‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 147 sur 325 · LA 10NTAL\E DE JOUVENCE · texte numérisé non relu

LA 10NTAL\E DE JOUVENCE

Le ballet de la Fontaine de Jouvence a clé ilansé ou 10i3, et c'est à cela que se réduisent Ions les renseignements directs que nous pouvons donner sur sou compte. Les exemplaires que nous avons eus entre les maius ne portent pas de nom de libraire, mais le frontispice représente une niche avec la devise : Sic vos non vohli. Or «'elle marque typographique, <pii n*a pas été recueillie par Silvestre, ni, à notre connaissance, par les autres ouvrages du même genre que le sien , était celle de Pierre Hallard * , seul impnmcur du roi pour la musique, comme sou père et ses descendants. La publication de l'ouvrage par la fainille privilégiée des Hallard est à <*lle seule une preuve ([u'il s'agit ici soil d'un ballet dansé dvvaut le roi , — mais alors il serait antérieur à la mort de Louis XllI , puisque , après sa mort, le deuil dut faii^e cesser tous les divertissements de cour pendant Tannée 1G43, — soit tout au moins d'un ballet dansé chez Gaston ou chez les ))riuces du sang. C«?l le dernière hypothèse est plus probable que la premièiv. Plusieurs raisons semblent démontrer qu'il ne fut point dansé à la cour même. Le livre ne présente [)as la physionomie des programmes imprimés pour les représentations royales. On n'y lit pas, à cha([ue iMitrée, les noms des seigneurs qui y figuraient , suivant l'usage général en pareille circonstance. Deauchamps et La Vallière se bornent à en donner le titre, sans aucun autre renseignement , et nous ne voyons pas non plus dans \ix Gazette, qui ne parle en général «pu* (h's ballets de la cour, mais qui parle de Ions ceux-là, la moindre indication (pu puiss(> nous guider.

On connaît la poétique légende delà Fontaine de Jouvence, d<mt la liiu^e se retrouxe partout depuis le mo\en âge, sans (pi'il soit possible d'en saisir nettement l'origine et la filiation. On pourrait à la rigueur la faire remonter* à lamythologi<>, soit à la fable du \ieil .-Kson rajeuni par Médée, soit à celle d'Hébé , (pii a\ait reen d'Junonle do'i de rendre la jeunesse', soil enfin à

' Oa la retroiivf en tète de plusieurs de ses puhlicntiiuis. sinon de toutes, par exemple des airi de r.l..I.c Jeune, 1G08. tes Rallard ont plusieurs fois rhangr de marque typo-. (;;rapl)jqae, ou plutôt ils n'ont guère usé que de figures de fantaisie, et Robert Ballard, par exemple, a tantôt une corbeille de fleurs et de fruits soutenue par deux enfants, tantôt un Pégase, tantôt d'autres emblèmes encore.

' Mîtamorph, d'Ovide, 1. IX, fabula IX et X. v. 398-401.

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