‹ Les congrès ouvriers et socialistes françaisChapitre 16 sur 22 · CONGRÈS DE LA FEDERATION DES SYNDICATS · texte numérisé non relu

CONGRÈS DE LA FEDERATION DES SYNDICATS

nantes, 1894. — Un seul fait suffirait à prouver à quel point la grève générale agitait et passionnait les groupements corporatifs : 1,662 syndicats s'étaient fait représenter au Congrès de Nantes.

Les débats s'ouvrirent au milieu d'une extrême confusion. La vérification des mandats, les modes de votation occupèrent deux séances tumultueuses. Comme dans toutes les assemblées divisées, ces questions affectèrent aussitôt un caractère aigre et personnel. Voterait-on par délégués (il y en avait 143) ou par. mandats, c'est-à-dire par syndicats ? Les guesdistes, et notamment le citoyen Lavigne, soutinrent le premier système, Mais, par 46 voix contre 45, le Congrès adopta la motion Pelloutier, aux termes de laquelle « les délégués auraient autant de voix que de mandats déposés ». Or, il avait été entendu que chaque syndicat acquitterait un droit d'entrée de 3 francs. Au début de la troisième séance, le citoyen Lavigne vint donc lire une protestation contre « un mode de votation qui ne permet pas de s'exprimer à la volonté corporative et remplace la souveraineté du travail par la souveraineté des gros sous ». Les protestataires demandaient que le Congrès revînt sur son vote de la veille, sans quoi ils se verraient obligés de se retirer. Les citoyens Briand et Poulain répondirent. « Si Ton veut

la conciliation et l'union, dit Briand, il faut oublier ses préférences politiques ». Poulain déclara que si une partie des délégués se retiraient, les autres continueraient à délibérer. Finalement, le Conseil national de la Fédération des bourses demanda lui-même, dans un esprit de conciliation et « afin d'affirmer son mandat d'union des organisations ouvrières », que le Congrès renonçât au vote par mandats et admît le vote par délégués. Cette motion fut adoptée à l'unanimité. Le vote fut accueilli par de frénétiques applaudissements et aux cris de : Vive l'Union!

Le même jour, 18 septembre, commença la discussion sur la grève générale. Les citoyens Girard et Mathieu donnèrent lecture de leurs rapports. Puis Briand prit la parole : La grève générale, dit-il, a été votée à Marseille par esprit d'enthousiasme. Aujourd'hui on vous propose de la rejeter. Mais vous donne-t-on des arguments nouveaux ? Non, on attaque la formule de la grève générale parce qu'on ne considère que le résultat des grèves partielles, qui elles-mêmes auraient mieux réussi si elles avaient été généralisées. La grève générale n'en est pas moins un principe qui, par sa vertu propre, a accéléré la propagande, qui a fortifié la solidarité ouvière. On la considère comme utopique. Mais n'est-il pas tout aussi utopique d'espérer conquérir les pouvoirs publics par le bulletin de vote qu'on peut supprimer demain ? En tout cas, deux armes valent mieux qu'une, Je ne demande pas, dit Briand, d'en voter

l'application immédiate; mais pourquoi vous refuser à en voter la formule; en avez-vous peur? Poulain parla dans le même sens. Chabot, du cercle typographique parisien, répondit le jour même; Delcluze, Roussel et Pedron,le lendemain. La grève générale, dirent-ils, n'est qu'une espérance, mais une espérance trompeuse, irréalisable. Dès à présent, elle divise les socialistes. Comment d'ailleurs l'organiser? N'est-il pas évident que son échec amènerait une réaction formidable, la division des prolétaires, la ruine irrémédiable de l'organisation syndicale? Il suffit d'une minorité bien organisée pour conquérir les pouvoirs publics, tandis que la chimère de la grève générale retarderait d'un siècle le but final. « Dès l'instant que l'on ne peut pas décréter la Révolution, comment ferezvous pour décréter la grève générale ? »

