CHAPITRE V
GRANDE RÉFORME DU XVIP SIÈCLE. — LE MONT-DE-PIÊTÉ A LA CHARITÉ. — BÉNÉDICTINES RÉFORMÉES A COSNE.
Oatre les guerres de religion, les entraves souvent mises par les abbés et abbesses commendataires contribuaient à nuire à Taction de l'Eglise pour conduire à bonne fin l'œuvre de la réforme. Ce fut au commencement du diz-septième siècle qu'on put travailler d'une manière fructueuse à l'établir dans la grande famille de saint Benoit. Les monastères d'hommes et de femmes qui nous intéressent ne furent pas les derniers à s'y soumettre ; on les voit même à la tète de cet heureux mouvement.
En 1618, dom Jacques Veni d'Arbouze, grand-prieur de Cluny, avait pris à cœur la réforme dans les monastères de son ordre ; il eut assez d'influence sur le cardinal de Guise et sur Louis de Lorraine, qui se succédèrent comme abbés de Cluny, pour les gagnera cette cause, et nous devons dire, à la gloire de ces deux célèbres personnages, qu'ils avaient déjà travaillé à la réforme, quoiqu'abbés commendataires.
Dom Veni d'Arbouze avait commencé par La Charité-sur-Loire, et sa mission de réformateur offrait déjà d'heureux résultats, quand, vers la fin de l'année 1622, il fut appelé à succéder à Louis de Lorraine. Le nouvel abbé poursuivit l'établissement de la réforme, toutefois avec moins d'ardeur ; il ne s'agissait plus des règles rigoureuses de l'étroite observance, mais de constitutions légèrement
mitigées et qu'on appela la petite réforme ^ déjà adoptée à La Charité (1).