M. À. de Bovet, op. cül
lés avec la justice, a un caractère de protestation; elle proclame leur prétention d'habiter les maisons et de cultiver les terres qu'ils regardent comme leurs. Elle a, en outre,pour conséquence d'entretenir l'agitation et de provoquer, pendant la durée de l'opération, les manifestations d’une foule houleuse que seule la cavalerie prête à charger empêche d'intervenir plus efficacement. Parfois, au bout de quelque temps, on n’ose plus laisser une famille mourir de misère dans un fossé; alors on admet, en qualité de gardiens, « caretakers »,les évictés à occuper, avec leurs porcs et leurs canards, une dépendance de la ferme, et à cultiver, jusqu’à nouvel ordre, deux acres de pommes de terre. ILest inutile de dire que ces gardiens n’ont rien à garder, la maison éventrée et sans toit ne contenant rien, et que le propriétaire n’a d’autre but que de satisfaire, par cette combinaison, d’élémentaires sentiments de pitié.
La « tenancy at will » n’a pas en Angleterre produit tous ces mauvais effets, à cause de la présence du propriétaire sur ses terres et des liens d'affection nés entre lui et sestenanciers. En Angleterre le tenant at wrll,qui doit être averti 6 mois ou 1 an d'avance de son départ (1), est donc en général assez sûr de sa situation et Roscher cite ceux du duc de Northumberland qui ne craignaient même pas d'entreprendre de grandes améliorations. Mais il n’en est pas partout ainsi, même en Angleterre (Thornton), et souvent le tenancier cherche surtout à ne pas immobiliser de capital dans le fonds.