‹ Les consommations de ParisChapitre 136 sur 163 · CO · texte numérisé non relu

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l'eau kt la glagb. 423

Les 877,267 hectolitres employés chaque jour pour tous les usages, correspondent à 4,570 pouces seulement, et fournissent 83^'^', 29 par individu en moyenne. Si la quantité de 100 litres par habitant est, comme l'assurent des hommes compétents, Texpression des besoins dans tes grandes villes (1), on serait à Paris bien ja*ès d'.atteindre à la perfection .sous ce rapport, puisque le supplément que les consommateurs sont encore obligés de demander à Fëàu plus ou lûôins salubre des puits, serait 4e moins de deux dixièmes des .qu9ntité& né^ cessaires.

En réalité, ce déficit peu considérable porte tout entier sur les eaux destinées aux usages privés, et il se réduit chaque année, à mesure de l'augmentation croissante du nombre des prises d*eau destinées aux services particuliers (2).

Ces services, si on les considère séparément, absorbent au» jourd'hui environ 209,100 hectolitres qui se répartissent comme il suit, entre les divers emplois :

(1) Dans Tarticle Eau^ du Dictionnaire de Téoùnond$ pcUtiquB^ M. l'ingénieur Dupuit s'exprime ainsi : « On évalue la consonimation habituelle d*une ville à 100 litres par jour et par habitant» c^esl-àdire que, quand une ville peut disposer d'une pareille quantité d'eau, elle n'eu manque ni pour ses usages privés, ni pour les usages industriels, ni pour les usages publics, p

(2) Le produit des concessions d'eau^ qui n'était que de 170,003 fr. éa 1831, et de 408,316 fr. en 1841, s'est élevé, en 1851, à 829,994 fr. et à 1,004,461 fr. pour Tannée 1854.

LES CON^MMAflokS DE PARIS.

QUANTITÉS d'eau DISTRIBUÉES PAR LE SERVICE DES CONCESSIONS DE LA VILLE DE PARIS.

DESTINATION

NOMBRE

PKlSKt l»*tiO.

QUâ'NTITÉS

d'cav ■■PLOTKKl.

Habitations

Établissements industriels. . ...

Lavoirs (!)

Bains (2)

Établissements hospitaliers. . • •

Établissements de TÉtat

Établissements du département.

Établissements de ia ville.

heetol.

Totaux.

ILbéb

Les détails qu^on vient de lire permettent sans doute de cpnceYoir une idée générale de l'importance des diverses con-

(1) IL y a à Paris (Voyez Rapports sur les bains et lavoirs publics)^ savoir :

Dans la Tille •! lavoim et buanderies eontenant 5,176 plaeet.

Sar la Seine 64 bateaux^laToin oon^enant. 4,,. f ,486

Sur le canal SUMartin. 17 bateaux- lavoirs contenant.... 482

TOTÂVS.

172 établisiements contenant 8,244 places.

(2) Le nombre des bains distribués annuellement dans Paris est^ d'après les mêmes documents et de nouveaux renseignements recueillis par nos soins, de 2,778,400, savoir :

(121 établissements de la ville, donnant chaque année. . . • 1,818,500 hains. 4 établissements sur la rivière, donnant chaque année. 550,000 5 hôpitaux et hospices (service externe), idem 109,900

Bains froids. !

2,278,400 bains.

21 établissements sur la Seine et sur le canal Saint- Martin, pouvant donner en été

Total pour les bains chauds ou froids. . . 2,778,400 baiai.

l'eau ei^ la glac£. 425

sommations d'eau dahâ h. ville de Paris ; mais on ne saurait y trouver des notions assez précises sur les quantités qui s'appliquent aux usages domestiques.

Depuis longtemps, l'administration a adopté, pour la* fixation du prix des abonnements aux eaux municipales, les bases ci-après :

Par personne 20 lit. »

Par cheval 75 »

Par chaque voiture de luxe à 2 roues .... 40 »

. Par chaque voiture de luxe à 4 roues. . . 75 »

Par chaque mètre carré de jardin ... 1 50

Pour établir ces calculs, on paraît avoir réuni aux quantités distribuées dans les maisons d'habitation ou débitées par les fontaines marchandes, celles qui s'écoulent par les fontaines de puisage, et le quart de celles que les bornes-fontaines versent sur la voie publique. Ce mode de procéder, eu égard à l'évaluation qu'il s'agissait de faire, peut être à l'abri de toute critique. Cependant il nous semble que lorsque l'on a à rechercher quelle est à Paris la, consommation domestique bornée aux besoins intérieurs des ménages, il convient d'adopter des données moins générales, et de préciser davantage les sources qui alimentent cette consommation spéciale.

L'eau dont on fait usage dans les ménages parisiens provient 1^ des fontaines de puisage gratuit, et des fontaines marchandes où les porteurs d'eau de la ville viennent la prendre, pour la transporter au domicile des habitants ; 2"* d'une partie de ce que. le service des concessions distribue dans les maisons d'habitation ; S'* enfin des quantités que rétablissement de filtrage du quai des Célestins livre aux consommateurs. Quant à l'eau des puits, on s'en sert tout au plus pour l'arrosage des jardins et les lavages de propreté.

