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La séminase des graines de Luzerne germée est très active :
15 cm? d’une solution
de laminarine à 2,70 %, en présence de 0 gr. 15 de poudre de Luzerne germée, préparée
selon la technique décrite par HÉRISSEY (1), livre, en six jours, 2,65 % de sucre réducteur, en dix jours, 2,90 % : l’hydrolyse est terminée. Dans le même temps, un témoin à l’eau distillée et un témoin bouilli ne donnent que des traces indosables de réducteur.
Comme l’a signalé M“ GrRuzEwSKkA, le suc d’escargot présente vis-à-vis de la laminarine une activité extraordinaire. Si l’on met au contact de 25 cm* de solution de laminarine à 1,94 %, 1 cm de suc d’escargot fraîchement recueilli (2), on obtient, en une heure, 1,80 % de sucre réducteur. En trois heures, l’hydrolyse est poussée à son terme avec 2 % de glucose. Il n’y a pas trace de réducteur dans le témoin à l’eau distillée pas plus que dans le témoin bouilli. Si l’on prend soin de n’ajouter à la même solution de laminarine qu’une très faible proportion de sue (1 goutte pour 10 cm° de solution), on peut suivre la progression de l’hydrolyse qui est très régulière.
Chose à laquelle on ne s’attendait guère, la sucrase de levure hydrolyse parfaitement la laminarine. La saccharification est complète et non partielle, comme dans les expériences trop courtes de M" GRUZEWSKA.
L'épreuve a été faite avec toute une série de liqueurs diastasiques obtenues par les procédés suivants :
Autolysat de levure préparée selon la méthode décrite par H. Corn, en laissant fermenter dans l’eau, sans antiseptique, de la levure fraîche de boulangerie ou de brasserie (COLIN. 1).
Solution de sucrase obtenue par autolyse de la levure en présence de toluène.
Macéré de poudre d’invertine selon le procédé de BOURQUELOT, obtenu en laissant vingt-quatre heures en contact, sous toluène, à la température ordinaire, 20 grammes de levure tuée par l’alcool, avec 100 cm° d’eau distillée.
Pour chacune de ces préparations, on a utilisé comme levure de brasserie, la levure Moritz, comme levure de boulangerie, la levure Springer.
Voici les conditions de l’expérience : à 15 em° d’une solution à 2 % environ de laminarine, on a ajouté 1 cm de liqueur diastasique et quelques centimètres cubes de toluène, en même temps qu’étaient préparés deux témoins, l’un à l’eau distillée, l’autre bouilli. Le tout a été abandonné à l'étuve à 35°.
Les résultats sont les suivants :
1° Les autolysats septiques de levure — qu’il s’agisse de levure de brasserie ou de levure de boulangerie — conduisent l’hydrolyse au terme, plus ou moins vite selon leur origine. L’un de ceux-ci a transformé intégralement la laminarine en glucose en moins de deux semaines.
On a essayé comparativement l’action de ces mêmes autolysats sur le maltose et sur le mélézitose. Sur ces deux polysaccharides, ils sont sans action aucune : au bout de deux mois, le pouvoir rotatoire de la solution n’a pas changé.
2° L’autolysat antiseptique ne se montre pas moins actif. En moins de trois semaines, s’il a été préparé à partir de levure de boulangerie, en un mois et demi, s’il s’agit de celui de brasserie, le glucide est complètement hydrolysé. |
(1) La poudre fermentaire m’avait été obligeamment fournie par M. H. Hérissey, à qui je suis heureux d’adresser ici mes remerciements.
(2) Sur la manière de recueillir la sécrétion de l’hépato-pancréas de l’Helix Pomatia, cf. Gaga.
3° Le macéré de poudre d’invertine, enfin, que l’on considère toujours comme une saccharase à peu près pure, s’est montré d’une extraordinaire activité. Qu'il s'agisse de levure de brasserie ou de levure de boulangerie, une semaine après la mise en train de l’expérience, la laminarine est quantitalivement transformée en glucose.
Dans tous les cas, les ferments bouillis sont restés inertes, et il n’est pas apparu de sucre réducteur en quantité dosable dans les témoins à l’eau distillée.
Ces expériences sont hors de conteste. Elles ont été répétées plusieurs fois avec des préparations de levure distinctes et ont toujours conduit aux mêmes résultats. Il faut donc conclure que la sucrase — quelle que soit l’origine de la préparation diastasique employée — hydrolyse la laminarine avec la plus grande facilité.
.A quel ferment faut-il attribuer cette action ? Si l’on admet la définition classique de la saccharase (ferment qui se porte sur la liaison glucose-lévulose, telle qu’elle existe dans le sucre de canne), on ne peut rapporter à cet enzyme la saccharification d’un glucide formé de glucose exclusivement (1). Et d’autre part, tous les liquides fermentaires employés hydrolysent la laminarine aussi bien que le saccharose.
Ces résultats qui, à eux seuls, ne permettraient pas de rejeter la conception actuelle sur le mode d’action de la sucrase, prennent cependant une valeur singulière, si on les rapproche de ceux qu'ont étabi COLIN, DE CUGNAC, AUGEM : ces auteurs ont montré en effet que la sucrase dédoublait des lévulosides comme la synanthrine, la graminine, la phléine, les lévulosides de Psamma arenaria et d’Agrostis alba, un des lévulosides d’Iris foetidissima, sans qu’on ait pu réussir à obtenir un seul liquide fermentaire, hydrolysant le saccharose à l’exclusion du lévuloside en question.
(1) Cf. BRipEz, FISCHER.
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