PIE
tion des mouvements d'avance ou de retard d’un prys avec les autres dans le règlement des échanges ; il ne permet nullement en définitive d’apprécier directement labsentéisme par l'échange ; il permet seulement de constater le cours de ces échanges, leur taux d’une façon intéressante, plus précise que par la considération de la valeur d’échauge entre les pays, en distinguant en quelque sorte une troisième nature de valeur, qui n’est nila valeur en usage, ni la valeur d’échange, mais la valeur unilatérale d'échange. Telle marchandise vaut tant en échange : or, les deux pays n’échangeront pas des quantités égales de cette même marchandise à cause du change.
Si l’on fait, en effet, abstraction des différences entre les monnaies des deux pays, si l’on suppose qu’elles sont de même valeur intrinsèque métallique, de même cours, de même abondance proportionnellement aux besoins de chacun des deux pays, le cours du change donne alors la différence de la valeur d'échange pour chacun des deux pays dans leurs relations. La monnaie peut être remplacée par des quantités de même marchandise, et l’on peut admettre, en règle générale, que le coût de production possible est le même pour les quantités importées que le coût de production effectif pour les quantités exportées. Néammoins, il s’échangera des quantités différentes de la même marchandise. On pourra donc dire que les coûts de production étant identiques, on peut apprécier l’absentéisme par la différence des quantités échangées. Mais le coût de production local intervient, car c’est le coût de production de la quantité perdue qui donne la mesure de l’absentéisme.
En ce qui regarde les marchandises différentes, la considération des marchandisesidentiques permet de connaître par comparaison l'influence du cours du change sur l’absentéisme. D'ailleurs, le cours du change étant précisémentune considération monétaire, les marchandises différentes y sont ramenées
à l'étalon commun, à une marchandise identique, la monnaie. Le cours du change peut donc, suivi de la considération du coût de production des exportations, amener à découvrir certains faits d’absentéisme par l'échange.
Il semblerait, à première vue, qu’un change défavorable soit une cause forcée d’absentéisme, en faisant échanger des quantités inégales. Mais il importe de faire une remarque : c’est qu'il n’en sera ainsi que si les objets importés pouvaient être produits localement dans de bonnes conditions, au moins égales au coût de production des objets exportés. En ce cas, en eflet, le change défavorable est unecause d’absentéisme. Lorsque les marchandises ne peuvent être produites ainsi localement, l'échange n’est point forcément absentéiste, même si le change est défavorable, mais il peut seulement être facilement absentéiste, à cause du coût de production des grandes quantités cédées. Enfin, le change dit défavorable, ayant pour conséquences des achats nombreux de l'étranger, pourra présenter aisément des avantages pour le pays ; assurément le pays livrera beaucoup pour recevoir peu, mais ce beaucoup peut lui coûter peu : il faut, pour déterminer le coût de production, tenir compte du montant des profits et en éliminer une partie, comme on verra plus loin.
En résumé, pour apercevoir l'influence sur l’absentéisme du cours du change, il faut bien commencer par supposer un échange de la même marchandise pour pouvoir comparer les quantités échangées, mais il faut ensuite ne pas oublier qu’un tel échange, quoique se produisant parfois, est l’exception, que par conséquent ce ne sont pas en général les marchandises pouvant être produites aisément dans les pays qui sont importées etque le coût de production de ces marchandises devant être localement fort élevé, le bénéfice de leur importation suffit parfois à couvrir complèteraent la perte qui résulterait de l'échange de quantités inégales, c’est-à-dire du cours du change.