‹ Les constituants glucidiques des Laminaires brunesChapitre 9 sur 38 · C6H1005 + H20 — C6HI · texte numérisé non relu

C6H1005 + H20 — C6HI

On lit au polarimètre une deuxième déviation æ et l’on dose le sucre réducteur R2 par la méthode de Gabriel BERTRAND. Le pouvoir rotatoire du liquide d’hydrolyse, calculé d’après ces données est toujours voisin de + 52, ce qui fait présumer la présence exclusive du glucose. D'autre part, si le milieu ne renferme que de la laminarine comme glucide hydrolysable (le mannitol, optiquement inactif, n’étant pas touché), on doit retrouver le pouvoir rotatoire de celle-ci d’après la déviation initiale «1 et la quantité R2 de réducteur formé. C’est bien en effet ce que l’on constate (voir le tableau ci-dessous). L'alcool n’entraine donc pas d’autre glucide que la laminarine, et, sous réserve de vérification ultérieure, le laminariose de KYLiN.

D’après l'équation (1) la quantité de réducteur formé, calculé en glucose et multi-

plié par le facteur es donne directement le poids de laminarine présente dans la liqueur.

Le mannitol est dosé par le procédé à l’acide arsénieux décrit par BADREAU et récemment étudié par OBATON, dont le principe est le suivant : le pouvoir rotatoire du mannitol est exalté en présence d’acide arsénieux. Il est égal à + 46,88. Si les propor-

ti : Re re 4 poids d’acide arsénieux ions de mannitol et d’acide arsénieux sont telles que le rapport

poids de mannitol

soit égal ou supérieur à 17,5, les déviations polarimétriques sont proportionnelles à

la concentration en mannitol. Il n’est pas inutile de faire deux remarques d'ordre pratique : 1° il faut agiter soigneusement le mélange des solutions avant la lecture, car il se produit assez rapidement une séparation de liquides de densités différentes, source d'erreurs notables; 2° il convient de ne pas s’écarter beaucoup de la valeur 17,5 du rapport ci-dessus, car la proportionnalité du pouvoir rotatoire à la concentration n’est pas rigoureuse. Cette valeur correspondant à une déviation polarimétrique de + 38° (1 = 2), il suffit de déterminer par tàtonnement le volume de solution à employer pour réaliser cette condition. Ces précautions observées, et compte tenu de l’activité optique du liquide initial, un calcul simple permet de connaître la proportion de mannitol présent dans la liqueur.

On peut facilement se rendre compte que, pour une liqueur renfermant 5 % de mannitol — moyenne assez fréquente — un écart de 2’ sur la lecture au polarimètre (tube de 2 décimètres) représente une erreur absolue de 0,25, ce qui correspond à une erreur relative du vingtième environ. Il ne faut donc pas attendre de cette méthode une

précision qu’elle ne peut donner.

Cette cause d’inexactitude étant admise, on a cherché à se rendre compte de la fidélité du dosage. Pour cela, dans un lot de Laminaria flexicaulis récoltés sur le même rocher à Ambleteuse le 29 avril 1930, on a fixé séparément quatre algues entières, fronde et stipe. Les proportions de mannitol, rapportées à 100 grammes du poids frais, ont été évaluées, dans chacun des individus, à 2,7 %, 2,3 %, 2,4 %, 2,3 %. Ces chiffres suffisent à établir le degré de certitude sur lequel on peut compter.

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