FUSILLER
La Banque de France supprimée, ses capitaux saisis ; la guerre déclarée à l'Europe, à toutes les royautés; la Société remaniée de fond en comble; la misère partout; la terreur organisée ; Yoilà ce que prétendent faire les conspirateurs ; voilà ce qu'ils rédigent d'avance en forme de décrets, ce qu'ils numérotent froidement en forme d'articles de loi.
Voilà bien les horreurs qu'on médite ; voilà bien ce qui ferait descendre la France au rang des nations les moins civilisées de l'Afrique, s'il était jamais possible que les populations se laissassent surprendre par ces horribles désor- ^anisateurs de la société. m
Voilà enfin ce dont sont coupables les meneurs rouges. Voilà ce que tant de gens taxaient d'accusations injustes, de déclamations exagérées :
la Némésis s'est chargée de prouver aux incrédules et aux naïfs, qu'iln'y a point contre les révolutionnaires socialistes d'accusations injustes, qu'il n'y a rien d'exagéré dans tout ce qu'on peut dire d'effroyable sur leurs afireux projets.
Dans le même temps, un journal monarchique, Y Ami du Peuple, publia un article intitulé :
La crête de la Montagne,
ainsi conçu :
« Oui, il y a parmi les représentants du peuple qui siègent à la Montagne plusieurs ci'toyens qui professent, et ne s'en cachent nullement, V Athéisme, le Maténalisme, Y Assassinat, le culte de la guillotine,
» Ceci n'est pas une calomnie. Il suffit, pour s en convaincre, délire leurs écrits et les discours qu'ils ont prononcés dans les clubs. Et d'ailleurs, si quelquefois, dans leurs discours
publics, ils couvrent d'un voile hypocrite leurs desseins sanguinaires» ils ne se font pa^ faute, dans leurs conversations particulières et dans leurs effusions intimes, d'avouer qu'ils sont des hommes de spoliation» de terreur et de carnage.
« Un représentant montagnard, un de ces hommes étiques, rabougris et laids, qui exècrent tous ceux qui sont moins étiques, moins rabougris et moins laids qu'eux, le Sancho Pança de M. P.-J. Proudhon, M. Greppo, puisque enfin il faut l'appeler par son nom, se trouvait par hasard, hier, en assez bonne compagnie, où l'on ignorait qui il était.
» Une discussion politique s'étant engagée, BI. Greppo a prononcé ces paroles :
— <c Lors de la prochaine, de la désirable collision qui doit inévitabtement s'engager, nous en^ trerons dans toutes les maisons . nous nous em. parerons de tous ceux qui nous seront sigiialés comme réacs^ nous les traînerons dans la rue et nous les fusillerons sur le pavé, à la porte de chez eux ! »
« Si ce que nous avançons n'est pas vrai, que M. Greppo, hélas ! représentant du peufde, nous intente un procès «a calomnie.
» Il ne faut pas que la Térité soit étouffée. » Vantez-vous donc d'être républicain, après
de t^ discours 1
On avait encore publié dans VAmi d»Peupk
(numéro du 27 juin 1850), Tarticle suivant :