‹ Les conspirateurs en AngleterreChapitre 9 sur 13 · lÉ · texte numérisé non relu

lÉ

Pour qu*iine alliance soit fructueuse, il faut qu'elle soit loyale de toutes parts. L'empereur Napoléon III a été pour FAngleterre un allié loyal et dévoué, et Ton peut dire chevaleresque.

Eh bien 1 c'est de la presse anglaise que sont partis les plus grands outrages contre lui et contre la France qui Fa élu ; ce sont des imprimeurs anglais qui ont publié ces articles de journaux malveillants et ces libelles infâmes prêchant Tassassinat contre l'Empereur.

Que diraient les Anglais si, sous prétexte de donaer l'hospitalité à des proscrits, nous laissions une bande de scélérats conspirer chez nous /contre la vie de leur reine et contre leurs institutions?

Ceci est sans exemple dans les pays civilisés, même entrç nations ennemies, à plus forte raison quand on est en paix, quand on est allié.

Il importe donc que l'Angleterre s'entende avec tous les autres États de l'Europe, pour interdire, non-seulement les conspirations de l'assassinat, mais encore les apologies du crime.

Tolérer ces excitations sanguinaires, ce serait manquer le plus déplorablement à la morale, k la justice et au salut des peuples.

Les méchants ne font que le mal qu'on leur laisse faire*

Voilà les conspirateurs de l'Angleterre ! voilà l'usage que font ces réfugiés de l'hospitalité qu'on leur donne I

Du reste, l'odieux pamphlet de Félix Pyat a ^mu la conscience publique en Angleterre, et le gouvernement Ta soumis aux officiers de la <^ouronne. Sera-t-il absous, lui aussi!... Tou-

jours estril qu'noe tolérance exagérée a pu faire cri»re à ses aatears qu'ils le pouvaient publier impunément.

Et puis, les attaques du Times contre le Gouvernement français leur sont aassi un encoura^ gement; ils ont indigné l'Europe; et comme Ta dit le Journal de Francfort, l'attentat du 14 janvier a jeté le trouble dans les esprits et révélé toute la profondeur de la plaie qui afflige, ronge le corps social. La conspiration permanente our* die dans les antres ténébreux de la démagogie contre tout ce qai présente des garanties de calme et de stabilité étant avérée, il fallait cependant combattre cette hydre aux cent têtes et chercher à Fenchaliier, puisqu'on ne peut parvenir à la détruire.

C'est ce que les joamaux anglais/ et particulièrement le Times, devraient comprendre, au lieu de s'acharner à déverser sur le gouvernement français des torrents de bile et d'invectives. Les mesures provisoires et exceptionnelles auxquelles l'Empereur Napoléon III a dû recourir, soyons assez juste pour le reconnaître, ne sont pas prises dans son seul intérêt, mais ont, au contraire, pour objet de prémunir l'Europe

contre le reiiGiivdIeiDent d'excès qui eon^romettraient sa séendlé en même temps que eeUe de la France.

Daos ia défense de la canse sacrée de Toidre, tous les pouvoirs sont solidaires; ils demeoieiit re^nsables aux yeux de Dieu et des heaimes; de tous les maux qu'une dangereuse incniîe»

qu'une coupable négligence de leur part attireraient sur les peuples dont le destin leur eA -eonûé. Quand le souverain de la France adjure r Angleterre, la Belgique, la Sardatgne, la Suisse de renforcer leur l^islation pénale à l'égard des assassins systématiques qui préparent chez elies^ è l'abri du droit d^ asile, leurs instruments éb Aieurtre, que fait41 autre chose, sinon donner à ces États, et pour eux-mêmes un sahitùreava^ lissemenA?

Quant au présent li^rë, c^est une protiKstaflioB de plus contre la démagogie et le sodalismet

que tes conspirateurs et les sociétés secrètes ont pour bot de faire triompha.

Le socialisme 1 c'est la contre-partie da christiaiHSine*

Le christianisme, c'est le dévouement, Tkumilité, le renoncement; c'est Tamoiir;

Le socialisme, c'est Tégoisme, Forgueil, le culte deladbair; c'est la haine.

C'est le socialisme qui arme contre la société la vile multitude en forie, la lie des nations, honte et fléau du peuple. C'est au nom du socialisme que les ravageurs de la civilisation, que les athées révolutionnaires, que les assassins républicains espéraient désoler la France en 1852. Mais si grandes qu'aient été les fautes de la France en laissant faire tant de révolutions et en y prenant part, la Provideoce a jugé que le diètim^it infligé avait été assez sévère, et elle n'a pas voulu qu'elle tombât dans Y anarchie de M. Proudhon, et elle a permis- qu'un homme se trouvât là , dont le nom fût à la fois une gloire et une espérance, qui écrasât l'hydre révolutionnaire sous son pied. La France, qui avait peur de 1852, date fatale annoncée telle par tous les triboulets rouges de la tribune, des

clubs, des lieux honteux et des journaux, la \ France a applaudi, de tout son cœur, car une ^nation fera toujours pour sa conservation suprême les plus grands sacrifices, même ceux de certaines libertés, surtout quand la licence lésa déshonorées.

