‹ Les Conséquences Économiques de l'AbsentéismeChapitre 13 sur 33 · Some leading principles · texte numérisé non relu

Some leading principles

2, Principes mathzmatiques de la théorie des richesses

Not

qu’elles subissent une perte, écartent l’objection qu’on pourrait tirer du caractère subjectif de la notion de richesse. Enfin, si subjectif que soit ce caractère, :l faut bien convenir qu'il n’est pas purement individuel, que les âmes humaines ont quelque chose de commun entre elles, que par suite l’évidence d’une perte de richesse peut être affirmée économiquement, en vertu d’une notion humaine collective de la richesse laquelle est précisément celle qui doit intervenir dans une discussion économique abstraite.

Nul ne niera en outre, combien les découvertes, l’activité de certaines personnalités ont contribué à l’amélioration de la production dans certains pays, combien au contraire la mauvaise administration, les mauvais exemples, l’indifférence de certaines autres ont pu arrêter ou faire rétrograder l’habileté productive de certains autres. Les pays peuvent donc produire mal, à prix élevé, acheter cher avec des produits qui leur coûtent cher, obtenir peu parce qu'ils offrent des produits dépréciés, parce qu'il ne peuvent se passer de la production étrangère. N’y a-t-il pas là un absentéisme par l’échange évident ?

La routine, l’incapacité nationales peuvent être regardées aussi comme historiques, politiques ou ethnographiques selon les cas. Les causes géographiques peuvent intervenir ; le pays peut n’être propre qu’à certaines productions où d’autres sont sans rivaux.

Mais il y a encore des causes particul'ères que nous avons déjà signalées. Ce sont les consommations de certains produits par mode, par suobisme comme on dit aujourd'hui. Ces produits sont des produits de luxe, et dont on pate la marqu: et l’origine. Il arrive qu’ils ne présentent aucune espèce de différence avec les produits indigènes, sans cependant que ces derniers jouissent d'aucune faveur. L’Angleterre, la France exportent des produits de luxe qu’on recherche en raison de l’origine : il est vrai de dire que les produits exoliques corres-

pondants ne sont pas comparables en général. Ces produits de luxe coûtent très cher aux pays acheteurs, et si ceux-ci arrivaient à les produire, ils éviteraient un absentéisme par léchange considérable et analogue à celui de leurs nationaux riches qui vivent à l'étranger. En outre, ces produits qui se payent si cher sont destinés à la consommation; ils n’ont point de conséquences productives : cela augmenterait encore l’absentéisme qui résulte de leur échange, non point en quantité, mais au point de vue conséquences, si l’on considérait qu’en général il y a plus d’intérêt économique à produire qu’à consommer.

Après avoir fait ces observations, il s’agit de chercher un moyen de mesurer l’absentéisme par l’échange. Nous avons dit que la considération du coût de production possible local des produits reçus étaitce moyen. Les coûts de production dépendent de la nature des marchandises échangées et des conditions de la production dans le pays considéré. Au cas où l’on envisagerait l'échange d’une marchandise identique, événement possible, non point pour arriver à une notion générale quelconque,mais pour se rendre compte de ses conséquences, il faudrait remarquer que dans la mesure où les quantités échangées se balancent, il ne peut y avoir absentéisme, sauf le cours du change (1), que par la dépense des frais de transportsinutiles. Pour le reste, les deux pays ne font pas échange de la même marchandise.

Il ne faut pas considérer comme coût possible pour des quantités quelconques d’une marchandise déterminée le coût eftectif pour certaines quantités. Il se peut que le pays ait intérêt à importer un appoint de tel produit, même si le coût lui en est plus élevé que celui de la même quantité d’origine locale. A l'inverse une plus grande production pourrait parfois réduire

1. Le cours du change a pour effet soit l'échange de quantités inégales, soit celui de quantités égales avec intervention d’une soulte.

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le coût de production local : lappoint exotique alors cause grave d’absentéisme. Tout coût possible peut être moindre par suite des avantages de la grande production ou être plus grand par suite de la rareté des matières premières.

L’absentéisme par l’échange est proportionnel aux différences des coûts de production.

Les pays échangent 100 contre 100 ; le coût de production. possible de l’un est 7 ; son coût de production effectif est de 9 ; il échange à son point de vue propre 900 contre 700 ; il. perd 200. Or, 700 est à 900 comme 7 est à 9.

Les quantités échangées ne constituent pas un nouvel élément de l’absentéisme, du moins par elles-mêmes. Un pays reçoit 90 contre 110. Les coûts de production étant égaux aux précédents, on a 90 X 7 <<110 X 9, soit une perte de 990 — 630 — 360. IL est facile d'imaginer toutes les combinaisons possibles entre les coûts de production et les quantités. Tantôt ils ajoutent leurs effets,tantôt ils les produisent en sens opposé.

Mais ce sont les coûts de production qui sont l'élément véritable. Il faut seulement, quand les quantités sont inégales, ne pas négliger de les faire intervenir dans le coût des produits échangés.

