‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 148 sur 325 · CONTFHP. DE MOLIÈRE. — II · texte numérisé non relu

CONTFHP. DE MOLIÈRE. — II

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colle delà fontaine de Canathos, située près de NanpliccuAi'^olidc, oùlinion rocuii\i'ait sa virginité tous les ans, (|uandt>lle s*y l)aigiiail *. Maisce nVst là qu'un lien liien frùle et bien insuffisant. 11 est plus probable quVIIe avait trouvé sa source dans la Bible ello-niénie, où Tiniagination des Orientaux et la littérature* du moyen Age axaient puisé tant de traditions fabuleuses. Nous ne serifuis pas. éloigné , pour ce cpii nous regarde, d'en rattacher le point de départ à l'arbiv de vie du paradis terrestre, au pie<l du([uel coulait une source ou \m fleuve, rpril était natui-el de gratifier de la même vertu (pie l'arbre; et cette opinion semble d'autant plus légitime que, comme nous le verron« plus loin , lu Fontaine de Jouvence passait pour venir du paradis. D'autres reganlaient la Fontaine de Jouvence comme une simple transformation de celte fontaine d'iilie ou crimmortalité , près de laquelle le prophète monta au ciel , et dont sou disciple Elisée rendit \c& eaux saines et sahdires (Rois, 1. IV )^. 0uoi(pril en soil, ce mythe était très-rcimmlu dans les romans orientaux , et c'est de là qu'il paraît avoir passé chez nous. On le i*encontre à plusieui-s i-eprises dans divers monuments denotiv littérature du moyen âge.

Celui de ces monuments (pii est le plus souvent cité , et qu'on regaitlc en général comme le germe national de cette Icgrnde , c'est le nmian de Huon de Bordeaux. Huon a tué Chariot, le fils bien -aimé de Charlemagne , qui l'avait traîtreusement assailli sur le chemin. 11 n'échap|)e à la vengeance du puissant cmiM*reur qu'en se condamnant à une exjïédilion lointaine et p<'rilleuse. Parmi les merveilles qu'il rencontre dans cette excursion , il y a la fontaine de l'amiral Gaudisse, qui sort du i)aradis , et qui rend a virginité aux femmes , comme la fontaine de Canathos, la jeunesse et la force aux hommes, comme la fontaine de Jouvence , dès qu'où en a bu ou qu*on s'y est lavé les mains.

Une fontaine y cort par son canel, Ue paradis vient H ruis sans fausrr.

if n'est nus hom qui de mère soit nés. Qui tant soit rieus, ne qaenns ne melle Que se il pnet el rais ses mains laver, Que lues ne soit meschins et bacelers.

Hues y vient, d'encoste est arestés.

Ses mains lava, et but de l'aige asés. C'est la fontaine à l'amiral Gaudis; U rnislauz vient del flun de paradis.

Dix ne flst feme, tant ait fait ses delis. Que , s'ele boit de l'aige. . seul petit , Ke soit pucele comme au jour ie nasqui -'.

Ce i)assage est curieux, el ne laisse pas le moindre doute sur Tideutité de ce niisseau miraculeux, mais le nom de fontaine de Jouvence ne s'y trouve pas encore. Ou le n^ncontre ailleurs , spécialement dans le fabliau du pays

iPausanias, 11, ehap. 38.

> V. d'Herbflot, Biblioth, orientale, articl. ///et Khedhêr,

3 Huon de Boideanx. édit. Gurtsard et Grandmaison, p. 165-6.

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