GERMINIE LACERTEUX
Am ; On y va.
Il faut q' vous sachiez q' j'ai la chance D'ét la bonne à messieurs d' Concourt, Deux jeun' gens remplis d'élégance, Mais qu'aim' à trôler dans 1' faubourg. C'est là, qu'un beau soir, par caprice, En causant avec des boueux , Ils engager' t à leur service, MamzeirCermini' Lacerteux.
J'aim' mon p'tit verre, Je n'sais rien faire, Ils disent que ça leur va.
Oh! la, la, Oh! la, la,
Ils sont gentils, mais j' vous assure, C'est pas tout plaisir d'ét' chez eux.
Car ils ont pour défaut d' nature D'ét' cancaniers et curieux.
r m' tracassant, i' m' disent : « Germinie, Qu'è'q' tu faisais dans ton ruisseau?
Contenons ça, nous t' patrons d' l'eau-d'vie. » Pour des messieurs, ça n'est pas beau î J'aim' mon p'tit verre , Je n' sais rien faire, Ils disent que ça leur va.
Oh! la, la, Oh ! la , la !
J'ies fais rire, i' m' trouv' très-cocasse Parc' que j'étouffe un perroquet, Q' j'étrangle une négresse avec grâce Et q' j'ai gouape chez Paul Niquet.
Et quand un bon zig m'intéresse, Ils m'encourag't à m'égayer; Et puis i' m' suiv' sans q' ça paraisse. . Ils appeir ça m'étudier!
J'aim' mon p'tit verre, Je n' sais rien faire.
Ils disent que ça leur va.
Oh! la, la, Oh! la. la!
On dK q' maint'nant, c'est la toquade Des gens qui devraient avoir du goût.
Pour éviter d'avoir l'air fade , D' cultiver Tarsouille et l' voyou.
C't' idée est vraiment biscornue!
N'import', ma foi, profitons-en; Quand la raison leur sVa revenue , Faudra s'esbigner lestement î J'aim' mon p'tit verre.
Je n'sais rien faire, Ils disent que ça leur va.
Oh! la, la. Oh' la, la'
J' m'en vas prévenir tout's mes payses,' Cell's qui triment dans les ateliers , Et les ouvrièr's en chemises, D'entrer vit' chez les romanciers.
Vous pensez qu'on y fait 1' ménage Mais c'qui s'appelle aux p'tits oignons... C'est là, pour les fiirs de notre âge. Un métier de bénédictions !
Boir' son ptit verre Et ne rien faire , Voilà ce qui nous va.
Oh! la, la,
Oh! la, la!