LE PARTI DES ASSASS1IVS
«Souspeined'étreimbécile,infâmeet déloyal, le Peuple doit être avide de la vérité; la voici sur ce point :
a Le parti montagnard est un parti d'assassins, V Assemblée Nationale et Y Ami du Peuple ont toutes raisons pour Taffirmer.
Tf> Quant à nous, nous connaissons, siégeant i la Montagne, un très-grand nombre d'hommes partisans de l'assassinat. '
» Caussîdière le tueur, comme on l'appelait, s'était fait apporter, dès le lendemain du coup de main, du malentendu de février, un modèle de guillotine coupant onze têtes à la fois. Nul doute qu il n'en eût fait usage, si, au 15 mai, les rouges l'eussent emporté.
» Si quelque Montagnard ose nier, nous pu-
blierons le nom de Tiaventeur de cet aimable modèle.
» Car Y Ami du Peuple a toujours les preuves de ce qu'il avance.
» Pour nous, il est évident que, si le gouvernement n'est pas ferme, s'il ne prend pas une mesure de salut public, s'il recule devant un coup d'État qui nous sauvera, nous aurons l'échafaud sur nos places publiques.
» Allons, Louis-Napoléon! allons, faites table rase des Socialistes ! Ayez donc l'énergie de nous sauver!...
» Ah ! nous défendons bien aux Marc Dufraisse, aux Joigneaux, aux Greppo et tutti quanti^ de protester contre nous. »
VAmi du Peupletut assigné, d'après la plainte déposée en calomnie contre lui, à cause de ces deux articles, par le citoyen Greppo, communiste et représentant du peuple, siégeant à la Montagne.
«Des témoins — dit un journal dansson compterendu du procès — sont venus affirmer avoir entendu les abominables propos attribués au citoyen Greppo; aussi l'organe du ministère
public, dans son impartialité, a-t-il déclaré la preuve suffisamment faite.
y> Le jury a rendu, à l'unanimité, un Terdict d'acquittement et a ainsi ratifié l'accusation infamante portée contre le Sancho Pança de Proudhon. »
Eh bieni Greppo et Madier de Montjau, sou défenseur en cette affaire, où sont-ils réfugiés aujourd'hui? où peuvent-ils impunément tenir de pareils discours ? — Â Londres.
En protégeant les chefs des sociétés secrètes européennes, en se laissant aller au courant démocratique, au mépris des intérêts de l'Angleterre et contrairement à ceux de ses institutions, de son opulence et de sa force, on a donné asile au socialisme, qui n'a pas tardé de porter ses fruits.
Que les Anglais sachent donc bien qu'on ne peut jouer impunément avec le feu ; l'expérience nous apprend que les dompteurs de bêtes, les
Rêveurs do serpents, finissait toujours par d'af-- Freux et horribles mécomptes. Ua événemeat inattendu par ceux qui ne voient pas loin, préoccupait hier le public en Angleterre. Le choléra du socialisme chassé de France y éclata spontanément. M. Louis Blanc, qui a cessé d'être dangereux dans son pays, était devenu un personnage important en Angleterre. Lord Palmerston, comptant sur la justesse d'esprit et i^r le bon sens de John Bull, avait cru pouvoir accueillir à Londres ce socialiste ainsi que ses pareils venus de tous les points de l'horizon révolutionnaire; il les tenait en réserve contre le pape, contre le roi de Naples, contre Tempereur d'Autriche et même contre le gouvernement français, avec lequel il paraissait sympathiser comme il sympathisait avec Louis-Philippe, la veille du traité du 15 juillet 1840.
Et voilà que tout à coup le ponvoir lui échappe ! Ces torches qu'il espérait secouer sur le continent n'ont plus éclairé que sa chute et son
impuissance!....
Laissez lear prendre un pied chez tous.
Us en anroBt bientôt pris quatre.
Ainsi ont &it les réfugiés politiques en Angleterre. Si bien qne les Fergus O'Gonnor, les Cobden, les héros du chartisme et du libres échange ne sont plus devenus que des écoliers, des chefs sans autorité, des meneurs qu'on n'écoute plus. Les oracles des ouvriers anglais sont maintenant Mazzini, Louis Blanc, Ruge, Victor G)nsiderant, oui, même M. Considérant f f^ Fouriérisme, si risible en France, a fait de nombreux prosélytes dans la Grande-Bretagne.
