‹ Les Conséquences Économiques de l'AbsentéismeChapitre 10 sur 33 · M. Cauwès à son cours · texte numérisé non relu

M. Cauwès à son cours

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s’échangeant contre 17 mètres de toile allemande, il y a 1000 demandes allemandes contre 800 anglaises, les 200 demandes allemandes nécessiteront un mouvement de numéraire allemand vers Angleterre. D'où baisse des prixen Allemagne, hausse en Angleterre, importation de l'Allemagne en Angleterre et réta= blissement de l’équilibre apparent.

Stuart Mill a donc reconnu expliciteraent que les conditions de l’échange peuvent ne pas être égales pour les deux pays.

L’absentéisme par l’échange peut résulter de la différence entre les demandes ; en effet, la valeur d'échange internationale dépend de la demande internationale, cela suffit à Ja faire différer de la valeur nationale qui n’en dépend point, et comme c’estfinalement la valeur nationale qui à notre point de vue, est la vraie valeur, il peut résulter une perte pour un pays (1). Il faut observer ici qu'il peut y avoir un remède à cette perte, et qu’il consiste dans cette même valeur internationale. Le pays en effet peut grâce à elle gagner dans certains échanges ce qu'il perd dans d’autres.

Il n’en reste pas moins certain qu’un pays peut par suite de certaines circonstances céder dans de mauvaises conditions des objets propres à être cédés contre unequantité plus grande des objets importés, par suite de céder trop d'objets exportés et de gaspiller le travail et Le capital employés à la production de ces objets.

Si les considérations qui précèdent permettent de voir la différence entre la valeur nationale, qui est une valeur d’usage au point de vue national et au point de vue individuel local une valeur d'échange, d’une part, et de l’autre la valeur d’échange internationale, si elles permettent de voir certaines

1. L'offre et la demande dépendent à la fois de raisons psychologiques et de raisons.physiques : l’absentéisme de l’idée et l’absence de ressources naturelles sont une cause d’absentéisme de richesse.

causes d’absentéisme, elles ne permettent pas de mesurer la perte de richesse qui peut affecter un pays à la suite de l’échange.

Pour connaître cette perte, il faut considérer le coût de production effectif local de la marchandise livrée et le coût possible local de la marchandise reçue.

D'une façon générale, un pays perd quand il cède les produits dont le coût de production est chez lui plus élevé que ne le serait celui des produits reçus ; si la production locale du produit reçu était impossible, il faudrait examiner s’il n’est pas de produit de substitution dont la production locale avantageuse soit possible ; et encore au cas où elle serait impossible, il se pourrait que le produit livré soit plus coûteux à produire qu'un autre produit par l’échange duquel il serait possible d’obtenir le produit reçu : non seulement dans limportation, mais encore dans l’exportation, il peut exister des produits de substitution. Une mauvaise organisation de la production est une cause d’absentéisme par l'échange.

Le pays peut faire avec un autre pays des échanges particuliers dont lesconditions résultent de ce que l’un a des payements à faire à l’autre ; par exempleil a demandé, ila reçu,il doit payer avec ce qu'il produit ou produire expressément pour payer.

Alors la situation pour lui peut être très défavorable, et s’il veut continuer à importer, il peut être amené à faire des concessions excessives et à produire beaucoup dans de très mauvaises conditions pour vendre à vil prix. Enfin il faut tenir compte non seulement des coûts de production effectifs ou possibles locaux des marchandises livrées ou reçues, mais naturellement des’ quantités reçues à payer, et de celles à livrer en échange comme prix, lesquelles dépendent de la valeur d'échange de celles reçues. L’absentéisme peut être apprécié puisque l’on sait en échange de quoi

telle marchandise est livrée, et quelle quantité en est remise en échange de quelle autre, grâce à la monnaie.

On peut estimer dans quelle mesure les importations pourraient être produites dans le pays et à quel coût de production.

IT faut tenir compte des indications du cours du change, tout en faisant, en les considérant, abstraction de la dépréciation des monnaies qui est bien une indication de l’état économique des pays, mais non une mesure de leur absentéisme. Il ne faut pas oublier que le cours du change nous informe du nombre et de la valeur des échanges au cours établi entre les deux pays, mais qu’il ne nous renseigne pas sur les coûts de production. Par lui nous’ savons qu’un pays a beaucoup à remettre à tel autre, qu'il devra ou qu'il pourra vendre à bas prix et nous voyons pour lui des inconvénients présents et des avantages à venir. Mais on doit connaître par ailleurs le coût de production. On peut dire que les prix seront bas dans le pays sur lequel le change est mauvais : que le coùt de production sera par suite peu élevé comparé aux coûts de production étrangers et que cela favorisera ses exportations. Toutefois c’est le coût de production considéré d’une façon doublement spéciale ; d’abord par rapport aux coûts de production étrangers, ensuite sans indication de la quantité de travail et de capital employés nide la rémunération de ce travail et de ce capital. Si le pays ne gagne que de voir stimuler sa production par les “exportations, nous savons que la situation inférieure où 1l est peut durer longtemps et l’on voit des pays demeurer indéfini- -ment dans un état économique déplorable, avec un change mauvais : la balance des comptes et son équilibre qui tend toujours à se rétablir ne sont que des apparences.

Le pays sur lequel le change est mauvais, lorsque ce change mauvais aura produit son effet de provoquer les exportations -de ce pays, ne jouira donc pas nécessairement par ce fait d’une ‘situation très enviable, Le cours de change n’est que Pindica-

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