‹ Les consommations de ParisChapitre 11 sur 163 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

> § 4. — HoaTeineBl de 1a ]p*pa|alloB«

Une étude du mouyement de la population par les naissances^ les mariages et les décès, est une introduction nécessaire à tout exposé ayant pour objet de faite connaître la population générale de Paris, constatée par les dénombrements. . Cette étude d'ailleurs peut seule fournir les éléments servant à déterminer, d'une manière approximative, l'état numérique de la population dans les temps anciens.

Bien que les registres de l'état civil dont la rédaction était confiée autrefois aux ministres du culte, n'aient pas été tenus constamment avec la régularité pratiquée de nos }ours, ils offrent cependant une base positive qu'on peut' adopter avec quelque confiance. Les relevés faits pour Paris, sur les registres de cette ville, à partir du règne de Louis XIV, peuvent nous procurer des renseignements exacts sur le mouvement annueL des naissances, des mariages et des décès. Nous en donnons le résumé par période décennale, à partir seulemait de 1750,

. nMSSANGBS; MARIAGES.

Moyenne anmieUe. Moyenne aoaoelle. Moyenne annaellè* 1750 — 1759^ 19,214 4,398 19,093

FÉftIODBS ' nAISSAMCBS. MARIAGES. DÉCkS.

Moyenne annuelU. Moyenne ennaelle. Moyenne ennoelle.

Si Ton étudie avec scia les divers éléments qui composent ces nombres, on peut dégager des résultats importants.

D'abord, en ce qui concerne les naissances, on remarque que chaque dénombrement constate une légère diminution de leur nombre, par rapport à la population.

Dans la période 1817 — 1831, il y a 1 naissance sur 26,87 hab.

' Eu égard au nombre des naissances, celui des enfants naturels tend à décroître, et au contraire, on voit augmenter le nombre des enfants reconnus.

Proportion du nombre det enfante Proportion du nombre des enfanti naturels reoonnos

à celui des naissances. à celui des enfants naturels.

1 sur... 11.51

D'un autre côté, si Ton considère les mariages, à partir du milieu du dernier siècle, on les trouve de plus en plus nom* tureux, à mesure qu'on se rapproche de notre temps.

De 1750 à i760, on compte i mariage sur 131,06 hab. 1760 à 1770 — — 125,37

iw période. . . .

1 sur..

16 LES CONSOMMÂTIOlfS DR PARIS.

De 1790 à 1799 on compte i mariage sur 101,37 hab.

Il ressort de ces chifires que, tandis que le nombre des mariages augmente, celui des naissances semble se modérer, ce qui atteste une certaine atténuation de )a fécondité des unions légitimes et révèle, de la part des chefs de famille, une préoccupation évidente relativement aux moyens d^existence, et à l'avenir des enfants. On en trouve la cause dans les lois qui règlent le partage des successions et dont Feffet certain est de diviser de plus en plus les fortunes.

Le mouvement d*amélioràtion constaté par Taugmentatiôn du nombre des mariages» est confirmé pat les faits observés, en ce qui touche les naissances et les reconnaissances d'en» fants naturels. Les premières sont en voie de diminution, tandis que les secondes s'accroissent d'une manière notable.

Sans doute une ville telle que Paris offrira toujours aux méditations des penseurs, l'occasion fréquente de signaler plus d'un exemple de dégradation et d'immoralité; en présence de l'ensemble des faits qui viennent d'être exposés, il serait difficile cependant de méconnaître le progrès moral qui s'est manifesté dans la masse de la population.

^ nous étudions ce qui se rapporte à la mortalité, les résultats ne sont pus aussi satisfaisants.

Ce 1750 à 1760 on compte 1 décès sur 30,19 hab. 1760 à 1770 — — 29,31

De 1799 à ia09 OD compta 1 décès sur 29^06 bab.

1809 àJ817 — — 30,54

U Annuaire du bureau des longitudes fait remarquer qu'en Fraace, dans rinterralle de 1817 à 1852, le rapport de la population aux naissances va toujours en augmentant ; il est, pour la période 1817-1824, de 31,8; pour les. 36 années, 1817-1852, de 34,2 ; pour la dernière période, 1845- 1852, <Je 36,7. Le document en conclut que la durée de la vie moyenne, qui était de 31 ans en 1817, et de 34 ans, dixsept ans plus tard, est aujourd'hui de 36 ans. Bien que Tinfluenoe de Tépidémie cholérique dé 1849 ait pu affecter le chiffre indiqué pour la période de 1846 à 1851, il est positif que FaméHoration constatée, pour Tensembie du pays, ne s'est point fait sentir aussi complètement à Paris. Cependant, ainsi qu'on le verra plus loin, la mortalité a diminué dac» les hopin taux ; les travaux publics de toute espèce exécutés dans les divers quartiers de la ville, et les progrès du régime alimentaire ont, à coup sûr, rendu meilleure la condition des habitants. Mais, d'un autre côté, il ne faut pas perdre devueqîie, depuis trente ans, l'augmentation considérable du nombre des ouvriers a modifié profondément la composition de la population parisienne, et que, dans une grande capitale qui réunittant de vices et de misères,tant d'existences déclassées et dégradées, où régnent tant de causes destructives, la mortalité doit recevoir, chaque année, un contingent exceptionnel qui réagit-sur les calculs s' appliquant à l'ensemble de la population.