Et pourquoi pas? Est-ce que cette Angleterre, si Tautée pour son bon sens, n a pas été la terre classique de toutes les sectes religieuses que Bossuet a stigmatisées dans son admirable histoire des Variatiims du protestantisme ?
Les conspirateurs de tous les pays y ont reçu l'hospitalité, non comme proscrits, comme malheureux, mais comme agitateurs, comme anarchistes. Dans ce pays qui se dit monarchique, qui respecte l'autoriié politique, même dans une femme, la royauté peut être attaquée avec fureur, et avec elle tous les princ!t>es conservateurs. On peut dire, imprimer devant le soleil, que la Terreur de 93 eut raison, qu'elle avait surtout pour but de mettre un terme aux
excès des ennemis de la république , de calmer la furieuse démence de la foule. On peut outrager le roi martyr et sa pauvre femme, cette Marie-Antoinette coupable d'avoir été reine»
dont on ne saurait lire la captivité, cette douloureuse agonie, sans se sentir le cœur gonflé et sans que les larmes de Tâme ne montent aux yeux... On peut avilir Tautorité et calomnier ses représentants ; on peut conspirer contre tous les principes de la civilisation.
Il y a quelques mois, les chartistes de Londres, réunis aux émigrés démocrates réfugiés, ont fêté l'anniversaire de la naissance de Robespierre. Le citoyen Nadaud et d'autres frères ont, à cette occasion, professé publiquement le socialisme.
Mais les réfugiés de Londres ne se contentent pas de parler ; ils agissent.
Favons-nouspas vu, tout récemment encore, le citoyen Kossuth, l'assassin hongrois, déclarer publiquement, en Angleterre, qu il se disposait à faire la guerre à l'Autriche?
N'a-t-il pas affirmé publiquement avoir amassé à cet effet des munitions de guerre en plusieurs pays de l'Europe?
N'a-t-on pas découTert, a Rotherhithe, aux portes de Londres, qu'on travaillait activement à Ja confection de projectiles de guerre ; que la fabrication était conduite avec le plus grand secret; qu'on y employait des ouvriers hongrois qui avaient été recommandés au fabricant, par qui?
ParRossutb!
Par cet homme de sang qui, à plusieurs reprises, dans des réunions publiques, en Angleterre et aux États-Unis, a solennellement déclaré la guerre & FAutriche, gouvernement allié de ces deux pays; qui, auxÉtatc-Unis, a acheté des munitions de guerre qu'il a déclaré publiquement destinées à servir contre l'Autriche ; qui dit, à qui veut Tenten Jre, avoir des magasins en divers pays, dont il dit excepter F Angleterre, ce à quoi personne ne croit, surtout depuis la découverte faite à Rotherhithe I
la neutralité de TAngleterre n'est-elle pas aussi bien violée quand le citoyen Rossuth y fait un magasin de munitions de guerre pour attaquer l'empereur d'Autriche, que si l'empereur d'Autriche faisait débarquer à Harwick un régi-
ment de chasseurs tyroliens pour s'^oiparer de Kossuth?
Quand nous disons que les réfugiésde Londres ont des ramifications, nous n'avançons rien qui ne soit prouvé jusqu'à la dernière évidence.
Quelque temps après qu'on eut découvert i Londres le magasin de munitions de guerre de Rotherhithe, la police de Berlin découvrit un complot démocratique.
Laissons parler la Gazette de Prusse, journal semi-officiel :
« La direction de la police avait depuis long* temps Toeî! ouvert sur une assaciaMan secrète établie ici, qui suivait le but de faire prévaloir les principes révolutionnaires à mam armée k la première occasion favorable, et, dans ce but, elle s'occupait de rassembler des armes et de les distribuer. Elle cherchait à se procurer des grenades (Ttandgrenaten), dont on eonnatt Teffica* cité dans les combats de barricades. De pareilles grenades ontetécommandéeset confectionnées, sous divers prétextes^ dans plusieurs fonderies» en petites quantités.
1» U y en avait beaucoup de commandées» ce« pendant, soixante pièoesseulement ont été trou*
yées. L'association de Beriin n^était pa$ isolée; elle entretenait des rapports suivis avec des associations étrangères. Plusieurs des chels de Tassodation avaient fait des voyages dans diverses villes de F Allemagne dans l'intérêt des meneurs du parti radical allemand , notamment à Ros* tock. Un homme marquant de rassociation fit plusieurs vayaiyes à Londres, où €n le vit se mettre en relatims intimes avee plu^ems réfugiés poktifues.
