réservée aux pauvres vieillards; la branche de droite, placée sous le vocable du Verbe incarné, devait recevoir les garçons, et la branche de gauche, dite salle du Saint-Esprit, était le quartier des femmes ou des Olles. Chaque salle contenait onze lits pour les onze personnes qui devaient les occuper, en tout trente-trois, pour honorer les trentetrois années que Notre-Seigneur a vécu sur la terre.

Les sœurs installées à Hautefort le 2 janvier 1748, y furent l'objet des attentions les plus bienveillantes de la part de la famille des fondateurs. Lors des troubles révolutionnarres, elles furent obligées de quitter l'établissement dont la Nation s'était emparée; mais elles ne tardèrent pas à être redemandées, et elles rentrèrentjde nouveau dans leurs fonctions en 1801, c'est-à-dire dès que la liberté fut rendue aux congrégations religieuses.

La terre d'Hautefort ayant passé dans la famille de Damas, les sœurs ont trouvé les mômes sympathies dans cette dernière et noble famille, qui n'a cessé de leur donner des preuves du plus bienveillant intérêt.

Un pensionnat et un externat furent annexés à l'hospice d'Hautefort après le rétablissement des sœurs. M. le comte de Damas y joignit une salle d'asile, et Mme la comtesse une classe gratuite pour les enfints pauvres. A cet e£fet , ils firent à Nevers la demande de deux nouvelles sœurs.

NoGENT-LE-Roi. — L'année môme de la fondation d'Hautefort, M. de Noaiiles qui^ comme on Ta vu plus haut, avait établi des sœurs de Névers à l'hôtel-Dieu de Nogent-sur-Seine , voulut confier à la même congrégation l'hôtel-Dieu qu'il venait de fonder à Nogentle-Roi, au diocèse de Chartres. Trois sœurs lui furent accordées à cet effet. Elles avaient su se concilier Testime et l'affection des habitants à un tel point qu'elles purent continuer à exercer leur ministère de charité, pendant tout le temps de la Révolution, sans que personne osât leur faire la moindre opposition.

Rodez. — L'hôpital général de cette ville fut aussi confié à la même congrégation sous l'administration de la Mère Paule, vers 1750 ; on détacha quatre sœurs de Villefranche pour le service de

cette maison. Elle prit bientôt un développement si considérable,

qu'on ne tarda pas à compter sept cents pauvres ou malades dans cet établissement. Tel était son état de prospérité avant la Révolution ; ce personnel diminua de près des deux tiers pendant ces temps désastreux , mais il s'accrut quand le calme fut rétabli , sans cependant s'élever au chiffre primitif; il est aujourd'hui de quatre à cinq cents. Quatorze sœurs sont attachées au service de cette maison.

En 1802, elles furent chargées de l'hôtel-Dieu, établissement auquel on adjoignit un orphelinat et un externat. En 1852 , elles acceptèrent la direction de Thospice des aliénés dans la même ville.

Mariony , Glermont-Lodëve , LàNOON. — Les sœurs de Nevers furent vers le même temps chargées de la miséricorde de Marigny , en Champagne , de l'hôtel-Dieu de Clermont-Lodève , au diocèse de Montpellier , et de l'hôtel-Dieu de Langon , au diocèse de Bordeaux.

DoNZY, Varzy. ^ Les derniers établissements fondés par la Mère Paule de La Cour sont ceux de Donzy et de Yarzy. Ces deux maisons avaient été antérieurement dirigées , comme on le pense généralement, par des Hospitalières d'Etampes ; mais vers 1753 les sœurs de Nevers furent appelées à desservir l'hospice de Donzy et à se charger de l'éducation des jeunes filles de la paroisse. Les reli* gieuses de la congrégation de Notre-Dame étaient bien vouées à l'éducation des jeunes filles, mais leur maison était plutôt un pen< sionnat qu'un externat ; il y avait donc un vide à remplir relative-

ment aux écoles. Après la Révolution , les mêmes sœurs reprirent leurs anciennes fonctions, et comme les religieuses delà congre* gation de Notre-Dame avaient été dépouillées de leur maison, celles de Nevers virent le nombre de leurs élèves s'accrottre ; elles augmentèrent leurs classes, auxquelles elles adjoignirent un petit pensionnat. C'est parce moyen qu'elles procurèrent à l'administration de l'hospice des secours sans lesquels il serait impossible de couvrir les frais de cet utile établissement.

Depuis quelques années, grâce aux bienfaits de la famille Frappier de Saint-Martin , originaire de cette localité , une nouvelle maison a été fondée pour l'éducation des jeunes filles qui se trouvaient , vu leur nombre, trop resserrées dans les bâtiments de L'hospice. Cette honorable famille a abandonné, à cet effet, la belle habitation qu'elle occupait dans le bas de la ville, sans oublier d'assurer les ressources nécessaires à Tentretien de la maison et des sœurs.

Varzy fut fondé peu de temps après Donzy, et à peu près dans les mêmes conditions; mais les ressources de l'administration sont plus considérables. Au commencement de ce siècle, les sœurs reprirent leurs fonctions et continuèrent à soigner les malades de l'hospice sans négliger les enfants qui fréquentent leurs écoles.

c Vers la fin de cette dernière année (1753), la Mère Paule de La Cour étant devenue presque aveugle , demanda si instamment à être déchargée du poids de la supériorité , qu'on dut se rendre à ses désirs et procéder à une nouvelle élection. Ce fut avec une vive peine, toutefois, qu'on la vit rentrer dans les rangs inférieurs, où elle donna, pendant plus de quinze ans encore, l'exemple de toutes les vertus religieuses. C'est le témoignage que lui rend la Mère Lavastrou dans la lettre-circulaire où elle fait part à la Congrégation de la mort de cette excellente Mère, qui rendit sa belle ême à Dieu le jour du vendredi-saint. Le Seigneur l'avait purifiée par une longue et douloureuse maladie qui fit admirer la patience et l'esprit de foi de la vertueuse Mère, et surtout son amour pour Notre-Seigneur. Elle avait demandé à ce divin Maître de mourir le même jour que lui^ et cette insigne faveur lui fut accordée. Elle était âgée de soixante-seize ans et en avait passé soixante-un dans la Congrégation, où elle était entrée à l'âge de quinze ans (1). >

(1) Annales de la Congrégation.

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