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ACTION DES ACIDES MINÉRAUX

Nous avons d’abord essayé d’hydrolyser l’algine par les acides minéraux dilués. Au bain-marie, en présence de 2 % d’acide sulfurique, l’attaque est insignifiante. Il faut élever la température à 130°, à l’autoclave, pour que l’action soit notable. Encore, au bout d’une demi-heure, n’a-t-on pu dissoudre qu’un tiers environ du produit initial. Le résidu, soumis à des hydrolyses successives dans les mêmes conditions jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible d’en rien tirer, représente en fin de compte la moitié de lalgine dont on était parti.

1° Propriétés des liqueurs d'hydrolyse

Les liqueurs ainsi obtenues sont faiblement dextrogyres et réductrices : le poids de réducteur représente environ 30 % de l’algine initiale. A froid elles réduisent lentement la liqueur de Fehling.

Si l’on poursuit l’hydrolyse, à l’autoclave à 120°, le pouvoir rotatoire s'élève, la proportion de réducteur augmente jusqu’au moment où le milieu brunit et commence à déposer une poussière noirâtre, indice certain d’un commencement de destruction des produits d’hydrolyse. À ce moment, le pouvoir rotatoire, calculé en fonction de la déviation polarimétrique et du poids de réducteur évalué en glucose, est d'environ + 30°, sans que l’on puisse être assuré d’une grande précision en raison de la coloration intense du milieu.

Dans la liqueur, le mélange alcool-éther sépare un précipité blanc, d'autant plus abondant que l’hydrolyse a été moins poussée. La portion insoluble, remise en solution dans l’eau, dévie à gauche la lumière polarisée, elle est faiblement réductrice. Le liquide, au contraire, est nettement dextrogyre et réducteur. L’affusion du mélange alcool-éther a donc pour effet de fractionner imparfaitement les produits d’hydrolyse, la partie insoluble entraînant forcément avec elle un peu de matière réductrice.

Par l’alcool, le liquide se trouble, mais il ne se dépose aucun précipité, soit que les molécules soient déjà trop dégradées, soit que la précipitation soit empêchée par la présence des portions réductrices. 5

Par l’acétate de phénylhydrazine, à froid, il y a formation d’un précipité rouge amorphe, que nous n’avons pu faire cristalliser. À chaud, on a obtenu un précipité jaune, microcristallin, insoluble dans l’alcool méthylique et qu’il a été impossible de caractériser. Lavé et séché, il a un point de fusion net, vers 160-170”.

La sensibilité des produits d’hydrolyse vis-à-vis des alcalis est extrême : la soude et la baryte provoquent une intense coloration.

L’addition d’alcool à la liqueur neutralisée par l’un ou l’autre de ces réactifs, sépare aussitôt une masse sirupeuse, collant aux parois. Il en est de même si la saturation a été faite par le carbonate de baryum. Le fractionnement est tel que le liquide surnageant n’est pas réducteur. Une séparation aussi complète ne permet guère d’admettre la présence d’un sucre dans le milieu.

Pour nous en assurer, nous avons distillé à sec, sous pression réduite, une portion de la liqueur d’hydrolyse, en présence d’un excès de carbonate de baryum et nous avons épuisé le résidu par l’alcool. Rien, pour ainsi dire, ne passe en solution, même si l’on abaisse à 60° le titre de l’alcool et le peu de substance ainsi entraînée n’a aucune des propriétés des sucres. C’est la preuve évidente que l’hydrolyse de l’algine ne livre pas de sucre réducteur.

Nous avons donc repris la masse par l’eau. La liqueur filtrée et concentrée a été traitée par l’alcool qui a provoqué la formation d’un abondant précipité. Celui-ci a été purifié par plusieurs dissolutions et précipitations successives.

Lavée et séchée, cette combinaison barytique se présente sous la forme d’une poudre légèrement colorée en jaune, assez hygroscopique, très soluble dans l’eau. Ses solutions sont réductrices et réduisent lentement à froid la liqueur de Fehling.

Un poids connu, décomposé par l’acide sulfurique et calciné, a permis de calculer, d’après la quantité de sulfate de baryum formé, la proportion de baryum. Celle-ci a été trouvée égale à 26,8 %. Il est intéressant de remarquer que ce pourcentage est voisin de celui que nous avons précédemment trouvé pour l’algine initiale.

Un peu de la liqueur d’hydrolyse a été chauffé avec une solution chlorhydrique diluée de naphtorésorcine. Repris par l’éther, le liquide a cédé une matière colorante

violette, à fluorescence rouge qui, au spectroscope, présente une bande d’absorption près de la raie D du sodium. Cette réaction est considérée comme caractéristique des acides uroniques.

2° Propriétés du résidu insoluble

Hydrolysé à fond, le résidu insoluble a toutes les propriétés de l’algine initiale. Soluble dans les alcalis, il est précipité de ses solutions par les acides forts, l’alcool, l’éther.

Le sel de baryum, préparé et analysé selon la méthode déjà décrite, contient 27 % de baryum, c’est-à-dire, à peu de chose près, la même proportion que les sels de baryum, de l’algine et des produits d’hydrolyse.

Enfin, distillé avec de l’acide chlorhydrique à 12 %, il donne naissance à du furfurol et à la même quantité de gaz carbonique (16 %) que l’algine elle-même.

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