SCÈNE V
CRISPIN, en habit de médecin, DORINE.
CRîSPTN, sortant. Chez moyi chez moy, vous dis-je ; là, je vous répondray de bonne sorte.
DORINE. Qu'as-tu, Crispin? et d'où vient que tu es habillé de cette manière?
CRISPIN. Deux visages que j'ay rencontrés qui m'ont dit qu'ils étu- * dioient en médecine, et qui m'ont demandé mou sentiment sur la
trans... la... la... la... la transconfusion du sang. Ils m'ont . quasi fait devenir sourd à force de me parler.
DORINE. Que t'ont-ils dit?
CRISPIN. Que diable sçais-je moy ? Une beste sur une autre... L'artère... le sang littéral... artérial .. Un tuyau par où entre le sang... une beste morte, l'autre qui ne vaut guère mieux... I.e mauvais sang répandu... le bon dans les veines de l'autre beste... ■
< On s^occupait beaucoup alors de la question de la transfusion du sang. Elle avait été soulevée à Paris dès 1658. et le chimiste allemand Lii)avius l'avait exactement décrite, assez longtemps auparavant, dans un de ses ouvrages ; mats le médecin anglais Ricliard Lower fut le premier qui en fil une expérience publique, à Oxford en 166&, et c'est à partir de ce moment surtout qu*oD| s'en occupa. Les Journaux de 1667 sont remplis de détails et de discussions à ce sujet.
KnfiD, le diable les emporte avec tout leur raisonnement. DOfiiNE. Tu devois leur ordonner des pillules. CBispiN. J'aurois voulu de tout mon cœur qu'ils en eussent eu
chacun cinquante dans le ventre.
DOBIKE, riant. Mais pourquoy as-tu cet habit? CRISPIN. Je l'ay pris pour avoir plus de facilité d'entrer chez vous»/
et pour...