» Dans les visites domiciliaires et arrestations qai ont eu Uea ici, il y a quelques semaines, on i Rostock, on a non-seulement trouvé des quas^ tités considérables d'armes et de grenades, de fusées à la congrève, de la poudre et des munitions, en partie en paquets, en partie enfouies, mais encore on découvrit aussi que les conspixateurs avaient commandé à Londres des grenades en quantité considérable pour Berlin et Rostock.
» Le procureur Nœmer, M* Stiebel, direo teuT de la police et le lieutenant de police Goldheim furent envoyés à Londres pour prendre des renseignements. . . Là, ils parvinrent à constater que, d'après une commande faite à Ros-
tockdans une fonderie de Drury-Lane, plusieurs centaines de grenades devaient être confectionnées d'après un modèle, et que le prix avait été payé.
» Plusieurs caisses contenant 3,000 grenades qui allaient partie' pour r Allemagne, ont été saisies à Londres. Les fonctionnaires dont nous venons de parler ont des modèles entre les mains qui s'accordent parfaitement avec les grenades que Ton a trouvées en Prusse ; il les ont apportées à Berlin. Les correspondances originales des personnes inculpées sont également arrivées de Londres. Elles ont de l'importance, parce qu'elles tendent à démontrer qvs les grenades fabriquées à Londres étaient pnncipalement destinées aux complices de Bostock.
» Le procureur Nœrner s'est rendu avec ces correspondances à Bostock, où il a obtenu dans ces derniers jours des aveux très-étendus des personnes arrêtées : en sorte que le complot est établi clair comme le jour. » >
Ainsi, il est démontré clair comme le jour, comme le dit la feuille allemande, que les réfugiés politiques de Londres, au su et au vu de tout le monde, organisent des sociétés secrètes et des complots, fabriquent des armes et des munitions de guerre, dans le but incontestable de fomenter de nouvelles révolutions dans tous les pays de l'Europe. Nous n'avons pas dit autre chose.
Les faits sont venus à l'appui de tout ce que nous avons avancé.
Tout récemment encore, lord Palmerston a été contraint d'avouer, à la Cbambre des Communes, que, dans des perquisitions faites il y a quelque temps en Italie, on a reconnu des poigna7*ds de fabrique anglaise.
Nous verrons, à la fin, si cette odieuse complicité tournera à l'avantage de qui s'en rend coupable !..,
Le fait qui s'est produit dernièrement dan
certaines fabriques en Angleterre semble être le signal d'une coalition d'ouvriers. Il a rappelé, à s'y méprendre, et les doctrines du Luxembourg, et les prétentions des terribles ateliers nationaux de 1848.
C*est la doctrine du droit au travail se produisant dans toute sa crudité, par l'organe d^une association de plus de trente mille ouvriers, dont le gouvernement anglais ne soupçonnepeu t-être pas toutes les ramiQca tiens et affiliations. Elle se rattache, en effet, à Wniùn des ouvriers, c'est-à-dire à la famille entière des travailleurs dans la Grande-Bretagne.
Cet événement, avant d'éclater, avait été indiqué et signalé lots du passage dô Kossuth». et, avant cela, à T époque du voyage du maréchal Haynau en Angleterre.
Les brasseurs de M. Barclay auraient dû faire comprendre au gouvernement que la gangrène révolutionnaire avait fait du chemin dans ce pays de liberté ^
* Les démocrates fraternels de iottdres ont convoqué un meeting « pour rendre hommage à la conduite des brasseurs de M. Barclay f » et onvërt une souscription en faveur de ceux, qui seraient congédiés pour avoir pris part à ce bel exploit. Les-
Nous ne souhaitons certes pas h TÂngleterre d'être punie par où elle a péché, mais il est évident qu'elle dort sur un volcan
Bien avant qu'elle n'eût accueilli tous ces hommes turbulents, forcés de s'expatrier à cause de leurs menées révolutionnaires, on disait que tôt ou tard l'Angleterre subirait b conséquence d'une formidable agglomération d'ouvriers abrutis par un travail excessif et l'oblitération du sens moral. Le contact qui s'est établi entre eux et les réfugiés politiques de toutes les nations qui se sont abattus sur le sol
diseours les plM réyoIotîoDiMires liveot proBoacés dans eetto réonion dont tous les membres se valaient* Le général Haynaa y fat mandit, et les frères H amîi se livrèrent i force libations ei rhoHWor d« Kossatii. On se garda bien de dire foe le général Haynan n*a dû sa disgrâce qa*à des actes de clémence condamnés comme prématorés par le gouvernement autrichien, et surtout de parier des ç iwlre cent sêixtmie^epî penonnes mise» à mort sans jugement sur Tordre de l'assassin Kossuthl Parmi ces victimes se trouvaient trente femmes qui furent les unes fusillées, les aviUe9 pendîtes!