La séance du 19 septembre s'ouvrit au milieu d'un tumulte tel que le secrétaire dut renoncer à continuer le procès-verbal. Puis Lavigne vint reprendre et condenser les arguments déjà pro- 1 duits par ses amis. Il tira argument des grèves partielles que nous n'avons pas le droit de décréter, dit-il, et qui échouent. Il n'attribua le vote de Marseille qu'au talent personnel de Briand. Il déclara que la grève générale disloquait les Syndicats, créait l'hostilité entre la France industrielle et la France agricole « au moment où nous arrivons à amener à nous la France paysanne », divisait les socialistes en deux camps irrémédiablement ennemis « au moment où de plus en plus tous les pouvoirs

élus sont en train de passer entre les mains du prolétariat organisé », — tout cela pour mener « à la provocation d'une révolution d'avance avortée ». Après une réplique de Briand, et malgré les protestations de la minorité, la clôture l'ut votée par 47 voix contre 43. Briand proposa, pour enlever à la minorité tout prétexte de scission, qu'on revint encore sur ce vote. Mais l'assemblée le maintint formellement. Le lendemain la grève générale était votée, sur appel nominal, par 65 voix contre 37 et 9 abstentions.

Il est vraisemblable que la minorité ne chercha plus dès lois qu'une occasion pour quitter le Congrès, l'n incident, fort insignifiant par luimême, la lui fournit. Il s'agissait d'une réunion convoquée par le Conseil de la Fédération des Syndicats dans un local autre que la Bourse du travail. Des injures furent échangées. Un délégué, le citoyen Le Tessier, vint l'aire une profession de foi anarchiste. 16 membres de la minorité se retirèrent aussitôt.

Après leur départ, le Congrès votait la créa-

■ tion d'un Conseil national ouvrier, réunissant les délégués des Fédérations des Syndicats et

| des Bourses et des Fédérations de Métiers.

I L'ancienne Fédération des Syndicats se trouvait ainsi divisée en deux fractions distinctes : l'une

| restée dans la dépendance du Parti ouvrier français, l'autre tombée dans la sphère d'attraction de la Fédération des Bourses.

4 e CONGRÈS DE LA FEDERATION DES BOURSES,

nimes, 1895. — Ce congrès se réunit à Nîmes, du 9 au 12 juin 1895. Il annula la décision prise à Lyon Tannée précédente, au sujet de la proposition Groussier (reconnaissance d'utilité publique des Bourses du travail). Mais les débats les plus graves portèrent sur le siège du Comité fédéral. Aux termes du règlement, il devait siéger dans la même ville que le secrétariat national du travail, c'est-à-dire, en fait, à Paris. Un certain nombre de Bourses demandèrent qu'à l'avenir le siège en fût transféré chaque année au siège même du Congrès.

Fédéralisme et centralisation , autonomie et organisation du travail, ce débat s'était présenté souvent dans l'histoire des Congrès socialistes. Des préoccupations politiques s'y mêlaient, quelques Bourses étant restées hostiles à la grève générale et fidèles à l'alliance guesdiste. Mais les considérations pratiques l'emportèrent cette fois encore: 17 Bourses contre 6 maintinrent à Paris le Comité fédéral.

Le Congrès de Nimes résolut enfin d'instituer une enquête sur un triple sujet : les bureaux de placement, le travail des prisons, les causes d'inapplication de la loi du 2 novembre 1892 (tra-

vail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels).

il3*COSGKÈS DU PARTI OUVRIER FRANÇAIS, ROMILLY, 1895. — Le Congrès de Romilly siégea du 8 au ii septembre 1895. Il condamna, par une résolution molivée, la politique coloniale et se prononça « en faveur d'une loi rendant obligatoire pour tous les ouvriers d'un même métier — « syndiqués ou non syndiqués — les décisions

P du syndicat en matière de tarif ou de salaires

P et en général pour toutes les conditions du

m travail ».

7 e CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION DES SYNDICATS,

troyes, 1895. — Deux jours après, le 13 septembre, se réunissait à Troyes le Congrès do la Fédération des Syndicats, ou plutôt de cette fraction de ïa Fédération des Syndicats qui, à Nantes, s'était prononcée contre la grève générale.

