E MUSiciE?!. Je suis un mai^tre de cun^ique
Oa dit que votre fille en cherche un excellent ,
Et j'ay pour ce grand art un merveilleux talent;
Surtout j*y suis sçavant autant qu'on le peut estre^
«36 CKISPIN MUSICIEN.
Et, saus trop me vanter, j'y suis assez grand maistre.
DOBAMB, à part. Que veut dire cecy?
LE MUSICIEN, parlant gascon. Monsieur, c'est un grand bien
Quand un maistre est habile, et qu'il n'ignore rien ; C'est pour un écolier un fort grand avantage.
DOBAMB, secouant la teste.
Écoutons jusqu'au bout.
LK MUSICIEN. Que c'est un rare ouvrage
Qu'un grand musicien!
DDR AME. Je le crois comme vous.
LE MUSICIEN, parlant gascon.
Mais on en voit si peu !... Je crève de courroux De voir cent Mirmidons, en ce siècle où nous sommes, Près les plus éclairés se croire de grands hommes, Et ces fats , soutenus par cabale de geos Dépourvus à la fois d'esprit et de bon sens. Monsieur, si j'ay l'honneur d'apprendre à votre fille. Vous verrez dans mes chants un certain tour qui brille, Et qui, sans me vanter, me sçait tirer du pair. Nous touchons le théorbe», et nous chantons un air, Pour le m^ins aussi bien qu'aucun qui soit en France : Ce n'est pas coucher gros * .
DOBAME^ à part. Ah, quelle suffisance !
Que tous ces gens sont vains !
LE MUSICIEN. Plaist-il ?
DORAME. Je ne dis mot.
LE MUSICIEN. Monsieur, dans mon métier je ne suis pas un sot.
DOBAMB. A.h! je vous crois, Monsieur, un grand maistre en mu-
[sique.
{Dora me le regarde.)
LE MUSICIEN. Et de plus gentilhomme Oui, Monsieur, je m'en piqne, Car la musique enfin ne dégénère pas ^.
' Espèce de luth à deux manchef, dont le ^second, plus long que le premier, soutient les huit dernières cordes, qui rendent les sons les plus graves. Le ll)éorl)e était un des instruments favoris du célèbre Lambert. Avec Pépinette, le luth et le clavecin, etc., il était considéré comme un Instrument réservé aux personnes de condition, tandis que le hautbois, le lifre, le violon, le tabourin, la muselle, la guitare, etc., étaient réservés aux personnes de condition inférieure, aux bohémiens, farceurs et valets. (Voir la Dispute du Luth et de ta (iuitarr, dans la Maison des jeux. S' partie, et la première leUre de M"* de Montpensier à M»* de Molteville. )
' Ce n'est pas beaucoup dire, l)eaucoap s'avenlurcr, coucher gros jeu.
J Ne fait pas dégénérer. Les lettres- patentes accordées à l'abbé Perrin en I6C7,