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Récemment j'avais défendu devant la Commission d'arbitrage, contre le président du Conseil d’exploitation, une affaire que celui-ci ne pouvait espérer gagner, la sentence avait été rendue à son désavantage ; il me dit avant de quitter la salle : « J'ai maintenant un poids de moins sur le cœur ; moimême je ne m'attendais pas à une autre issue, mais je peux aller maintenant devant le personnel et lui dire qu’au moins J'ai fait tout ce que J'ai pu. » Ainsi en fin de compte, c’est la considération du personnel qui est la cause déterminante pour toute action et de toute carence du Conseil d'exploitation.»
Peu utiles ou superflus dans les établissements où les ouvriers ne sont pas animés d'un parti-pris d'hostilité à l'égard des patrons, ils deviennent franchement des instruments de désordre partout où domine l'esprit de lutte de classes. Ils se laissent mener par les éléments les plus avancés des établissements. [ls ne sont plus que des organes, soit du parti communiste, soit des syndicats. Ils abusent de
l'autorité que leur confèrent leurs fonctions pour
menacer les patrons et provoquer des conflits.
Dans cette situation $é trouvent la plupart des usines et mines de la Ruhr et de la Rhénanie inférieure.
La Rheinisch Westphälische Zeitung cite le cas de la Charlottenhütte, à Uiederschelden, dont le Con-
CS
seil d'exploitation composé d’extrémistes avait déchaîné une grève dès son entrée en fonctions. L'affaire ne s’arrangea que lorsque la majorité des ouvriers, revenus à des sentiments raisonnables, eut remplacé le Conseil par un autre plus modéré. Voici, dans le même ordre d'idées, la déclaration d’un gros industriel de la région du Rhin inférieur : « Les Conseils d'ouvriers, en tant qu’intermédiaires entre la direction et le personnel, rendent de bons services dans quelques usines ; ils permettent au directeur de rester en contact avec ses ouvriers et lui fournissent l’occasion de se renseigner sur l’opinion de son personnel, d'exercer sur lui une influence calmante et d’atténuer la méfiance qui, malheureusement, règne partout. D’après toutes les expériences faites jusqu’à présent, le Conseil des ouvriers ne peut malheureusement pas appuyer efficacement les efforts que font les directions pour rétablir ou maintenir la discipline et Pour augmenter le rendement du travail. Son influence sur les ouvriers est
à cet égard extraordinairement faible, pour cette
raison capitale que, même si ses membres deviennent
raisonnables, il est forcé de faire passer le point de vue économique bien après celui de la politique de parti. Il est dans une large mesure soumis aux hommes de confiance (fonctionnaires) qui sont élus dans toutes les exploitations sur une base syndicale, Les
Du tins. hd hé jus bien ut Lotb er or di à di di Ë D
syndicats, comme vous le savez du reste, ont, ces
: L 7% 3 Ï pe derniers temps, amalgamé étroitement la politique
dr Q . et Féconomie. Ils donnent aux hommes de confiance
et, par ceux-ci, aux Conseils d'ouvriers, leurs direcüves de travail. Avec cette déplorable intrusion de la politique de parti dans l'usine, les syndicats empêchent les Conseils d'ouvriers d'exercer l’heureuse influence qu'ils devraient avoir dans l'esprit de la loi, et, par là, ils font tort à eux-mêmes et à l’ensemble des ouvriers. Cette conduite des syndicats doit être ramenée à l’action des Jeunes ouvriers, d'opinion extrême, qui jouent les premiers rôles dans les réunions du personnel des usines. Dans une usine du groupe Thyssen, l'influence de ces radicaux est si forte que le Conseil d'ouvriers se trouve en lutte. permanente avec la direction et cherche à usurper toutes sortes de droits que la loi ne lui confère nullement ; le résultat est qu’au lieu de se rendre utile à la communauté, il ne fait que lui nuire. Si la raison qui semble avoir fait dernièrement son apparition dans les milieux ouvriers se répand davantage, et si les syndicats se décident à abandonner leurs visées politiques et à travailler uniquement à l’augmentation et au développement de la production, alors, mais alors seulement, les Conseils d'ouvriers seront à même de remplir leur mission qui est d’aider les industriels à mener à bien les exploitations dans l'intérêt même de la vie économique. »
On peut dire que dans la grande majorité des cas, les Conseils d'exploitation ne contribuent pas à améliorer les rapports entre les ouvriers et les patrons. Cette impression se confirme, si l’on examine la manière dont les Conseils se comportent à l'égard des intérêts ouvriers et de ceux des exploitations.
