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double mérite d’être parfaitement juridique et de répondre pleinement aux nécessités sociales.
Au point de vue juridique ce ne sont point les arguments qu'invoque M. Wahl qui déterminent notre conviction.
M. Wahl invoque un argument d’analogie. La preuve que nous pouvons intervenir dans les affaires d’autrui sans y avoir un intérêt propre c’est que le législateur a admis la gestion d'affaire. D'ailleurs, à supposer que l’immixtion dans les affaires d’un tiers fut interdite, c’est, comme dans la gestion d'affaire, celui-là seul dont l’affaire a été gérée qui pourrait se plaindre. Si donc quelqu'un pouvait se plaindre de l'intervention d'un tiers dans une grève ce ne pourrait jamais être que les ouvriérs en faveur de qui cette intervention s’est exercée, mais jamais leur patron.
Cette assimilation de l'intervention des tiers dans une grève au cas de la gestion d’affaire nous paraît singulièrement inexacte.
En effet, la gestion d'affaire intervient en matière de propriété. Faisant l’application de ce principe d’éternelle justice que « nul ne doit s'enrichir aux dépens d’autrui » la loi accorde à celui qui a fait des débours dans l'intérêt d’un autre le droit de lui en réclamer le remboursement. Elle fait plus, et la gestion d'affaire pouvant rendre au propriétaire les plus grands services sans nuire à qui que ce soil, la loi, afin d'encourager le gérant, le considère comme une sorte de mandataire, le décharge vis-à-vis des tiers et leur donne une action directe contre le propriétaire pour les contrats passés par lui.
Ici, rien de semblable. Nous sommes en matière de contrat, l'appui donné à l’une des parlies nuit par le fait même à. l'autre. De ce que les ouvriers acceptent le concours qui leur est offert et qui est avantageux pour eux il ne s’ensuit pas logiquement que le patron à qui ce concours est nuisible ne puisse réclamer. Lorsqu'il s'agissait de gestion d'affaire le propriétaire seul pouvait refuser le concours parce que lui seul pouvait en éprouver un préjudice, mais dans le cas qui nous occupe, celui qui éprouve un préjudice c’est nécessairement celui contre qui le concours est dirigé et il serait
1, Article précité. er