‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 183 sur 325 · CONTEMP. DB MOLIÈRE. — II · texte numérisé non relu

CONTEMP. DB MOLIÈRE. — II

30ft BALLET DU ROY

Deux GUEUX et vne gueuse ruinés par le vin.

Jadis Dous avions de quoy frire,

Maintenant nous n*avons plus rien, Et nous ne laissons pas de danser et de rire : Il n*est rien de si doux que d'avaler son bien.

ENTRÉE Xï.

DiEUPAPi et ses FAINES», gui sortent de fide et dressent une table couverte de mets délicieux.

Dans nos bois et sur nos fougères Nous courons les jeunes bergères :

Elles ont beau doubler le pas, ?«ous les attrapons de vitesse, Et nos pièges ont tant d'appas.

Qu'il faut une grande justesse A celles qui n'y tombent pas.

Le CHEVALIER DE GUISE % représentant le dieu pan.

Plus insensible que les bois

Où ma divinité préside.

J'ignore ce que c'est d'Amour et de ses lois.

Ou, si dans mon ame il réside, Il faut donc qu'il y soit sans flamme et sans carquois.

Les Faimcs qui me font la cour N'en jugent rien à mon visage, . Et les antres secrets, dont les rayons du jour N'ont jamais sceu percer l'ombrage.

Sont beaucoup moins secrets que ne l'est mon amour.

Les Nymphes disent que j'ay tort, Et jurent de m'estre cruelles,

< Maillot vHu, tout engnirlandiMlc feuillages, ainsi que la chevelure.

» Roger <Jc Lorraine, chevalier (i« fiuise ( 16-24- IG53 ), dont la renommée a été hien effacée par Cf Ile de son frère, le chevaleresque et aventureux duc de Guise, cinquième du nom.

De me faire la guerre et de crier bien fort,

Au cas que je brusle pour elles :

C'en est fait^ il est pris et le grand Pau est mort.

Six CHEVALIERS DE LA TABLE RONDES ÇUi chasseut Us FAUNES

et se méfient à tabtc.

Ces braves chevaliers combattent Par tout le monde à fer tranchant ; Vers le Midy leurs faits éclatent, Ils éclatent vers le Couchant :

C'est-à-dire que cette troupe, A parler tout communément.

Fait des merveilles au moment Ou qu'elle disne ou qu'elle soupe. *

ENTRÉE Xin.

Les BATELEURS, qui divertissent les chevaliers^:

Avec adresse et bonne grâce.

Et comme on ne s'attend à rien.

Prendre un cœur et donner le sien.

C'est un beau tour de passe passe.

. > Vn chevalière de la Table Ronde ont un coutume de fantaisie, sorte de calrasse AvejS Jaquette courte, les )aiDl>es dups, et an ca:»que avec aigrette et panaches flambbsfanU.

* Voir plus haut notre note sur la 4* entrée du Bailet des Romane,

* LoKt dit, dans son bref compterendu du ballet des Fettet de Bacchut :

On y )ona de<< yobelrts.

Et l'on dit chofet non-parellks

D'ane gueoon qui fit mcnrelllei.

Cela ne peut se rapporter qu'A cette entrée, où l'on voyait figurer Arleqnia, Colles, Godenot, avec les attribut» de leur profession. Une estampe représente cette scène : la table et le plancher aux alentours sont recouverts de poules, de e(k]i, de lapins , qui viennent sans doute de la t)otle à surprise, et on aperçoit eu mllleade la table une petite ligure hubillée, qui est probablement la guenon dont par le Loret. Dans les estampes suivantes, on voit Arlequin, en costume mulUeotore; Colles avec son chapeau plat et sa l>atte, Godenut (tout petit) d*abord eu fou, puis en Espagnol grotesque, et sa femme eu Espagnole.

ENTRÉE XÏV.

I?iVBnT£URS DE PRESSOIRS, AUTOMNE et AGUANABIBNS.

Le MARQUIS DE vfLLEQCTER ', représentant P automne'.

AUX DAMES

Voulez- vous de mes fruits ? Ils ne sont point amers, Bien que pour la saison ils soient un peu bien verts. Je me suis fort hastée, et c'est en ma personne Qu*on trouve le Printemps en y cherchaut TAutomne.

Le COMTE DE CABCE^/65 MARQUIS DE SAINT-MARTIN ^ tf/O E CHAR-

MAZEL^ et le COMTE DE BREGY^, représentant des achana-

Page 1