‹ Les Conséquences Économiques de l'AbsentéismeChapitre 12 sur 33 · ETES · texte numérisé non relu

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Le cours du change agit sur les qriantités échangées, et les coûts de production de ces quantités sont toujours la mesure de l’absentéisme.

Il va sans dire que dans tous ces raisonnements les cas où un produit de substitution pourrait être produit ou importé, et où un produit d'échange plus haut coté pourrait être produit, sont sous-entendus: car ils ne changent rien aux conclusions.

L’absentéisme par l'échange, a-t-il été dit d’une manière générale, se mesure par la considération de deux coûts de production. L'un est le coût de production local effectif de la richesse cédée, l’autre le coût de production local possible de la richesse reçue.

Le coût de production étranger ne nous intéresse qu'indirectement, par les rapports qu'il peut avoir avec l’état économique de l'étranger ; cet état économique peut diminuer ou aggraver l’absentéisme du pays considéré en arrêtant ses importations et en l’invitant à produire lui-même telles marchandises ; il peut le diminuer ou l’aggraver aussi en augmentant ces importations et en le portant à acheter telles marchandises ; cela dépend du prix demandé par l'étranger et les quantités que l'étranger offre, considérés eux-mêmes par rapport avec le coût de production du pays dont il est question. Nous ne parlons pas de la qualité: à qualités différentes, il y a marchandises différentes. Il est évident que le coût de production étranger ne peut en tous cas servir de mesure à l’absentéisme du pays étudié.

Bastiat à dit que plus un pays était dans une situation économique inférieure, plus il avait intérêt à faire des échanges afin de profiter de la supériorité de production du pays le plas riche. Pour lui,peu importe même que l'étranger ferme sa porte : il faut ten r la sienne ouverte.

IL n’observe pas que de ce que le paysétranger produit dans de bonnes conditions au point de vue abstrait, il ne résulte

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point forcément que le pays coéchangiste bénéficie de conditions d'échange favorables ; il y a de cela au moins deux raisons : d’abord le pays bon producteur peut tenir ses prix hauts et par là exiger beaucoup de l'autre ; enfin même s’il vend à prix peu élevés, il se peut que le pays acheteur aît en lui tout ce qu’il faut pour une production excellente et même supérieure des marchandises qu’il achète, qu’il soit en mesure, grâce à une meilleure impulsion économique, d’établir à peu de frais aussi les marchandises qu’il exporte et d'obtenir à peu de frais celles de son coéchangiste, que ce dernier soit bon ou mauvais producteur. Une protection intelligente pourra donner à l’industrie du premier pays l'impulsion nécessaire.

Il demeure seulement que les marchandises du lieu producteur, quand il jouit d'un monopole naturel, pourront être moins chères et plus abondantes, parce qu’il est bon producteur. Mais entous cas, ce ne sera pas le régime préconisé par Stuart Mill qui permettra à un pays de développer ses industries naïssantes, par là de produire chez lui à bon compte au lieu d’acheter cher, d'utiliser ses aptitudes particulières, d’abaisser ses coûts de production, d'éviter les frais de transport et de triompher de l’absentéisme.

Stuart Mill a repris une distinction familière à certains mercantilistes entre les produits de luxe et ceux de consommation courante ; mais c’est pour dire seulement que ces derniers sont de meilleure et plus constante exportation. Cependant ils laissent moins de profit. Ce sont eux sur l’échange de qui la mode agit le plus souvent : ils sont, au point de vue absentéisme, de dangereuse, au moins de coûteuse importation. Enfin Stuart Mill admet très bien l’écrasement du pays mal outillé par le plus avancé, Il ne peut ni produire à bas coût de production, ni éviter de céder souvent à bas prix ou de donner trop en quantité ; ilne peut s’assurer des débouchés en s’attribuant le mar-

ché par de bas prix provisoires.

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Cairnes (1) et Cournot (2) ont étudié les profits qu'un pays pouvait retirer de l'échange, et les avantages généraux résultant pour l’univers des échanges internationaux, plutôt que la perte qui peut résulter pour un pays déterminé.

L’absentéisme par l'échange résulte donc, en dehors des pertes par suite de non payement, qui sont un absentéisme à l'occasion de l'échange, et non par l'échange, de la mauvaise situation et de la mauvaise direction économiques d’un pays. Il est incontestable que les pays n’échangent pas avec des positions également favorables, qu'ils ne disposent pas du marché aux mêmes conditions. En ce cas,1is peuvent fort bien se rendre compte de la situation el ne pouvoir y remédier de suite, soit à cause des engagements contractés par leur commerce et leur finance, soit à cause de la nature des demandes de leur population. Un individu, souvent, se rend compile du mauvais emploi de ses ressources personnelles; à plus forte raison, un peuple peut faire celte constatation et persévérer dans la mauvaise voie ; la contradiction est moins évidente. Combien de réformes sur lesquelles tous sont d'accord n’échouent-elles pas par la mauvaise volonté générale? On a plus vite fait de reconnaître un défaut que de s’en corriger. Si donc il n’est permis à personne d’apprécier l’intensité des besoins d'autrui, au moins peut-on critiquer le développement de certains, el encore plus écouter les aveux d'autrui à ce sujet. Enfin, il y a des causes d’absentéisme par l’échange qui dépendent du manque de certaines qualités, de certaines initialives : il n’est pas nécessaire qu’elles naissent, et de leur absence peut certainement résulter une perte dans l'échange international.

Le fait qu'une quantité de richesse est ainsi perdue est bien un absentéisine. Les victimes de cet absentéisme reconnaissant

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