ACTE II, SCENE VIII
Si ce grand art pour moy n'eust eu beaucoup d^appas,
Sans doute je serois avancé dans Tarmée ^
Où je verrois du Roy ma valeur estimée. DOBAME, à part. Le grand fou !
LB MUSiciBN montrant Cendroit du cœur.
Grâce au ciel, nous avons cela bon.
Et je sçais m'en servir de la bonne façon ;
Car, quand Toccasion se trouve un peu pressante,
Je sangle un coup d'épée aussi bien que je chante. (// allonge une estocade à Dorante avec la main,) DOBAMB, portant la main à son estomach.
Fort bien.
LE MUSICIEN. Je sçais qu'il est force musiciens,
Qu'avec juste raison on estime des riens ;
Mais, si j'en étois cru^ dans Fétat où nous sommes.
Les bons, à leur mépris, seroient faits gentilshommes. DORAME. Quel besoin, pour chanter, de cette qualité!
Par-là Ton n'en est pas beaucoup mieux écouté LE MUSICIEN. Ce grand art est un art digne d'un rang sublime. DOBAME. Et cet art est un art dans la commune estime.
Quant à moy, franchement, j'en suis peu curieux : (Apercevant Crispin.)
Parlez-en à Monsieur, il vous répondra mieux ;
Moy, j'écoute.