ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
Notice historique
La Nouvelle-Angleterre se composait de treize colonies lors- |
qu'éclata en 1775 la guerre de l'indépendance. Ges treize colonies étaient les suivantes : New-Hampshire, Massachusetts, Rhode- Island, Connecticut, New-York, New-Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud et Géorgie.
La lutte entre ces colonies et la mélropole avait commencé dès 1765 sur le terrain financier et économique. Les taxes votée par le parlement britannique en 1765 et en 1767 avaient soulevé un profond mécontentement chez les colons. Au mois d'octobre 1766 les députés de neuf colonies s’assemblèrent à New-York et invoquérent le principe que nul ne peut être astreint à payer des contributions sans les avoir votées. Une convention, tenue à Boston en 1769 par les délégués de 96 villes, décida que les colons n’achèteraient dorénavant aucune marchandise anglaise tant qu'il ne serait pas fait droit à leurs plaintes. :
Les concessions que fit le gouvernement anglais retardèrent quelque temps l'explosion du mouvement d'indépendance, mais la crise demeura à l’état aigu. Le 18 décembre 1773, les habitants de Boston jetèrent à la mer 342 caisses de thé venues de Londres. L’Angleterre répondit par la mise en interdiction du port de Boston (30 mars 1774) et la modification de la Charte du Massachusetts (mai 1774). Ces mesures violentes eurent pour conséquence la réunion à Philadelphie du premier Congrès des députés des colonies, le 5 septembre 1774. Le Congrès revendiqua hautement
le droit des colonies de consentir l'impôt, et réclama l'éloigne-
ment des troupes anglaises.
La guerre éclata au printemps suivant (combat de Lexington du 19 avril 1775). Un second Congrès s’assembla aussitôt à Philadelphie (10 mai), décréta (20 mai) la « Confédération des Colonies-unies de l'Amérique du Nord », et donna à Washington Ie commandement suprême des forces militaires.
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La lutte continua, mêlée de succès et de revers, au milieu desquels le troisième Congrès de Philadelphie formula la célébre Déclaration d'indépendance, qui fut signée le 4 juillet 1776 par le président John Hancock et 56 représentants. Plusieurs colonies refirent leurs constitutions particulières, et, le 4 octobre 1776, un premier traité de Confédération (Articles of Confederation and perpelual Union) fut voté et signé par les membres du Congrès de Philadelphie.
Après les victoires de Washington, le Congrès de Philadelphie adopta, le 9 juillet 1778, de nouveaux « Arlicles de Confédération » qui donnèrent aux États-Unis de l'Amérique du Nord unc forme régulière de gouvernement fédéralif. Ce pacte fédéral, en 13 articles, fut ratifié successivement par chacun des treize États ; le Delaware ne donna toutefois son adhésion qu’en 1779 et le Maryland le 1° mars 1781. |
Cette première Constitution des États-Unis ne devait durer que six ans, de 1781 à 1787. La pratique ne tarda pas à en démontrer le vice fondamental : la somme des pouvoirs délégués au gouver-
nement de la Confédération était insuffisante et, notamment en
malière militaire et financière, le Congrès était réduit le plus souvent à l'impuissance.
Des délégués de plusieurs États, qui s'étaient assemblés le 1er septembre 1786 à Annapolis, sur l'initiative de la Virginie, pour préparer une législation commerciale uniforme, émirent ke vœu qu'une convention fût réunie pour faire une Gonstitution nouvelle, resserrant les liens trop faibles qui unissaient entre eux les États. Le Congrès adopta cette idée lo 21 février 1787, et les États s'empressèrent d'envoyer leurs délégués à Philadelphie. Réunie dans le courant du mois de mai, la convention de Philadelphie nomma Washingion président, et termina assez rapidement ses travaux malgré les divisions profondes qui existaient entre les fédéralistes et les antifédéralistes, La nouvelle Constitution, qui allait être appelée à une existence si glorieuse dans l’histoire, fut signée le 17 septembre 1787 par tous les délégués, moins trois, Washington la transmit aussitôt au Congrès qui l'adressa à son tour au gouvernement de chaque État avec invitation à la soumettre à l'examen de conventions populaires élues à cet effet. Ges conventions se réunirent successivement, et toutes, à des majorilés plus ou moins considérables, donnèrent leur approbation au nouveau pacte fédéral. Le 26 juillet 1788, onze États s'étaient prononcés ; la Caroline du Nord et Rhode-Island n'entrérent dans l’Union que quelques mois plus tard (novembre 1789 et mai 1790).
Le premier Congrès de l’Union américaine fut ouvert le
4 mars 1789, et le 44 avril suivant eut lieu l'élection de Washingon à la présidence.
La Constitution des États-Unis fonctionne depuis quatre-vingtquatorze ans, après avoir résisté à la violente secousse de la guerre de sécession (1861-1865). Quinze amendements seulement y ont été ajoutés pendant sa longue existence.
Les amendements 1 à X inclusivement furent l'œuvre du premier Congrès en 1789. Parmi les reproches faits à la nouvelle Constitution, deux surtout avaient été formulés très nettement par plusieurs États : il manquait, disait-on, une déclaration des droits el une clause constatant que le Congrès n'avait que des pouvoirs limités. Ge furent ces deux lacunes que comblèrent les amendements proposés en 1789.et ratifiés en 1791 (1).
Le XI° amendement, proposé en 1794 et ratifié en 1798, restreigait sur un point spécial la compétence de la juridiction fédérale.
Le XII° amendement, proposé en 1803 et ratifié en 1804, modifia le système de votation pour l'élection du président et du viceprésident des États-Unis.
Le XIII amendement, proposé et ratifié en 1865, cut pour objet l'abolition de l'esclavage.
Le XIV* amendement, proposé en 1866 et ratifié en 1868, a trait
aux droits des citoyens, à la répartition entre les États des re:
présentants au Congrès, et à certaines conséquences de la guerre civile.
Enfin, le XVe amendement, proposé en 1869 et ratifié en 1870, garantit le droit de vote aux nègres affranchis. |
Les États qui composent aujourd'hui l’Union américaine sont au nombre de 38. Vingt-cinq États nouveaux ont été adjoints aux treize anciens Étals ; en voici la liste d’après l'ordre chronologique de leur admission dans l'Union : Vermont et Kentucky (1791), Tennessee (1796), Ohio (1802), Louisiane (1811), Indiana (1816), Mississipi (1817), Illinois (1818), Maine et Alabama (1819), Missouri (1820), Arkansas (1836), Michigan (1837), Floride et Texas (1845), Iowa et Wisconsin [1846), Californie (4850), Minnesota (1857), Oregon (1859), Kansas (1861), Virginie occidentale (1862), Nevada ct Nebraska (1864), Colorado (1876).
Outre ces 38 États et le district fédéral de Colombie, l’Union américaine comprend neuf terriloires : Nouveau-Mexique, Utah, Washington, Dacota, Arizona, Idaho, Montana, Wyoming et le Territoire indien.
(1) Douze amendements avaient été proposés au peuple, mais les deux premiers furent rejetés.