‹ Les conspirateurs en Angleterre, 1848-1858;Chapitre 5 sur 10 · FUSILLER · texte numérisé non relu

FUSILLER

La Banque de France supprimée» ses capitaux saisis; la guerre déclarée à FEurope, à toutes les royautés; la Société remaniée de fond en comble; la misère partout; la terreur organisée ; voilà ce que prétendent faire les conspirateurs ; voilà ce qu'ils rédigent d'avance en forme de décrets, ce qu'ils numérotent froidement en forme d'articles de loi.

Voilà bien les horreurs qu'on médite ; voilà bien ce qui ferait descendre la France au rang des nations les moins civilisées de FÂfrique, s'il était jamais possible que les populations se laissassent surprendre par ces horribles désorganisateurs de la société.

Voilà enQnce dontsontcoupablesles meneurs rouges. Voilà ce que tant de gens taxaient d'accusations injustes, de déclamations exagérées ;

la Némésis s'est chargée de prouver aux incrédules et aux naïfs, qu'il n'y a point contre les révolutionnaires socialistes d'accusations injustes, qu'il n'y a rien d'exagéré dans tout ce qu'on peut dire d'effroyable sur leurs affreux projets.

Dans le même temps, un journal monarchique, Y Ami du Peuple, publia un article intitulé :

La crête de la Montagne,

ainsi conçu :

« Oui, il y a parmi les représentants du peuple qui siègent à la Montagne plusieurs ci* fot/ew« qui professent, et ne s'en cachent nullement, V Athéisme, le Matérialisme, V Assassinat, le culJe de la guillotine.

jf Ceci n'est pas une calomnie. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire leurs écrits et les discours qu'ils ont prononcés dans les clubs. Et

d'ailleurs> si quelquefois^ dans leurs discours

publics, ils couvrent d'an voile hypocrite leurs desseins sanguinaires, ils ne se font pas faute, dans leurs conversations particulières et dans leurs effusions intimes, d*avouer quils sont des hommes de spoliation, de terreur et de carnage.

« Un représentant montagnard, un de ces hommes étiques, rabougris et laids, qui exècrent tous ceux qui sont moins étiques, moins rabougris et moins laids qu'eux, le Sancho Pança de M. P.-J. Proudhon, M. Greppo, puisque enfin il faut rappeler par son nom, se trouvait par hasard, hier, en assez bonne compagnie, où Ton ignorait qui il était.

y> Une discussion politique s'étant engagée, M. Greppo^a prononcé ces paroles :

— « Lors de la prochaine, de la désirable colH'sion qui doit inévitablement s'engager, nous entrerons dans tontes les maisons, nous nous emparerons de tous ceux qui nous seront signalés comme réacs^ nous les traînerons dans la rue et nous les fusillerons sur le pavé, à la porte de chez eux! »

« Si ce que nous avançons n'est pas vrai, que M. Greppo, hélas I représentant du peuple, nous intente un procès en calomnie.

y>\] ne faut paf; que la vérité soit étouffée. )» Vantez-vous donc d'être républicain, après

àé tels discours I

On avait encore publié dans VAmi du Peuple

(numéro du 27 juin 1850), Tarticle suivant :

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