‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 161 sur 325 · LE LIBRAIRE DU PONT-NEUF · texte numérisé non relu

LE LIBRAIRE DU PONT-NEUF

Et sceut arrester les conquestes

De mille géans orgueilleux.

Mes coups, pareils aux coups de foudre^

Ont réduit des villes en poudre ; L*Espagoe a mille fois imploré ma mercy, Ses guerriers ont trouvé ma défaite impossible , Rt, sans cette beauté qui m'acoompague icy, Je pouvois emporter le titre d'Invincible.

Pour les CHEVALIERS DE Là TABLE BONDE '.

Quoy qu'on puisse dire de nous , Quand nostre main est occupée A tenir le verre ou Tépée, Pïous faisons confesser à tous Qu'il n'est rien si beau dans le monde Que Tordre de la Table Ronde.

Pour le CHEVALIBB DU SOLEIL *.

Je suis chevalier du Soleil Seulement pour ce que j'adore Une jeune beauté dont Téclat nompareil

* Allasion aux romans d*avenlare dits de la Table Bonde , qui forment un cycle complet, comprenant les romans <la saint C.raal.de Tristan, de Lancelot.de Merlin, de la mort d*Artliur, de Perceval le Gallois, etc., etc. (V. Cli. d*Héricaalt, E$sai surVorigine de Vépopte française, in-8**, p. 48). Celte locution : Ordre de la Table ronde^ chevaliers de la Table Ronde, se prétait aisément h un équivoque dont les auteurs comiques et familiers du dix-sepliéme siècle ne se font pas faute. Dans VEnlrée magnifique de Bncchus avec Mme Dimanche grasse (1627, in-4*), on \oit figurer le Grand Maître des chevaliers de la Table Bonde parmi les courriers de Bacchus.

' V Admirable histoire du Chevalier du Soleil, Paris, 1620, 8 vol. in-H*, par Fr. de Bosset, (un de ceux qui ont mis le plus à contribution la littérature romanesque de TEspagne, si fort à la mode alors en France) est une traduction ou plutôt une imitaUon d'un ouvrage d^Ortuùez de Calahorra. Elle tient dignement sa place parmi les romans de chevalerie. On vit plusieurs fols figurer les Chevaliers du Soleil dans les fêtes, tournois et divertissements de la cour, particulièrement dans le grand carrousel qui eut lieu sur la place Boyale en 1612, en Thonneur du mariage résolu de Louis XIII. (V. le Roman des Chevaliers de la Gloire, par Bosset, 1016, in-4*). l

ou LES ROMANS. 253

Efface le teint de TAurore ; A ce père du jour elle a mille rapports : Klle fait sur les cœurs ce qu'il fait sur les corps , Et laDce une chaleur en miracles féconde ; Mais encore en un point ils se rapportent mieux :

Il est unique dans les cieux , •

Elle est unique dans le monde.

Pour ASTBÉE et CBLAUOX '.

Qui pourroit lire dans nostre ame Où Tamour compatit avecque la vertu ,

Y verroit le vice abattu Sous TelTort glorieux d'une pudique flamme.

L'histoire de nos passions

Des plus brutales nations A bannv mille fois le crime et l'inconstance , Et, malgré des jaloux injustes et puissans ,

Sous les armes de Pinuoccnce Nous avons triomphé de l'injure des ans.

Pour rALGOuËziL ou le sergent '.

Ces quatre démons qui m'obsèdent Voudroient bien entrer dans mon corps , IStais il faut que les petits cèdent Et prennent la loy des plus forts.

Je suis le vray démon qui tourmente les hommes : Je n'épargne au temps où nous sommes , Les riches ûy les iudigcns ;

> Tout te monde connall VAstrée d*Honoré d'Urré, dont le l<' volume parut en I6iu^ et le nom da berger Céladon, Puii des principaux person nazies du roman, dereno le type proTerbial de l*amour pur et lidèle. Il n'est pas besoin de rappeler le succès inouï de cet ouvrage, et IMnfluence durable qu'rl exerça sur la littérature et même sur les mœurs dans la première moitié du dix septième siècle.

* L*algoua7.il est un des personnages les plus linbituels des romans picaresqurs et de Don Quichotîe. Il est très-probablement fuit allusion Ici n VAlgouazit démoniaque, qui est Tune des usions du célèbre écrivain espagnol Quevedo, si lu et li souvent Imité alors. *

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