L'œuvre accomplie à Nantes y fut systématiquement contredite. Le Congrès se prononça contre la fusion de la Fédération des Syndicats et de la Fédération des Bourses. A l'unanimité, il repoussa le principe de la grève générale.

Mais le Congrès de Troyes ne représentait plus qu'une minorité dans la Fédération des Syndicats. Et, par le fait même que cette minorité s'était prononcée à Nantes pour la conquête des pouvoirs publics par l'action politique, elle allait être conduite ainsi à s'incorporer au parti dont elle avait soutenu la tactique ; elle allait perdre son caractère d'organisation corporative

distincte pour se fondre dans le Parti ouvrier français. Cette évolution se manifesta à Troyes par deux résolutions significatives : la Fédération fit siens les programmes municipal et agricole élaborés par le Parti ouvrier français dans ses Congrès de Lyon, Marseille et Nantes. De ce jour, la fraction de la Fédération des Syndicats hostile à la grève générale n'eut plus, en tant qu'organisation corporative, qu'une existence toute nominale. Elle ne tint plus de Congrès distincts. Elle ne fut plus, sous un titre particulier, qu'une forme et un organe du Parti guesdiste.

7 e CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION DES SYNDICATS (PREMIER DE LA CONFÉDÉRATION DU TRAVAIL), LIMO- GES, 1895. — Cependant les Syndicats qui avaient formé la majorité du Congrès tenaient à leur tour un Congrès national qui se réunit, le 23 septembre, à Limoges. La Fédération des Bourses l'appuyait de toute son autorité morale. Et, d'autre part, on y vit siéger quelques-uns des militants les plus connus du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire : Allemane, Lavaud, Fabérot.

Ce fut une véritable constituante. Les débats, qui se prolongèrent jusqu'au 28 septembre, furent presque entièrement consacrés aux statuts de l'organisation unitaire que Ton voulait instituer. L'expérience d'une année avait suffi pour démontrer que le Comité national créé à Nantes n'avait établi, entre les différents groupements corporatifs, qu'un lien trop lâche,

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une imité presque nominale. Il s'agissait, à Limoges, non pas de forger un rouage nouveau, mais de créer une organisation nouvelle. Tous les délégués en reconnaissaient, en proclamaient la nécessité. Sur quelques points cependant la discussion fut des plus vives :

la Confédération générale du travail admettraitelle les Bourses du travail? Admettrait-elle les Syndicats participant à l'action politique, alors que l'action politique peut nuire au développement des Syndicats ? Où siégerait-elle ? Seraitelle chargée d'organiser la grève générale ? — C'étaient, dans cette occasion nouvelle, les mêmes questions qui avaient rempli la vie des Congrès corporatifs.

Le Congrès vota finalement un texte constitutionnel très complet, créant « entre les divers Syndicats et groupements professionnels... une organisation unitaire et collective » qui prit le titre de Confédération générale du Travail. Les éléments constituant la Fédération devaient se tenir en dehors de toutes les écoles politiques. Elle comprenait à la fois les Syndicats et les Fédérations locales, départementales ou nationales de Syndicats, les Fédérations de métiers, les Bourses du travail et la Fédération des Bourses. Elle siégeait à Paris, mais les Congrès pouvaient toujours changer le siège de la Confédération. Elle était administrée par un Conseil composé des délégués élus directement par les organisations confédérées, et percevait de chaque organisation une cotisation mensuelle calculée d'après le nombre de ses membres. La

Confédération devait tenir chaque année un Congrès où seraient invités, confédérés ou non, tous les groupements syndicaux. Parmi les attributions du Conseil national figuraient notamment la propagande syndicale agricole (qui fit l'objet d'un intéressant débat) et la grève générale.

