PARIS
BA{iU£UE.
av^obr ou abanHons sur la voie publique.
ZOTAU
Hmo. ..
On remarquera la décroissance des admissions , surtout dénsles années 1852 et i853. Elle tient à ce que, sans affeciaren rien les facilités offertes aux familles, l'administration a prescrit un mode d^admission des enfants à l'hospice, et une surreillance du tour cpii, en respectant la Tolonté des mères^ ont pour objet de réunir quelques indices sur les causes du délaissement, et par suite de mettre des secours à la disposition des infortunées auxquelles la misère seule conseille Fabandon dehors enfftnts. Plus d'une mère sans ressources ou d'une fi]le<-mère a profilé de ces oflFres^ et conservé avec bonheur de paurres créatures qui allaient être délaissées pour jamais. La morale troute son compte dans ces discrètes investigations et dans cetté^asmtance généreuse, car en permettant aux mères de s'abandonner au sentiment si naturel d'affection qui anime beaucoup d'entre elles, elle assure un état aux nouveaux nés et, par cette bienveillante intervention qui donne à la mère VoccaBicMi de se relever, elle prépare les voies à plus d'un ma-
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riage réparateur. Ce nouveiiu mode a sans doute soulevé bien des critiques ; on a prétendu qu'en faisant obstacle aux libres abandons,. il augmenterait le nombre des infanticides et des délaissements sur la voie publique. Mais cette prédiction ne s'est pas réalisée , et , si le temps vient conûrmer les résultats obtenus, pendant deux années d'application, on se convaincra que le système d'qne surveillance tempérée dont le but est tout humain, n'entraîne aucun inconvénient assez sérieux pour qu'on doive y renoncer^ On nous opposera sans doute les chiffres de l'année 1854, qui constatent une sorte de recrudescence dans le nombre des enfants tombés à la charge de l'assistance publique. Mais nous ferons remarquer que l'augmen* talion du nombre des abandons doit être attribuée sans doute à la cherté des subsistances, qui rend plus difficile l'existence des filles isolées à Paris. Pour ces femmes qui n'ont souvent d'autres ressources qu'un travail insuffisant, la misère a un double effet : elle les porte à céder plus facilement aux excitations de la débauche, et plus tard encore, elle devient un obstacle à la satisfaction du sentiment maternel. Ce n^estpas, à coup sûr, le système pratiqué en 1 852 et 1 853 qui a produit, en 1854, l'augmentation du nombre des abandons au tour et sur la voie publique, car depuis plus d'une année, l'incertitude survenue sur la direction des changements à introduire dans la législation des enfants trouvés, en a comme suspendu l'application. Il serait utile au plus haut point, de pousser plus loin l'expérience, afin d'éclairer cette matière encore envi^ ronnée d'obscurités, et de démontrer comparativement les avantages ou les inconvénients des deux systèmes. Si Ton en revient définitivement au mode qui suppose l'absence de toute intervention aussi bien que de toute surveillance, il sera indispensable qqe le Gouvernement désigne les lieux où des tours devront rigoureusement demeurer ouverts. Ce serait sans nul
doate, le seul moyen de remédier, dans une certaine mesure^aux abus qui pèsent aujourd'hui d'un poids devenu insupportable, sur les départements les plus populeux.
D'après un calcul fait sur les années i 849 à 1 853, le département de la Seine entretient en moyenne 14,093 enfants placés tant à l'hospice qu'à la campagne. C'est 1 enfant assisté sur 101 habitants, tandis que, pour le reste de la France, le rapport du nombre des enfants trouvés à la population, est del à 349.
Indépendamment des 14,093 enfants à la charge du départementde la Seine, on en compte 8,092 hors pension, c'est-àdire âgés de plus de 12 ans. L'administration a donc sous sa tutelle un personnel de 22,185 enfents, dont 597 à Paris et 21 ,588 à la campagne.