Enfin, l’absentéisme par l’échange lui-même est évidemment proportionnel, toutes choses égales d’ailleurs, au nombre des échanges par où il se produit. Un pays peut faire quelques échanges absentéistes ou en faire beaucoup ; il faut tenir compte du nombre à côté de l’intensité.

C’est néanmoins au total la différence entre les deux coûts de production qui constitue l’absentéisme par l'échange.

Le coût de production effectif du produit livré comporte une analyse particulière : il s’agit de l’apprécier de la manière la plus précise en recherchant les quantités de travail et de capital qu'il emploie.

Il semble qu'il faille diviser la rémunération du travail et du

capital en deux parties: celle nécessaire à leur eniretien, à leur existence, incorporée au coût de production, et celle qui n’est point nécessaire. Cette dernière devrait être éliminée du coût de production. Mais elle est avancée par des individus qui comptent la recouvrer sur l'étranger ; si leurs espérances sont déçues, ils supportent la perte, et leur pays éprouve un manque à gagner.

Il ya même là une sorte de critérium pour distinguer à notre point de vue le profit incorporé au coût de production, et celui qui ne l’est pas. Le commerçant indigène achète un produit pour l'exportation ; dans le prix d'achat, il y a le coût strict, et ordinairement des profits, des gains, des fractions de salaires non indispensables à la production. Si le commer- -çant west pas payé par l'étranger et ne peut payer les producteurs, qu’arrive-t-il? C’est qu'il perd tout le prix d’achat, et tout son bénéfice.

Mais le pays, en ce qui concerne le bénéfice du marchand, ne subit qu'un manque-à-jagner en ce qui concerne la partie du prix d'achat qui n’est point le coût strict de production, il subit aussi un manque-à-gagner bien qu'il y aît perte pour le commerçant. Pour la vartie qui constitue le coûl strict, 1] y a perte émergente pour le pays comme pour le commerçant. Ces considérations n’amènent pas aisément à la distinction cherchée, parce que les intérêts individuels n’y sont point les mêmes que les nationaux, et que si l’opinion des individus est assez nette sur ce qui constitue leurs gains ou leurs pertes, il n’en est pas de même en ce qui regarde les gains ou les pertes nationaux, plus lointains et plus complexes. Cest aux économistes à éclaircir la question: il ne paraît pas impossible qu’ils puissent, sur un terrain purement économique, la résoudre, comme le font les individus en ce qui les concerne personnellement, malgré une déjà grande complexité d'éléments.

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La rémunération nécessaire constitue le coût même du Capital et du travail. Devrons-nous la prendre en monnaie et y voir une commune mesure de l’un et de l’autre ? La commune mesure est-elle dans leur productivité? En ce qui concerne le travail employé, comment faut-il l’évaluer ? Les questions posées par les socialistes peuvent intervenir pour retarder la solution cherchée.

Toutefois, nous n’avons pas à rechercher si le travail est assez payé, mais si son salaire donne la mesure exacte de ce qu'il vaut économiquement, dans un état économique donné, en richesse. Il vaut forcément le salaire minimum de Ricardo, de J.-B. Say et de Lassalle; il vaut même ce salaire minimum considéré comme devant satisfaire les besoins de l’homme d’une façon large, tels qu’ils se manifestent dans un état social déterminé, et non point seulement les besoins les plus impérieux. Vaut-il en raison de sa productivité? La réponse affirmative est séduisante, mais soulève beaucoup de difficultés.

Enfin, sa valeur est-elle déterminée par le rapport entre le wage-fund et le nombre des travailleurs, d’après la célèbre théorie anglaise que Stuart Mill en particulier a développée ?

Ce rapport néglige les effets productifs et immédiats du travail. Les causes de la rémunération du travail que prétendent découvrir les théories citées ne paraissent pas exactes, et il ne semble pas qu’on puisse en déduire ni le taux normal, ni le taux effectif des salaires. Pour obtenir le taux effectif, l’observation suffit, il est vrai, mais si elle donne des résultats précis, ils n’en sont pas moins obscurs à notre point de vue, car ce sont des résultats de causes sociales autant qu'économiques. Cependant, comme l'a démontré M. Beauregard, (La maind'œuvre et son prix) les salaires se sont élevés d’une façon réelle. Or, la puissance productive du travail a monté aussi. Mais il n’y a pas de rapport précis entre ces deux éléments. Si l’on considérait le taux normal de la rémunération du tra-

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vail comme en rapport avec sesfrais d’entretien et sa valeur productive, il répondrait à la question.

Mais il est difficile de résoudre abstraitement le problème de la productivité du travail, de séparer la part du travail et celle de l'instrument, celle du travail passé et celle du travail présent. Dans le « Salaire naturel » M. de Thünen a dit que ce salaire naturel estune moyenne géométrique entre deux facteurs : la valeur consommée pour l’entretien des travailleurs, la valeur produite par le travail ; soit l’une a, l’auire p, on a S — ap.