Excluant les quantités qui s'emploient pour les industries,

426 LES CONSOllMAsTIONS DE PARIS.

lesÈheTaux et lesTratures, pour le la-vage des cours et l'arrosage dés jardins, et bornant le calcul aux eaux nécessaires aux ménages, c'est-à-dire à celles qu^on q>pUque.à la boisson, au nettoyage et à la •coction des aliments ainsi qu'aux soins de la toilette, nous estimons qu'il n'est pas impossible de se rendre compte du volume de l'eau dépensée quotidiennement en vue de ces tisages. Pour y parvenir, on doit, à . notre avis, réunir à la moitié des eaux proyenant dés fontaines de puisage et.au quart des quantités afférentes aux concessions^ la totalité de celles qui sont distribuées par les fontaines marchandes et par l'établissement particulier du quai des Célestins. Or ces quantités coniposent un débit journalier de 88,178 hectolitres, savoir (1) :

Fontaines de puisage, moitié * . . . 23,127 hectoi.

Fontaines marchandes, la totalité 4 i ,6^

Concessions particolières» le quart 52,275

Établissement du quai des Gélestins , la totalité , ; M61

C'est piour chaque habitant 8"»-, 37 par jour et 3,055 litres par an. Nous avons lieu de penser, d'après les informations que nous avons prises, que ces chiffres donnent la mesure de la consommation moyenne dans les ménages parisiens.

Cet exposé de nos ressources hydrauliques serait incomplet, si, dans un ouvrage qui a l'alimentation pour objet, nous nous abstenions de parler de la qualité relative des différentes eaux distribuées à Paris.

Sans doute, nous n'avons point à nous préoccuper ici du soin de déterminer chimiquement le nombre et la proportion

(1 ) L*eau ne se boit pas seulement à Fétat naturel ; on en consomme

de notables quantités sous forme d*eaux gazeuses. Il existe à Paris

^ plusieurs établissements qui fabriquent Teau de Seltz artificielle.

L'établissement du quai des Gélestins, à lui seul, n'en vend pas moins

d^un million de bouteilles.

l'eau ST la 6LACE. 427

exacte de tous les éléments qui concourent à la composition de ces eaux ; cette tâche n' est pas de notre domaine^ et nous ne pouvons à cet égard que renvoyer nos lecteurs aux travaux spéciaux sur la matière (1). Mais il nous semble qu'en dehors de l'appréciation scientifique réservée à d'autres, la question pratique des eaux de la capitale peut se réduire à des termes fort simples.

En général la valeur intrinsèque d'une eau de source ou de rivière, est en raison inverse de la quantité de chaux et de magnésie qui s'y rencontre, et, pour des usages déterminés, en raison inverse seulement des quantités de ces bases qui ne s*y trouvent pas à l'état de bicarbonate.

Gela dit, nous croyons pouvoir établir les propositions suivantes : .

L'eau du puits artésien de Grenelle est la plus pure de toutes les eaux qui se consomment dans Paris ; mais elle n'ali» mente qu'un très-petit nombre de quartiers.

L'eau de Seine est bonne et salûbre; les nombreuses analyses qu'on en a faites depuis trente ans, démontrent l'invariabilité de sa composition.

L'eau dé TOurcq serait de bonne qualité, si les affluents qui viennent s'y joindre, n'altéraient sa pureté primitive; bien qu'on, pubse en boire sans trouble sensible dans les fonctions animales, nous n'en conseillerions jamais qu'un usage temporaire et limité.

L'eau d'Arcueil contient plus de sels calcaires que l'eau de Seine, mais l'absence presque complète de matières orga«< niques constatée par l'analyse, doit la faire considérer comme une bonne eau potable ; sa saveur est franche et agréable^ sa

(1) Voyez notamment les écrits de MM. Boutron, Heqn et Boudet, et un rapport de M. Belgrand, annexé an mémoire déjà cité de M. le préfet de ]a Seine.

limpidité toujours parfaite, sa température identique et sa composition invariable.

Quant aux eaux séléniteuses et crues de Belleville et des Prés Saint-GervaiSy elles sont, presque autant que celles de la Bièvre, impropres à la boisson, et elles sont tout au plus utî* lisables pour les besoins de certaines industries.