C'est ainsi que se constitua provisoirement la Confédération générale du travail : elle ne répondit pas aux espérances qu'elle avait fait concevoir. Mais il était certainement prématuré de chercher à unir dans une organisation collective l'ensemble des Syndicats, au lendemain même de la lutte qui les avait si gravement divisés. Il était téméraire de vouloir fondre dans une institution unitaire toute une série d'organisations (Fédérations de métiers, Unions locales et nationales), dont la plupart ne vivaient elle-mèmes que d'une existence chétive ou précaire. Après comme avant le Congrès de Limoges, les Bourses du travail restaient le lien réel, matériel entre les divers groupements corporatifs. Si l'on excepte quelques grandes Fédérations de métiers, la Fédération des Bourses restait encore le seul élément vraiment dense et cohérent de l'organisation nouvelle.

13 e CONGRÈS DU PARTI OUVRIER SOCIALISTE REVO- LU tionn aire, paris, 1895. — Le parti allemaniste, qui avait tenu son Congrès régional à Paris, du 29 avril au 20 mai 1895, organisa, pour suppléer au 13 e Congrès national, une conférence qui se

réunit à Paris les 29 et 30 septembre. Elle était composée d'un délégué par Fédération et des délégués du secrétariat général. Son œuvre fut toute administrative. Elle régla, surtout au point de vue de la propagande, les rapports du secrétariat central et des secrétariats fédéraux.

A mesure qu'avait grandi au Parlement le rôle des élus socialistes (devenus, sous le ministère Bourgeois, le pivot de la majorité républicaine), on avait perçu plus vivement la nécessité d'un programme commun, d'une action commune. Cet élat d'esprit s'était manifesté, notamment, au mois de mai 1896, au cours de la conférence offerte, après les élections municipales, aux élus guesdistes, et surtout par le discours que le citoyen Millerand prononça au banquet de Saint-Mandé, qui réunissait des représentants de toutes les municipalités socialistes. On retrouvera l'effet de ces événements et de ces déclarations dans le Congrès guesdiste de Lille et dans le Congrès allemaniste de Paris.

14 e CONGRÈS DU PARTI OUVRIER FRANÇAIS, LILLE,

1896. — Ce Congrès, qui siégea du 21 au 24 juillet 1896, décida que le Parti ouvrier français interviendrait « programme et drapeau déployés » dans les élections sénatoriales. Il adopta une résolution sur « la discipline électorale » et décida que, « partisan de la plus large union socialiste là où l'unité socialiste n'est

pas encore accomplie, le Parti ne considère comme socialistes pouvant bénéficier de la discipline au deuxième tour de scrutin que les candidats qui poursuivent l'abolition du régime capitaliste au moyen de la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, de la substitution de la propriété sociale à la propriété capitaliste, et de l'entente internationale des travailleurs ». C'est au Congrès de Lille que fut élaboré le programme maritime du Parti.

5 e CONGRÈS DE LA FEDERATION DES BOURSES,

tours, 1896. — Ce Congrès siégea du 9 au 12 septembre. L'attitude du Comité fédéral y fit l'objet de vives critiques formulées par les délégués de Lyon, de Grenoble et de Toulon. On reprochait notamment au Comité d'avoir refusé son appui à un appel de fonds adressé par la Bourse de Bordeaux et de s'être fait représenter au Congrès international de Londres (juillet 1896). Mais, en grande majorité, les délégués maintinrent au Comité leur confiance.

La proposition faite à Nîmes de déplacer chaque année le siège fédéral fut renouvelée, et repoussée à nouveau.

Le Congrès décida que les sociétés coopératives ne seraient pas admises dans la Fédération. Enfin il délibéra sur la situation créée par les récentes décisions du Congrès corporatif de Limoges. La Fédération adhérerait-elle à la Confédération générale du travail, alors que les statuts de l'organisation nouvelle toléraient l'adhésion directe des Syndicats isolés et même

des Bourses isolées ? Le Congrès résolut de subordonner son concours à une revision profonde des statuts de la Confédération ; il déclara n'y vouloir adhérer que « si elle était exclusivement composée des Comités fédéraux des Bourses du travail et des Unions nationales de métiers ».