Le coup d'État de décembre 1851, l'Empire qui en fut le résultat logique et attendu, trou- Tent leur légitimité, non-seulement dans la tradition napoléonienne et dans les acclamations enthousiastes de tout un peuple, mais encore dans Tattitudd tenue par les républicains.

Ce sont les socialistes qui ont mis la couronne impériale sur la tête de Napoléon III , qui a si énergiquement sauvé la patrie qu'ils se préparaient à égorger.

Mais le socialisme désarmé et vaincu n'a pas encore perdu toute espérance, et il en sera ainsi tant que les sociétés secrètes n'auront point été exterminées.

L'esprit révolutionnaire est un préjugé barbare et farouche qui rend les hommes mauvais pères , mauvais fils , exécrables citoyens , sous prétexte d'en faire des patriotes modèles. Il inspire des actes de démence et de cruauté qui sont

un perpétuel et flagrant attentat au cœur humain. Les axiomes politiques de la révolution sont d'une dureté inflexible; ils sacrifient tout bon élan individuel, tout sentiment d'humanité à la force qui doit rester aux usurpateurs, à ceux qui ont proclamé la république sur les ruines de l'unité gouvernementale, du despotisme, le plus intelligent des pouvoirs.

Les révolutionnaires sont logiquement les ennemis de la religion et de la morale, car ils ne peuvent avoir d'influence que sur les athées et les corrompus.

Fortifier la religion, livrer à sa direction Téducation des jeunes générations, réformer l'instraction publique d'après ses principes, c'est travailler à la sûreté commune, car c'est élever des digues contre l'invasion des flots révolutionnaires«

C'est contenir les méchants comme le doigt de Dieu retient la mer en furie dans ses limites.

Combattre l'esprit révolutionnaire par la force, c'est fort bien; mais il ne sera détruit que par l'éducation religieuse.

L'esprit révolutionnaire a enfenté la répu-

blique avec ses saturnales d'esclcrves» et le socitlisme avec ses avidités iimplacal^. Qm'esfHSft que cette doctrine résumée par ces mots : Répu-^ bliqm. Socialisme? C'est la haine de toute supé* riorité morale; c'est le matérialisme dans )a société, de même que la monarcfaie, c'est l'orcbe et Tunité dans la politique.

Avec la république et le socialisme, on arrive forcément à tous les excès, à l'abolition de tous les droits et de tous les devoirs, au despotisme oligarchique, k la tyrannie des f aeticms, à Tanapchie, au chaos. Il n'est pas de tyran sans pitié qui ne soit préférable à la république, oib le peuple a à subir des milliers de tyrans plus implacables, plus féroces, plus ineptes les uns que les autres, qui flattent Taoïsme et l'orgueil des masses en se servant d u mot égalité. Ce mot n'est en réalité, et dans leurs bouches mêmes, qa'on leurre impraticable.

L'égalité, coomie Tentendeiit les révolutionnaires, n'est pas dans la nature humaine.

L'inégalité, au contraire, se maaifesie partout par la diversité des forces, des talents, des goûts, des caractères, des passions.

Ce sont les miUités qui demandenl le niveau

— 2il —

par jdkn^sie des supértorîtés socntes. L'égalité ne peut régner sur la terre.

Ce serait une ^iotence contre nature. Tout s'y o{^os& : le bon sens» h justice» la raison, la moralot les lois ée la Providence.

Ce serait la guerre, la lutte, le carnage entre les hommes.

peuples ! qui mettez sur vos monnaies le mot de république, sachez, bien que c'est le synonyme de misère^

Voilà le revers de la médaille 1

C'est en vain que les hommes cherchent à éluder la loi des sociétés, qui est l'unité du pouvoir.

La république comme forme de gouvernement, est une utopie ; elle n'est une réalité que Adtns\e mns de chose publique, de même que le communisme n'est une réalité que comme communauté étintérêts. Les révolutionnaires torturent étrangement la langue : de chose publique, i\s ont fait république; de communauté d'intérêts, ils ont îût eommtmisme.

Or, ce n'est que la forme de gouvernement monarchique et méchamment appelée despotisme qui peut s'occuper fructueusement de la

chose publique et protéger la communauté des intérêts.

Ce pouvoir est de droit divin, en ce sens qu'il tire son type de la Famille instituée par Dieu, — par Dieu qui n'a mis la république nulle part.

Les anarchistes qui veulent rabolition de l'autorité, qui veulent rayer le mot pouvoir de la langue humaine, méconnaissent les vérités les plus élémentaires de la science politique et sociale ; ils ne formeront jamais qu'une grotesque, qu'une triviale et méprisable minorité.

En eflet, le pouvoir est le besoin profond, secret de tous les hommes.

Ceux même qui Tattaquent n'ont d'autres but que de gouverner à leur tour, et les peuples qui renversent un pouvoir, s'empressent toujours de le remplacer par un autre, lequel est d'autant plus vexatoire et d'autant plus dur qu'il est plus révolutionnaire.