Il résulte de ce qui précédé, que le service des eaux de Paris, convenablement doté sous le rapport de Fabondance, réclame cependant une plus grande quantité d*eau potable, et une répartition proportionnelle et mieux ordonnée de toutes nos ressources hydrauliques, dans les différents quartiers. L'administration municipale veut combler cette lacune : elle songe à utiliser, au profit de la capitale, des eaux pures dont la source est en Champagne, aux environs d'Épernay. Ce projet, qui s appuie sur de savantes expériences et que le document officiel déjà cité a exposé avec un véritable attrait, n'est jusqu^à présent qu'une théorie ingénieuse dont Tétude qui se poursuit démontrera la valeur : difficultés d*exécution, chiffre probable de la dépense, qualité durable des eaux, leur volume toujours abondant, leur régime identique dans la saison d'étiage, toutes ces questions restent naturellement à résoudre. Si le résultat des études définitives ne vient pas confirmer pleinement les espérances qu'on a conçues, l'attention des hommes spéciaux chargés de cet important travail, se reportera sans doute sur un autre projet qui a aussi ses côtés séduisants, auquel Tadministration elle-même ne parait pas avoir renoncé, et qui se recommande d'ailleurs par des succès constatés. On a vu que l'eau du puits de Grenelle ne laisse rien à désirer quant à sa pureté et à ses. propriétés assimilables; la nappe souterraine qui Falimente remonte jusqu'à Vitry-lcrFrançais. Dès lors son épuisement n'est point à craindre, et de nouveaux forages ne sau-

l'eau et ia glace. 429

raient ea altérer le régime. Si Ton se décide à adopter le système d'ane double conduite pour les eaux destinées aux usages puUics ou privés, il semble que le problème cherché trouverait une solution économique dans le forage, sur les plateaux de Paris, de quelques puits artésiens. L'eau qu'ils verseraient des sommets qui dominent la ville, réunie aux eaux de Seine, et, s'il était nécessaire, à tout oiî partie des eaux d'Arcueil, remplacerait Feau deTOurcqdans l'usage alimentaire, et permettrait d'affecter celle-ci exclusivement au jeu des fontaines monumentales, ainsi qu'à Tarrosement et au lavage des voies publiques. Certes, l'inconvénient attaché à la nécessité de faire rafraîchir en été dans les réservoirs, les minimes quantités d'eau destinées à la boisson, serait plus que compensé, par l'avantage de mettre à la disposition des habitanls, une eau d'une pureté absolue et constante, éminemment propre à tous les usages alimentaires et domestiques. L'expérience que le percement du puits de Grenelle a si heureusement inaugurée, et qui se continue sur les hauteurs de Passy par un forage d'un plus grand diamètre, éclairera bientôt d'une nouvelle lumière la science et l'administration, dans les recherches pleines d'intérêt qui les occupent en commun.

L'eau ne se consomme point seulemçnt à l'état fluide ; lorsque, par l'effet de l'abaissement de la température, elle se congèle dans les étangs ou dans les rivières, on l'y recueille sous forme de glace, et on l'emmagasine pour lés usages divers auxquels elle peut s'appliquer.

Les glacières qui approvisionnent Paris sont au nombre de 40 ; la société des glacières réunies de Saint-Ouen, Gentilly et dépendances, en possède à elle seule 30, qui peuvent con-

430 LES CONSOMMATIONS DB PA&tS.

ienir ensemble 20 millions de kilogrammes de glace. Pendml les hivers à douce température, lorsipie la glace fait défont dans notre dima^ algne-l'approTisionnement des g^ièr^ est épuisé, leconunerce en gros tire de la Norwége les quantités de cette substance nécessaires à la capitale.

On évalue la consommation de Paris, en temps ocdinairei à environ 7,500,000 IdL dont les deux tiers se consommât en été, et le surplus dans la ssdson d'hiver.

Sur cette quantité , les glaciers emploient annuellement 2,500,000 kil. de glace, pour la préparation des produits de leur industrie. Il reste donc, pour Fapprovisionnement des restaurateurs et des limonadiers, des maichands de poisson et de volaille, 5,000,000 kil. qui servent tant à Tusage alimentaire, qu'au rafraîchissement de Peau et à la conservaticm des denrées.

Les 7,500,000 kil. de glace, consommés annuellement à Paris, donnent, pour chaque habitant, 7'^% 12 en moyenne.

S a« — rite de V9mm «4 de la gleee

Âl)Ooii«iDenft an eanx de la ville. Poar I heelol. par jow.

ftau de Srtae, des smirces» et da puits artésien. 10 fr. Eau de TOorcq 5

D n'est pas accordé d'abonnen^Qt au-dessous de 100 fr., pour les premières eaux, et de 75 fr., pour les autres. L'administration consent des prix réduits, à l'égard des eaux destinées aux lavoirs pubUcs, ou dont la fourniture journalière excède 50 hectolitres.

Eau filtrée des fontaiiies marchandes, Thectol. 9 ç.

Les porteurs d'eau vendent cette même eau et ceUe qu'ils puiseï^ gratuitement aux fontaines publiques, au prix de 10 cent, la voie de 20 litres. C'est également le prix de vente

l'eau et la glace. 431

de l'eau filtrée provenant de rétablissement particulier du quai des Célestins.

Prix de la glace en temps ordinaire, les 100 ktl . 4 iV. 80 c.

Le prix moyen de la glace, calculé sur une période décennale finissant en 1854, a été de 7 fr. les 100 kil., parce qu'il y a eu, depuis 1845, quatre hivers sans glace.

Le droit d'octroi récemment imposé sur la glace a eu pour effet d'augmenter le prix de revient de cette substance.

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