‹ Les Conséquences Économiques de l'AbsentéismeChapitre 8 sur 33 · GA · texte numérisé non relu

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ils en avaient seulement mal compris les conséquences, et voulaient leur opposer des remèdes contraires aux lois générales de l'économie encore ignorées. Ils ne considéraient aussi que les conditions économiques du momentetils n’ont sans doute jamais eu les prétentions généralisatrices prêtées à leur théorie et qui lui ont fait beaucoup de tort. Ils se sont enfin trompés en croyant qu'il était possible de déterminer administrativement quels étaient les échanges favorables et de soumettre sans inconvénients excessifs toutes les exportations et toutes les importations à un régime général, non point basé comme le protectionnisme sur la nécessité de protéger temporairement telles ou telles branches de la production, mais sur la prétention de réserver à un pays une sorte de monopole dans celles jugées les plus favorables.

Les écrivains dela réaction contre le mercantilisme en sont arrivés à nier implicitement la possibilité de l’absentéisme par l'échange. Dudley North ne voit que des avantages à l’échange et par suite à la pleine liberté des échanges. Boisguilbert combat justement le bullionisme, mais il a le tort de ne voir aussi que des avantages à la fréquence et à la multiplicité des échanges. Là où il a raison contre les mercantilistes, c’est quand il combat leurs opinions sur leblé et qu'il rappelle que son coût de production est loin d’être négligeable. IL demande la liberté d'exportation pour en relever le prix. N'y avait-il pas une contradiction dans le colbertisme qui voulait exporter les produits qui coûtent le moins à produire, relativement à leur valeur d'échange, et, qui, considérant comme tels les produits manuacturés, entendait maintenir ce bas coût de production grâce au bas prix du blé qui coûte cher à produire? C’est relever le coût réel de production des produits manufacturés, et annihiler les conséquences cherchées. Ce bas prix du blé cache une grosse dépense nationale, qui pourrait être moindre si l’exportation venait apporter des ressources aux cultivateurs qui ne

re seraient plus à charge aux autres classes. Boisguilbert ne demande d’ailleurs que le rétablissement d’un prix compatible avec le bon état de l’agriculture.

Dans la réaction contre le mercantilisme, on a oublié presque totalement les conséquences de l’absentéisme par l'échange. Tandis que les mercantilistes les avaient vues, mais les avaient exagérées et dénaturées tout en commettant d’autres erreurs plus graves et moins excusables, en tout cas très faciles à relever la plupart des physiocrates, des « ‘philosophes », rejettent tout des théories précédentes.

Il faut cependant ici citer les maximes 23 et 24 de Quesnay :

23 : « Que la nation ne souffre pas de perte dans son commerce « avec l'étranger, quand même ce commerce serait profitable « aux commerçants ; car alors l’accroissement des fortunes des « commerçants ferait dans la circulation des revenus un retran- « chement préjudiciable à la distribution et à la reproduction ».

24 : « Qu'on ne soit pas trompé par un avantage apparent du « commerce réciproque avec l'étranger, en jugeant simplement « par la balance des sommes en argent, sans examiner le plus « ou le moins de profit qui résulte des marchandises que l’on a « vendues et de celles que l’on a achetées, car souvent la « perte est pour la nation qui reçoit un surplus en argent ».

L’échange devient plus tard une loi providentielle et infaillible ; il n’en saurait résulter que du bien pour l’univers en général et chaque pays en particulier. Les philosophes avaient raison de le regarder comme une immense source de richesses, mais cependant tort de nier qu’il pût conslituer,en certains cas, une perte pour un pays déterminé. « À côté de cette doctrine du « cosmopolitisme humanitaire, il y a celle du cosmopolitisme « mercantiliste d'Adam Smith (1) ».

Ce n’est pas ici le lieu d'analyser une fois de plus les théo-

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