Les exterminateurs de tout pouvoir ne poursuivent, en réalité, que la conquête du pouvoir.

Or, le gouvernement qui ne détruit pas ceux

qui conspirent contré lui, doit s'attendre à être détruit pas eux.

Ce travail ne contînt-il que cette vérité importante au repos de l'univers, il n'y aurait pas à regretter de l'avoir publié.

Et maintenant, si je les examine devant les gouvernements réguliers, avec cet ordre de choses majestueux qui caractérise ceux-ci, que sontelles, ces sociétés secrètes, ces misérables affiliations du crime et de la démence furieuse?

Bien peu de chose. Elles grouillent dans les bas-fonds de la société, comme dans la bourbe des ruisseaux fangeux grouillent les immondes crapauds.

Sous les gouvernements légitimes et organisés, plus que jamais, ces réunions clandestines ne sont que le réceptable impur des vices, des ignominies, des lâchetés humaines: le résidu infect de tout ce que le corps social contient de matières fétides.

L'iBstolre ne portera pas d'autre jugement sur ces ramas de misérables, perdus de dettes et de crimes, qui conspirent contre l'ordre sodal et contre tous les gouvernements. Et ce sera le juste châtiment de l'orgueil de ces drôles qui ont la prétention d'attaquer tout le monde et ne souffrent pas la moindre contradiction ; ils la punissent, vainqueurs, par Téchafaud ; vaincus, par le poignard des sociétés secrètes.

Celte infirmité du cœur humain a même atteint souvent des hommes, à d'autres égards remarquables > au moins par la forme, dont les démocrates manquent si absolument.

Montesquieu eut, un jour entre autres, un accès déplorable de cette très-fàcheuse maladie.

Le fermier- général Dupin ayant composé, sous le titre de Commentaire, une réfutation logique et une rectification de Y Esprit des lois de Montesquieu, celui-ci, désespéré, se rendit en toute hâte chez la Pompadour, et la supplia d'en arrêter l'édition, ce qu'il obtint :

— <c Elle fut hachée tout entière^ dit Chamfort, et on n'en sauva que cinq exemplaires. »

Tel est le caractère des démagogues, des philosophes, des anarchistes, des orgueilleux : ils

demandent la liberté paiir critiqaor tes «vf res et invoquent le despotisme contre ceux qni les critiquent à leur tôur.

Tels sont les révolutionnaires^ tels sont les conspirateurs. Et ces abominables gens sont ridicules autant qu'ils sont infâmes.

Quand ils galopent ainsi dans la vie, prenant le bruit qu'ils font pour de l'importance, se croyant forts et supérieurs parce qu'ils criait, ils sont grotesques, voilà tout. Us sont infâmes aussi, ces scélérats qui se couvrent du prétexte de rintérét public pour se souiller des plus grands forfaits. Le crime! voilà leur Dieu. Us loi sont identifiés.

Us sont attachés à lui comme Ixion h la roue fatale.

Us sont vaincus; ils sont terrassés, enfin!

Us ne nous feront plus subir leur grossièx^e tyrannie.

Les bons rassurés n'ont jIub à les craindre.

Dieu merci ! les ambitieux de la bazoebe el de l'écritoire, les intrigants du barreau, de la presse et du professorat ptnlosof»hique ne peu^ vent plus déchaîner^ au jkxdi du peuple, contre

la société surprise, les héros de la cour d'assises !

Plus de démocrates hurlant des chants de mort et assassinant les soldats de la France derrière des barricades, et les personnes paisibles dans les rues, et chez elles, pour les détrousser I

Plus de violents gredins forçant les maisons pour piller, sous prétexte d'obliger, au nom de la liberté, les honnêtes gens à illuminer.

Plus de cabarets de voleurs réunis, où la politesse était proscrite, le titre de monsieur défendu, où Ton était égorgé par les frères, quand, pour se faire servir les charognes par eux dissimulées dans des sauces, on s'oubliait à les appeler garçon, au lieu de les appeler citoyen!

Plus de brigands au pouvoir, plus de gibiers de potence triomphants, — ce qui faisait désespérer du pays même!

Plus de socialistes osant insulter tout haut la religion , voler la propriété, souiller la famille, . comme des démons échappés de Tenfer I Non !

le règne de la canaille est fini, les coquins sont à Cayenne ; le temps de Torgie républicaine est passé; la France respire à pleins poumons ; elle

prie, elle espère ; elle travaille ! Béni soit à jamais celui qui nous a iait ce repos!...

Nous conserverons ce bien par notre patrio- ( tisme, par notre calme, par notre obéissance, ' par notre observation de la loi religieuse, par notre respect pour l'autorité, par nos vertus.

Les conspirateurs ont fait leur temps en France, et, espérons-le, en Angleterre et dans toute l'Europe.

Les fripons ne trouvent plus de dupes ; les charlatans ne sont plus écoutés; et la civilisation, un moment arrêtée par leurs tréteaux, reprend son cours majestueux et infini, après avoir brisé ces ignobles entraves d'athées et de révolutionnaires conjurés I. ..

Page 1