BOUTADE. OU LES FOLIES
Adieu I mon hoste, adieu, je m'en vais satisfait. Yostre vin est fort bon, en voicy quelque effet : Tout tourne sous mes pas ; que de métamorphoses ! Que ce dieu me fait voir ici de belles choses I
Hélas ! qu'avecque volupté
Je trinquerois à la santé
De ces admirables merveilles !
Et que, pour les voir seulement,
Je garderois le jugement Que me voudroient ravir les pots et les bouteilles *
Pour la MASCABADB OU le MOMMON', AUX DAMES.
Nous mettons trois pièces contre une , Et , quoy que fasse la Fortune Pour favoriser nostre sort , Nous ne gagnerons rien du vostre ; Mais au contraire, ou je suis mort, Ou nous y laisserons du nostre.
Pour les FARCEURS et comédiens.
Nous sommes farceurs; pourquoy? Parce Qu'il n'est rien de plus froid chez nous que le tison , Tous prests de vous fournir de farce Si vous nous fournissez d'oyson.
Après tout, il faut que je die Que nous ne souhaiterions pas Que tous les jours de comédie Fussent pour nous un mardy-gras.
* n Momon, défi d'an ooop de dez, qu*on fait qaand on est dégatoé en i (Diciionn, de Faretièi^). Au dix-septième siècle, il arrivait souvent qae det troopes de masques se présentaient inopinément dans les maisons oi^ U y avait bal, non-seulement pour y danser, mais pour y porter un défi au jeu de dés et y fidre des cadeaux de dragées aux dames. C'est ce qu'on appelait ; porter un momoii, présenter un momon. Le sens du mot s*était étendu à la mascarade elle-même. Molière a mis un momon en scène à la fin du 3* acte de F Étourdi; mais 11 faut consulter surloul un curieux passage de la suite du Rotnan comique {Bibl. eUe* vif,, t. Il, p. 230), où les différentes parties de ce divertissement sont cUdrement expliquées.