-anglais avec le bagage de leurs pernicieuses doctrines, n*a fait qu'avancer Tévénement. La crise est commencée. Demain peut-être, elle éclatera plus vive, plus ardente, plus redoutable.
L'Angleterre recueille ainsi les fruits des prédications insensées qui ont lieu cbez elle.
Les orages qu'elle préparait pour le continent éclatent sur sa tête coupable. Les protestants fanatiques ont décerné des ovations aux apostats de l'Italie, promenant sur Vîle de la Liberté leurs passions absurdes, leur farouche athéisme, et leur morale relâchée; les prindpes socialistes se sont propagés et la moisson a été abondante sur un terrain préparé par le protestantisme et par le chartisme.
L'esprit du mal, l'esprit de la révolution s'est ainsi vulgarisé par la parole et par la plume, parla prédication et par le journalisme.
Chaque école anarchique a eu son organe, chaque impudent charlatan son tréteau, chaque sectaire sa tribune et son auditoire.
On a conspiré au grand jour.
Au grand jour on a prêché la ruine de la
papauté, de la monarchie, de Tautorité» de la propriété.
Les réfugiés ont ouvert des cours publics de démagogie, de régicide et de socialisme. De la sorte, les simples, les niais, les mécontents, les envieux, les ignorants, les paresseux, les crédules et les esprits portés à l'exaltation, ont été embauchés dans Tarmée de l'anarchie.
Ces rêveries socialistes ont fait subir au chartisme une transformation semblable à celle imprimée jadis à la franc-maçonnerie par le jacobinisme.
Les socialistes ont dépassé, débordé, absorbé les chartistes, qui se sont humblement soumis, traînés à leur remorque, et ont engagé leur paisible troupeau à en faire autant.
En changeant de directeurs, la multitude de»
moutons de Panurge est devenue une multitude de loups. Les chartistes inoffensifs reculaient dévotement devant le bâton des cens»
tables ; les socialistes furieux le briseront san* respect
Telle est la cause de ce déchirement industriel qui a mis en lutte les fabricants et les^
ouvriers, et engendrera des souffrances infinies.
Les libéraux d'Angleterre, frottés de radicalisme étranger, ont dû, pour ne pas abdiquer, suivre les nouveaux initiateurs dans le torrent du socialisme.
Ils y périront tous, les saints^ les martyrs de la RELIGION NOUVELLE, et leurs admirateurs imbéciles» leurs sots disciples, tas de niais qui regardent ces imposteurs comme des oracles.
Il n'était pas juste que l'Angleterre restât paisible et florissante, tout en faisant des ruines autour d'elle. Celui-là appelle le feu sur sa maison qui donne asile aux incendiaires.
C'est aux meneurs étrangers des sociétés secrètes que doit remonter la responsabilité des difficultés graves qui se sont élevées en Angleterre entre les ouvriers réunis en une vaste association, ou plutôt en une grande coalition.
> afin dQ forcer leurs patrons à subir leurs eii-
^ences injustes, parmi lesquelles se place en
première ligne TaboUtion du travail à la tâche
et aux pièces, abolition qui est une atteinte à la
. liberté du travailleur.
Sait-on quelle sera l'issue de ces grèves menaçantes, inspirées par les révolutionnaires étrangers? Aujourd'hui rentrés dans le devoir, les ouvriers ne recommenceront-ils pas demain, d'après les excitations incessantes des anar- «chistes? Des coalitions n'éclaterontrelles pas de nouveau dans tous les districts manufacturiers des Trois*Royaumes, ayant pour but la signification d'une série de prétentions qui toutes se i*ésument à faire moins et à gagner plus ?
Ah ! les difficultés commencent seulement; elles suivront leur cours.
Ce qui s'est passé naguère entre les ouvriers anglais et leurs patrons, devrait donner à réfléchir au gouvernement anglais et à la classe îndustrielle de la Grande-Bretagne.
Le cabinet de Londres avait fait, comme on sait, la sourde oreille depuis plusieurs années aux réclamations qui lui étaient adressées par la France et par les autres puissances continen-
taies, au sujet des menées démagogiques que les réfugiés étrangers entretenaient à Londres.