8 e CONGRÈS CORPORATIF (2° DE LA CONFEDERATION

du travail), tours, 1896. — Immédiatementaprès le Congrès de la Confédération des Bourses, le 14 septembre, se réunit le Congrès de la Confédération du travail. On entendit tout d'abord les rapports du secrétaire général et du trésorier. Il en résultait que la Confédération n'avait, dans sa première année d'existence, manifesté que « peu de vitalité ». La faute n'était-elle pas aux statuts eux-mêmes P^L'assemblée, à cet égard, paraît avoir été unanime, et sa première tâche fut de procéder à la revision des slatuts. On le voit, la Confédération cédait amicalement aux exigences de la Fédération des Bourses. Mais cependant elle n'adopta pas dans son ensemble le plan proposé par les Bourses du travail. Il fut résolu, en effet, que l'on refuserait à l'avenir l'adhésion directe des Bourses, mais qu'on admettrait les Syndicats isolés, quand ils appartiendraient à des professions non constituées en professions de métier. Et les statuts remaniés continuèrent à prévoir l'adhésion des Fédérations locales ou nationales de syndicats de diverses professions. En revanche, malgré l'intervention des citoyens Fabérot et Guérard, on

maintint dans ses termes l'article des statuts aux termes duquel « les éléments composant la Confédération se tiendraient en dehors de toute école politique ».

Puis un important débat s'engagea sur la grève générale, dont le principe, défendu par Fabérot, Guérard, Pommier, combattu par Rozier et Maynier, fut voté de nouveau à l'unanimité moins 4 voix *.

14 e CONGRÈS NATIONAL DU PARTI OUVRIER SOCIA- LISTE révolutionnaire, paris, 1896. — Le quatorzième Congrès régional, tenu à Paris en février 1896, et le quatorzième Congrès national, tenu à Paris les 24 et 25 septembre, furent surtout consacrés à une question de discipline. Les citoyens Berthaut et Faillet, conseillers municipaux, les citoyens Dejeante et Groussier, députés, ayant refusé de se conformer aux décisions de l'Union fédérative touchant la retenue à exercer sur les traitements des élus, furent, ainsi que les groupes qui s'étaient solidarisés avec eux, exclus du Parti *. La même exclusion fut prononcée contre

1. Depuis le Congrès de Londres, il régnait entre les éléments purement politiques et les éléments purement syndicaux du socialisme, une animosité assez vive qui se manifesta au Congrès de Tours. Notamment, le Congrès vota un blâme à La Petite République, « soi-disant journal officiel du socialisme, pour avoir volontairement oublié de faire part à ses lecteurs qu'un Congrès ouvrier existe en ce moment » et constata « une fois de plus que cet organe, qui se dit socialiste, continue son attitude antisyndicale ».

2. On sait que les citoyens Faillet, Groussier, Dejean-te, après leur exclusion du parti allemaniste, constituèrent une organisation nouvelle : l'alliance communiste, qui se rattacha au Parti socialiste révolutionnaire.

le citoyen Meslier, candidat à Tonnerre, qui s'était au second tour désisté en faveur du candidat radical, et contre le citoyen Lagrange qui, « au mépris de la plus vulgaire dignité républicaine », s'était mêlé à la combinaison électorale connue sous le nom de Pacte de Bordeaux.

Le compte-rendu du Congrès contient, comme à l'ordinaire, de très nombreux rapports émanés des groupes sur les questions portées à l'ordre du jour (grève générale, instruction intégrale, armées permanentes}. Le Congrès vota, en outre, une intéressante résolution sur les coopératives, rappelant que la coopération n'était qu'un moyen de parvenir à l'émancipation du prolétariat, mais invitant les travailleurs à pénétrer dans les sociétés de consommation et à introduire l'esprit socialiste dans les conditions du travail et dans la distribution des bénéfices. Par une autre résolution, le Congrès prit acte de tentatives vainement faites auprès « des autres écoles dites socialistes révolutionnaires » en vue de la réunion d'un Congrès politique unique et laissa aux Fédérations u le soin de chercher les points de contact tendant à établir une convention donnant toute garantie au Parti ».

En raison des élections Iégislativesqui devaient avoir lieu en 1898, la question des alliances tint encore une place importante dans les Congrès de Tannée 1897.

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