Les Conseils et les intérêts des ouvriers
et des exploitations.
Tous les patrons constatent avec amertume que
les membres des Conseils ne se soucient nullement :
des intérêts des établissements auxquels ils appartiennent. La loi donne pour mission aux Conseils, d'aider les directeurs d'exploitation et de collaborer avec eux pour assurer le succès de l’entreprise et développer la production. Il faudrait méconnaître étrangement la mentalité des ouvriers pour s’imaginer qu'ils se soucient de la réussite de l’établissement dont ils font partie. Pour eux, l'usine c’est le patron. La plupart s’en désintéressent done ou la haïssent, et cette désaffection s'étend souvent, Comme on le sait, jusqu’à leur métier même. Bien peu comprennent que leurs intérêts sont solidaires de ceux de l’usine.
Moins nombreux sont ceux qui ont l’orgueil de leur maison. On ne pouvait donc compter que les
Conseils d'exploitation épouseraient les intérêts des
DE re
établissements qui, pour eux, se confondent avec ceux du patron, donc l'ennemi. Pourtant il semble que les industriels allemands ont nourri quelque temps des illusions sur ce point, car cette plainte revient comme un leit-motis dans toutes les réponses: € Les Conseils d'exploitations ne se préoccupent pas des intérêts de la firme. »
Les Conseils ne s'occupent que de défendre les intérêts ou ce qu'ils prennent pour les intérêts des ouvriers qui les ont nommés à leur emploi. C’est là un fait acquis.
Voici à ce point de vue une déclaration particu” lièrement intéressante d’une usine de cuivre du district de Lüdenscheid-Menden :
« La loi a assigné au Conseil d'exploitation des tâches importantes. [l doit, comme on sait, mettre l’exploitation à l’abri du désordre, créer le bon accord entre employeurs et salariés, contribuer au développement de la fabrication, aider le patron à diriger la fabrique, sauvegarder les intérêts de l’exploitation et ceux des ouvriers. L’expérience montre que le Conseil d'exploitation ne connaît que cette dernière tâche, et qu’à cet effet, il fait usage de tous
les droits qui lui sont accordés jusqu’à la limite du
possible. Avant tout, ce sont les représentants ou-
vriers du Conseil d'exploitation qui ne veulent lais-
i ee , ere ser prendre en considération que les intérêts et les
vœux des ouvriers. Tout doit passer après ces vœux. On ne tient pas compte des demandes les plus légitimes du patron, et on passe outre. Ils ne font preuve d'aucune compréhension des intérêts de la firme. Par exemple un ouvrier de ma maison, alors qu'il était ericore employé chez moi, montait dans une localité voisine une firme concurrente. Les représentants des ouvriers, qui étaient certainement au courant de ce fait, n’ont rien fait pour donner assez tôt l'éveil. C’était pourtant là une occasion de sauvegarder les intérêts de la firme, mais le Conseil d'exploitation s’est dérobé. Ceux des membres du Conseil d'exploitation qui sont employés ont jusqu’à présent pris en considération les intérêts de la firme, en ce sens qu'aux séances du Conseil, ils prenaient le parti de la firme. Mais nous n’avons pas remarqué qu'ils aient fait davantage ; ils ne se montrèrent guère que lorsqu'il s’agit d’obtenir des appointements.