Néanmoins, il se pourrait, comme le fait remarquer M. Charles Gide, que le capitaliste et le travailleur n’eussent rien pu produire lun sans l’autre. Comment déterminer leurs parts dans la production? Considérons seulement un homme et un instrument (son capital): linstrument peut être indispensable pour une production déterminée, alors nous ne pouvons faire le départ entre la productivité de l’homme et celle de linstrument.

Si nous ne regardons pas une production déterminée, nous ne pourrons reconnaître que l’instrument, d’une facon générale, augmente la production, et cela nous donnera la mesure de sa productivité. Dirons-nous donc que pour apprécier limportance productive du travail en richesse, il faut regarder ce qu'il produirait sans le concours du capital?

Le capital augmente la productivité du tavail, et cette augmentation doit lui être attribuée. Cela n’empêcherait point, en outre, un travail actif et diligent de produire plus qu’un travail lent et négligent. Enfin, il ne s’agit point ici de répartition, de consommation, mais de production.

Quoi qu’il en soit, la comparaison entre les deux coûts de production peut être faite d’après le taux de rémunération des

capitaux et des salaires qui les constituent ou les constitueraient.

La richesse consommée par lestravailleurs et qui excède la partie productive, la rémunération nécessaire du travail, ne fait-elle pas partie du coût de production effectif? Elle estincorporée à la richesse échangée; elle est avancée et doit être restituée par l’échange. Elle risque comme le coût nécessaire de ne pas revenir. Il y a donc deux parties dans le coût de production effectif : l’une strictement nécessaire, l’autre dont la récupération est nécessaire, mais qui eût pu être évitée. Le capital comme le travail contribue à l’une et à l’autre. Il faut remarquer que les capitaux ne sont point tous aisément appréciables; est-ce l’entretien, est-ce la productivité des machines qui donnera leur valeur à notre point de vue? Il faut donc en revenir au coût de production comprenant la rémunération nécessaire à la création, l’entretien et la conservation du travail et du capital. Elle comporte d’ailleurs l’élément productivité, qui permet l’emploi de travail et de capital coûteux à entretenir. Nous reyarderons donc comme commune mesure la rémunération en monnaie au cours du pays et du moment tant pour le capital que pour le travail, en éliminant tout ce qui constitue le qain véritable, c’est-à-dire non prévu rigoureusement, non exigé, mais espéré, exigé entre nationaux, espéré sur l’étranger. En ajoutant les richesses consommées à occasion de la production, fût-ce inutilement, on a le coût effectif. C’est précisément la suppression des dépenses inutiles qui donnera le coût possible : si c’est dans le commerce extérieur que réside la cause du coût effectif et celle de la non réalité du coût possible, si les produits obtenus au coût effectif excessif sont d'exportation, nous avons au premier cas le commerce extérieur cause d'absentéisme, — absentéisme par l’échange, — au second, un commerce extérieur absentéiste, par suite de la mauvaise organisation même de la production.

Les capitaux compris dans le coût de production effectif sont circulants ou fixes. Le coût de production comprend les ca-

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pitaux circulants, qui doivent être reslitués ;il est accompagné des intérêts de ces capitaux, et des intérêts et de l’amortissement des capitaux fixes utilisés lesquels sont en partie coût strictement nécessaire, en partie coût nécessaire seulement quant à sa récupération.

En résumé, dans le coût de production, il est important ici de considérer le capital circulant engagé, qui le constitue proprement ; ensuite il faut placer à côté sa rémunération nécessaire qui l’accompagne, puis le capital fixe, qui ne quitte pas matériellement le pays, mais devient zautile, et par suite économiquement perdu, s’il y a absentéisme ; puis l'intérêt et la prime d’amortissement nécessaires de ce capital ; enfin les frais nécessaires d’entretien du travail qui risquent d’être perdus dans le cas d’absentéisme. Tous ces éléments, au cas de perte, sont damnum emergens. La rémunération facultative engagée, tant du travail que du capital, est /ucrum cessans en ce cas ; l’entrepreneur la perd, mais le travailleur et le capitaliste la gardent : pour le pays, il y a changement de mains. L’entrepreneur espérait la recouvrer : il y aurait alors eu gain pour le pays, et pour lui remboursement.

Dans le cas du capital fixe devenu inutile, l'utilité peut reparaître par un emploi nouveau identique ou différent et la perte n’est pas totale. En pareil cas, la valeur de ce capital ne subit du fait de l’absentéisme qu’une diminution.

La considération des deux coûts de production que nous avons essayé d'analyser permet donc, croyons-nous, de reconnaître et de mesurer l’absentéisme par l’échange. Elle rend difficile la tâche de nier son existence. Pourquoi d’ailleurs n’y aurait-il pas des nations qui feraient mal leurs affaires, tout comme de simples individus ? Pourquoi les marchés qu’elles concluent leur seraient-ils fatalement avantageux, pourquoi ne pourraient-ils pas être l’occasion d’une perte continue de richesse plus ou moins grave dans ses conséquences, selon la ré-

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