L'OPINION ET LES RECHERCHES DES OCCULTISTES
Les écrits des auteurs auxquels nous nous référons n'ont certainement pas l'autorité de la science officielle, mais leurs récits s'enchaînent de telle façon que ces fables apparaissent bien supérieures à celles sur lesquelles les religions prétendent appuyer leurs origines.
De l'enchaînement de ces traditions, il résulterait que la religion égyptienne serait fille d'une civilisation encore plus ancienne et que la Vallée du Nil aurait été colonisée par les Atlantes, peuple disparu avec l'Atlantide, continent immense, dont le Sahara et l'Amérique Centrale seraient les vestiges, avec quelques îles éparses dans l'Océan. Ce sont ces hommes qui auraient dressé le Sphinx, symbole de la science, opposant sa sereine grandeur à l'agitation des désirs, de même qu'ils auraient construit la première Pyramide de Gizeh, celle qui ne contient pas de tombeau, comme le symbole des connaissances philosophiques renfermées dans le Sacré Collège de leurs sages. Cette pyramide, sur le symbolisme de laquelle nous reviendrons, aurait été restaurée par les Egyptiens.
Remarquez que cette légende relative à l'Atlantide n'est pas une fable moderne, inventée pour les besoins de la cause, mais que les écrivains de l'antiquité en parlent, et qu'il en est parlé dans un document Maya, il y a trois mille cinq cents ans.
Au surplus, les géologues ne sont-ils pas d'accord pour reconnaître, qu'à diverses époques, la configuration de la Terre a subi d'importantes transformations, non seulement dans la première époque de consolidation, mais aussi pendant l'ère primaire, l'ère secondaire, l'ère tertiaire et même l'ère quaternaire correspondant à la présence constante de l'homme en groupes ou en sociétés. Pendant la période éocène ou nimmulitique, l'Europe et l'Amérique du Nord formaient un vaste continent, le reste de l'Europe constituait un immense archipel. De la France, seul, le Plateau Central émergeait et Paris
n*était qu*un bassin occupé par la mer. Les grottes des Eyzies ne nous révèlent-elles j>as qu'il y eut, il y a des dizaines de siècles, des hommes, artistes remarquables, chasseurs de renne dans notre pays ?
On peut donc dire que, là encore, la tradition hermétique n'est pas en opposition avec les données scientifiques.
Je m'excuse d'insister sur ces légendes, mais elles fournissent des hypothèses intéressantes sur l'histoire de l'Humanité : ce que vous me demandez en une conversation amicale, n'est-ce pas, en vous montrant le symbolisme et les traditions des Compagnons, de vous découvrir une partie de cette histoire ?
Si nous prenons les textes écrits que nous pouvons avoir à notre disposition, nous savons peu de choses, mais si nous étudions les monuments anciens, leur architecture, les scènes de la vie privée et publique qu'ils évoquent, alors nous pénétrons davantage dans la vie de ces peuples, et si nous croyons les disciples d'Hermès qui interprètent les grands symboles reproduits sur les monuments de tous les pays et de tous les peuples, nous comprenons comment les civilisations découlent les unes des autres et nous apercevons aussi comment ces religions ont entre elles une communauté de mystères, une liaison de légendes dont les personnages changent sans rien abandonner des traditions premières.
Ainsi, pour moi, l'hypothèse d'une haute civilisation atlante, disparue il y a à peine quinze mille ans, n'est pas ridicule. Au contraire : elle montre les caractères communs de l'architecture des Incas et de l'architecture égyptienne et les affinités de ces races, de même qu'elle explique ce qu'il y a de commun entre les mystères célébrés par des peuples que d'énormes distances séparaient et qui, a priori, ne paraissaient pas avoir pu communiquer entre eux.
En acceptant cette hypothèse, nous pourrions, sans hésitation, faire remonter le Compagnonnage à cette date lointaine, plus de dix mille ans avant l'ère chrétienne, car les principes exprimés par ces constructeurs avaient forcément nécessité la
participation de collaborateurs initiés, qui avaient reçu un enseignement approprié, donné par des hommes connaissant déjà, non seulement les lois des nombres, mais aussi la géométrie plane et des principes de la géométrie descriptive. 11 serait hors de propos de vous parler des récits que nous font les mages modernes sur les diverses transformations que subirent les peuples, mais pourtant, pour parler utilement du symbolisme réel de nos cathédrales gothiques, de l'œuvre et des mystères de ceux qui les construisirent, je ne puis éviter de vous parler de quelques-unes de ces évocations pour éclairer ma lanterne. Voici Tune d'entre elles :