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CONGRÈS DU PARTI OUVRIER FRANÇAIS, PARIS

1897. — Le Congrès siégea du 10 au 13 juillet. Il maintint les décisions antérieures du Parti « tendant tant à la nécessité d'affirmer au premier tour, partout où cela serait possible, le programme du Parti, qu'à l'attitude au second tour, qui est laissée à la liberté des groupes locaux et à l'Union socialiste ».

Le Congrès vota une résolution approuvant les coopératives de consommation « qui peuvent, entre des mains socialistes, fournir à la classe ouvrière des ressources et des munitions dans sa lutte pour son affranchissement ».

Enfin l'attitude du Parti ouvrier français visà-vis des syndicats fut déterminée par un texte important. Le Congrès proclama que l'organisation syndicale était à la fois un élément d*brdre pour le présent et un élément de révolution pour l'avenir. Mais en même temps, à l'encontre des Congrès corporatifs qui affirmaient leur éloigneraient de l'action politique, s'opposant au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire qui dans son dernier Congrès avait à son tour nié l'efficacité révolutionnaire de la conquête des pouvoirs publics, le Parti ouvrier français déclarait « que, si l'organisation syndicale des deux classes ennemies engendre les conditions indispensables de la société socialiste, elle ne saurait l'instaurer par ses seules forces ; que, pour une pareille œuvre, l'action politique est indispensable, ainsi que suffirait à le démontrer l'exemple du prolétariat anglais si puissamment organisé dans ses trade-unions, et plus éloigné

peut-être qu'aucun autre prolétariat de la transformation sociale nécessaire, parce qu'il n'a pas su joindre à l'action corporative l'action politique ». De même qu'à son Congrès de Lille (1890) le Parti ouvrier français invitait tous ses mem-

bres à entrer dans les chambres syndicales de leurs corporatipns respectives, le Congrès de Paris rappelait donc aux syndiqués « que leur devoir est de se joindre au Parti ouvrier pour l'expropriation politique de la classe capitaliste qui doit précéder et peut seule permettre son expropriation économique ».

6 e CONGRÈS DE LA FEDERATION DES BOURSES,

Toulouse, 1897. — 32 Bourses du travail se firent représenter à Toulouse du 15 au 18 septembre 1897. Le Congrès approuva le rapport du Comité fédéral. Cependant, le secrétaire fédéral ayant inséré dans son compte-rendu le membre de phrase suivant : « Tant que les travailleurs de cette région, n'ayant pas éprouvé l'impuissance de l'action politique... », le Congrès, par 17 voix contre 4, vota la suppression de ce passage, et invita le Comité fédéral à ne plus soulever d'incidents à ce sujet.

Au point de vue administratif, le Congrès décida que le Comité fédéral siégerait à Paris, mais non à la Bourse du travail. Puis l'éternel problème des rapports de la Fédération avec la Confédération du travail fut à nouveau discuté. Dans son Congrès de Tours, la Confédération n'avait cédé qu'à demi aux exigences des Bourses, Supprimerait-on la Fédération des Bourses

en la fusionnant dans la Confédération telle qu'elle se trouvait constituée ? Exigerait-on au contraire, pour s'affilier à la Confédération^ qu'elle modifiât ses statuts de façon à exclure les syndicats isolés, à grouper seulement la Fédération des Bourses et les Unions de métiers ? — C'est à ce dernier parti que s'arrêta le Congrès. La Confédération ne devait donc constituer qu'une sorte de groupement supérieur, « une Fédération des Fédérations », assurant l'unité morale et l'accord tactique entre des organisations distinctes, égales, qui conserveraient leur fonction et leur action. De cette résolution le Congrès tira une conséquence" immédiate. Puisque les Fédérations locales ou régionales de syndicats se trouveraient ainsi exclues de la Confédération, à quoi les rattacher, sinon à la Fédération des Bourses ? Il en fut ainsi décidé ; — mais ces Fédérations devraient prendre le titre de Bourses du travail.

Au point de vue économique, le Congrès décida notamment la constitution de Svndicats agricoles et la création, par les Bourses du travail des ports, d'hôtels de marins (sailor's homes). Il mit à l'étude « le moyen d'établir un secours de route qui permette aux camarades syndiqués de se rendre de ville en ville pour se procurer du travail ». Il fut résolu que chaque Bourse dresserait un état mensuel des fluctuations du travail dans sa région, que cet état serait communiqué aux autres Bourses par l'intermédiaire du Comité fédéral, « de façon que l'excédent des travailleurs d'une localité pût

être réparti immédiatement dans les localités. où manqueraient les bras ».

9 e CONGRÈS CORPORATIF (3 e DE LA CONFEDERA- TION du travail), Toulouse, 1897. — Aussitôt après la clôture du Congrès des Bourses, le 20 septembre, s'ouvrit le Congrès corporatif.

Cette fois les conditions proposées parla Fédération furent presque entièrement acceptées.

Aux termes des nouveaux statuts, la Confédération ne fut plus composée que de la Fédération des Bourses et des Fédérations nationales de métiers. Par exception on pouvait cependant admettre les Unions locales de métiers ou les Syndicats isolés appartenant à des professions non constituées en Fédérations nationales ou dont les Fédérations refuseraient d'adhérer à la Confédération. Le Comité confédéral était formé par la réunion du Comité fédéral des bourses et d'un Conseil national corporatif émanant des Unions nationales de métiers. La Confédération donnait ainsi leur unification dernière aux syndicats, préalablement groupés par les Bourses au point de vue de leurs rapports locaux, par les Unions de métiers au point de vue de leurs rapports professionnels.

15 e CONGRÈS DU PARTI OUVRIER SOCIALISTE RE- VOLUTIONNAIRE, paris, 1897. — Ce Congrès siégea du 26 au 30 septembre 1897. La résolution du Congrès précédent, qui permettait aux Fédérations de contracter des alliances électorales, y fit l'objet de débats très partagés. Un certain

nombre de groupes affirmèrent que le Parti attachait trop peu de prix à l'action politique. Le secrétariat affirmait au contraire « que lamesure avait été dépassée ». Finalement, le Congrès de Paris reprit et dépassa même l'attitude intransigeante des premières assemblées du Parti. Par une première résolution sur les pouvoirs publics, «le Congrès établit une distinction formelle entre l'action électorale et la conquête des pouvoirs publics ». L'action électo-' raie constitue sans doute une propagande efficace. Mais en revanche « le Congrès ne croyait pas que les pouvoirs publics, c'est-à-dire une administration centrale politique non issue directement du suffrage des travailleurs, pussent accomplir la réforme sociale ». Par une seconde résolution sur les alliances électorales, le Congrès repoussait « toute alliance, union ou entente avec toute organisation politique et tous individus étrangers au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire ». Les candidats devaient, au second tour, se désister purement et simplement. S'il était nécessaire de compléter des listes, on devait faire appel à des syndiqués ouvriers acceptant « la lutte de classe, le principe de la suppression de la propriété individuelle, la socialisation des moyens de production, l'internationalité ».

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