Lord Palmerston répondait à toutes les notes des ministres du prince Louis-Napoléon, sur les complots organisés par les réfugiés français, que la police d'Angleterre réprimerait avec sévérité toute tentative faite par les Français résidant à Londres contre la tranquillité de la France*
Mais les promesses et les protestations n'étaient jamais suivies d*aucun effet, et les réfugiés continuaient tranquillement à entretenir leurs intrigues en France et à former leurs conciliabules au sein de la ville de Londres.
Mais le mal que certains Anglais auraient voulu faire à la France commence à les atteindre eux-mêmes.
Les doctrines dangereuses de Louis Blanc et consorts se sont répandues en Angleterre et y ont fait des progrès qui commencent à devenir inquiétants.
Les commerçants effrayés de la contagion qui menace toute la classe ouvrière, songent, diton, à se réunir, à se concerter, et à chercher les-
moyens d'arrêter la propagation dangereuse des doctrines socialistes.
Us signent des pétitions pour demander au gouvernement la présentation au parlement d'un Mil sévère, qui permettra d'expulser tous les réfugiés dangereux.
Le cabinet anglais, pressé d'un côté par les notes diplomatiques, et de l'autre par les réclamations énergiques du pays, sera probablement forcé de céder.
Quoi qu'il en soit, le spectacle qui s'est présenté sur les bords de la Tamise est des plus curieux et des plus instructifs. Il peut paraître énigmatique aux observateurs qui ne se sont iamais bien rendu compte des procédés politiques du pays d'Outre-Mancbe.
Depuis cinquante ans, pour faire taire les murmures et les voix tumultueuses de ses travailleurs, l'Angleterre a cherché à donner une issue sur tous les points du globe à ce besoin immense de production et de fabrication qui est la loi de son commerce et la soupape de sûreté de son industrie.
La réaction catholique et monarchique a refoulé dans son lie l'esprit d'agitation et de ré-
volte que certains diplomates anglais promenaient naguère sur tous les points de TEorope.
Les puissances du Nord se sont accordées avec le gouvernement français pour concentrer l'incendie révolutionnaire et établir, en quelque sorte, un nouveau blocus continental, sinon au point de vue des marchandises, du moins au point de vue des idées criminelles.
Qu'en est-il résulté?
C'est que l'Angleterre s'est trouvée tout & coup exclusivement dévorée de cette lèpre qui n'avait plus d'exutoire; de là sont venues ces manifestations d'ouvriers, ces grèves menaçantes qui placent les Anglais, à chaque instant du jour, sous le coup de cette Jacquerie k laquelle la France a miraculeusement échappé.
Ne l'oublions pas : la Grande-Bretagne détournera les flots socialistes ou elle périra dans leur torrent!...
Si r agitation commencée il y a quelques an-
nées en Angleterre par les ouvriers, parait mériter une extrême attention, c est moins encore par le nombre considérable de ceux qui y ont pris part, et par Timportance des industries qu'elle met en péril, que par les engeignemeuts ^u'on en peut tirer.
Il est utile de s'attacber à faire rassortir le <^aractère essentiellement socialnte de ce mouvement, afin de se faire de son avortement inévitable un argument de plus contre le socialisme lui-même.
Il est évident qm les meneurs, en Angleterre, comme partout ailleurs, regardent le capital comme un parasite qui se nourrit aux dépens du travail, et qu'ils jugent son rôle inutile dans l'industrie.
Ils méconnaissent le rôle de la pensée intelligente qui prépare, surveille et fait aboutir toutes les opérations de Tindustrie.
Ils méconnaissent ainsi les effets salutaires de l'organisation actuelle, qui met à la charge du capital tous les risques à courir, toutes les avances à faire, les pertes à supporter, et qui assure -au travail une rémunération immédiate, régu-
lière et à l'abri de toutes chances de pertes^ de toute éventualité funeste.
Ils se flattent de pouvoir mettre le consommateur en contact immédiat avec Touvrier, et cela même dans des industries qui exigent le concours de vingt ou trente métiers différents, qui nécessitent l'emploi des forces les plus dispendieuses et l'outillage le plus compliqué, et qui sont impossibles sans la mise dehors d'avances extrêmement considérables.
Cette nouvelle tentative du socialisme a donc démontré une fois de plus combien cette monstrueuse utopie est irréalisable.
C'est de Londres encora que Mazzini a lancé sur le monde le manifeste suivant, que les journaux prolestants de la Grande-Bretagne se sont empressés de reproduire sans protestalion.