Il n'en est pas moins établi, par les chiffres des trois dernières périodes, et en ayant égard à l'influence de Tépidémie

cholérique qui a sévi en 1849, que si la durée de la vie moyenne ne s'est pas prolongée dans la capitale, comme dans l'ensemble du territoire, elle y a néanmoins une tendance marquée à l'accroissement.

Nous ne constatons non plus aucune amélioration en ce qui

touche les morts-nés et les morts violentes.

Proportion Proportion

du nombre des morts-nés des décès par mort violente

à celui des naissances. au nombre total des décès.

1817-4831 1 mort-né sur 17,67 naiss. 1 mort violente sur 32,98 déc.

Quelles que soient les circonstances exceptionnelles et les causes occultes qui puissent influer, en plus ou en moins, sur les calculs du genre de ceux-ci, l'ensemble des faits révélés par rétude attentive du mouvement de la population, atteste des progrès très-sensibles dans les conditions de la vie morale et matérielle de l'habitant de Paris.

§ 9. — PopnlailoB générale.

Lorsqu'il s'agit de rechercher quelle a pu être, aux anciennes époques, la population de Paris, il convient de n'accepter qu'avec la plus grande réserve, les indications recueillies par les auteurs qui se sont occupés de la capitale. Elles ont en général pour origine, soit des données inexactes empruntées à la tradition, soit des calculs basés sur des éléments mcomplets ou même erronés.

Les documents officiels eux-mêmes ne méritent pas toujours une entière confiance. Si l'on s'en rapportait à la statistique générale publiée par le ministère du commerce, la population de Paris aurait été :

LA P6FULA110lf. Ift

En 1790, d*aprèB les dënombrements des intendaste, de TiùjMi bék* 1762^ d'après les dënombremeals individuels el ceux

des feux, de 600,000

1784^ diaprés le nombre moyen des naissances an-

Dwlles, de 6S0;0O0

1601, d'après le dénombrement de celte anoée^ de.. HT ,7^6 1806, — — de.. 680,609

Dans une autre partie consacrée spécialement mxx tiltes, la statistique enseigne que la population de Paris aurait été :

En 1789, de 524,186 hab.

1801, de 546,856

1811.de 622,636

Ce qui frappe tout d'abord dans ces chifiTres, c'est leur io- Traisemblance. Paris qui, d'après les documents législatifs de Tépoque, ne comptait, en 1790, que 600,000 âmes, et 713,966 en 1817, d'après un recensement nominatif ^uq pou« Tait en avoir 720,000, cent dix-sept ans plus tôt. La statiaU^* que mentionne des dénombrements qui n'ont jamais eu lia^i ceux de 1806 et de 1826, par exemple. S'il y en a eu un^ tti 1801, rien n'indique qu'il ail été opéré dans de bonnes cou* ditîons; du moins il n'en est pas question dans la statistique de la Seine, document très-estimé. Nous remarquons aussi le défaut d'accord des chiffres donnés en deux endroits différents pour la même année 1801, et l'inexactitude de l'indication du recensement de 1817, porté à la date de 1821. Toutes ces imperfections montrent assez que les renseignements rassemblés dans le volunie auquel nous les empruatons, n'ont pas été soumis préalablement à un examen sévère*

C'est seulement à partir du recensement de 1817, que ton peut considérer comme vrais, les chiffres qui déterminent' la population. Pour P^s, la StaHstiquê dû la Seim expliqMi qu'il ne faut accorder confiance qu'aux résultats fonirnis par

20! LES CONSOMBIÀtlOHS .DB ÎPARIS.

deft. dénombrettieiiis nomiBatifs, exécutés dians un court éélai et d'après une méthode rigoureuse. Nous exposerons plùsièin les chiffres qui se rsjpportent aux six déuom'brçments.qui^^epuis 181 7, ont constaté la population de Paris; Mais nous donnerons d'abord quelques indicatiotis sur les époques pté(iédëntës. . Lorsque Lavoisier^ dont l'autorité ne sera contestée ]^ar per^nnei ^ ^oulu se rendre wmpta de) l'état deJla pppulatipn ayant i;7$9» il a,; isuiyani; le: i»ode pratiqué a^aiit lui p^iMesri sance^ pris pour base de ses calcuk, la moyenne des naissances multipliée par 30, et il a trouvé que, dahs les années qui ont précédé la RéyoïutionV Paris devait compter environ 600,000 habitants. Il est démontré, en effet, que, pour des é|k)iqties'où le mouvement des pb^JulatioùS n'ëtaitpafe, à.besmcôup près, aussi actif que de nos joUrSila rtiettiode dé LâvOÎJ slër, en Fàbsencé dé renseignemeilts( pôsîiift', peut fournir stfr' la* population de Pa'ris, les données les. plus rapprochées 'iié la Vérité. Appliquant cette méthode aUi périodes pôUrilèfr' qtieites le noihbre des naissances nous est connu, nouë aVoos' oalculé que Paris devait compter :! . ' • ' I '» / ;; • >

Eèr 1675, d'après la moyenne des taiàsancés^ depuU ^610, 54^,480 hl

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