«Nous n’avons pu observer un seul cas oùle Conseil d'exploitation ait usé de son influence sur les ouvriers dans l'intérêt de la firme. Les membres du Conseil n’ont en général nullement conscience qu'ils ont aussi des devoirs. Dans leur esprit, seul le patron a des devoirs ; mais ces messieurs s’arrogent souvent plus de droits qu'ils n’en possèdent réelle-
ment et ils veulent se mêler d’affaires qui ne les
regardent pas. [l ne se passe pour ainsi dire pas de jour où le Conseil des ouvriers ne se présente à nous avec de nouveaux désirs et de nouvelles revendications. Selon moi, toute la loi sur les Conseils d’exploitation est une faute ; elle a des effets gênants et destructeurs à tous points de vue ; elle ne contribue absolument pas à aplanir les différends, bien au contraire. »
Sa fonction soi-disant essentielle, servir à la paix sociale et rapprocher l’un de l’autre employeur et salarié, n’est remplie en aucune manière. Les syndicats ne se soucient nullement d'arriver à la paix sociale, mais ils continuent à prêcher, comme avant la guerre, la lutte des classes. ;
On peut dire que les Conseils jouent avant tout le rôle d’intermédiaires chargés de transmettre aux patrons les souhaits et les réclamations des ouvriers. « En somme, écrit la direction d’une mine importante du territoire occupé, toute l’activité des Conseils d'exploitation se borne à recueillir les vœux et les plaintes des ouvriers et à les faire aboutir. » Ils importunent sans cesse les directeurs en leur présentant les vœux les plus futiles, les plus saugrenus, les plus contraires aux intérêts de l’exploitation. »
Ils agissent en cela comme de vrais parlemen-
taires. Ils visent avant tout à se concilier les bonnes
grâces de leurs électeurs. Ils se gardent bien de les contrarier, de leur dire que leurs réclamations sont absurdes, de peur de perdre des voix aux élections nouvelles. Leur place est bonne. Elle leur assure des loisirs, leur confère du prestige aux yeux des ouvriers et des contremaîtres. Elle amène les patrons à les ménager, ils tiennent à la garder.
On a déjà lu, à cet égard, le témoignage du directeur d’une mine de l'Est. \Nous pouvons citer aussi la déclaration du directeur d’une usine de Siegen :
«En ce qui concerne les expériences pratiques que nous avons faites\jusqu'à présent avec la loi des Conseils d'exploitation, je dois malheureusement reconnaître que j'attendais beaucoup plus de l’intelligence des ouvriers. En tous cas d’un appui donné à l'employeur dans l'intérêt de l'exploitation, nous n'avons guère trouvé trace. On sait du reste quel but poursuivent certaines organisations ouvrières avec la loi sur les Conseils d'exploitation. Je ne veux pas nier qu'il y ait parmi les ouvriers quelques. individualités isolées qui désirent tenir leur place de membre du Conseil d'exploitation sérieusement et dans le sens déterminé par la loi. Mais au cours des pourparlers avec les employés, ils n’osent pas exprimer leur opinion ouvertement de peur de ne pouvoir garder longtemps leur place. »
Voici également la réponse d’une mine du Bassin
d'Essen : « Toutes les expériences faites Jusqu'ici tendent à prouver que les Conseils d'exploitation n'ont jamais pris le moindre intérêt aux affaires du patron ; il ne s’est pas présenté un seul cas où les Conseils d'exploitation aient indiqué ou fait remarquer une condition qui aurait pu servir les intérêts du patron.
« Ils ont bien plutôt représenté exclusivement les intérêts des ouvriers. Mais en même temps ils n’ont jamais manqué de faire passer en première ligne leur propre moi, et ils ont cherché sans cesse à s’assurer des avantages particuliers. »
Si l’on ajoute à ces préoccupations personnelles l'influence des syndicats qui les poussent contre les patrons, on comprend que les Conseils s’acquittent de leur mission de représenter et de soutenir les intérêts des ouvriers, leurs électeurs, avec une partialité aveugle. Ils sont naturellement enclins à prendre le parti des ouvriers contre les patrons et les contremaîtres, mais ils le font souvent contre toute justice et sans se préoccuper des répercussions que leur conduite peut avoir sur la bonne marche de l'exploitation. Les industriels sont unanimes à souligner cette particularité et ses résultats funestes.
Voici notamment ce qu'écrit la direction d’une mine du bassin de Gelsenkirchen :
« Comme il fallait s’y attendre,les Conseils d'exploi-